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jeudi 31 décembre 2009

Voeux 2010 d'Eurokaz

Le bureau de votre association préférée, souhaite à tous les ahérents, sympathisants et internautes d'Eurokaz de passer un joyeux réveillon ainsi qu'une bonne et heureuse année 2010.

A cette occasion, nous vous proposons de regarder cette video, clin d'oeil sur Almaty réalisé par http://www.turrus.kz/


video

mercredi 30 décembre 2009

Accrochée à la vie : Volhynie, Kazakhstan, Pologne 1923-1951

Franceska Michalska naît en 1923 dans une famille polonaise de Volhynie. L'univers paisible, campagnard et tolérant de son enfance ne tarde pas à se fissurer. Les autorités politiques soviétiques décident de mettre au pas la région. Aux arrestations et exécutions arbitraires (deux de ses oncles sont fusillés) succède la grande famine des années 1932-33, provoquée pour affaiblir les paysans opposés à la collectivisation de l'agriculture. Elle épargne sa famille, mais des voisins figurent parmi les millions de victimes.
En juin 1936, le village entier est déporté en wagons à bestiaux, puis en camions vers une destination inconnue. Après un mois d'un voyage très éprouvant, on les dépose dans la steppe désertique du nord du Kazakhstan. La vie s'y organise malgré l'isolement, les privations et les maladies. En 1941, l'auteur décide de se lancer dans la médecine. Elle entame un véritable parcours du combattant qui l'entraîne d'Alma-Ata, à Kharkov et Czernowitz et jusqu'à Wroclaw où elle termine ses études d'infirmière, puis de sage-femme. Sa pugnacité et sa capacité à survivre aux pires difficultés ont raison des obstacles. Se nourrissant au mieux de pain séché mélangé à de l'eau, souffrant du froid et de la peur, elle réussit aussi grâce à des rencontres avec des personnes bienveillantes.
Ce bref récit autobiographique, rédigé avec une économie de mots certaine, sans aucun effet de style, parvient à nous toucher par sa sincérité, et son authenticité. Il s'en tient purement aux faits, sans porter le moindre jugement. Ce témoignage éclaire un pan peu connu de l'Histoire du XXe siècle. Au-delà des horreurs qu'il relate, c'est aussi une formidable leçon de volonté et de courage. L'auteur réussit à forcer son destin, à échapper à un système coercitif redoutable programmé pour anéantir toute velléité de résistance individuelle. Accrochée à la vie envers et contre tout, elle nous apporte un message d'espoir.

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Le Kazakhstan dément tout accord pour fournir de l'uranium à l'Iran

ASTANA, 30 déc 2009 - Le Kazakhstan a démenti mercredi les informations de presse sur un possible accord avec l'Iran pour lui fournir de l'uranium, les qualifiant d'"insinuations sans fondement", dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères kazakh. Le Kazakhstan a démenti mercredi les informations de presse sur un possible accord avec l'Iran pour lui fournir de l'uranium, les qualifiant d'"insinuations sans fondement", dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères kazakh.

"Le ministère des Affaires étrangères dément catégoriquement certaines informations de presse selon lesquelles le Kazakhstan pourrait conclure un accord de livraison d'uranium à la République islamique d'Iran", selon ce communiqué. Ces informations sont des "insinuations sans fondement qui portent préjudice à la réputation de notre pays", a ajouté le ministère.

Selon ces informations de presse, Téhéran s'apprêterait à acheter à Almaty 1.350 tonnes d'uranium purifié, soulevant de nouvelles inquiétudes sur le programme nucléaire iranien.

AFP - 30.12.2009

L'Iran dément un accord secret pour acheter de l'uranium kazakh

TEHERAN, 30 décembre (Reuters) - L'Iran a qualifié de sans fondement mercredi les informations selon lesquelles il serait sur le point de nouer avec le Kazakhstan un accord pour importer 1.350 tonnes de minerai d'uranium purifié afin de renflouer ses réserves de combustible nucléaire. Un tel accord constituerait une violation des sanctions imposées en 2006 par les Nations unies sur le programme nucléaire iranien. Le minerai d'uranium, également connu comme "yellow cake", peut être enrichi et utilisé ensuite comme combustible dans des réacteurs ou pour des armes nucléaires.

Selon une source d'un pays membre de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) faisant état d'un rapport de renseignements, cité par l'Associated Press, l'Iran serait prêt à verser 450 millions de dollars pour acquérir de l'uranium. Cet accord secret, qui serait conclu avec des fonctionnaires kazakhs agissant sans l'aval de leur gouvernement, pourrait être conclu dans quelques semaines.

"Inventer des informations fait partie de la guerre psychologique (menée contre l'Iran) afin de servir les intérêts politiques des puissances hégémoniques", dit le représentant de l'Iran à l'Onu dans un communiqué télécopié à Reuters. Un diplomate occidental à Vienne a indiqué que son pays était informé et inquiet de ces renseignements, mais il n'a pas pu confirmer s'ils étaient exacts.

Le Kazakhstan a également démenti ces informations. "Ce que le Kazakhstan fait dans l'industrie de l'uranium est fait dans le respect des critères de l'AIEA ou sous le contrôle de cette organisation", a dit Ierjan Achibaïev, porte-parole du ministère kazakh des Affaires étrangères. Kazatomprom, agence gouvernementale kazakhe chargée du nucléaire, a annoncé que sa production d'uranium pour 2009 devrait s'établir à 13.900 tonnes. Plus des trois quarts de ce total sont produits en partenariat avec les entreprises française Areva et candienne Uranium One

L'acquisition à laquelle voudrait procéder l'Iran, selon ces sources, resprésenterait près de 10% de la production annuelle du Kazakhstan. Les Iraniens seraient prêts à payer le minerai plus du triple de son prix sur le marché. (Ramin Mostafavi, version française Pierre Sérisier)

sur fr.reuters.com

Le Kazakhstan élargit le couloir de fluctuation de sa monnaie

Le Kazakhstan va élargir le couloir de fluctuation de sa monnaie nationale, le tengué, à partir du mois de février, a indiqué mercredi la Banque centrale du Kazakhstan dans un communiqué.

"En 2010, le taux de change moyen du tengué restera au niveau de 150 tengués pour un dollar", écrit l'institution financière. "Par ailleurs, compte tenu de la situation des marchés de produits et de changes, et de l'objectif de créer les conditions pour accroître la souplesse du taux de change, le couloir d'oscillation du tengué sera élargi à +15 tengués (ou 10%) et -22,5 tengués (ou 15%)", ajoute-t-elle.

Ce couloir prendra effet le 5 février 2010 jusqu'au 20 mars 2011, précise la Banque centrale. L'évolution du taux de change du tengué "dépendra de la dynamique du cours du dollar américain par rapport à l'euro, du cours du rouble par rapport à ces deux devises, des prix mondiaux des principaux produits d'exportation du Kazakhstan et de la balance des paiements du Kazakhstan", ajoute l'institution.

Mercredi, le tengué s'échangeait à 148,36 tengués pour un dollar, contre 148,35 la veille. La Banque avait décidé le 4 février se dévaluer le tengué, de 20% environ face au dollar, sa devise de référence, en raison de la crise financière et de la chute des prix du pétrole. Elle avait fixé le couloir du taux de change du tengué à environ 150 tengués pour un dollar avec une oscillation possible de plus ou moins 3%, soit cinq tengués.

Le Kazakhstan, vaste pays d'Asie centrale riche en hydrocarbures, a été doublement frappé par la crise lorsque les cours du pétrole ont chuté et que le crédit, sur lequel ses secteurs bancaire et immobilier s'appuyaient largement, s'est tari.

sur www.daily-bourse.fr le 30 décembre 2009

Le Kazakhstan élude des questions sur le nucléaire iranien

ALMATY, 30 déc 2009 - Le Kazakhstan a éludé des questions mercredi sur des informations de presse selon lesquelles il s'apprêterait à vendre de l'uranium purifié à l'Iran, indiquant simplement qu'il respectait les exigences de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

Le Kazakhstan a éludé des questions mercredi sur des informations de presse selon lesquelles il s'apprêterait à vendre de l'uranium purifié à l'Iran, indiquant simplement qu'il respectait les exigences de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). "Nous devons étudier attentivement cela, formuler tous les arguments et donner une réponse fondée", a déclaré à l'AFP Erjan Achikbaev, porte-parole du ministère kazakh des Affaires étrangères. Il a dit espérer que le ministère ferait une déclaration officielle à ce sujet plus tard dans la journée. "Le Kazakhstan remplit toutes ses obligations face à l'AIEA et toutes ses activités en matière nucléaire se font sous le contrôle de cette organisation", a-t-il par ailleurs affirmé.

De son côté, la compagnie nucléaire nationale kazakhe Kazatomprom a refusé de commenter ces informations. "C'est une question politique. Kazatomprom ne fait qu'extraire l'uranium, et la décision sur sa destination n'est pas de notre ressort, mais de celui du gouvernement", a déclaré à l'AFP Madina Tolebaïeva, porte-parole de la société. Selon des informations de presse, Téhéran s'apprêterait à acheter à Almaty 1.350 tonnes d'uranium purifié, soulevant de nouvelles inquiétudes sur le programme nucléaire iranien.

Les Etats-Unis ont prévenu mardi que le transfert d'uranium enrichi vers l'Iran violerait les sanctions du Conseil de sécurité de l'Onu. "Le transfert d'uranium à l'Iran est interdit, sauf si l'uranium en question est faiblement enrichi et incorporé dans des éléments de combustible nucléaire assemblés, utilisés par les réacteurs à eau légère", a déclaré le porte-parole du Département d'Etat américain, Ian Kelly. "Par conséquent, le transfert de tout +yellowcake+ (concentré d'uranium, ndlr) - qui ne constitue pas une exception - à l'Iran constituerait une violation claire des sanctions du Conseil de sécurité de l'ONU", a-t-il ajouté.

Selon le quotidien américain Washington Post de mercredi, les Etats-Unis préparent "des sanctions contre certains éléments du gouvernement iranien", tout en laissant la porte ouverte à une résolution" de la crise nucléaire.

Par ailleurs, Kazatomprom a affirmé mercredi que le Kazakhstan était devenu en 2009 le premier producteur mondial d'uranium, devant le Canada et l'Australie, ayant accru sa production de 63% par rapport à 2008. Au 21 décembre, "la production d'uranium naturel s'est établie à 13.500 tonnes. D'ici à la fin de l'année, pas moins de 400 tonnes vont encore être produits", a indiqué la société dans un communiqué, ajoutant qu'en 2010, elle tablait sur une production de 18.000 tonnes. Le Kazakhstan, une ex-république soviétique d'Asie centrale, contrôle environ 20% des réserves mondiales d'uranium. Il s'était fixé pour objectif de devenir le principal producteur au monde à l'horizon 2010.

AFP le 30.12.2009

L'Iran cherche à importer de l'uranium du Kazakhstan, selon un rapport des services de renseignements

VIENNE - L'Iran est proche de conclure un accord pour importer clandestinement 1.350 tonnes d'uranium purifié du Kazakhstan, en violation des sanctions du Conseil de sécurité de l'ONU, selon un rapport des services de renseignements obtenu mardi à Vienne par l'Associated Press. D'après des diplomates, ces informations font monter d'un cran l'inquiétude de la communauté internationale concernant les activités nucléaires de l'Iran. Un tel accord serait important parce que Téhéran semble manquer de minerai purifié, de l'oxyde d'uranium, un matériau nécessaire pour son programme d'enrichissement d'uranium.

Le rapport a été rédigé par un pays membre de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), basée à Vienne, et un responsable de l'ONU a affirmé que l'agence était consciente de cela, mais qu'elle ne pouvait pas encore tirer de conclusions. De telles importations sont interdites par le Conseil de sécurité de l'ONU. D'après un diplomate occidental, ressortissant d'un pays membre de l'AIEA, le rapport suscite "une inquiétude" des pays qui l'ont vu.

Selon un résumé de deux pages du rapport obtenu par l'AP, l'accord pourrait être conclu dans les semaines qui viennent. Il affirme que Téhéran souhaiterait payer 450 millions de dollars, soit environ 315 millions d'euros, pour cette cargaison. Le prix est élevé en raison de la nature secrète de l'accord et de l'engagement de l'Iran "à garder secrets les éléments fournissant le matériau", selon le résumé du rapport. D'après un responsable du pays qui a rédigé le rapport, les "éléments" font référence à des fonctionnaires du Kazakhstan agissant de leur propre initiative sans avoir l'accord du gouvernement.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a imposé trois séries de sanctions à l'Iran en raison de son refus de geler son programme d'enrichissement d'uranium et les activités associées qui pourraient servir à fabriquer des armes nucléaires. Téhéran dément ces accusations.
Per GEORGE JAHN, THE ASSOCIATED PRESS le 29 décembre 2009

mardi 29 décembre 2009

La Chine ajuste les conditions de son engagement en Asie Centrale

Nursultan Nazarbayev a une façon bien à lui de lancer des ultimatums. Le président du Kazakhstan a dit récemment aux majors pétrolières et métallurgiques que de nouvelles règles n'autoriseraient que les investisseurs étrangers qui coopèrent avec son programme d'industrialisation à puiser dans les ressources minérales de son pays.

« Nous ne travaillerons qu'avec ceux qui proposent des projets aidant à la diversification de l'économie », a-t-il dit, le 4 décembre dernier, au cours d'une conférence qui s'est tenue à Astana, la capitale kazakh, et à laquelle participaient ArcelorMittal, Chevron, Total, ENRC et d'autres investisseurs. A tous ceux qui ne seraient pas prêts à collaborer, il a dit : « Nous chercherons de nouveaux partenaires, auxquels nous proposerons des conditions favorables et des ressources pour réaliser ces projets. »

Pour faire bonne mesure, il a ajouté que Pékin avait demandé au Kazakhstan – un pays de la taille de l'Europe mais comptant seulement 16 millions d'habitants – de permettre aux fermiers chinois d'utiliser un million d'hectares de la terre kazakh pour des cultures, telles que le soja et le colza.

Depuis, les éléments pro-occidentaux du paysage politique kazakh sont descendus dans la rue. Le 17 décembre, à Almaty, s'adressant à l'un de ces rassemblements, Bolat Abilov, le co-président du parti d'opposition Azat [Le Parti Social Démocrate Unifié] a dressé un scénario apocalyptique : « Si jamais nous donnions, ou distribuions, demain, un million d'hectares de notre terre, cela signifierait que 15 personnes travailleraient sur chaque hectare. C'est-à-dire, 15 millions de personnes seraient amenées depuis la Chine. Si un quinzième de ces personnes devait donner naissance chaque année, ce serait la fin. Dans 50 ans, il y aurait 50 millions de Chinois [au Kazakhstan] ».

Un rassemblement s'est tenu devant le consulat chinois à Almaty, avec des banderoles sur lesquelles on pouvait lire : « M. Hu Jintao, nous ne cèderons pas de terre kazakh ! »

Un pipeline au cœur de l'Asie…

Le message de Nazarbayev était direct : Les investisseurs occidentaux pouvaient garder leur argent s'ils n'étaient intéressés que par l'exploitation de la richesse minière du Kazakhstan. Le président s'exprimait au moment où un évènement capital de l'histoire et de la politique de l'Asie Centrale réajustait les conditions de l'engagement des étrangers dans la région : le développement d'un ambitieux pipeline de 7.000 km pour relier les champs gaziers de la région aux villes de la côte orientale de la Chine.

Dix jours après le discours de Nazarbayev, Hu est arrivé pendant sa tournée en Asie Centrale pour la mise en service officielle d'un pipeline de 1.833 km reliant les champs gaziers turkmènes, ouzbèks et kazakhs (et peut-être russes) à la région chinoise autonome du Xinjiang.

Le Turkménistan a dit qu'à lui seul il pouvait fournir 40 milliards de mètres cubes [Mmc] de gaz chaque année pendant les trente prochaines années par ce pipeline, une fois que celui-ci aura atteint sa pleine capacité. Cela représente à peu près la moitié de la consommation annuelle de la Chine.

En novembre 2008, l'Ouzbékistan a signé un accord avec la Chine pour exporter jusqu'à 10 milliards de m3 par an. (Une estimation de 2006 évalue les réserves gazières de l'Ouzbékistan à 1.800 milliards de mètres cubes.) Une ramification du pipeline principal sino-turkmène passe par la ville de Gazli, dans la région de Boukhara, où le gaz ouzbèk peut y être intégrer. La Chine a investi dans les champs gaziers ouzbèks de la région. Les réserves ouzbèks se concentrent principalement dans la province du Qashqadaryo et près de Boukhara, par où passe le pipeline chinois.

Le Kazakhstan est prêt à exporter 10 milliards de m3 de gaz au moyen d'une autre ramification du pipeline. La Chine, qui se prépare à une croissance massive de sa consommation, veut que le gaz naturel compte pour 10% de son mix énergétique d'ici à 2020, alors qu'il ne représentait que 3% en 2005. La Chine a consommé 77,8 milliards de m3 de gaz naturel l'année dernière, un peu plus que sa production intérieure, qui est de 77,5 Mmc.

Cependant, selon le Rapport de 2009 sur le Développement de l'Energie, publié par l'Académie Chinoise des Sciences Sociales, un groupe de réflexion officiel, cette nation sera confrontée à une pénurie de gaz pouvant atteindre de 70 à 110 Mmc d'ici à 2020,. Toutes les importations chinoises de gaz sont actuellement sous la forme de
GNL et la Chine accroît séparément sa capacité d'importation de GNL de 15 à 18 millions de tonnes d'ici la fin de l'année prochaine.

Les observateurs étaient assez sceptiques quant à la possibilité que le projet de pipeline d'Asie Centrale voie le jour. En effet, la Chine a persévéré contre l'opinion occidentale, selon laquelle les troubles accrus de l'année dernière dans le Xinjiang compromettraient ce projet. « La Chine place beaucoup d'œufs dans le même panier », a dit un expert britannique. « Une quantité phénoménale de pétrole et de gaz passe par une petite région. Si l'on observe les tendances dans le Xinjiang, on peut se demander si un itinéraire depuis l'Asie Centrale est vraiment plus sûr que des itinéraires passant par l'Asie du Sud-Est ou par le Sud de la Mer de Chine. »

Le sous-entendu était évident : que le pipeline chinois d'Asie Centrale puisse devenir une cible facile pour des terroristes. Ainsi que Robert Ebel, du Centre d' Etudes Internationales Stratégiques à Washington, le formule, la sécurité pourrait être impossible si les pipelines deviennent des cibles alors qu'ils traversent de vastes étendues peu peuplées en Asie Centrale et dans le Xinjiang. « Il n'y a aucun moyen de protéger un pipeline sur toute sa longueur. Cela n'est tout simplement pas réalisable », a maintenu Ebel, expert en sécurité. Les troubles dans le Xinjiang, en particulier, menacent le pipeline d'Ase Centrale, a-t-il ajouté. « Je suis sûr que cela cause énormément de soucis à Pékin », a-t-il dit.

… provoque des remous à Washington

Les experts américains ont dressé un scénario catastrophe concernant le pipeline chinois. Dans un article paru en octobre de l'année dernière pour l'Institut d'Analyse sur l'Asie Centrale et le Caucase de l'Université John Hopkins, Stephen Blank, du US War College, a dit du Xinjiang qu'il est une « cocotte minute » que Pékin n'est pas près de contrôler.

On pouvait sentir une nervosité croissante à Washington au sujet du pipeline chinois. La Commission des Relations Etrangères du Sénat US a mené une rare audition en juillet sur la portée géopolitique dans la région de l'Asie Centrale. Apportant son témoignage à cette audition, Richard Morningstar, l'envoyé spécial des Etats-Unis pour l'énergie, a souligné que les Etats-Unis avaient besoin de développer des stratégies pour faire concurrence à la Chine en Asie Centrale dans le secteur de l'énergie.

C'était peut-être la première fois qu'un haut-fonctionnaire américain présentait ouvertement la Chine comme la rivale des Etats-Unis en Asie Centrale en matière de politique énergétique. Les experts américains ont généralement concentré l'attention sur la domination russe à ce sujet – la scène énergétique dans la région – et ils ont travaillé à réduire la présence de la Russie dans l'espace postsoviétique, en sollicitant du soutien aux projets transcaspiens qui contourneraient le territoire russe. En fait, certains experts américains sur cette région ont même soutenu que la Chine était un allié potentiel des Etats-Unis pour isoler la Russie.

2009 a certainement été un tournant dans le discours américain sur la politique chinoise en Asie Centrale. Au fur et à mesure que le gazoduc turkmène de la Chine s'approchait de l'achèvement, les craintes américaines ont commencé à émerger.

« La Chine a une influence croissante et de plus en plus importante en Asie Centrale », a déclaré Morningstar. « Il est difficile pour nous [les Etats-Unis] d'être en concurrence avec la Chine dans certains de ces pays. Il est facile pour le Turkménistan de passer un accord avec la Chine, lorsque cette dernière arrive en disant : 'Hé ! Nous allons vous faire un chèque de tant, nous allons construire un pipeline'. Un accord de ce type n'est pas difficile à accepter et nous [les Etats-Unis] ne pouvons pas rivaliser de cette manière. »

Morningstar a avancé deux suggestions. La première, « développer une stratégie pour faire face à cela [la politique chinoise] et encourager les entreprises américaines à négocier de façon créative avec le Turkménistan ». Deuxièmement, Washington devrait également penser à ce qui aurait un sens pour les entreprises américaines de coopérer avec la Chine dans de tels pays.

Les possibilités d'une coopération sino-américaine concernant les ressources énergétiques d'Asie Centrale sont très limitées. En terme géopolitique, il y a un conflit d'intérêt entre les deux pays. L'un des principaux objectifs de la Chine est de verrouiller les sources d'énergie qui ne dépendent pas des voies d'acheminement passant par le Détroit de Malacca, que les Etats-Unis contrôlent et qui pourraient en faire un goulet d'étranglement dans l'éventualité d'une confrontation entre les Etats-Unis et la Chine.

Qui plus est, Morningstar, lui-même, pointe du doigt le cœur du problème. Tandis qu'il était bon pour l'économie chinoise toujours plus consommatrice d'énergie d'obtenir de « l'énergie propre » tel le gaz naturel, le « gaz qui va vers la Chine rivalise avec le gaz qui pourrait aller vers l'Ouest ».

Pékin fait monter les enchères…

Cependant, les Etats-Unis réalisent que mettre au point une contre-stratégie vis-à-vis de la Chine est plus facile à dire qu'à faire. La présence chinoise sur la scène énergétique en Asie Centrale n'est pas un événement occasionnel. La diplomatie minutieuse qui s'est développé au fil des ans n'est plus d'actualité. Il faut remonter à 1997 lorsque le Kazakhstan et la Chine ont passé un accord pour construire un pipeline de 3.000 km, pouvant doubler plus tard sa capacité à 20 millions de tonnes par an.

En 2005, la
CNPC a versé près de 4 milliards de dollars pour une participation de 33% dans PetroKazakhstan. L'année suivante, la Chine a acheté des actifs pétroliers kazakhs pour une valeur de près de 2 milliards de dollars dans les champs gaziers et pétrolifères de Karazhanba (qui a des réserves prouvées de plus de 340 millions de barils), a accepté d'acheter 30 Mmc de gaz au Turkménistan (passé plus tard à 40Mmc), et a engagé 210 millions de dollars pour l'exploration de pétrole et de gaz en Ouzbékistan sur les cinq prochaines années.

En 2008, le Kazakhstan et la Chine se sont mis d'accord pour développer conjointement les réserves de pétroles et de gaz sur la corniche continentale de la Mer Caspienne, tandis que la société chinoise Guangdong Nuclear Power Co et la firme nucléaire de l'Etat kazakh Kazatomprom ont accepté d'accroître fortement la production d'uranium dans leur joint venture.

En avril 2009, la Chine a passé le plus gros accord énergétique de tous les temps en acceptant de prêter au Kazakhstan 10 milliards de dollars dans un accord sans précédent « prêt contre pétrole » et a également passé un accord avec la compagnie d'Etat KazMunaiGas afin d'acheter conjointement le producteur pétrolier MangistauMunaiGas pour 3,3 milliards de dollars.

En 2009, la Chine a également accepté d'émettre un prêt de 3 milliards de dollars pour développer le plus grand champ gazier d'Asie Centrale, South Iolotan, dont les réserves sont estimées entre 4.000 et 14.000 milliards de mètres cubes de gaz, selon les Britanniques Gaffney, Cline & Associates – en faisant l'un des cinq plus gros gisements de gaz au monde.

Lorsque les Etats-Unis se sont réveillés, prenant conscience que la Chine avait une stratégie énergétique bien définie relative à l'Asie Centrale, celle-ci fonctionnait déjà. Les calculs occidentaux sont partis en vrille dans deux directions. D'abord, ils ont estimé que, dans leur analyse fondamentale, les Etats d'Asie Centrale se garderaient de passer des accords avec leur gigantesque voisin et lui préfèreraient la Russie et l'Ouest.

Ensuite, ils ont supposé aveuglément que la Russie, dans tous les cas, percevrait comme une menace à ses propres intérêts stratégiques les gains chinois et qu'elle résisterait, par conséquent, à Pékin, qu'elle mettrait échec et mat à un moment ou à un autre, servant indirectement les intérêts occidentaux.

A la consternation des Occidentaux, non seulement les Etats d'Asie Centrale se sont réchauffés aux ouvertures de la Chine, mais ils tirent fierté de toute l'attention que leur porte la Chine et ils savourent les négociations plus avantageuses qu'ils sont capables d'imposer en matière de prix et de contrats avec les entreprises occidentales.

Une fois encore, l'engagement de la Chine en Asie Centrale a été global et ne s'est pas confiné au pétrole et au gaz. Les pays d'Asie Centrale ont cherché précisément de telles contributions de la part des pays étrangers, alors que Nazarbayev haussait le ton à Astana. S'exprimant devant les médias chinois à Ashgabat, la veille de l'arrivée de Hu pour la mise en service du gazoduc, le 14 décembre, le Président turkmène, Gurbanguly Berdymukhamedov, a mis en lumière à plusieurs reprises la façon dont les relations de son pays avec la Chine étaient pris plusieurs aspects.

« Elles couvrent désormais tous les domaines essentiels – la politique, l'économie, le commerce, la culture, la science, l'éducation », a déclaré Berdymukhamedov. « Et il y a donc eu, bien sûr, un grand nombre de sujets qui ont été discutés au cours de notre réunion avec le président chinois. La chose principale est que tous ces sujets ont un contexte positif, une toile de fond très favorable comme base pour ces négociations, dont la position de départ, des deux côtés, favorise la compréhension réciproque totale, ainsi que la confiance, l'égalité, le respect et l'unité des points de vue sur les questions clés de la politique mondiale et des relations bilatérales. »

Les experts occidentaux utilisent souvent un ton dédaigneux pour dire que les Asiatiques du Centre préfèrent les Chinois, parce que ces derniers n'abordent jamais les questions difficiles, telles que la démocratie et les droits de l'homme. Mais c'est une lecture bien trop simpliste. Les pays d'Asie Centrale voient le discours occidental sur la démocratie et les droits de l'homme comme un double-langage de la part de pays qui flattent sans scrupules les régimes autoritaires lorsque cela convient à leurs intérêts commerciaux.

Les pays d'Asie Centrale tirent satisfaction sur le fait que Washington finit par ne plus piétiner les sensibilités et les philosophies de cette région. La façon dont l'Ouzbékistan a donné une leçon durable à l'Union Européenne et aux Etats-Unis, en ce qui concerne le respect mutuel et les relations équitables, a été largement remarquée dans les capitales de la région.

Mais ce n'est qu'une partie de l'histoire. La chose principale est que la Chine ait réajusté les conditions de l'engagement occidental en Asie Centrale. Les pays occidentaux ont besoin de négocier âprement les yeux dans les yeux avec leurs interlocuteurs d'Asie Centrale. Ensuite, tandis qu'ils sont contraints d'abandonner l'approche sélective qui était autrefois la leur – prendre les minéraux précieux de la région et répugner à s'impliquer plus dans les secteurs manufacturiers et agricoles, notamment – les règles de base de l'engagement que Nazarbayev a dictées lors du forum des investisseurs à Astana donnent un avant-goût de ce qui est à venir. Le passé de la Chine au Turkménistan expose les nouvelles normes pour l'Ouest. Le commerce sino-turkmène a bondi de 40 fois depuis 2000 : 35 entreprises travaillent au Turkménistan avec des capitaux chinois. Les sociétés chinoises sont actives dans des secteurs de l'économie turkmène aussi divers que le pétrole et le gaz, les télécommunications, le transport, l'agriculture, le textile, les industries chimiques et agroalimentaires, la santé et la construction.

Du point de vue d'Achgabat, l'intérêt de la Chine dans un engagement étendu avec l'économie politique turkmène est en contraste avec les instincts prédateurs des sociétés occidentales qui fondent sur l'industrie minière avec un zèle maniaque. Il est certain que la Chine, dans ce processus, finira également par prendre une grosse part du secteur énergétique turkmène.

… mais rassure Moscou

Le deuxième aspect qu'il faut noter est qu'avec les débuts du pipeline chinois d'Asie Centrale, le contrôle postsoviétique de la Russie sur les exportations de gaz depuis l'Asie Centrale a pris fin. Les commentateurs américains ont essayé de propager l'idée selon laquelle le gain chinois s'est fait au détriment de la Russie. Mais ce n'est pas tout à fait, dans ce sens, un jeu à somme nulle. De façon inhabituelle, Pékin a discuté sans ambigüité de la délicate question consistant à savoir si la Chine est enfermée dans la compétition avec la Russie sur l'énergie de l'Asie Centrale.

« La Chine poursuit la diversification de ses importations énergétiques, tandis que les pays d'Asie Centrale poursuivent la diversification de leurs exportations », a dit Zhang Xiyuan, le ministre chinois des affaires étrangères, en résumant la situation à la presse lors de la visite de Hu à Achgabat. « Ce type de coopération se poursuivra de façon naturelle et a de l'espace pour se développer. »

Autrement dit, la coopération de la Chine avec l'Asie Centrale repose sur une convergence d'intérêts mutuels. Les commentaires chinois ont souligné que la « diversification des exportations », en tant qu'option stratégique, est devenue nécessaire pour les pays d'Asie Centrale après la crise financière et alors que la demande des pays européens pour le gaz naturel de la région a baissé.

Pan Guang, le directeur du Shanghai Center for International Studies et expert de premier plan, dit que « l'immense capacité d'achat [de la Chine] en devises étrangères et sa position géographique avantageuse sont très intéressantes » pour les exportateurs de gaz d'Asie Centrale. Selon les analystes chinois, la coopération de la Chine en matière d'énergie encouragera également le développement d'industries qui ne sont pas liées à l'énergie dans la région, comme la chimie, l'agriculture, les infrastructures de transport et les industries légères. Les intérêts de la Russie en matière de sécurité seront également servis, alors que le chômage, source d'instabilité, sera réduit, ont-ils dit.

Par conséquent, prenant tous ces facteurs en compte, le « Quotidien du Peuple » a conclu que le pipeline chinois était une opportunité pour la Russie.

« Certaines personnes en Russie sont inquiètent et les agences de presse ont exagéré cet évènement pour attirer l'attention du public, en affirmant que la Chine deviendra le concurrent stratégique majeur de la Russie dans l'industrie énergétique d'Asie Centrale », a dit ce journal. « En fait, ce n'est pas le cas.

« Les experts pensent que ce pipeline pourra transporter le gaz naturel produit à la fois au Turkménistan et en Russie … [le] pipeline sino-russe transporte essentiellement le pétrole et le gaz naturel, produits dans la région orientale de Sibérie. Il est difficile de transporter le gaz naturel produit à la fois dans la région occidentale de la Sibérie et dans la partie européenne de la Russie, donc, le pipeline de gaz naturel Chine-Asie Centrale agira peut-être comme « clé » pour aborder cette question.

« De plus, la coopération sur le gaz naturel entre la Chine et l'Asie Centrale est ouverte et non-exclusive, et ne s'empare pas du marché russe ou n'entre pas en concurrence avec la Russie pour les ressources », a déclaré le Quotidien du Peuple.

L'argument chinois est essentiellement celui-ci : tandis que le pipeline turkmène-ouzbèk-kazakh réduit les options énergétiques de l'Europe, cela ne nuira pas aux intérêts de la Russie. Cet argument est tout à fait fondé. Avec la mise en service du gazoduc turkmène, il n'y a aucun doute que la diplomatie énergétique des Etats-Unis et de l'Europe en Asie Centrale a reçu un coup fatal.

A travers un unique méga projet, Pékin a obtenu ce que Moscou s'est efforcé d'acquérir pendant plus d'une décennie avec une approche fragmentaire. Les chances de l'Union Européenne de remporter les approvisionnements turkmènes pour son projet de pipeline Nabucco (reliant la Caspienne à l'Europe du Sud), soutenu par les Etats-Unis, semblent à présent sérieusement diminuées. Moscou peut pousser un soupir de soulagement, alors que le projet Nabucco projetait d'exclure la Russie du marché européen direct de gaz avec la Caspienne.

Par conséquent, s'il y a un jeu à somme nulle, c'est celui-ci : le gain de la Chine est la perte de l'Europe, qui à son tour peut être le gain de la Russie puisqu'il est certain à présent certain que le gaz russe restera dans l'immédiat la principale source énergétique de l'Europe. Il est inutile de dire que la dépendance continue de l'Europe vis-à-vis de l'énergie russe représente un coup vital pour Moscou dans ses efforts de forger des partenariats avec les grands pays européens.

En effet, la Russie peut maintenant faire avancer vers l'Europe ses ambitieux gazoducs, North Stream et South Stream, sans devoir constamment regarder par-dessus son épaule pour évaluer la concurrence des pipelines transcaspiens rivaux, soutenus par les Etats-Unis, tel que Nabucco.

Une fois encore, les Etats-Unis et l'Europe n'ont pas pu rater la mise en garde chinoise, selon laquelle Pékin a l'intention de faire une offre sérieuse à un moment ou un autre sur le gaz russe produit dans la région occidentale de la Sibérie, de même que dans la partie européenne de la Russie (actuellement sources principales d'approvisionnement pour l'Europe). En effet, la Chine s'est projetée elle-même comme un consommateur en concurrence pour le gaz russe.

Somme toute, le pipeline chinois renforce considérablement la position de la Russie. Ceci explique probablement la satisfaction discrète dans la voix du Premier ministre russe, Vladimir Poutine, interrogé sur les implications du gazoduc Turkménistan-Chine.

« La mise en service du pipeline Turkménistan-Chine n'affectera pas nos plans d'extension de notre propre réseau de pipelines, qui pourrait aussi éventuellement rejoindre la Chine », à déclaré Poutine. « Je fais référence à la consommation croissante de ressources énergétiques fossiles par la Chine. Nous maintenons des contacts étroits et réguliers avec nos homologues chinois sur cette question. Nous savons à quel point la demande est croissante là-bas et eux aussi surveillent de près la situation. Le lien gazier avec le Turkménistan ne sapera pas nos plans. »

Qui plus est, la « perte » du gaz turkmène pour Nabucco signifie que le projet en lui-même dépend désormais de façon capitale du gaz iranien. Autrement dit, l'Iran figure de façon prééminente dans tout plan sérieux de l'Europe (soutenu fortement par les Etats-Unis) pour diversifier ses importations de gaz, afin de réduire sa dépendance sur les approvisionnements énergétiques russes.

Les Etats-Unis attirent l'Asie Centrale dans l'AfPak

Pour s'en assurer, 2009 sera retenu par les historiens comme l'année décisive pour la sécurité en Asie Centrale. Pour la première fois de la période postsoviétique, un projet véritablement régional a pris forme en Asie Centrale. C'est une expérience originale pour une région déchirée par de nombreuses tensions, sources d'irritations et malentendus interrégionaux – que se soit à propos du partage de l'eau, des Islamistes, de l'environnement ou de la « Grande Partie [d'échecs] ». Ceci a été souligné par la présence des présidents du Turkménistan, de l'Ouzbékistan et du Kazakhstan à la cérémonie lançant le projet de gazoduc turkmène.

Il n'aura pas échappé aux élites d'Asie Centrale que la Chine a rendu possible un niveau aussi élevé de coopération régionale. Hu, dans son discours, lors de cette cérémonie, a dit du pipeline turkmène qu'il était un modèle de coopération régionale. La Chine récolte le bénéfice de quelques quinze années de diplomatie minutieuse et patiente. Ce sera à présent une tâche herculéenne pour l'Ouest d'attiser la sinophobie parmi les Asiatiques du Centre.

En même temps, la Chine assume une énorme responsabilité dans cette région, comme jamais auparavant. Avec ce gazoduc, la Chine « parie » sur la sécurité en Asie Centrale. Son engagement va maintenant bien au-delà du combat contre les trois forces constituées par « le terrorisme, le séparatisme et l'extrémisme », qui a été la façon dont la Chine a centré sa diplomatie incroyablement couronnée de succès au milieu des années 90.

Dans un avenir proche, l'année à venir verra les Etats-Unis intensifier leurs efforts pour contrer l'influence de la Chine en Asie Centrale. Le signal d'alarme retentit à Washington. Lors des auditions de la Sous-commission sénatoriale aux Relations Etrangères, le 15 décembre, George Krol, le sous –secrétaire d'Etat adjoint délégué aux affaires d'Asie Centrale et du Sud, a déclaré : « Cette administration ne considère pas l'Asie Centrale comme un désert oublié, périphérique aux intérêts des Etats-Unis. Cette région est le pivot des intérêts clés des Etats-Unis en matière de sécurité, d'économie et de politique. Elle exige de l'attention et du respect, ainsi que nos efforts les plus appliqués, et l'administration Obama [est engagée] dans cette seule approche. » Jamais auparavant, un officiel américain n'avait déclaré les intentions américaines vis-à-vis de l'Asie Centrale postsoviétique avec de tels mots aussi forts. Vraiment, il y a une mise en garde implicite en direction de Pékin, selon laquelle les Etats-Unis surveillent attentivement leurs incursions dans la région et ne les laisseront pas passer sans les défier.

Selon les indications actuelles, la tentative des Etats-Unis est d'élargir la portée de leur stratégie AfPak afin d'y attirer la région de l'Asie Centrale. En termes empiriques, il y a déjà une bonne raison d'inclure la région dans la stratégie AfPak. Cette bonne raison, c'est le Corridor Septentrional d'approvisionnement des contingents de l'OTAN en Afghanistan et d'acheminement dans la région des matériaux pour la reconstruction afghane, qui fait déjà des gouvernements régionaux des collaborateurs importants dans l'effort de guerre.

La présence accrue des troupes de l'OTAN en Afghanistan ne peut que conduire à un rôle plus grand des pays d'Asie Centrale, rôle qui doit les amener à une relation de travail plus étroite. Il y a également une raison de croire que la guerre afghane s'est déjà répandue sur l'Asie Centrale. L'exacte toile de fond reste ouverte à l'interprétation, mais le fait est qu'il y a eu un regain d'activités d'agitation en Asie Centrale (et dans le Xinjiang).

Le sous-secrétaire Krol l'a formulé de façon diplomatique en soulignant qu'une priorité politique des Etats-Unis sera « d'étendre la coopération avec les Etats d'Asie Centrale pour assister les efforts de la coalition, en vue de vaincre les extrémistes en Afghanistan et au Pakistan et d'apporter la stabilité et la prospérité dans la région ». Cela va main dans la main avec l'effort qui consiste à « accroître le développement et la diversification des ressources énergétiques et des voies d'approvisionnement de la région. »

Des menaces potentielles qui pourraient venir d'Asie Centrale, en dehors de la possibilité d'une « défaillance d'Etat », contraindraient les Etats-Unis à écouter la région, a déclaré Krol. Il a également invoqué l'archétype des craintes de terroristes qui mettraient la main sur des armes de destruction massive, ce qui s'est avéré un argument utile pour justifier l'intervention américaine en Irak et en Afghanistan.

« Tandis que ces pays [d'Asie Centrale] ont volontairement renoncé à leurs arsenaux nucléaires après la chute de l'Union Soviétique, aujourd'hui, la région est toujours engagée dans des activités en rapport avec la prolifération des armes de destruction massive, à savoir, l'exploitation minière de l'uranium, la production de plutonium et la fabrication et l'expérimentation d'armes biologiques et chimiques », a déclaré Krol.

Pour montrer la détermination des Etats-Unis à se positionner dans un rôle de leader en Asie Centrale, l'administration Obama a annoncé la constitution d'une nouvelle structure de dialogue bilatéral annuel à haut niveau avec chacun des pays de la région.

… alors qu'ils sont à court d'options

Les intérêts des Etats-Unis auraient été mieux servis si la Russie et la Chine étaient en désaccord en Asie Centrale. Mais il ne semble pas que ce soit la manière dont les choses se déroulent.

Selon Stephen Blank du Us War College, Moscou voit de façon favorable les investissements de la Chine en Asie Centrale. « En ouvrant l'EOR [Extrême Orient Russe] aux investissements chinois et en bénissant les investissements similaires en Asie Centrale, Moscou inverse sa politique à la fois vis-à-vis de l'Extrême-Orient et vis-à-vis de l'Asie Centrale », écrivait Blank en août dernier. « En effet, cet accord et d'autres accords similaires ouvrent la porte à une très grosse expansion – avec l'aval de Moscou – du profil stratégique de la Chine dans ces deux régions. La création d'un nouvel ordre régional dans l'EOR et en Asie Centrale commence à prendre forme et tout laisse à croire que la Chine va devenir le chef de la sécurité de la région, s'assurant avant tout que son portefeuille d'investissements est sûr et en sécurité. »

Le virage de la politique traditionnelle du Kremlin en ce qui concerne l'EOR a été largement nécessité par le retournement de l'économie russe dans le sillage de la crise économique mondiale et la chute brutale des revenus pétroliers. Moscou poursuivait une politique destinée à développer l'EOR et la Sibérie orientale, presque exclusivement avec les revenus des exportations énergétiques vers l'Europe. Mais avec le ralentissement de la demande d'énergie sur le marché européen et des revenus pétrolier en forte diminution, le Kremlin ne peut maintenir la poursuite d'une telle politique obstinée. La Russie a bien été forcée de repenser les choses.

Cela fut évident en mai dernier, lorsque le président russe, Dimitri Medvedev, a admis que le développement de l'EOR devait être coordonné avec la stratégie régionale de Pékin consistant à rajeunir la base industrielle délabrée du nord-est de la Chine. Sans surprise, le virage politique russe implique aussi de se débarrasser de toute tentative destinée à empêcher la pénétration de l'économie chinoise en Asie Centrale.


Par M K Bhadrakumar sur Asia Times Online, le 29 décembre 2009
Traduction : JFG sur
QuestionsCritiques
article original :
"China resets terms of engagement in Central Asia"

L'Ambassadeur M K Bhadrakumar a servi en tant que diplomate de carrière dans les services extérieurs indiens pendant plus de 29 ans. Parmi ses affectations : l'Union Sovétique, la Corée du Sud, le Sri Lanka, l'Allemagne, l'Afghanistan, le Pakistan, l'Ouzbékistan, le Koweït et la Turquie.

Le "Petit père des peuples" élevé aux panthéons nationaux

Le 21 décembre est le 130ème anniversaire de la naissance de Joseph Staline.

Il y a longtemps que l'attitude envers Staline reflète l'état de la société, ses préférences et son état d'esprit. Dans l'ancienne Union Soviétique, la célébration des anniversaires du guide se déroulait de la même façon dans toutes les républiques. Même les cadeaux uniques en leur genre restaient dans les limites de leur caractère idéologique : il était impossible de les utiliser dans la vie réelle. Mais le 120ème anniversaire (1999) et, plus encore, le 130ème anniversaire de la naissance de Staline montrent qu'on est en présence d'avis très différents sur le Petit père des peuples dans les pays de la Communauté des Etats indépendants (CEI) et dans les pays baltes.

... L'Assemblée parlementaire de l'OSCE a adopté en juillet 2009 une résolution de Vilnius condamnant au même rang le nazisme et le stalinisme. Elle a été soutenue par 213 des 320 députés présents à l'assemblée. Le ministère russe des Affaires étrangères a vivement condamné cette résolution. La délégation du Kazakhstan a exprimé ses regrets quant à cette action par la bouche du président du Sénat Kassym-Jomart Tokaïev.

... Cet anniversaire montre que le processus d'affranchissement du stalinisme est déterminé, pour beaucoup, par le niveau de démocratie, l'organisation du pouvoir, l'octroi à la société de la possibilité de se trouver aux positions d'avant-garde, au lieu d'imiter l'appui sur celui-ci, par l'octroi à la société du droit de former les structures administratives et d'énoncer des idées compréhensibles pour l'avenir.

Par Guennadi Bordiougov, historien et membre du Conseil d'experts de RIA Novosti, le 21 décembre 2009
Ce texte n'engage que la responsabilité de l'auteur.
Article complet

Nouveau cosmodrome russe: Poutine appelle à démarrer le financement

VLADIVOSTOK, 29 décembre - RIA Novosti

L'argent destiné à la construction du cosmodrome Vostotchny (Extrême-Orient), censé prendre la relève de Baïkonour (Kazakhstan), doit être octroyé dès maintenant, a annoncé mardi à Vladivostok le premier ministre russe Vladimir Poutine.

"Nous envisageons la construction d'un nouveau cosmodrome. C'est un projet coûteux et compliqué, mais sa réalisation a un sens pour la Russie avec son immense territoire. Nous commençons déjà à octroyer un peu d'argent", a déclaré le premier ministre aux journalistes.

Le cosmodrome de Baïkonour loué au Kazakhstan reste pour le moment le principal site spatial pour la Russie. Aux termes d'un accord signé en 2004 par les présidents Vladimir Poutine et Noursoultan Nazarbaïev, le bail durera jusqu'en 2050.

Le coût du projet Vostotchny est évalué à 400 milliards de roubles. Le premier tir d'un vaisseau automatique depuis le nouveau cosmodrome est programmé pour 2015. Les premiers vaisseaux habités décolleront depuis Vostotchny en 2018. Entre 20.000 et 25.000 personnes seront engagées sur le chantier.

OSCE: sommet informel à Astana dans la première moitié de 2010 (Nazarbaïev)

ASTANA, 22 décembre - RIA Novosti

Un sommet informel des chefs de la diplomatie des pays membres de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) se tiendra au Kazakhstan dans la première moitié de 2010, a annoncé le président kazakh Noursoultan Nazarbaïev.

"Un sommet informel des ministres des Affaires étrangères aura lieu dans la première moitié de 2010", a déclaré mardi M.Nazarbaïev lors d'une rencontre avec le corps diplomatique au Kazakhstan.

Le Kazakhstan présidera l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe en 2010.
La république a proposé d'organiser à Astana un sommet de l'OSCE. Le Conseil des ministres des Affaires étrangères de l'Organisation a approuvé cette proposition.

L'OSCE regroupe 56 pays. Le Kazakhstan sera le premier pays de la CEI et des pays musulmans à présider l'Organisation.

Le Kazakhstan veut entrer dans le gisement Karachaganak

ALMATY - Le Kazakhstan veut entrer dans le projet d'exploitation du gisement gazier et pétrolier de Karachaganak, opéré notamment par l'italien ENI et le britannique BG, a indiqué mardi le Premier ministre kazakh, Karim Massimov.

"Concernant le projet Karachaganak, des négociations sont actuellement en cours entre le ministère de l'Energie, (la compagnie kazakhe) Kazmunaigas et tous les participants au projet", a-t-il déclaré à des journalistes, dans des propos publiés sur le site du gouvernement. "Quand les négociations seront terminées, une annonce sera faite", a-t-il ajouté.

Selon l'accord de partage de production du champ signé en 1997, BG et ENI possèdent chacun une part de 32,5% dans le projet, tandis que l'américain Chevron détient 20% et le russe Loukoïl 15%. Le gisement situé au nord-ouest du Kazakhstan renferme plus de 1,2 milliard de tonnes de pétrole et plus de 1.350 milliards de mètres cubes de gaz, indique le gouvernement sur son site.

Le Kazakhstan a adopté à l'automne 2007 une loi lui permettant d'annuler ou de modifier tout contrat avec des investisseurs sur l'exploitation de matières premières si les intérêts économiques ou la sécurité nationale étaient en péril. Astana avait alors menacé un consortium occidental exploitant le gisement pétrolier géant de Kashagan d'annuler leur contrat. Un compromis, augmentant la part de l'Etat kazakh dans le projet, était cependant intervenu en janvier 2008.

AFP le 29 décembre 2009

L'OMS annonce 11 516 morts de la grippe A (H1N1)

Alors que l'épidémie de grippe A (H1N1) marque une pause en France et plus généralement dans toute l'Europe, l'OMS a indiqué ce mercredi que le virus avait déjà fait 11 516 morts dans 208 pays et territoires d'outre-mer (chiffres arrêtés au 20 décembre) soit 1 000 décès supplémentaires en une semaine.

Sans surprise c'est le continent américain qui reste le plus frappé par le virus H1N1 puisqu'on y dénombre pas moins de 6 670 victimes. Toutefois "le nombre de décès et d'hospitalisation ne cesse de décliner depuis six semaines" précise l'organisation dans son communiqué. Pour l'Europe, l'OMS confirme que l'on atteint un plafond dans la majorité des pays. Dans une grande partie nord de l'Europe l'OMS parle même d'une baisse sensible. Deux pays font toutefois exception le Monténégro et la Hongrie où la maladie continue sa progression. A noter également une résurgence du virus" en Serbie, Ukraine, Géorgie et Turquie. A noter qu'en Europe les taux les plus élevés de symptômes grippaux ont été enregistrés parmi les enfants 0-4 ans (dans 15 pays) et parmi les enfants âgés de 5-14 ans d'âge (dans 18 pays). Dans le reste du monde, et même si l'OMS avoue disposer de peu de données, la transmission du virus reste toujours active en Asie centrale et au Moyen-Orient. C'est surtout vrai pour l'Egypte et le Kazakhstan tandis que le tendance est à la baisse pour d'autres pays comme Israël et Oman. Enfin en Asie-Pacifique, le virus reste actif mais serait globalement en baisse. Le bilan est à ce jour de 1 039 décès.

Source bilan OMS au 23 décembre disponible en intégralité et anglais sur le site de l'OMS

lundi 28 décembre 2009

Un journaliste kazakh poignardé à mort

ALMATY — Un journaliste kazakh a été poignardé à mort, a indiqué lundi son média, le portail d'information indépendant Stan.tv, tout en estimant que sa mort n'était pas liée à son activité professionnelle. Les enquêteurs ont établi que le propriétaire de l'appartement avait laissé entrer une personne qui a tué le journaliste et le propriétaire des lieux, selon M. Pak.

Le corps de Saïat Choulembaïev, 27 ans, correspondant du portail vidéo Stan.tv basé au Kirghizstan voisin a été retrouvé samedi dans l'appartement qu'il louait à Almaty, a indiqué Mikhaïl Pak, producteur en chef de Stan Production. "Saïat couvrait les dossiers culturels et des informations du domaine de divertissement", a déclaré M. Pak. "Il n'était pas impliqué dans des activités politiques".

Lancé en 2007, le portail Stan.tv emploie 50 correspondants et couvre l'actualité des cinq ex-républiques soviétiques d'Asie centrale (Kazakhstan, Kirghizstan, Tadjikistan, Turkménistan et Ouzbékistan). Ce décès intervient une semaine après celui de Guennadi Pavliouk, un journaliste d'opposition connu pour ses vives critiques du pouvoir kirghiz, mort le 22 décembre au Kazakhstan des suites de ses blessures, après avoir semble-t-il été poussé pieds et mains liés depuis le 6e étage d'un immeuble.

Le Kazakhstan, riche en pétrole, a un modeste bilan en matière de liberté de la presse, occupant la 142e place sur 175 pays, selon le classement de l'ONG Reporters Sans frontières publié en 2009. Le Kazakhstan doit pourtant accéder à partir du 1er janvier à la présidence de l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe), une organisation notamment chargée de s'assurer du respect des principes démocratiques chez ses membres.

Le Kirghizstan fait aussi régulièrement l'objet de critiques pour les violences et pressions subies par les médias indépendants et pour le climat d'impunité dont bénéficient ceux qui les commettent.

dimanche 27 décembre 2009

Le Kazakhstan toujours très populaire chez les russes

Un sondage réalisé par le Centre russe d'étude d'opinions publiques les citoyens russes accordaient leur confiance en tant que « pays stable » et « réussis » au Belarus (43% des personnes interrogées) qui arrive en tête, derrière le Kazakhstan (31%) et l'Arménie (8%). Puis viennent l'Ukraine et l'Azerbaïdjan (4%) et la Moldavie, le Kirghizistan, le Turkménistan et l'Ouzbékistan (3%). En bas du classement, le Tadjikistan (2%) et la Géorgie (1%).

A noter toutefois que dans ce même sondage, à la question de l'indice de confiance aux présidents des pays de la C.E.I., le président du Belarus, Alexandre Loukachenko arrive en tête avec 33%, suivi de son homologue du Kazakhstan Noursoultan Nararbaïev (28%). Surprise, le président azéri Ilham Aliev (crédité de 6%) devance le président arménien Serge Sarkissian qui n'obtient que 3%. A noter toutefois que seules 1 600 personnes ont participé à ce sondage d'opinion.

Source : Krikor Amirzayan sur www.armenews.com le 27 décembre 2009

samedi 26 décembre 2009

L'Oural, 3e fleuve d'Europe, pourrait s'assécher à mi-parcours

Illustration PNUE
A l'instar de la mer d'Aral, le fleuve Oural est à la fois victime de la pollution et menacé d'assèchement. Troisième plus long fleuve d'Europe, l'Oural pourrait se trouver assécher à mi-parcours, au lieu d'achever son chemin en mer Caspienne. Que cela soit en Russie ou au Kazakhstan, ce fleuve et plusieurs de ses affluents sont en effet mis au régime sec par de multiples prélèvements (industriels et domestiques) et barrages. En conséquence, son lit se comble progressivement, la biodiversité de ses abords chute faute de crues salvatrices, tandis que son débit insuffisant voit les taux de polluants (métaux lourds, hydrocarbures, etc.) augmenter considérablement tant dans la vase que dans l'eau. Néanmoins, pour Alexandre Tchibilev, de l'Académie des sciences russe, le fleuve pourrait être sauvé si son lit était approfondi à son embouchure et que, lors des crues du printemps, les eaux du barrage situées dans la région d'Orenbourg, à environ 1400 kilomètres, soient lâchées pour un effet chasse d'eau.

Pascal Farcy sur http://www.echo-nature.com/ le 22 décembre 2009

Les cicatrices du goulag toujours visibles dans la steppe kazakhe


La steppe kazakhe est un vaste cimetière pour les habitants de Dolinka. Des centaines d’enfants morts dans le goulag de Karaganda sont enterrés là.

Sous Staline, le Kazakhstan a été un lieu de déportation pour les populations soviétiques soupçonnées de collusion avec l’ennemi nazi. Le même sort était réservé aux opposants au régime. Nombre de victimes estimé entre 1930 et 1960: un million et demi à 20 millions de personnes.

L’ancien centre administratif du goulag de Karaganda est aujourd’hui un musée. Mais le travail de mémoire reste difficile. “Je ne dirais pas que c’est un sujet tabou, mais on n’en parle pas beaucoup, malgré tout l’importance historique que cela peut avoir”, explique Achim Schmillen, chercheur.

Depuis son indépendance en 1991, le Kazakhstan essaye de maintenir de bonnes relations avec Moscou. Certains déplorent qu’Astana ne déploie pas les même efforts pour entretenir le devoir de mémoire. D’autant plus regrettable qu’en Russie, selon un sondage réalisé l’année dernière, Staline est arrivé en troisième position des personnages historiques les plus populaires.

“La situation politique actuelle en Russie, la lente, rampante réhabilitation de Staline, la promotion de son nom, cette volonté permanente de gouverner d’une main de fer, cette volonté d’ordre, tout ça est très inquiétant parce que gouverner d’une main de fer ne veut jamais dire liberté”, analyse Yekaterina Kuznetsova, journaliste et chercheuse sur l’histoire des goulags. Près de Dolinka, dans un parc publique de Karaganda, il y a bien un mémorial discret à la mémoire des victimes des goulags.

Insuffisant pour Mikhail Shmulyov. Ce survivant du camp de Dolinka a construit son propre mémorial dans son jardin: “Le 1er mai, les gens défilent avec des portraits de Staline et Lénine, les jeunes marchent avec eux. C’est choquant. Ils doivent savoir, nous devons leur dire qui étaient réellement ces gens”. Il y a quelques semaines, le président russe Dmitri Medevdev rendait hommage à toutes les victimes du stalinisme en déclarant que rien ne pouvait justifier les répressions. Mais les démonstrations pro-staliniennes restent d’actualité. La dernière en date lundi, place Rouge à Moscou, a marqué le 130e anniversaire de la naissance de Staline.

jeudi 24 décembre 2009

Noël au Kazakhstan : dans la steppe, l’étoile de Jésus

Des chrétiens du monde entier vont fêter Noël. Carlos Lahoz, qui habite Almaty, au Kazakhstan, nous raconte comment la journée du 25 décembre est vécue dans ce pays.

Chaque Noël à Almaty est un cadeau de Dieu. On travaille le 25 décembre, mais pratiquement tous les kazakhs savent que les catholiques et les protestants célèbrent en ce jour la naissance de Jésus. Les amis et les collègues non catholiques nous transmettent leurs vœux, et nous souhaitent de passer un jour de joie et de paix.Dans la cathédrale de la ville, le nuit du 24, l’évêque préside la messe de minuit. Il y a traditionnellement avant une représentation de la Nativité. Une année, il y a même eu un chameau, ce moyen de locomotion utilisé par les Rois Mages, et que l’on trouve dans les steppes de notre pays. Je me souviens d’une nuit de Noël où il faisait si froid que le givre qui sortait des narines du chameau nous empêchait de voir une bonne partie de la crèche.

Une photo d'Almaty, le jour de NoëlIl y a quelques jours, plusieurs amis musulmans nous ont aidés à installer la crèche dans le centre de l’Opus Dei où j’habite, à Almaty. Nous avons commencé à la construire avec un peu d’avance, car nous voulions que ce soit une crèche imposante. L’un d’entre eux commentait : « Quelle chance vous avez d’avoir des traditions aussi agréables ! »Nous avons fait avec eux un moment de prière. Il est assez fréquent que certains parents de nos amis et d’autres personnes qui ne connaissent quasiment rien du catholicisme viennent avec nous à la messe de minuit et en repartent émus. A la fin de la messe, nous chantons des chants de Noël et nous partageons quelques plats typiques du pays.
Cela fait plaisir de constater que, dans des petits villages, en plein cœur de l’Asie, où vivent à peine quelques centaines de personnes, on célèbre également la naissance de Jésus, avec la Messe de Noël. L’un de mes amis prêtre, de retour de la messe de minuit, me disait : « Qui aurait dit il y a quelques années, dans un endroit aussi reculé que ce village, qui se trouvait encore il y a peu de temps sous le joug communiste, que l’étoile de Jésus brillerait le 25 décembre ? ».
Carlos Lahoz Almaty (Kazakhstan) sur www.opusdei.fr

mercredi 23 décembre 2009

La Chine et le Kazakhstan s'engagent à faire progresser la coopération militaire

La Chine et le Kazakhstan ont convenu de faire progresser les relations amicales et de coopération entre les forces armées des deux pays, ont déclaré mardi de hauts responsables militaires des deux pays.

Guo Boxiong, vice-président de la Commission militaire centrale, a rencontré mardi matin le ministre kazakh de la Défense, Adilbek Dzhaksybekov, en visite en Chine. Vu la situation complexe et instable des affaires mondiales, le développement des relations militaires entre la Chine et le Kazakhstan est dans l'intérêt fondamental des deux pays et de leurs peuples, et est favorable à la paix et à la stabilité régionales et mondiales, a affirmé M. Guo.

Les relations bilatérales se sont bien développées depuis l'établissement des relations diplomatiques entre les deux pays en 1992, a-t-il rappelé. La confiance politique mutuelle a été approfondie, et la coordination stratégique ainsi que le soutien mutuel en matière de problèmes concernant les intérêts fondamentaux de l'un et de l'autre ont été renforcés.
Selon Guo Boxiong, la Chine remercie le Kazakhstan pour son soutien ferme sur des problèmes concernant Taiwan et le Tibet.Le ministre chinois de la Défense nationale, Liang Guanglie, a eu un entretien avec M. Dzhaksybekov.

Liang Guanglie a affirmé que les forces armées chinoises accordaient de l'importance au développement des relations amicales avec les forces armées du Kazakhstan, et étaient prêtes à élargir et à faire progresser leurs échanges et leur coopération.

M. Dzhaksybekov a, de son côté, indiqué que le Kazakhstan accordait une grande importance à sa coopération avec la Chine, ainsi qu'à leur travail conjoint au sein des Nations unies, de l'Organisation de Coopération de Shanghai et de la Conférence sur l'interaction et les mesures de confiance en Asie.Selon lui, le Kazakhstan est prêt à travailler avec la Chine pour appliquer le consensus atteint par les dirigeants des deux pays et promouvoir la coopération militaire biltérale.

Source: xinhua

Mise en œuvre les accords Vietnam-Kazakhstan

Pour bien mettre en œuvre les accords Vietnam-Kazakhstan "Le Vietnam devra coopérer avec le Kazakhstan pour une mise en oeuvre efficace des accords signés", a affirmé le Premier ministre Nguyên Tân Dung. Lors de sa rencontre le 22 décembre à Hanoi avec M. Ermekbave, vice-ministre kazakh des Affaires étrangères participant, actuellement à Hanoi, à la 4e session du Comité intergouvernemental Vietnam-Kazakhstan sur l'économie, le commerce, les science et techniques, le chef du gouvernement a remercié le gouvernement kazakh d'avoir favorisé les activités de prospection pétrolière du Groupe gazo-pétrolier du Vietnam au Kazakhstan. Le Vietnam est prêt à "créer de bonnes conditions aux activités d'exploitation pétrolière le long de son plateau continental", a déclaré M. Dung. Dans les temps qui viennent, les 2 pays devront conclure un accord de non double taxation. Pour sa part, M. Ermekbaev a informé son interlocuteur du calendrier de travail de cette 4e session du comité précité qui prendra fin aujourd'hui.

Après l'union douanière, un espace économique commun

Réunis le 19 décembre à Almaty, au Kazakhstan, lors d'un sommet informel, les chefs d’Etat de la Communauté des Etats indépendants (CEI) "ont ni plus ni moins appuyé sur la touche redémarrage de l’espace postsoviétique", écrit le journal kazakh Liter. Les présidents de Russie, de Biélorussie et du Kazakhstan ont discuté en détail du lancement de l’union douanière qui entre en vigueur le 1er janvier 2010. De plus, ils se sont mis d’accord pour la création d’un espace économique commun entre la Russie, la Biélorussie et le Kazakhstan en 2012, "dans le but d’améliorer la qualité de vie des trois peuples et d’assurer le développement stable de ces pays", précise Liter.
Selon le vice-Premier ministre russe Igor Chouvalov, "le travail préparatif pour la création de l’espace économique commun sera difficile et nécessitera d’importantes ressources intellectuelles et administratives". Le journal kazakh affiche un certain scepticisme, ajoutant que, selon l'avis de plusieurs experts, les projets de reconstitution de l'espace postsoviétique se sont toujours révélés "non viables".

www.courrierinternational.com

lundi 21 décembre 2009

L’eau revient dans une partie de la mer d’Aral

Une mer fermée victime d’un aménagement mal réfléchi
La disparition de la mer d’Aral a été provoquée par l’homme. Il est difficile de mettre en œuvre un plan global pour sauver l’ensemble de la région.

Située au milieu d’une zone désertique, la mer d’Aral devait son existence à la confluence de deux fleuves, l’un venant de l’est, le Syr-Daria, l’autre du sud, l’Amou-Daria. Ces deux fleuves alimentaient une mer grande, à l’origine, comme deux fois la Belgique.

Qu’est-ce qui a provoqué la catastrophe de la mer d’Aral ?Le niveau a commencé à baisser dans les années 1960, avec la mise en place de grands plans d’irrigation visant à développer la culture du riz au Kazakhstan et du coton en Ouzbékistan. Les planificateurs soviétiques ont décidé en 1959 de cultiver 2,5 millions d’hectares de terres vierges supplémentaires. Il leur a fallu prélever 60 % du débit des deux fleuves alimentant la mer d’Aral.
À l’époque, les Soviétiques ont imaginé de détourner les fleuves de Sibérie vers l’Asie centrale pour compenser cette perte en eau. Mais le projet a été abandonné en 1986, à la demande de Mikhaïl Gorbatchev. La mer d’Aral s’est trouvée avec un déficit d’approvisionnement. D’autant que les canaux d’irrigation ne sont pas étanches et perdent jusqu’à 50 % de l’eau qu’ils transportent. En 1960, la mer d’Aral recevait de 50 à 120 milliards de mètres cubes d’eau par an. Aujourd’hui, elle n’en reçoit plus que cinq à dix milliards.

Quelles ont été les conséquences ?La baisse du niveau de l’eau a transformé la région. Une lagune est apparue, coupant quasiment la mer en deux, et créant la « Grande » et la « Petite Aral ». Les cartes de la région continuent à indiquer la présence de la mer dans des zones qui ne sont plus que du sable. Le climat est devenu plus sec. L’emploi massif d’engrais pour les cultures a entraîné une pollution des eaux au phosphate. Les habitants, qui consomment cette eau, sont victimes de maladies rénales et de cancers. La mortalité infantile, dans la région, est quatre fois plus élevée que dans le reste de l’Asie centrale.
Les poissons ont quasi disparu dans cette mer polluée et devenue trop salée. De plus, le vent disperse le sel apparu à la surface des nouvelles terres émergées. Cela a provoqué la diminution des aires de pâturage. Les habitants qui le peuvent ont choisi de partir, tandis que le désert gagne du terrain.

Est-il possible de sauver toute la mer d’Aral ?La mer est à cheval sur deux pays : le Kazakhstan et l’Ouzbékistan. La frontière passe au milieu des eaux. Un plan de sauvetage global exigerait la coopération des deux pays, or les relations entre les deux gouvernements sont difficiles.Pour augmenter le débit de l’eau remplissant l’Aral, il faudrait assurer l’étanchéité des canaux d’irrigation et diminuer les surfaces cultivées. L’Ouzbékistan, moins riche en pétrole et en gaz que ne l’est le Kazakhstan, n’est pas prêt à renoncer à la culture du coton, qui fait vivre des régions entières.
Aujourd’hui, plus personne ne croit à la possibilité de revenir à la situation des années 1960. La partie basse de la mer, la « Grande Aral », semble condamnée. Le Kazakhstan concentre ses efforts sur la « Petite Aral », qui se trouve entièrement sur son territoire. C’est ici seulement que de grands travaux ont permis d’enrayer le processus de désertification.
Le plan de sauvetage a consisté à fermer, par une digue de 30 mètres de large, la partie nord de la mer, de façon à retenir les eaux du Syr-Daria. Ainsi, le niveau de l’eau a pu monter de 12 mètres dans la « Petite Aral ». Une nouvelle digue doit permettre de monter, un peu plus au nord, le niveau de quatre mètres supplémentaires. Il faudra aussi construire un canal pour alimenter cette partie de la mer. On aura ainsi une mer d’Aral à trois niveaux, séparés par des écluses, afin de permettre la circulation des bateaux.
Les travaux entrepris par le Kazakhstan ont permis de ramener l’eau dans des zones où elle avait disparu depuis vingt ans. Cela permet, au final, de sauver une partie qui correspond à 15 % de l’ancienne surface de la mer d’Aral. Mais cela ne doit pas faire oublier que, dans le même temps, tout le reste de l’ancienne mer d’Aral, soit 85 % de la surface, reste en danger, menacé de disparition totale.
L’eau revient dans une partie de la mer d’Aral
Confronté à la disparition de cette mer, le Kazakhstan a entrepris d’en sauver une partie. La vie reprend dans une région en voie de désertification. Mais la basse Aral reste, pour l’heure, condamnée

«Revenez dans deux ans ! Je vous invite ! Et ici même, on pourra pêcher, et manger du poisson grillé en buvant de la bière », s’exclame Najmaddin Moussabaev, l’énergique maire d’Aralsk, à l’est de la mer d’Aral, au Kazakhstan. Il est l’un des promoteurs les plus enthousiastes du programme qui vise à sauver une partie de la mer d’Aral.
Mais on peine à le croire en regardant aux alentours. Tout ce qu’on aperçoit, en effet, c’est une étendue de sable et de pierres sèches. Quelques navires, posés sur des cales, rappellent pourtant que l’endroit fut, il y a trente ans, l’un des ports de pêche les plus actifs de la région. Mais les grues de débarquement, figées dans le silence et mangées par la rouille, ne donnent pas beaucoup d’espoir de revoir bientôt des navires de pêche accoster ici.
Avec le recul de la mer, commencé dans les années 1960, l’eau s’est éloignée à plus de 125 km d’Aralsk et de ses 35 000 habitants. Les grands projets soviétiques d’irrigation ont fait baisser le niveau de l’eau, condamnant, à terme, la mer d’Aral à disparaître. Aujourd’hui, Aralsk est une ville prise dans les sables. De nombreux habitants sont partis chercher du travail ailleurs. Les bateaux restés sur place sont « destinés aux générations suivantes, pour qu’elles se souviennent qu’un jour, il y eut la mer, ici… », explique un employé municipal avec un sourire nostalgique.

«Il y a plus d’endroits pour pêcher»
Pourtant, depuis quelques années, le Kazakhstan a entrepris d’inverser le cours du temps. La construction d’une première digue, longue de 13 km, entamée il y a trois ans, a permis de faire remonter de 12 mètres le niveau de l’eau dans la partie nord. La mer s’est rapprochée d’Aralsk. Elle n’est plus qu’à 30 km.
« En 2010, nous entamons la deuxième phase de notre grand programme national destiné à remettre en eau le port d’Aralsk, explique le maire. Grâce à un prêt de la Banque mondiale, nous allons réaliser des travaux pour un montant de 170 millions d’euros. Nous allons construire une deuxième digue qui permettra de faire monter de quatre mètres supplémentaires le niveau de l’eau. Et ainsi, nous allons gagner les 30 km qui nous manquent. En 2012, on verra l’eau arriver jusqu’ici ! » Le maire, habité par un optimisme impressionnant, prépare déjà ce moment. Il a soutenu l’installation de coopératives de traitement du poisson.
Dans les villages alentour, quelques habitants reviennent. Ils réparent les embarcations et les filets qu’ils avaient remisés depuis longtemps. Ils retrouvent petit à petit les gestes qu’ils avaient oubliés. Kourmangazi Bacturazov a créé une petite coopérative d’achat de poisson, à une quarantaine de kilomètres au sud d’Aralsk. Il constate : « Il y a encore cinq ans, il n’y avait plus d’eau ici, et plus du tout de poisson. Grâce à la digue, la surface d’eau a augmenté et il y a plus d’endroits pour pêcher. »

«Depuis quelques mois, on voit revenir certaines familles»
Le village de Bagen, un peu plus loin, regroupe quelques dizaines de maisons plantées dans le sable, autour d’une petite mosquée, d’un magasin et d’un enclos pompeusement baptisé « terrain de sport ». Aucune maison n’a l’eau courante. Une station, située à plusieurs kilomètres, pompe l’eau. Des camions font la navette et chaque famille achète de l’eau, pour la stocker dans des réservoirs.
Le directeur en retraite de l’école communale, Abilkhan Atkarimov, offre le repas. Au menu : viande de cheval bouillie sur de grosses tranches de pain, thé, abricots secs. Ici, la vie est difficile. « La température monte à 45° l’été et descend à moins 25° en hiver. Il fait sec, il n’y a pas d’arbres et beaucoup de sable. Il faut être résistant pour vivre ici… », constate l’ancien directeur d’école avec un humble sourire.Lorsque la mer est partie, les habitants se sont tournés vers l’élevage de dromadaires, de chèvres. « Il y a vingt ans, l’école communale accueillait 800 élèves. Elle n’en a plus que 200. Mais depuis quelques mois, on voit revenir certaines familles », note Abilkhan Atkarimov. Les pêcheurs n’ont plus qu’une vingtaine de kilomètres à faire pour aller travailler.

La retenue a permis de faire descendre la concentration de sel
Un peu plus loin, on roule sur la fameuse digue qui a permis de ramener l’eau sur une surface de 872 km2. Son financement a également été assuré par la Banque mondiale, pour un coût de 60 millions d’euros. Elle se présente comme un talus de 30 m de large. Grâce à elle, toute la partie située à droite est en eau. Un déversoir permet ensuite à cette eau de descendre vers la « Grande Aral », 12 mètres plus bas.
L’un des problèmes survenus avec la baisse du niveau, dans les années 1980, fut l’augmentation de la salinité. Les poissons se sont raréfiés. Dans la partie haute de la mer, la retenue a permis de faire descendre la concentration de sel : plusieurs dizaines de grammes par litre dans la partie basse, elle est tombée à 17 g/litre dans la retenue créée par la digue.
À Khosjar, une ferme piscicole emploie 120 personnes pour la reproduction des carpes et des barbeaux, dans le cadre du programme national visant à redonner vie à la partie de la mer remise en eau. Charaf Baïbossinov, le directeur de l’installation, montre avec fierté le matériel israélien dont il dispose. Les poissons qui naissent ici au printemps sont ensuite relâchés dans le Syr-Daria à la fin de l’été.

Sauver toute la mer exigerait des efforts gigantesques
Le bassin de la mer d’Aral a souffert d’un problème supplémentaire, du fait du retrait des eaux. Le sel s’est déposé sur les sols laissés à nu. Et avec lui, les restes des pesticides utilisés en grandes quantités pour l’agriculture, à l’époque soviétique. Ces sols salés et pollués sont impropres à toute culture. Le vent soulève le sel et le dépose sur des terres situées à 250 km à la ronde. Ainsi se propage la pollution des sols.
Pour retenir le sel, les autorités régionales replantent le seul arbuste capable de pousser sur ces sols salés, le saxaoul (Haloxylon ammodendron). Ses racines profondes freinent l’érosion des sols. Mais les habitants ont pris l’habitude de le couper pour l’utiliser comme bois de chauffage. Ces maigres arbustes sont la seule ressource naturelle. Une course de vitesse est donc engagée entre les autorités qui plantent et la population, revenue, qui coupe.
Autour d’Aralsk, l’élévation du niveau de la mer ressemble à une forme de miracle. Avec les digues, la surface d’eau s’étend. Et la vie revient dans des zones désertiques. C’est une chance pour cette partie du bassin. Une chance dont ne profite pas la partie basse. Là, la situation continue de se dégrader. Sauver la totalité de la mer d’Aral exigerait des efforts beaucoup plus gigantesques, que les gouvernements de la région ne sont pas encore prêts à faire.

Alain Guillemoles (à Aralsk, Kazakhstan) sur www.la-croix.com

dimanche 20 décembre 2009

Liberté de la presse : le Kazakhstan progresse difficilement de la 138ème à la 125ème place mondiale

Liberté de la presse : le Kazakhstan progresse difficilement de la 138ème à la 125ème place mondiale en 5 années, selon RSFREPORTERS SANS FRONTIÈRES lundi 14 septembre 2009
Le Kazakhstan se situe à la 125éme place mondiale (sur 173) au classement 2008.

En plus des atteintes habituelles sublies par les journalistes quand ils dénoncent la corruption ou critiquent le président Noursoultan Nazarbaïev, la presse a été victime des luttes au sein du pouvoir. Les médias d'opposition ont également perdu dans des circonstances suspectes certains de leurs représentants. Et la couverture médiatique de l'élection législative du mois d'août a été biaisée.

Par ailleurs, deux des trois assassins du journaliste français Grégoire de Bourgues, 24 ans, employé à Strategic Média SML et tué le 2 août 2006 à Almaty lors d'un cambriolage qui aurait mal tourné, ont été condamnés par la justice kazakh à 16 et 17 années de prison. Le troisième suspect est toujours recherché par la police.

Source rsf.org

samedi 19 décembre 2009

Union douanière: Medvedev arrivé au Kazakhstan pour un sommet tripartite


ALMATY 19 décembre - RIA Novosti

Le président russe Dmitri Medvedev est arrivé à Almaty pour rencontrer ses homologues kazakh et biélorusse avant le lancement de l'Union douanière, a annoncé samedi le service de presse du Kremlin.

Le 27 novembre à Minsk les présidents russe, kazakh et biélorusse ont convenu de lancer l'Union douanière le 1er janvier 2010.

Le 1er janvier 2010, un tarif douanier commun sera introduit sur le territoire des trois pays. Le premier juillet, les trois pays se doteront d'un Code douanier commun. A la même date, le contrôle douanier sera aboli sur la frontière russo-biélorusse, la même chose devant arriver sur la frontière russo-kazakhe un an plus tard.

Liberté de la presse au kazakhstan : Le combat ardu d’un journal d’opposition

En moins de six mois, le plus en vue des journaux d’opposition kazakhs, l’hebdomadaire Respoublika s’est vu infliger une amende de près d’un demi-million de dollars et la police financière a perquisitionné son imprimerie et saisi ses tirages.

La pression est à la fois politique et économique : privé d’éditeur depuis septembre et par conséquent contraint de recourir à une vieille photocopieuse, le journal est aussi en proie à la frilosité croissante des distributeurs de presse. L’activisme politique ne fait guère partie de la culture au Kazakhstan, ex-République soviétique, dirigé d’une main ferme par son président Noursoultan Nazarbaïev. Pourtant, la rédaction a décidé de ne pas se soumettre. « Je ne veux pas que mes collègues aient peur et pensent que les autorités les puniront s’ils couvrent quelque chose », plaide la journaliste Evguenia Plakhina. « Je veux que les autorités aient peur de nous », lance-t-elle. Le Kazakhstan, vaste étendue largement couverte de steppes entre la Russie et la Chine, est coté cette année 142e sur 175 dans le classement annuel de la liberté de la presse établi par l’ONG Reporters sans frontières.

Certains espéraient pourtant que les autorités relâcheraient un peu la pression alors que le pays doit prendre, en 2010, la présidence de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Mais en août, le rédacteur en chef du journal a été condamné à trois ans de prison pour divulgation de secrets d’Etat, et une autre publication d’Almaty a été contrainte de fermer après avoir été poursuivie pour diffamation. Dans les deux cas, ces médias ont payé le prix d’une couverture trop critique, estiment les observateurs indépendants. En septembre, Respoublika a été condamné à une amende de 400 000 dollars pour « atteinte à la réputation professionnelle ». La fondatrice et propriétaire du journal vit en exil depuis 2002.

Sa famille avait été menacée et un cocktail Molotov a été lancé dans les bureaux de l’hebdomadaire. « C’est dangereux, mais cela fait longtemps que nous n’avons plus peur. A ce stade, c’est devenu drôle », relève, sans sourire, un photographe du journal.

Une librairie numérique des droits de l'homme lancée au Kazakhstan

Astana, le 19 décembre : Le gouvernement de la République du Kazakhstan va lancer prochainement une librairie numérique destinée à informer les citoyens du pays sur leurs droits. Il s'agissait d'une des recommandations du Plan National d'Action pour les Droits de l'Homme pour 2009-2012. La librairie devrait être opérationnelle d'ici 2013.

Selon Mr Tastemir Abishev, Secrétaire de la Commission des Droits de l'Homme auprès de la Présidence de la République, « si les gens ne connaissent pas leurs droits fondamentaux, on ne peut sérieusement espérer qu'ils les revendiquent. C'est la raison pour laquelle un tiers des recommandations contenues dans le Plan National d'Action pour les Droits de l'Homme concerne la formation des citoyens. » La Commission des Droits de l'Homme met donc en place un certain nombre de mesures destinées à améliorer l'information disponible sur le sujet et la communication entre les citoyens et l'administration.

Les recommandations du Plan National d'Action ont été formulées après consultation de la population. C'est pourquoi la librairie sera en russe et en kazakh et accessible aussi bien sur l'internet que dans des lieux physiques. Elle devra répondre à toutes les questions qu'un citoyen peut se poser au quotidien et tout au long de sa vie, tant du point de vue de ses droits fondamentaux individuels qu'en matière de retraite ou de protection sociale. Sa consultation sera bien évidemment totalement gratuite. Le Kazakhstan est le premier pays issu de l'ex-Union Soviétique à lancer un projet de ce type.

Le réseau de librairies sera accessible sur tout le territoire du Kazakhstan. Dans les communautés les plus isolées, les librairies pourraient être installées dans les écoles, les bureaux de poste ou n'importe quel bâtiment public disponible. Cette librairie des Droits de l'Homme ne représente qu'une petite partie des mesures envisagées dans le Plan National d'Action. De nouveaux manuels scolaires vont par exemple être élaborés.

Le Plan National d'Action pour les Droits de l'Homme est un programme global de mesures concrètes en vue d'améliorer et de compléter la législation du Kazakhstan et son application dans le cadre du processus de démocratisation du pays. Les 23 chapitres qui le composent fournissent une analyse de la législation kazakhe en comparaison avec les standards internationaux et en particulier la Convention Internationale sur les Droits Civiques et Politiques et les documents et avis émis par l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE). Il énonce ensuite un certain nombre de recommandations de réformes législatives. Il a été approuvé par le Président de la République du Kazakhstan Nursultan Nazarbayev puis présenté devant les instances de l'OSCE à Varsovie au mois d'octobre 2009. Le Plan a été bien accueilli par la communauté internationale et les principales organisations de défense des libertés publiques
Communiqué de presse du 19 décembre 2009 issu du Ministère des affaires étrangères et distribué par www.kazakhstanlive.com