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vendredi 27 novembre 2009

Pékin aime l'Asie centrale


25,2 milliards de dollars [17 milliards d’euros], c’est le montant des échanges commerciaux entre la Chine et les cinq pays d’Asie centrale (Kazakhstan, Kirghizistan, Ouzbékistan, Tadjikistan et Turkménistan) pour l'année 2008. "Depuis 1992, année de l'établissement des relations diplomatiques entre la Chine et ses voisins centrasiatiques, le volume des échanges a été multiplié par 50", précise le site d’informations économiques russophone Chinapro.ru.

La Chine est devenue le troisième plus important partenaire économique du Kirgizstan, de l'Ouzbékistan et du Kazakhstan. Fin 2007, la Chine avait investi 8,6 milliards de dollars dans les secteurs énergétique, mécanique, automobile et agricole de l'Asie Centrale. Plus de 1500 entreprises ont été créées avec des capitaux chinois au Kazakhstan.


La Russie, le Bélarus et le Kazakhstan lancent une union douanière

MINSK - La Russie, le Bélarus et le Kazakhstan ont signé vendredi à Minsk une série de documents sur le lancement d'une union douanière, un projet de longue date présenté récemment par Moscou comme un moyen d'adhérer à trois à l'Organisation mondiale du commerce.

"C'est une décision très importante, attendue de longue date qui est née à la suite de négociations très compliquées", a déclaré le président russe Dmitri Medvedev à l'issue du sommet, cité par l'agence Itar-Tass.
"A partir du 1er juillet, nos trois Etats entreront dans une zone douanière unie", a pour sa part précisé le président bélarusse Alexandre Loukachenko, selon son service de presse.

En juin, le Premier ministre russe, Vladimir Poutine, avait annoncé que son pays, le Kazakhstan et le Bélarus allaient parachever leur union douanière et présenter une candidature commune à l'OMC, mettant ainsi un terme à leur long processus d'adhésion individuelle. "Cette position n'a pas changé", a déclaré vendredi le vice-Premier ministre russe Igor Chouvalov cité par l'agence Ria Novosti. "L'adhésion doit avoir lieu en même temps et selon les mêmes conditions".

Le président Dmitri Medvedev a toutefois déclaré lundi que l'adhésion pourrait se faire "soit ensemble dans le cadre de l'union douanière, soit à des vitesses différentes". Le négociateur russe à l'OMC Maxim Medvedkov a pour sa part expliqué en octobre que les trois pays allaient adhérer "séparément", mais aux mêmes conditions et en même temps.

Le président kazakh Noursoultan Nazarbaïev a déclaré vendredi à la presse que "la création de l'union douanière permettrait aux trois pays d'atteindre d'ici 2015 une croissance de plus de 15%".

Selon Dmitri Medvedev, "dans l'avenir d'autres pays pourraient se joindre (à cette union) et nous allons y contribuer", a-t-il ajouté. "Le Tadjikistan et le Kirghizstan (deux ex-républiques soviétiques d'Asie centrale) ont déclaré leur intention d'adhérer à l'Union douanière", a souligné M. Nazarbaïev.

La prochaine rencontre des trois présidents aura lieu le 18 décembre à Almaty (Kazakhstan) afin d'établir le calendrier de la mise en place de l'union douanière, a annoncé M. Loukachenko.

(©AFP / 27 novembre 2009 17h16)

jeudi 26 novembre 2009

Objectif Kazakhstan pour l'industrie dunkerquoise

La marché kazakh permettrait notamment à
ArcelorMittal de produire 350 000 tonnes d'acier.

Dans un contexte de crise, la nouvelle constitue une véritable aubaine pour les industries du Dunkerquois. À l'initiative de la société Europipe et de la SPIE-CAPAG, filiale d'Entrepose Contracting, la "filière tube" de l'agglomération s'est mobilisée pour proposer au Kazakhstan de construire un oléoduc de 761 km, qui reliera l'Azerbaïdjan au nord de la mer Caspienne.

Début octobre, un protocole d'accord a déjà été signé entre Nicolas Sarkozy et son homologue kazakh, Noursoultan Nazarbaïev. Un marché de deux milliards d'euros, dont 1,2 pour des entreprises françaises. Parmi elles, cinq du Dunkerquois - ArcelorMittal, GTS Industries, Europipe, Eupec et SDV - qui se sont positionnées pour constituer un « groupement d'entreprises ponctuel ». « Cela est la preuve que si l'on se bat, on peut obtenir des marchés et créer de l'émulation » souligne Christian Fraud, directeur de Dunkerque Promotion, agence de développement économique qui assiste les investisseurs pour l'implantation et le développement d'entreprises à Dunkerque.

Jusqu'à dix-huit mois de travail

La construction de ce nouvel oléoduc s'inscrit dans le cadre de l'exploitation du gisement géant offshore de Kashagan, en mer Caspienne, et de l'exportation d'une partie de la production vers l'Europe par l'oléoduc Baku-Tbilissi-Ceyhan, qui relie la mer Caspienne à la Méditerranée. Le nouvel ouvrage sera notamment composé d'une artère principale de 761 kilomètres et de deux stations de pompage.

Engagé avec le ministère de l'Économie, de l'Industrie et de l'Emploi, et appuyé par Michel Delebarre, président de la communauté urbaine de Dunkerque, un long travail de concertation a abouti à une proposition présentée à KMG, la compagnie pétrolière nationale au Kazakhstan, à l'occasion du voyage de Nicolas Sarkozy. Cette proposition a débouché sur la signature d'un accord visant à étudier le futur ouvrage.

En clair, si les négociations techniques et commerciales aboutissent, la réalisation de l'oléoduc permettra aux entreprises du Dunkerquois de disposer, à l'horizon 2011, d'une activité ponctuelle importante, soit l'équivalent de douze mois de travail pour Europipe, six pour GTS Industries et près de dix-huit pour Eupec, alors que pour ArcelorMittal, le marché permettrait au site dunkerquois de produire 350 000 tonnes d'acier, avec une activité portuaire induite de 700 000 tonnes.

Les entreprises du Dunkerquois, qui se sont jusqu'à présent démarquées dans le dossier, décrocheront-elles le jackpot ? Seule certitude : le gouvernement kazakh vient de confirmer la visite d'une délégation à Dunkerque en fin d'année. Plutôt de bon augure.

B. C. et OL. D. le jeudi 26.11.2009 sur http://www.lavoixeco.com/

mercredi 25 novembre 2009

La présidence kazakhe de l’OSCE : un choix avisé ?

Alors que le Kazakhstan s’apprête à prendre la tête de l’OSCE en janvier 2010, les polémiques autour de la présidence kazakhe s’amplifient. Pour cette élection, Astana a bénéficié du soutien sans faille de tous les Etats anciennement soviétiques, Russie en tête, ainsi que de la bonne volonté de l’Allemagne, qui a refusé que l’élection soit conditionnée à des progrès en matière de réformes institutionnelles ou de liberté de la presse. Enfin, les autorités kazakhes, très soucieuses de leur image internationale, ont su y mettre le prix : plusieurs firmes américaines de lobbying se sont vu commander des rapports éclairant sous un jour très positif les évolutions politiques, économiques et sociales du pays.

La présidence kazakhe a en effet du bon. Tout d’abord symboliquement : pour la première fois près de vingt ans après la disparition de l’Union soviétique, un État postcommuniste va présider une organisation symbole de l’ancienne Guerre froide, porteuse des slogans de démocratisation de l’Union européenne. Comparé à ses voisins centre-asiatiques, le Kazakhstan fait bonne figure : sur le plan international, Astana maintient une politique étrangère dite multi-vectorielle qui cherche l’équilibre entre la Russie, la Chine et l’Union européenne et se veut très active dans toutes les organisations internationales et régionales. Sur le plan intérieur, le Kazakhstan est sans conteste le leader économique de la région (70 % du PIB de toute l’Asie centrale). Il a réussi à offrir à sa population une relative hausse du niveau de vie et a fait chuter le nombre de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté à 15 %. Il peut également jouer un rôle stabilisateur dans les tensions internes à l’Asie centrale : il est prêt à établir des stratégies collectives de gestion des flux migratoires massifs venant du Kirghizstan, du Tadjikistan et d’Ouzbékistan, participe à toutes les négociations concernant la difficile question de l’eau et de l’électricité, favorise la coopération multilatérale et bilatérale en matière de sécurité des frontières et de répression des trafics clandestins, etc.

Le Kazakhstan apparaît donc comme un bon candidat face à la liste des priorités décidées par l’OSCE pour 2010 : réduction des armes de destruction massive (le pays a accepté sa dénucléarisation à la chute de l’URSS), promotion de la sécurité énergétique (il est un partenaire motivé des concertations avec l’Union européenne en matière énergétique), et institutionnalisation de la paix interethnique et interconfessionnelle (les minorités nationales et religieuses disposent de droits reconnus, bien que la réalité soit bien moins positive que ne cherchent à le montrer les autorités). Le pays dispose également de certains atouts pour poursuivre les difficiles efforts de l’OSCE dans les « conflits gelés » de l’ancienne Union soviétique : les autorités kazakhes ont de bonnes relations avec toutes les parties en conflit, Moscou et Tbilissi malgré la guerre russo-géorgienne d’août 2008, Erevan et Bakou malgré le conflit du Haut-Karabakh, Kishinau et Tiraspol malgré le conflit en Transnistrie.

Si l’objectif de l’OSCE était de reconnaître, à travers cette nomination, que le pays avait réussi en moins de deux décennies à maintenir le cap de la « transition » et à intégrer la communauté internationale, l’élection était justifiée : comparé à ses voisins anciennement soviétiques, le cas kazakh peut en effet être considéré comme un succès dans de nombreux domaines.

Toutefois, le bat blesse – et la formule reste modérée – sur le plan politique. Une organisation dont la légitimité repose sur le respect des libertés fondamentales peut-elle se faire représenter par un régime politique tel que celui du Kazakhstan sans perdre sa crédibilité ?

A la prochaine élection présidentielle de 2012, Nursultan Nazarbaev fêtera ses 21 ans au pouvoir, grâce à de multiples manipulations législatives qui lui ont permis de reculer puis d’avancer les élections, de faire prolonger son mandat par référendum puis de se faire réélire, en 2005, avec un score soviétique – 91 % des suffrages. Non contentes de ces bons résultats, les autorités ont fait passer en 2007 une loi qui permet au premier président de la République de se présenter à un nombre illimité de mandats. Potentiel président à vie, Nazarbaev a donc eu de quoi s’effrayer de la passation de pouvoir entre Poutine et Medvedev. Le Kazakhstan est aujourd’hui un pays sans opposition parlementaire : grâce à une politique systématique de liquidation de toute opposition et à l’introduction d’un seuil de 7 % des suffrages, l’Assemblée nationale ne compte plus qu’un seul parti, celui du président. Depuis 2006, plusieurs membres de l’élite ayant décidé de passer dans l’opposition ont été assassinés, dans des opérations peu finement maquillées en suicides ou accidents. Les opposants sont harassés administrativement, des affaires judiciaires sont montées à leur encontre, les sites Internet dissidents sont bloqués à l’intérieur du pays ou « clonés » par des sites parallèles grâce à des systèmes informatiques que les autorités achètent à leur voisin chinois.

Sur le plan économique, le tant célébré « modèle kazakhstanais » est celui de l’accaparement des richesses du pays par les clans au pouvoir. Le président est à la fois le maître d’œuvre et l’otage de stratégies de prédation des ressources mises en place lors du passage à l’économie de marché et renforcées dans les années 2000. Son premier gendre, aujourd’hui en disgrâce, contrôlait de nombreux pans de l’économie, en particulier ceux liés à l’économie de l’ombre via ses connexions avec les services secrets et les douanes ; son second est plus que jamais à la tête de l’ensemble du marché des hydrocarbures. La société nationale à l’énergie nucléaire, Kazatomprom, est ébranlée par plusieurs grands scandales alors que le pays s’annonce comme l’un des premiers producteurs mondiaux d’uranium. Le secteur bancaire, quant à lui, n’en finit plus de chercher des boucs émissaires à son effondrement sans précédent. L’opacité des enjeux et la confusion qui règnent au sein des organes de l’État depuis 2008 ne peuvent qu’inquiéter : elles démontrent non seulement que la gestion des richesses du Kazakhstan se fait en fonction des intérêts personnels des dirigeants, mais également que les luttes entre élites pour le contrôle des ressources s’accélèrent avec la perspective d’un possible départ, sous une forme ou une autre, du président.

Malgré ses discours pro-européens et l’annonce d’une « Voie vers l’Europe », le Kazakhstan n’a pas caché vouloir profiter de sa présidence pour montrer à la « vieille Europe » que les conceptions politiques des pays de la CEI sont « différentes ». Les efforts de certains pays membres à démontrer le caractère illégitime des critiques de l’OSCE seront donc dorénavant portés haut et fort par le Kazakhstan. Face à de telles contradictions, les missions de l’organisation présentes dans les différents pays de la région n’auront pas la tâche facile. Par cette élection, le but était probablement d’encourager un parcours historique sans valider des réalités politiques qui sont à l’opposé des objectifs de l’organisation. Malheureusement, la réception du message par les Etats postcommunistes et plus généralement les partenaires de l’Europe risque d’être contraire à la lecture que voulait en donner l’OSCE. Une fois encore, l’Europe envoie des messages brouillés.
Le 25 novembre sur www.affaires-strategiques.info, Par Sébastien Peyrouse, chercheur associé à l’IRIS

L'Ouzbékistan dément avoir fermé sa frontière avec le Kazakhstan

L'Ouzbékistan a démenti hier avoir fermé sa frontière avec le Kazakhstan voisin, et affirmé qu'un système sanitaire renforcé avait été mis en place "temporairement" en vue d'empêcher la propagation de la grippe A/H1N1, a rapporté l'agence Jahon, média officiel du ministère ouzbek des Affaires étrangères. Il y a eu des "mesures de quarantaine temporaires", a précisé cette même source.

mardi 24 novembre 2009

Un satellite européen lancé avec retard en raison d'un conflit russo-kazakh

MOSCOU - Le lancement depuis le cosmodrome de Baïkonour (Kazakhstan) du satellite de télécommunications européen Eutelsat-W7, repoussé lundi à la suite d'un différend entre les autorités russes et kazakhes, a été effectué mardi sans encombre, ont annoncé les agences russes.

"Le lancement a eu lieu comme prévu à 17h19 (14H19 GMT), la séparation du satellite étranger est prévue mercredi à 01H53" (mardi 23H53 GMT), a indiqué un porte-parole de l'Agence fédérale spatiale Roskosmos à l'agence Ria Novosti. Le décollage de cette fusée russe Proton porteuse d'un satellite de télécommunications conçu par la firme française Thales était initialement prévu lundi à la même heure.

Un porte-parole de Roskosmos, Alexandre Vorobiev, avait auparavant expliqué le retard par un différend bureaucratique entre les autorités russes et kazakhes. Ces dernières estimaient ne pas avoir reçu à temps "les papiers nécessaires", a-t-il dit. "Pourtant, nous avons agi en conformité avec l'arrêté du gouvernement kazakh", a-t-il argué. "Nous étions en droit de faire ce lancement hier", a-t-il souligné.

Selon le quotidien russe Kommersant, ce n'est pas la première fois qu'un conflit de ce genre surgit entre les deux gouvernements autour de la base de Baïkonour, située en territoire kazakh, que la Russie loue depuis la chute de l'URSS pour procéder à ses lancements de fusée. L'origine du litige remonte à septembre 2007: le Kazakhstan avait temporairement bloqué les lancements de Proton après l'écrasement d'une fusée accidentée à quelques dizaines de kilomètres du lieu où se trouvait le président du pays, Noursoultan Nazarbaïev.

Le porte-parole de Roskomos a rappelé que la Russie avait versé "un loyer de 1,265 milliard de dollars au Kazakhstan depuis 1999 pour Baïkonour, soit 115 millions de dollars par an". L'Agence fédérale spatiale a par ailleurs payé au Kazakhstan 40 milliards de roubles (928 M EUR) en frais d'entretien et d'infrastructures, a-t-il ajouté.

AFP / 24 novembre 2009

La Russie pourrait vendre de l'eau à l'Asie centrale

MOSCOU, 24 novembre - RIA Novosti

Le maire de Moscou Iouri Loujkov, auteur du projet de transfert d'une partie du débit des grands fleuves sibériens vers le sud a insisté lors d'un forum international mardi à Moscou sur la nécessité d'irriguer les terres agricoles du sud sibérien et les déserts d'Asie centrale.

"Il convient de revenir sur le projet d'utilisation de l'eau des fleuves sibériens, l'Obi à elle seule pourrait nous fournir jusqu'à 25 kilomètres cubes (par an), a estimé le maire devant les participants au forum "Eau Pure" qui s'est réuni dans la capitale russe.

Cette mesure "permettra d'irriguer des régions russes et de vendre de l'eau au Kazakhstan", a-t-il estimé.

Selon le maire de Moscou qui avait présenté en septembre son livre "L'Eau et le Monde", 5% à 7% du débit annuel de l'Obi qui se jette dans l'océan Arctique permettraient d'approvisionner en eau cinq régions sibériennes sujettes à des sécheresses fréquentes. La Russie pourrait rentrer dans ses frais en vendant de l'eau aux pays arides d'Asie centrale, à condition que le mètre cube ne dépasse 25 cents américains, a-t-il estimé.