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jeudi 29 avril 2010

Où en est le nouveau « Grand Jeu » en Asie Centrale ?

L'ancienne Asie Centrale Soviétique, dont quatre pays sont devenus en 2001 membres de l'Organisation de Coopération de Shanghai (OCS), sous le patronage de Moscou et de Pékin, est une zone riche en hydrocarbures et en ressources minières. Elle reste politiquement instable, alors que s'y disputent les influences de la Chine, de la Russie et des Etats-Unis.

Pour la Chine comme pour la Russie, l'Asie Centrale est non seulement un réservoir de ressources, mais également un glacis stratégique, progressivement devenu le cœur d'un nouveau système d'alliance, sur lequel Pékin et Moscou se sont à l'occasion appuyés pour dénoncer l'entrisme politique et militaire des Etats-Unis et de l'OTAN dans la région, après la chute du mur de Berlin.

Mais les récents événements au Kirghizstan jettent une lumière crue sur la complexité des situations et la somme des intentions cachées. Alors que, pour des raisons diverses, parfois opposées, Moscou, Pékin et Washington se seraient bien accommodés de la stabilité garantie par un régime radicalement anti-démocratique, l'irruption brutale des revendications populaires, rappelle aux sponsors de l'Asie Centrale les risques d'une déstabilisation en cascade de la région, sur fond de menace intégriste.

Freiner l'entrisme des Etats-Unis et de l'OTAN

En 1996 le « Groupe de Shanghai », devenu l'OCS en 2001, n'était qu'un modeste forum de négociations pour la résolution des différends frontaliers. Sous l'influence chinoise et russe, l'Organisation a peu à peu affirmé de plus vastes ambitions, d'abord économiques, puis stratégiques.

Aujourd'hui, les 6 états membres de l'Organisation, qui accueille également le Pakistan, l'Inde, l'Iran, et la Mongolie avec un statut d'observateurs, organisent des manœuvres militaires communes pour combattre les trois fléaux identifiés par la rhétorique sécuritaire chinoise que sont « le terrorisme, l'extrémisme et le séparatisme ». De fait, la région, qui elle-même abrite des mouvements religieux radicaux, jouxte des zones troublées et instables du Caucase aux marches de la Russie et du Xinjiang chinois, théâtre d'affrontements ethniques récurrents entres Han et populations turcophones, en majorité musulmanes.

En 2005, l'OCS, inquiète de l'épidémie de « regime change » aux marches de l'ancienne URSS, avait adopté une position commune, dénonçant les bases américaines de la région et exigé que Washington fixe un calendrier de retrait. La manœuvre avait en partie réussi, puisqu'en 2005 Moscou et Pékin avaient persuadé le président Ouzbek Karimov d'exiger des Américains, avec qui il était en froid après la répression d'Andijan le 13 mai 2005, qu'ils ferment la base de Karchi Khanabad. Mais en réalité, au-delà des connivences officielles, la compétition politique et économique était déjà rude entre les deux parrains de l'OCS.

A la rivalité sino-russe s'ajoute la « rébellion » du Turkménistan, qui n'a jamais accepté de rejoindre l'OCS et s'est, à l'occasion, fâché avec Moscou, déroulant, en revanche, « le tapis rouge » à Petrochina. En même temps, la volte face du Kirghizstan, perçue à Moscou comme une trahison, confirmait les frictions au sein de l'Organisation. En juin 2009, le président Kirghize, Kurmanbek Bakiyev, aujourd'hui en fuite, avait en effet cédé aux sirènes financières américaines et résisté aux pressions de Moscou et Pékin qui espéraient également l'évacuation de la base de Manas au Kirghizstan.

Le « Grand Jeu » chinois

Fidèle à ses stratégies habituelles, basées sur des prêts bancaires préférentiels et sur la construction d'infrastructures (routes, chemins de fer, barrages, centrales électriques) en échange des droits d'exploitation des ressources minières et énergétiques, la Chine a vite affirmé son influence économique. L'activité chinoise en Asie Centrale, liée à ses approvisionnements en énergie et en ressources se matérialise d'abord par un réseau de gazoducs et d'oléoducs directement reliés à la Chine et construits en coopération avec Petrochina.

C'est le Kazakhstan qui a inauguré le réseau par un oléoduc construit en 2006 ; depuis décembre 2009, la première phase (7000 km) d'un gazoduc vers la Chine, par l'Ouzbékistan et le Kazakhstan, est opérationnelle depuis le Turkménistan, ancienne chasse gardée de la Russie, mais où Pékin est devenu le premier investisseur étranger. Une fois terminé (2010), le projet transportera chaque année 30 milliards de mètres cubes de gaz vers la Chine. Un autre est en projet à partir du Kazakhstan occidental, à la capacité annuelle de 12 milliards de mètres cubes.

La quête d'énergie se traduit aussi par les investissements directs dans l'exploration et l'exploitation. En 2009, le fonds souverain chinois a investi 1 milliard de $ dans l'exploration d'un gisement de gaz kazakh, qui confère à la Chine 14% des parts dans l'exploitation. Au Turkménistan, Petrochina (ou CNPC) a signé un accord d'exploration et d'exploitation du gisement de Bagyyarlik dans l'Est du pays (potentiel estimé 1700 milliards de mètre cubes).

Le n°1 pétrolier chinois, à la tête d'un consortium international qui regroupe deux compagnies coréennes (LG International et Hyundai) et deux sociétés d'hydrocarbures des Emirats, est également en passe de remporter les droits d'exploration et d'exploitation du gisement de gaz d'Iolathan, financé par la Banque de Chine à hauteur de 9,7 milliards de $. Ce succès a été obtenu après que la Banque de Chine ait, en Juin 2009, accordé à Achkhabad un prêt préférentiel de 3 milliards de $ qui aida à compenser les pertes dues à la rupture de ses livraisons à la Russie, d'avril à décembre 2009. Enfin, des discussions sont en cours pour que la Chine développe aussi un gisement de gaz en Afghanistan, non loin de la frontière turkmène.

La China National Nuclear Corporation et la Guangdong Nuclear Power Corporation sont impliquées avec d'autres, dont l'Australie (Monaro Mining au Kirghizstan), pour l'achat ou la recherche d'uranium au Kazakhstan, en Ouzbékistan, au Kirghizstan et au Tadjikistan. Dans les monts Pamir, les compagnies minières chinoises explorent ou exploitent des gisements de métaux rares (cuivre, or, tungstène, mica, diamants).

A côté de ces activités d'extraction des ressources d'Asie Centrale acheminées vers la Chine, Pékin s'implique également dans la construction de centrales hydrauliques (Tadjikistan) et dans la rénovation des lignes à haute tension (Kirghizstan, Tadjikistan, Ouzbékistan). En échange de droits d'exploitation concédés aux sociétés d'hydrocarbures et aux compagnies minières nationales, les entreprises chinois construisent des routes (Kirghizstan, Tadjikistan) et des voies ferrées, dont une vingtaine au Kazakhstan, où 8 d'entre elles seront directement consacrées au transport du gaz liquide vers la Chine.

Dans le domaine politique en revanche, Pékin peine à faire jeu égal avec Moscou, qui s'inquiète des succès économiques de la Chine, mais bénéficie des rémanences linguistiques, culturelles et politiques de l'ancienne URSS.

La puissance russe

Dans cette compétition pour les ressources, la Russie s'applique à ne pas se laisser déborder par la Chine, le seul concurrent capable de contester sa suprématie. Celle-ci se manifeste d'ailleurs clairement par la densité du réseau d'oléoducs dirigés vers la Russie et vers l'Ouest. Son action, omniprésente dans tous les secteurs convoités par les sociétés chinoises (pétrole, gaz, métaux rares, uranium), vise à être partie prenante des exportations des ressources d'Asie Centrale vers l'Est par le biais de ses anciennes connections et la puissance de ses grands conglomérats d'hydrocarbures.

Ces derniers, principaux fournisseurs des pays d'Europe de l'Ouest, présents dans toute l'Asie Centrale, principalement autour de la Caspienne, constituent la force de frappe la plus efficace de Moscou contre la dimension des projets chinois. Par leurs investissements directs et leurs connections politiques rémanentes, Gazprom, Rosneft et Lukoil contrôlent en effet de facto une part importante des exploitations et des sorties d'hydrocarbures de la région, ce qui oblige la Chine et Petrochina à négocier avec eux. C'est, par exemple, la société russe Stroytransgaz qui construit le gazoduc turkmène vers la Chine, financé par Petrochina.

Surtout Moscou est, bien plus que Pékin, en mesure de peser politiquement dans les conflits de frontières, l'imbroglio des accords douaniers, les querelles pour la gestion de l'eau et la répartition des ressources, notamment autour de la Caspienne. Dans ce contexte politique moins favorable pour Pékin, encore aggravé par l'existence d'accords de sécurité réactivés par la Russie, en dehors de l'OCS, la Chine, qui avance, à coups d'investissements massifs, ses pions économiques sur le trajet de l'ancestrale route de la soie, mesure la puissance rémanente de Moscou.

En 2006, L'Organisation du Traité de Sécurité Collective (OTSC), mise sur pied par la Russie et qui comprenait déjà la Biélorussie, l'Arménie, le Kazakhstan, le Kirghizstan et le Tadjikistan, avait accueilli l'Ouzbékistan, regroupant, hors de l'influence chinoise et dans le giron russe, la totalité des membres de l'OCS appartenant à l'ancienne Asie Centrale soviétique.

Le coup de semonce kirghize et les intentions cachées

Lors de la récente crise au Kirghizstan, c'est Moscou qui, avec Astana et Washington, ont mené le jeu, tandis que Pékin est resté sur la touche. Et pourtant, la situation dans ce petit pays limitrophe d'à peine 5 millions d'habitants, ayant une frontière commune avec la Chine de plus de 1000 km, est d'un considérable intérêt stratégique pour Pékin.

En plus des ressources pétrolières exploitées par Petrochina et des voies ferrées construites par les compagnies chinoises, sur fond de relations économiques en croissance rapide (10 milliards de $ d'échange en 2009, contre à peine plus de 350 millions en 1992), le pays abrite une communauté de Chinois évaluée à plus de 100 000 âmes, dont une proportion importante de Ouïghours, sur laquelle la Chine a tout intérêt à garder un œil attentif.

En ces temps troublés de soubresauts ethniques au Xinjiang, Pékin redoute une déstabilisation de son Grand Ouest, fomentée par des activistes islamistes, en cheville avec l'Afghanistan, dont l'Asie Centrale ne manque pas. Selon le site Eurasia.net, la situation est encore compliquée par les ressentiments d'une partie de la population Kirghize contre la trop grande dépendance du pays à l'égard de la Chine.

Mais il y a pire. Les événements violents survenus début avril au Kirghizstan - 85 morts, éviction brutale du Président Bakiyev, aujourd'hui réfugié à Minsk - et déclenchés contre l'incurie d'une élite politique corrompue, coupée de sa population et tentée par l'autoritarisme brutal pour rester au pouvoir, recèlent un important potentiel de contagion vers les autres pays d'Asie Centrale, tous affligés des mêmes travers, porteurs à terme de révoltes et d'instabilité.

Pour la Chine et la Russie qui avaient jusqu'à présent fondé leur stratégie sur le soutien des régimes en place, dans le triple but d'exploiter les ressources de la région, de faire pièce à Washington et de contenir la menace islamique latente, la propagation de l'instabilité en Asie Centrale, pouvant nourrir une résurgence de l'Islam radical, serait une catastrophe lourde de menaces. Pour les Etats-Unis aussi. Depuis l'élection d'Obama, en effet, préoccupés de préserver les lignes de communication en Asie Centrale de leur corps expéditionnaire en Afghanistan, Washington fermait en effet les yeux sur les dérives autocratiques dans la zone.

Moscou a peut-être pris la mesure des risques, puisque, peu après les événements de Bichkek, le Président Medvedev déclarait : « si le peuple n'est pas satisfait de ses dirigeants et si ces derniers ne font pas d'efforts pour résoudre les problèmes les plus graves, ce type de situation pourrait se répéter dans n'importe quel pays où les autorités se sont coupées du peuple » (cité par Asia Times du 20 avril 2010).

La déclaration, qui semble se réaligner sur les principes de « bonne gouvernance », ne peut manquer d'inquiéter Pékin, dont la position de principe est de ne pas intervenir dans les affaires intérieures des Etats et de privilégier les bonnes relations et les affaires, quels que soient les régimes.

Il est vrai que la dénonciation par le Kremlin des risques politiques induits par les dérives autocratiques confirme que la Russie craint une déstabilisation de la zone qui ferait le lit d'une radicalisation islamique. Rien ne dit en revanche qu'elle milite sincèrement pour la propagation de la « bonne gouvernance ». Ce qui est en revanche certain est que le but à moyen terme de Moscou, toujours convaincu que la coalition échouera en Afghanistan, reste l'évacuation par les Américains de la base de Manas.

A Pékin, le Bureau Politique, perplexe, pris de court par l'éviction de Bakiyev, et inquiet de l'attitude russe qui s'est rapprochée de Washington, a convoqué une réunion spéciale sur le Xinjiang voisin. A cette occasion, il a décidé une augmentation substantielle des investissements dans l'ancien Turkestan oriental et procédé à la relève de Wang Lequan, le n°1 politique de la province. Celle-ci, déjà sous haute surveillance militaire, est devenue une des grandes priorités de sécurité du Régime.

Quant aux Etats-Unis, ils sont un peu dans la même situation que la Chine, mais pour d'autres raisons. Eux aussi sont pris au dépourvu, alors que leur préoccupation majeure n'était pour l'instant pas la situation politique au Kirghizstan, mais le maintien coûte que coûte de la base de Manas, indispensable poumon logistique de leur intervention en Afghanistan. Mais les premières réactions de la Maison Blanche - le bruit court de la relève imminente de l'Ambassadeur à Bichkek -, indiquent qu'ils réajusteront leur politique, ce qui, dans un contexte où la position de Moscou devient ambigüe, ne facilitera pas le jeu de Pékin.

Le 29 avril 2010 sur www.questionchine.net par François Danjou

mercredi 28 avril 2010

Concert de Dombra à Paris

L’association « SARYNe » présente :

DOMBRA DU KAZAKHSTAN : L’HERITAGE DE TÄTTIMBET

Dans le cadre de la sortie du disque « Dombra du Kazakhstan : l’héritage de Tättimbet » chez Buda musique, Talasbek Asemkulov sera à Paris pour plusieurs événements.


Dimanche 9 mai 2010 de 14h30 à 17h30 :
Concert promenade au Musée de la musique 221, avenue Jean Jaurès 75020 PARIS Métro : Porte de Pantin Tarif : Entrée du musée

Mardi 11 mai 2010 à 20h30 :
Concert au Centre Mandapa
6 rue Wurtz 75013 PARIS
Métro : Glacière
Réservation au : 01 45 89 01 60
Tarif : 15 euros (réd. 11 et 7,5 euros)

Jeudi 13 mai 2010 à 17h :
Rencontre musicale au Salon de lecture Jacques Kerchache Musée du quai Branly
222 rue de l'Université
75343 Paris Cedex 07
Métro : Alma-Marceau / Pont de l’Alma
Tarif : Gratuit

La musique kazakhe a connu au XIXe siècle l’essor d’une tradition instrumentale virtuose pour le luth à deux cordes dombra. Les canons des deux grands styles de jeu, shertpe et tokpe, furent définis durant ce siècle qui est considéré comme un âge d’or pour la musique du Kazakhstan. La tradition instrumentale a évolué autour d’une unique forme dénommée kuï, signifiant mélodie ou état, qui est une pièce durant entre une et cinq minutes et explorant une seule image musicale. Le motif du kuï se présente dans une perfection déjà atteinte qui ne nécessite pas de développement. L’instant se prolonge pour devenir éternité. Chaque kuï est accompagné d’une légende, anyz en kazakh, qui narre le moment de sa composition et son thème. Ces légendes peuvent être une ode à la nature ou à une femme, un épisode vécu, un événement historique ou légendaire. La musique ouvre ainsi à la fois sur la vie du compositeur et sur l’histoire de la steppe. Les kuï retranscrivent le mode de vie nomade et l’amour pour sa terre. Talasbek Asemkulov (né en 1955 dans la région de Semipalatinsk) est aujourd’hui le principal connaisseur et musicien du style shertpe et transmet l’héritage du compositeur Tättimbet (1817-1860) qui est au fondement de ce style. Il fut initié à cet art par son grand-père et continua son apprentissage auprès d’autres fameux dombristes. Son éducation musicale suivit ainsi la voie traditionnelle orale, baignée dans la transmission de l’univers musical et spirituel des Kazakhs

Informations : Association « Saryne » 06 70 63 72 58 / saouleh@yahoo.com

mardi 27 avril 2010

Festival de Cannes 2010

La World Cinema Foundation, fondée à Cannes par Martin Scorsese en 2007, présentera plusieurs longs métrages lors du festival de Cannes, dont Mest (La Flute de roseau) d'Ermek Shinarbaev, (Kazakhstan, 96', 1989), Ket Lany Az Utcan (Deux filles dans la rue) d'André de Toth (Hongrie, 85', 1939,) et Titash Ekti Nadir Naam (Une rivière nommé Titash) de Ritwik Ghatak (Inde, 158', 1973,). Les copies proviennent des archives cinématographiques nationales du Kazakhztan, de la Hongrie et de l'Inde. Elles ont été restaurées par la Cinémathèque de Bologne/l'Immagine Ritrovata.

Extrait de l'article d'Adam Ikx sur www.purepeople.com le 27 avril 2010

La Mer d' Aral

Début avril, le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki Moon s'est rendu en Ouzbékistan devant ce qui était la mer d'Aral. "C'est clairement l'un des pires désastres environnementaux au monde. " Je suis choqué: De l'embarcadère, je ne pouvais voir qu'un cimetière de bateaux" a déclaré Ban Ki-Moon devant une mer...de sable.

La mer d'Aral, nous vous en avions déjà parlé il y a plusieurs années, à propos de la journée de l'Eau. Des projets avaient vu le jour pour sauver la mer d'Aral. Faisons le point sur la situation actuelle.


La mer d'Aral dans l'histoire

La mer d'Aral tout d'abord se situe en Asie centrale entre le Kazakhstan au nord et l'Ouzbékistan au sud, deux pays qui faisaient partie du bloc soviétique et qui sont indépendants depuis 1991.

Autrefois, et pas si loin que ça, puisque avant les années 60, la mer d'Aral était la quatrième plus grande mer intérieure de la terre. Pour vous donner une idée de sa grandeur, elle avait la surface du Portugal, ses eaux étaient poissonneuses et faisaient vivre tout un petit monde. Elle était alimentée par deux grands fleuves, le Syr-Daria et l'Amou-Daria.

Selon le site « Regard de géographe » des scientifiques se sont aperçus que le recul des eaux s'était produit quatre fois dans l'histoire de la mer d'Aral, jusqu'à un assèchement presque complet. Des traces de culture de blé, de mil et de légumes mais aussi des vestiges de villes antiques ont été découverts dans le fond de la mer contemporaine actuelle. Mais l'eau était chaque fois revenue. Ils expliquent le phénomène par le climat certes mais aussi par la nature des roches qui absorbent l'eau ou la restituent en fonction des pressions géologiques subies. Ils parlent aussi de sources souterraines qui alimenteraient la mer d'Aral, voire d'un lien avec la mer Caspienne.


Les raisons du désastre

Mais intervient là un facteur humain qui n'était peut être pas aussi déterminant dans l'histoire ancienne de la mer d'Aral : Au début des années 60, les économistes soviétiques ont décidé de pratiquer la culture intensive du coton en Ouzbékistan et au Kazakhstan, et, pour irriguer les cultures, ils ont détourné les deux fleuves. Non seulement la mer d'Aral n'a plus été alimentée - l'apport en eau des deux fleuves est passé de 55 millions de mètres cubes par an à 7 millions - mais les deux fleuves ont également été mis à sec.

En 40 ans, la mer d'Aral a ainsi perdu 50 % de sa superficie, certaines estimations parlent même de 75 % et aussi son volume a diminué de 90. Les côtes ont reculé de plus de 120 km à certains endroits. En 1989, la mer d'Aral s'est séparée en deux bassins, la Grande et la Petite Aral.


Les conséquences

La catastrophe écologique va beaucoup plus loin qu'un assèchement, c'est tout l'éco système d'une région qui est bouleversé :
- Le climat a complètement changé : les températures qui auparavant allaient de –25 en hiver à + 35 en été sont devenues –50 et +50°.

- Des tonnes de défoliants déversés de manière anarchique sur les cultures des régions environnantes et le sable du lit de la mer d'Aral se sont disséminés dans la campagne et beaucoup plus loin encore portés par les vents. Les eaux de la mer d'Aral qui se sont réduites à une peau de chagrin sont ainsi saturées de sel, mais pas seulement, de ces produits chimiques, qui ont tué toute la faune marine. Donc l'activité traditionnelle la pêche a disparu

- l'eau potable de la région contient quatre fois plus de sel par litre que la limite recommandée par l'Organisation mondiale de la santé et en plus est chargée de nitrates et pesticides utilisés pour traiter les cultures.

- Les pêcheurs se sont convertis à l'élevage de bétail mais les bêtes se désaltèrent avec de l'eau polluée et mangent de l'herbe imprégnée des défoliants utilisés dans les champs environnants.

- conséquence également sur la santé : Le taux de mortalité infantile est l'un des plus élevé du monde. Les femmes font des fausses couches à répétition et mettent au monde des enfants mal formés ou mort-nés. Leur lait est impropre à la consommation. On constate une multiplication des maladies rénales, des diarrhées et autres affections graves. La tuberculose a atteint des proportions épidémiques: il y aurait, dans certaines villes, 4 cas pour 1000 habitants.

Des solutions

Alors bien sûr, des projets ont vu le jour pour essayer de remplir de nouveau la mer d'Aral, surtout la petite mer au nord qui bénéficie d'un relief permettant un sauvetage plus facile.

Un premier projet qui semblait prometteur fut la construction par le Kazakhstan d'une digue au sud de l'embouchure du Syr Daria pour éviter que les eaux du fleuve n'aillent se perdre dans le delta, entre la petite mer et la grande mer. Cette digue longue de 22 km, faite de sable de roseau a été achevée en 1996 et a permis une remontée des eaux de la petite mer et le retour de la végétation et aussi des poissons et des petits animaux comme les oiseaux ou les rongeurs. Mais tous les espoirs ont été anéantis lorsqu'une tempête détruisit la digue en 1999.

Un autre projet est celui de la Banque Mondiale et du gouvernement Kazakh : le barrage de Kokaral : construire un barrage en béton et toute une série de digues pour éliminer le surplus de sel et faire remonter le niveau de l'eau de la petite mer. Les travaux ont débuté en 2003 mais sont controversés car ils pourraient aboutir à un assèchement plus rapide de la grande mer. C'est devenu un sujet politique entre le Kazakhstan qui profite de la petite mer et l'Ouzbékistan qui verrait disparaître la grande mer.

On constate quand même depuis la fin des travaux en 2005 une remontée des eux de la petite mer de 6 à 8, voire 12 mètres selon les estimations ainsi qu'une augmentation de sa superficie de 30 à 50 % , Là aussi on peut voir le retour à la vie avec d'une part une salinité moins importante des eaux permettant le retour des poissons, et aussi un climat moins aride avec des pluies plus fréquentes. Des pélicans sont même revenus et se seraient installés au nord.

Ces résultats encourageants permettent d'envisager dans un avenir encore incertain quand même la renaissance du port d'Aralsk et de ses activités de pêche. En février 2009, la mer était éloignée de 20 KM d'Aralsk alors qu'elle s'était retirée de 100 Km. Si les prévisions s'annoncent justes, Aralsk sera à nouveau près de la mer en 2011.

Et qu'en est-il de la grande mer d'Aral ? Pas beaucoup d'espoir pour cette mer saturée de sel. On dit que les poissons qui passent de la petite mer à la grande mer meurent immédiatement. S'y ajoutent les problèmes géo-politiques évoqués plus haut : si le Kazakhstan riche de ses ressources pétrolières a les moyens pour trouver des solutions et peut parler d'écologie, les autres pays sont pauvres et notamment l'Ouzbékistan qui ne peut en aucun cas renoncer à la culture du coton, qui on le rappelle est une des causes principales de l'assèchement de la mer d'Aral, culture du coton qui représente 24 % de son Pib.

Ban Ki Moon, le secrétaire général des Nations Unies, devant un tel désastre environnemental a donc déclaré : "Je demande à tous les responsables politiques (de la région) à s'asseoir à la même table et à essayer de trouver des solutions" et les a assurés du concours des agences spécialisées des Nations Unies.

Cela sera-t-il suffisant ?


De Andréane Morlange sur www.sondelespoir.org

Sources :
* http://www.regard-est.com/home/breve_contenu.php?id=927
* Le Figaro
* Regard de géographes
* Wikipedia (avec image)

lundi 26 avril 2010

Joint-venture Kazakmhys-Jinchuan dans le cuivre

Pour développer un nouveau projet cuprifère géant au Kazakhstan, la société cotée à Londres s'est associée au métallurgiste chinois.

Kazakmhys, le huitième producteur mondial de cuivre, vient de décider de s'associer à Jinchuan, le quatrième producteur de cuivre et le premier producteur de nickel (90% de son offre) de Chine. La firme chinoise va offrir 120 millions de dollars à son nouveau partenaire pour prendre 49% du projet Aktogay situé dans l'est du Kazakhstan. Le coût de développement du projet est estimé entre 1,5 et 2 milliards de dollars, une somme considérable qui explique le besoin pour la firme cotée à Londres de s'associer avec un métallurgiste chinois.

Selon les promoteurs du projet, les réserves d'Aktogay, 5 millions de tonnes, sont parmi les plus importantes des gisements identifiés non encore en exploitation. L'objectif des mineurs est une production annuelle de 100 000 tonnes de concentré, qui pourrait plus tard être augmentée d'un tiers. « Le développement des infrastructures du Kazakhstan et sa proximité avec les marchés Chinois ont été décisifs pour initier ce projet », a souligné le directeur exécutif de Kazakmhys, Oleg Novachuk.

L'étude de faisabilité du projet devrait durer un an, puis la construction du site minier prendra trois autres années, a expliqué Novachuk. Outre le cuivre – 320 000 tonnes de cathodes en 2009 –, Kazakmhys produit du zinc, de l'argent et de l'or, est partenaire dans une centrale thermique au charbon et recherche du pétrole. Avec 62 000 salariés, essentiellement au Kazakhstan, le groupe affichait en 2009 un chiffre d'affaires de 3,7 milliards de dollars et un ebitda de 1,6 milliard.

Le 26 avril 2010 par Daniel Krajka sur http://indices.usinenouvelle.com

Projection du Film : Les Origines de la Pomme

dimanche 25 avril 2010

La Logan lancée au Kazakhstan

Tout petit billet à caractère informatif pour signaler un nouveau marché de commercialisation pour la Renault/Dacia Logan. La berline à bas prix du tandem franco-roumain est en effet disponible au Kazakhstan depuis le 15 avril dernier. L'offre du constructeur sera étoffée dans les prochaines semaines avec le lancement de la Sandero ce à partir du 1er juillet.

Alors que sur le sol du Kazakhstan le taux de motorisation est actuellement de 156 véhicules pour 1000 habitants, le duo franco-roumain compte sur la Logan (puis donc la Sandero) pour draguer la clientèle en offrant un véhicule à bas prix, tarif de vente non communiqué par le constructeur lequel précise un "prix de vente abordable".

A signaler que les ventes seront effectuées par un importateur, Kazakhstan Almaty Ato. Les deux modèles seront produits à Avtoframos, l'usine de Renault à Moscou.

Source : Renault.

Par Francois Tessier le 25 avril 2010 sur www.leblogauto.com