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dimanche 1 février 2009

Kazakhstan / Essais nucléaires - Une « population mutante »

Berick, la trentaine, veut vivre et pouvoir un jour voir le visage de sa mère. Aveugle et difforme depuis sa naissance, il dépend totalement d'elle pour manger, se déplacer, s'habiller ou se laver. Il a du mal à parler. Il communique grâce à la musique et quant il nous a accueilli chez lui, à Semipalatinsk dans le nord-est du Kazakhstan, il a voulu jouer de la Dombura, l'instrument national.
Berick est le seul des dix enfants de la famille avec cette malformation. Quant elle était enceinte, sa mère travaillait dans une ferme à quelque 30 kilomètres du champ de tir du Polygone. Un espace de 18 500 m², plus grand que l'Ile-de-France ou Israël, où pendant quarante ans les Soviétiques on fait exploser une bombe atomique par mois à titre expérimental : 116 à ciel ouvert, les 340 autres sous terre.Un passeport d'irradié et une pension de 120 euros par mois.

Elle n'a pas vu le champignon atomique, mais elle a vu une lumière s'élever dans le ciel. « Les docteurs m'ont dit que c'est pour cela qu'il est malade », dit-elle d'une voix basse, « mais je voudrais qu'il se fasse opérer pour qu'il puisse au moins voir ». Comme toutes les victimes de l'atome au Kazakhstan, Berick a un passeport d'irradié qui lui donne accès à des soins gratuits et à 120 euros de pension par mois, mais cela ne lui permet pas d'être opéré. « On doit trouver nous-mêmes un financement », soupire sa mère. « Quand il était petit, à l'âge de treize ans, des médecins italiens l'ont opéré, maintenant il faudrait recommencer, mais je ne sais pas à qui demander ».
Ils étaient 1 600 000 à vivre et à servir de cobayes humains dans des villages éparpillés autour du Polygone. Quatre générations plus tard, tous sont encore malades sous différentes formes. Il y a par rapport au reste du pays 40 % d'augmentation des taux de cancers, quinze années d'espérance de vie perdues, des suicides deux fois plus nombreux dans cette région qu'ailleurs, de! s naissances prématurées de plus en plus fréquentes à cinq mois, et des bébés monstrueux comme Berick.


Il n'empêche, pour Zhanbolat Gilmanov, haut fonctionnaire du ministère kazakh de l'énergie, le lien entre ces maladies et les explosions atomiques reste à démontrer. « Même si humainement c'est une tragédie », souligne-t-il, « il était nécessaire pour la science de connaître les effets de l'atome. Ce n'était pas qu'une question de guerre froide, l'humanité se devait de passer par là ».« Les gènes sont touchés et c'est irrémédiable »Le docteur Nailya Chaijunova n'est pas d'accord. C'est elle qui a découvert Berick lorsqu'elle a commencé à faire, une fois le Polygone fermé avec le départ des Soviétiques, une étude systématique des villageois aux alentours du champ de tir.
Son constat est terrible : « Les gènes sont touchés et c'est irrémédiable. Cette population est génétiquement modifiée, elle est mutante ».
Les autorités kazakhs sont prévenues, mais n'agissent pas. « Il faudrait clôturer le Polygone qui reste libre d'accès », martèle le docteur, « fermer les fermes d'élevages qui sont à proximité et qui affectent la chaîne alimentaire, et informer la population des dangers de la radiation ». Pour l'instant, la seule préoccupation du gouvernement kazakh est de rendre dans environ deux ans 95 % des terres du Polygone à l'agriculture bien qu'encore radioactives.
Un non-sens absolu selon Toleukhan Normagambetov, chef de la maternité de Semipalatinsk, lui-même gravement touché par la radiation : « Nous avons muté en même temps que ces terres, on peut donc manger de ses produits, le mal est fait, mais pourquoi contaminer les autres ? » Bonne question. Courant 2009, le Kazakhstan doit rejoindre l'Organisation mondiale du commerce et inonder le monde de ses produits agricoles.


Source : Dernières Nouvelles d'Alsace - 1.2.2009 - Angélique Kourounis

vendredi 30 janvier 2009

Foot : Bernd Storck sélectionneur du Kazakhstan

L'entraîneur allemand Bernd Storck a été nommé vendredi sélectionneur du Kazakhstan, a annoncé le service de presse de la Fédération kazakh de football.

jeudi 29 janvier 2009

Accord Be/Kz sur le transport

Assentiment à l'Accord sur le transport routier international entre la Belgique et le Kazakhstan
Sur proposition de M. Karel De Gucht, ministre des Affaires étrangères, le Conseil des ministres a approuvé un avant-projet de loi portant assentiment à l'Accord sur le transport routier international entre le Royaume de Belgique et la République de Kazakhstan. Cet Accord remplace l'Accord bilatéral existant entre le Royaume de Belgique et l'Union des Républiques Socialistes Soviétiques de 1973. Il est rendu nécessaire par la dissolution de l'ex-Union Soviétique et par l'évolution du transport routier entre les deux pays. Son objectif est de régler les relations de transport routier tant de marchandises que de personnes afin de fixer, notamment, les droits et devoirs des opérateurs de transport de chacun des deux pays en vue d'accroître la sécurité des personnes, la sécurité routière en général et la garantie des relations commerciales.

Pour plus d'informations :Service de presse de M. Karel De Gucht, ministre des Affaires étrangèresM. Vincent Stuer02/501.84.06 - 0473/29.04.43vincent.stuer@diplobel.fed.be
Service Communication du Conseil des ministresDirection générale Communication externe - Chancellerie du Premier ministre

lundi 26 janvier 2009

Washington s'apprête à supprimer le Kazakhstan de l'amendement Jackson-Vanik

WASHINGTON, 26 janvier - RIA Novosti. Le Sénat américain a été saisi d'un projet de loi proposant de supprimer le Kazakhstan du champ d'application de l'amendement Jackson-Vanik, introduit en 1974 afin de brider les échanges avec l'URSS, a confié à RIA Novosti un représentant du Sénat.
Vestige de la guerre froide, l'amendement Jackson-Vanik à la loi américaine sur la réforme du commerce de 1974 visait à inciter l'URSS à autoriser l'émigration des juifs et restreignait la liberté du commerce entre les deux pays.
Annulé pour la Géorgie, l'Ukraine, l'Arménie et le Kirghizstan, cet amendement reste en vigueur à l'égard de la Russie, mais aussi de l'Azerbaïdjan, de la Biélorussie, du Kazakhstan, de la Moldavie, de l'Ouzbékistan, du Tadjikistan et du Turkménistan.

jeudi 22 janvier 2009

Les islamistes ne sont pas en odeur de sainteté

Asie Centrale. Plusieurs gouvernement de la région durcissent leur législation. Il veulent contrer l'influence grandissante des mouvements radicaux au moment où les économies locales sont durement frappées par la crise.
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Le mouvement salafiste "de plus en plus populaire parmi les jeunes citadins tadjiks bien éduqués est désormais hors la loi", rapporte le site d'information tadjik Asiaplus.tj. Les autorités du pays auraient pris cette décision pour "défendre l'ordre constitutionnel, renforcer la sécurité nationale et prévenir la discorde interconfessionnelle. Car l'objectif de ces extrémistes, soupçonnés d'avoir fermenté des actes terroristes, est de renverser le pouvoir." Les intéressés s'en défendent, affirmant ne pas avoir une organisation structurée et ne représenter qu'une simple idéologie. Paradoxalement, le procureur général Bobodjone Bobokhonov, cité par le journal en ligne, leur donne raison. "Les salafistes n'ont pas enfreint la loi, mais leur propagande nuit à notre sécurité", explique-t-il.
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Au Kirghizistan, un nouveau texte de loi sur la liberté de la religion a été signé par le président Kourmanbek Bakiev, "en dépit d'insistantes demandes des Etats-Unis et de l'Europe", note le quotidien russe Nezavissimaïa Gazeta. La loi en question interdit le prosélytisme de toute mouvance religieuse (y compris protestante) "étrangère aux religions traditionnelles". Selon des experts kirghiz, la démarche vise surtout à atténuer des tensions socio-économiques croissantes. "Mais tant que la carte de visite de l'Asie centrale, à l'exception du Kazakhstan, est la pauvreté, la corruption et l'instabilité, les radicaux auront toutes leurs chances", estime le journal.
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Le Kazakhstan durcit lui aussi le ton, remarque le journal en ligne kazakh Gazeta.kz. Désigné à la présidence de l'OSCE en 2010, le pays veut toutefois donner une meilleure image de lui et se montre soucieux des droits de l'homme. Aussi, son président, Noursoultan Nazarbaev, s'est vu contraint de soumettre à la Cour constitutionnelle la loi sur la liberté religieuse, accusée de comporter au moins six articles anticonstitutionnels, dont l'obligation d'obtenir une licence pour exercer une activité religieuse. Néanmoins, pour la juriste kazakhe Ninel Fokina, "la machine répressive contre les minorités religieuses mise en route, il y a quelques années, continue à tourner".
Alda Engoian

Courrier International

Vicat finalise financement cimenterie Jambyl au Kazakhstan

PARIS (Dow Jones)--Le groupe Vicat SA (3177.FR) a annoncé jeudi la finalisation du financement de la cimenterie greenfield de Jambyl Cement située au Kazakhstan, dont il détient 60% du capital. Ce financement, arrangé par International Finance Corporation (IFC), filiale de la Banque Mondiale, s'élève à 160 millions de dollars. Il comprend une première tranche de 50 millions de dollars financée par IFC, et une seconde tranche de 110 millions de dollars syndiquée auprès de Calyon, la Société Générale, le Crédit Industriel et Commercial et Banca Intesa. Les maturités retenues sont respectivement de 10 et 7 ans. Par ailleurs, IFC a souhaité s'associer au projet initié par le groupe Vicat et son partenaire local, Kazkommerts Invest, en prenant une participation de 10% dans le capital de Jambyl Cement Company. Ainsi, à l'issue de cette opération, le capital de la société se répartit entre le groupe Vicat (60%), Kazkommerts Invest (30%) et IFC (10%). Guy Sidos, Directeur Général du groupe Vicat, a déclaré : "Nous sommes satisfaits d'avoir achevé, avec le soutien de IFC, le financement de notre cimenterie greenfield au Kazakhstan, dans le calendrier prévu et à des conditions favorables compte tenu de l'environnement actuel. Les financements obtenus et l'entrée de IFC au capital de la société attestent de la qualité de notre projet et du fort potentiel à long terme du marché kazakh." Dimitris Tsitsiragos, Directeur IFC Global Manufacturing & Services a indiqué : "L'engagement de IFC matérialise la poursuite d'un partenariat à long terme réussi avec le groupe Vicat. Ce projet va introduire des normes environnementales plus exigeantes pour l'industrie cimentière dans ce pays, en utilisant des technologies propres et des process efficaces énergétiquement."

mercredi 14 janvier 2009

Le Premier ministre kazakh: «Bloguez ! C'est un ordre !»

Après avoir ouvert son propre blog, le Premier ministre kazakh a ordonné à son gouvernement de suivre son exemple pour se rapprocher du peuple. Une bien belle idée dans un pays où 14% de la population a accès au web et où la préoccupation des premiers commentaires est la qualité de l'eau.

Karim Masimov est un vrai geek : depuis une semaine, le Premier ministre kazakh a lancé son blog « pour se rapprocher du peuple ». Une idée qu’il a trouvée si inspirée qu’il a ordonné à ses ministres de créer leurs propres sites « où les gens pourront vous poser des questions auxquelles vous devrez répondre. » Une grande ambition quand on sait que seuls 14% des 16 millions d'habitants de cette ancienne république soviétique d’Asie centrale disposent d’un accès au web. Ce qui n’a pas empêché le premier billet de Karim Masimov de recevoir 200 commentaires, portant notamment… sur la qualité de l’eau !Des enquêtes lancées dès les premiers commentaires !Reporter sans frontière reste pour le moment sceptique sur l’initiative : « la plateforme de blogs russe Livejournal a été bloquée quelques fois ainsi que des sites qui critiquaient le gouvernement : cela ne relève pour l’instant que de la microcensure, analyse Clothilde le Coz, responsable du bureau Internet. Mais il y a fort à parier que ceux qui critiqueront la politique du régime seront censurés. »
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Le blog de Karim Masimov: primeminister.government.kz


A moins que les ministres kazakhs n’optent pour l’option de leurs voisins turkmènes, qui ont créé des blogs gouvernementaux dont les fils de commentaires ont été fermés ! D’après Reuters, le Premier ministre a déjà lancé des enquêtes sur l’origine des plaintes pour la qualité de l’eau. Faut pas charrier non plus : c’est pas parce qu’on ouvre un blog qu’on devient un démocrate !

Sylvain Lapoix

Marianne2