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samedi 25 août 2007

KASHAGAN : Les retards s'accumulent

Le groupe pétrolier italien Eni risque de perdre sa place d'opérateur du gisement Kashagan. Ce champ pétrolifère, situé en mer Caspienne, est le plus important découvert dans le monde depuis trente ans.

Mais, alors que les premiers barils étaient attendus en 2005, ils ne sont plus espérés aujourd'hui que vers la fin de 2010. D'où le courroux du gouvernement kazakh à l'encontre du pétrolier transalpin. D'autant que la facture s'alourdit sensiblement. De 37 milliards initialement, elle pourrait passer à près de 136 milliards de dollars.

La pression qu'exerce le gouvernement kazakh sur le pétrolier italien depuis des mois est donc montée d'un cran cette semaine. Le ministre kazakh de l'Ecologie a déclaré que « les travaux à Kashagan pourraient être totalement arrêtés » au motif du non-respect par Eni de la législation en matière d'environnement. Les autorités kazakhes s'impatientent surtout de n'avoir toujours rien touché du pactole tant espéré.

Elles pourraient alors décider de changer d'opérateur. Mais quel membre du consortium, composé, outre Eni, d'Exxon Mobil, de Shell, de Total ou encore de ConocoPhillips, est-il prêt aujourd'hui à endosser la responsabilité de la conduite des travaux ?

vendredi 24 août 2007

L'Ukraine et le Kazakhstan soutiennent l'idée d'un cartel céréalier

SAINT-PETERSBOURG, 24 août - RIA Novosti. L'Ukraine et le Kazakhstan ont soutenu l'idée de créer un cartel céréalier, a affirmé vendredi, dans un entretien avec les journalistes, le ministre russe de l'Agriculture, Alexeï Gordeïev.
"Nous avons concerté cette proposition avec nos collègues ukrainiens et kazakhs et avons reçu leur soutien", a-t-il déclaré.
Selon le ministre, cette idée est aussi étudiée par les Etats-Unis. En outre, des négociations sur ce thème sont également prévues début septembre prochain avec l'Australie.
En juin dernier, le ministère russe de l'Agriculture avait invité les principaux pays-producteurs et exportateurs de céréales à examiner l'idée de la création d'une organisation analogue à celle qui regroupe les fournisseurs de pétrole, pour coordonner la production et le commerce mondiaux de céréales.
M. Gordeïev avait alors expliqué que compte tenu de la demande grandissante de céréales pour la production de combustible biologique et les besoins alimentaires, leur production et leur consommation dans le monde devaient être équilibrées.
La Russie exporte en moyenne 12 millions de tonne de céréales par an.

lundi 20 août 2007

La démocratie, un pas à la fois au Kazakhstan

Astana — Le parti Nour Otan du président kazakh Noursoultan Nazarbaïev a raflé l'ensemble des sièges en lice aux élections législatives de samedi, d'après les résultats préliminaires communiqués hier.
Le Kazakhstan n'a jamais connu de scrutin jugé libre et démocratique, mais les partisans d'une plus grande pluralité espéraient que le désir de Nazarbaïev de voir son pays présider l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) en 2009 le pousserait à une évolution pour redorer son image.
Cependant, avec 88,05 % des suffrages, Nour Otan a conservé un score digne de l'époque soviétique et aucun des six autres partis participant au scrutin n'a franchi la barre ses 7 % nécessaires pour entrer à la chambre basse.
La principale formation d'opposition, le Parti social-démocrate (ANSDP), n'a ainsi recueilli que 4,62 % des voix. «Le Kazakhstan a vraiment fait un pas vers la démocratie», s'est réjoui le présentateur de la télévision nationale Khabar après l'annonce en direct des résultats provisoires.
«C'est absolument absurde. Nous retournons à l'Union soviétique, au parti communiste de l'Union soviétique», s'est insurgé Bolat Abilov, l'un des dirigeants de l'ANSDP. L'OSCE a estimé que les élections n'avaient pas répondu aux normes internationales en raison d'un manque de transparence pendant le dépouillement et du seuil élevé fixé pour entrer au Parlement.
Les représentants de l'OSCE ont néanmoins aussi estimé que le scrutin constituait un pas en avant. «En dépit des préoccupations contenues dans le rapport, je crois que ces élections continuent de faire progresser le Kazakhstan dans son évolution vers un pays démocratique», a déclaré le sénateur Consiglio Di Nino, coordinateur des observateurs de l'OSCE.
L'OSCE, qui rassemble 56 États membres dont la Russie, a subi les critiques de Moscou qui l'accuse d'émettre des critiques trop sévères à l'encontre des élections dans les pays de l'ancien bloc soviétique. Concernant le décompte des voix, les observateurs de l'OSCE ont émis des rapports négatifs dans 40 % des bureaux observés, «essentiellement à cause de problèmes de procédure et du manque de transparence».
L'OSCE considère également que le parti Nour Otan a bénéficié d'un traitement de faveur de la part des médias nationaux et des autorités, reconnaissant toutefois au vote le mérite d'avoir été organisé dans le calme. Un député britannique, à la tête d'une délégation de députés du Conseil de l'Europe, a estimé que le Kazakhstan avait effectué de «réels progrès».
L'opposition a dit avoir la preuve de fraudes électorales, mais à la différences de partis d'oppositions ukrainiens et géorgiens, qui ont appelé à manifester pour renverser des dirigeants convaincus de manipulations électorales, elle n'est pas en mesure de réunir des foules importantes.
Nour Otan contrôlera 98 des 107 sièges de la chambre basse, les majilis. Les neuf autres sièges seront pourvus par des candidats désignés par l'Assemblée du peuple du Kazakhstan, une instance nommée par Nazarbaïev.

vendredi 15 juin 2007

L'uranium, de plus en plus convoité et de plus en plus cher

LONDRES - L'uranium, dont le producteur français Areva est en passe d'acheter le canadien UraMin pour 2,5 milliards de dollars, est devenu une matière première stratégique et coûteuse alors que l'électricité nucléaire se développe dans le monde, notamment dans les pays émergents.

Près de 39.700 tonnes d'uranium ont été extraites des mines de la planète en 2006, un peu moins qu'en 2005 mais 10% de plus qu'en 2002, selon des chiffres de la World Nuclear Association (WNA). Le minerai permet la production de 16% de l'électricité mondiale (24% dans les pays de l'OCDE et 34% dans les pays de l'Union européenne), via 435 réacteurs commerciaux dans 30 pays, selon l'Uranium Information Center (UIC).

Le Canada est le premier producteur mondial, avec environ un quart du minerai extrait, devant l'Australie, le Kazakhstan, le Niger et la Russie. Selon l'UIC, une part importante vient aussi du recyclage des stocks militaires de l'ancienne URSS. Selon l'Agence internationale de l'Energie atomique, le Kazakhstan pourrait prendre la tête en 2050, avec 11 millions de tonnes extraites par an, devant l'Australie. Le Canada en revanche verra ses ressources s'amenuiser. Les réserves prouvées se situent surtout en Australie (25% du total), au Kazakhstan (17%), au Canada (9%), aux Etats-Unis et en Afrique du Sud (7%). Au total, elles s'élevaient en 2005 à 4,74 millions de tonnes.

Selon la WNA, les principaux mineurs sont le canadien Cameco, qui extrait 20% de l'uranium mondial par an en Amérique du Nord. Viennent ensuite le kazakh KazAtomProm (12%), l'anglo-australien Rio Tinto (12%), Areva (11%), le russe TVEL (9%), l'anglo-australien BHP Billiton (7%) et l'ouzbek Navoi (6%).

Il n'existe pas de marché pour l'uranium comme il en existe pour d'autres matières premières industrielles comme le pétrole et les métaux de base. Des cabinets spécialisés surveillent néanmoins les transactions et déterminent un prix moyen. Pour le cabinet Ux Consulting, le prix du minerai avoisine les 300 dollars le kilogramme, après avoir fortement augmenté depuis trois ans. Cette hausse est liée à celle de la production d'électricité nucléaire dans le monde (+38% entre 1990 et 2005, selon la NWA), qui nourrit la demande en minerai, et à la construction, en cours ou projetée, de nouveaux réacteurs.

En Europe notamment, après deux décennies de marasme consécutif à la catastrophe de Tchernobyl, le secteur semble en plein renouveau alors que des pays comme le Royaume-Uni envisagent de renouveler leur production, selon le cabinet d'information sur l'énergie Platts.

Romandie News : AFP 15 juin 2007

samedi 26 mai 2007

Le président kazakh nazarbaiev pourra rester au pouvoir après 2012

Le parlement du Kazakhstan a modifié vendredi la Constitution pour abolir la limitation du nombre de mandats présidentiels consécutifs, fixé auparavant à deux, pour le chef de l'Etat en place Noursoultan Nazarbaïev.

Au pouvoir depuis 1990, M. Nazarbaïev, 66 ans, a gardé son poste à travers une série de décrets, référendums et élections, critiqués par l'opposition et l'Occident pour non-respect des normes démocratiques. Il a été réélu en décembre 2005 pour un nouveau mandat de sept ans qui se terminera en 2012.

Les deux chambres du parlement réunies ont voté par une majorité écrasante de voix un amendement permettant au "premier président du Kazakhstan" d'accomplir plus de deux mandats consécutifs. Cet amendement, qui ne bénéficiera donc pas aux successeurs de M. Nazarbaïev, avait été introduit en deuxième lecture dans une réforme qui était présentée par ailleurs comme devant renforcer les pouvoirs des députés au détriment de ceux du chef de l'Etat.

Pour entrer en vigueur, l'amendement doit être approuvé par le chef de l'Etat.

samedi 26 mai 2007
Asie-centrale.com

jeudi 24 mai 2007

Quel avenir pour les pipelines transcaspiens après « l'accord de Turkmenbachi »?

Un nouvel accord énergétique signé entre la Russie et les pays d'Asie Centrale riches en énergie, le Kazakhstan et le Turkménistan, jette une ombre sur les stratégies européennes et américaines de diversification énergétique. L'accord signé le 12 mai au Turkménistan, dans le port Turkmenbachi au bord de la mer caspienne, permet à la Russie de bloquer aux pays occidentaux un accès direct au gaz turkmène, créant un quasi monopole russe sur les routes de transport partant de la Caspienne. Cet accord est un coup sévère porté aux projets occidentaux de pipelines transcaspiens.

Début mai 2007, deux sommets énergétiques rivaux ont promu deux stratégies différentes concernant l'export des ressources énergétiques de la Caspienne. Une rencontre à Cracovie a réuni le 11 mai les dirigeants d'Azerbaïdjan, de Géorgie, de Lituanie, de Pologne et d'Ukraine pour signer une déclaration commune appelant a une coopération accrue dans le transport des ressources énergétiques de la région Caspienne jusqu'en Europe via le Caucase. Le jour suivant, le président russe Vladimir Poutine a réussi a éclipser cette rencontre en s'assurant la participation du président kazakh Noursoultan Nazarbayev, lequel avait confirme auparavant sa présence a Cracovie, à un sommet parallèle avec le président turkmène Gurbanguly Berdymukhammedov. Les trois dirigeants ont signé un accord énergétique majeur visant a étendre le gazoduc Prikaspiisky pour transporter le gaz naturel turkmène en Russie le long de la mer caspienne par le Kazakhstan.

Cet accord énergétique montre que la Russie n'a pas entièrement perdu son influence en Asie Centrale. Outre l'accord Prikaspiisky, une déclaration avait été signée auparavant avec l'Ouzbékistan, prévoyant la rénovation d'un gazoduc entre le Turkménistan, l'Ouzbékistan, le Kazakhstan et la Russie. En conséquence, les prévisions annoncent que les importations annuelles de gaz de l'Asie Centrale en Russie vont passer de 50 milliards de mètre cubes à 90 milliards de mètre cubes.

Quelles sont les conséquences pour les pipelines trans-caspiens?

Outre l'assurance d'exports gaziers pouvant pallier à de futurs manques domestiques, l'accord est aussi une étape décisive dans les objectifs géopolitiques de Moscou visant à compromettre les politiques européennes et américaines de diversification énergétique. L'Union Européenne (UE) et les Etats-Unis ont soutenu un certain nombre de projets de pipelines pour s'assurer un accès direct aux ressources énergétiques de la Caspienne, en utilisant la Géorgie et l'Azerbaïdjan comme pays de transit. Avec le développement d'une stratégie européenne pour l'Asie Centrale et les visites d'officiels de l'UE dans ces pays, l'UE a récemment multiplie ses efforts pour négocier directement avec les pays producteurs d'Asie Centrale et réduire sa dépendance énergétique a la Russie. L'UE craint de voir la Russie utiliser l'énergie comme levier politique à la suite de la « dispute énergétique » entre la Russie et l'Ukraine en 2006.

Apres les visites d'officiels américains et européens à Astana dans les derniers mois, le Kazakhstan semble pourtant s'orienter vers Moscou. Le pétrole a aussi fait l'objet de négociations entre Poutine et Nazarbayev, qui ont annonce l'expansion de la Caspian Pipeline Consortium Route (CPC). A la lumière de cette déclaration, le projet soutenu par les Etats-Unis de construire un oléoduc sous la mer Noire pour étendre l'oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan (BTC) au Kazakhstan semble compromis.

Les accords énergétiques portent un sévère coup à un autre projet de pipeline, le gazoduc Nabucco, auquel participe différentes compagnies européennes. Le gazoduc Nabucco devrait transporter le gaz caspien vers l'Europe en passant par la Turquie, la Bulgarie, la Roumanie, la Hongrie et la Turquie. Le projet Nabucco prévoit aussi la future expansion du gazoduc au Turkménistan et au Kazakhstan. L'annonce du gouvernement hongrois fin mars selon laquelle il soutiendrait un projet rival, le gazoduc Bluestream de Gazprom passant par la Turquie et l'Hongrie en suivant la même route que Nabucco, a toutefois jetté quelques doutes sur le projet Nabucco.

Les Etats-Unis ont soutenu les efforts de l'UE de construire un dialogue direct avec le gouvernement turkmène, encourageant aussi les officiels géorgiens dans la même voie. Le premier ministre géorgien Zourab Nogaideli a visité Ashgabat en mars pour discuter du transport du gaz turkmène vers l'occident par le Caucase. Dans une interview avec Radio Liberté en mai, la porte-parole du parlement géorgien, Nino Bourdjanadze, a quant à elle appelé l'UE a continuer de soutenir des gazoducs et oléoducs contournant la Russie en utilisant comme routes alternatives la Géorgie, l'Azerbaïdjan et la Turquie.

Le Kazakhstan et le Turkménistan ont un rôle pivot dans la construction de tubes trans-caspiens. Apres les récents changements de leadership au Turkménistan, les pays occidentaux se posent des questions sur la future orientation en politique étrangère du pays. Il reste à voir si le récent rapprochement du Kazakhstan avec la Russie est uniquement l'expression d'une politique étrangère pragmatique multidirectionnelle ou si les Etats-Unis et l'UE ont bien perdu un peu de leur influence en Asie Centrale.

Article de Lili DI PUPPO, paru le 24 mai 2007 sur www.caucaz.com

mardi 22 mai 2007

Noursoultan Nazarbaïev pourra briguer le poste de président un nombre illimité de fois

ASTANA, 22 mai - RIA Novosti. Le président du Kazakhstan Noursoultan Nazarbaïev a signé les amendements à la Constitution de la république qui réduisent le mandat présidentiel de sept à cinq ans et qui lèvent les restrictions sur le nombre de mandats présidentiels pouvant être brigués par le premier chef de l'Etat kazakh.
"La loi entre en vigueur le jour de sa publication officielle", lit-on dans le texte des amendements publiés mardi par les médias officiels.
La semaine dernière, le parlement du Kazakhstan a adopté des amendements à la Constitution proposés par le président kazakh Noursoultan Nazarbaïev. Les amendements prévoient notamment la réduction du mandat présidentiel de sept à cinq ans, mais cette norme entrera en vigueur à partir de 2012. Noursoultan Nazarbaïev a été élu la dernière fois à ce poste en décembre 2005.
Le parlement a également adopté les amendements proposés par un groupe de députés levant les restrictions sur le nombre de mandats présidentiels pour Noursoultan Nazarbaïev.