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mercredi 12 mars 2008

Kazakhstan : environ 250.000 personnes menacées par les inondations

Des dizaines de milliers de personnes ont été touchées par les récentes inondations au Kazakhstan, indique le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), qui appelle la communauté internationale à soutenir le gouvernement face à une catastrophe qui pourrait s'amplifier et toucher jusqu'à 250.000 habitants.« La situation reste préoccupante pour l'avenir proche », indique un rapport d'OCHA publié hier.Plus de 13.000 personnes ont été déplacées les 21 et 22 février derniers par des inondations qui ont particulièrement frappé le sud du pays. Environ 250.000 personnes pourraient être touchées le long du bassin de la rivière Syr Darya, dans la province la plus peuplée, à la frontière avec l'Ouzbékistan.

Les informations recueillies par les autorités et le Coordonnateur résident au Kazakhstan font état de la destruction de 298 maisons, 8 écoles, 2 centres médicaux et 2 ponts, ainsi que d'importantes portions de routes.Selon les dernières estimations, le coût économique de ces destructions s'élève à quelque 130 millions de dollars.En réponse à une demande des autorités, une équipe d'évaluation interagences s'est rendue les 4 et 5 mars derniers dans la province du Sud-Kazakhstan afin d'y collecter des données sur la situation humanitaire et d'identifier les besoins les plus urgents.

A la suite de la mission, à laquelle ont participé OCHA, le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR), l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), une contribution d'OCHA de 40.000 dollars a été confiée au Coordonnateur résident pour l'achat de 1.800 kits d'hygiène.Par ailleurs, l'UNICEF va donner 50.000 dollars pour l'acquisition de tablettes de purification de l'eau, de réservoirs d'eau, de filtres désinfectants et d'autres articles sanitaires.

L'ONU encourage les donateurs à aider le gouvernement dans ses efforts en faveur de la population, notamment à travers l'achat de tentes pour l'hiver, dont les stocks sont pratiquement épuisés.

lundi 19 novembre 2007

Panique sur les pâtes

"Panique sur les pâtes en Italie", titre le magazine Fortune

Oh là là, cher lecteur... les choses deviennent sérieuses.

"Si les prix continuent à grimper, je ne serais pas surpris de voir des émeutes pour de la nourriture", déclarait Jacques Diouf, directeur de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture il y a quelques semaines seulement..

Peut-être devrions nous appeler M. Diouf et lui demander son avis sur les marchés boursiers. La semaine dernière, nous avons entendu parler d'une bousculade en Chine. Trois personnes ont été tuées lors d'une ruée sur l'huile de friture. Voilà ce que nous lisons à présent :

Les fabricants de pâtes de Parme ne savent plus à quel tortellini se vouer devant la spirale haussière des prix du blé, rapporte Fortune. "Le prix du blé a grimpé de 60% cette année, et en Italie, les gens descendent dans la rue... le prix des pâtes a augmenté de 20% environ cette année selon les variétés, déclenchant des protestations nationales. Mais cette hausse des prix est en fait due à une saga mondiale impliquant les politiques agricoles, la spéculation sur le marché des matières premières, l'utilisation croissante de l'éthanol comme carburant alternatif et la sécheresse australienne".

Ah oui ? Vraiment ?

D'une manière ou d'une autre, Fortune a ignoré un petit détail. Le magazine a ignoré ce qui est probablement la raison la plus importante de la hausse des prix de l'alimentation -- une raison qui n'a rien à voir avec la météo.

Mais revenons à Fortune :

"Certes, le prix du blé a grimpé, mais il est simplement revenu à ses niveaux de 1985..." déclare Rosario Trefiletti, en faisant allusion à une conspiration. Trefiletti est le président de l'association de consonmmateurs Federconsumatori, à Rome. Il appelé à la grève des pâtes en septembre. "Le gouvernement ne peut pas imposer des prix plus bas", déclare Carlo Pileri, qui dirige un autre groupe de consommateurs, "mais il peut faire de la persuasion morale".

De quel gouvernement parle-t-il ? De celui dont les politiques et les prédilections ont causé la hausse des prix elle-même ?

Fortune continue :

"La hausse des prix du pain et de la farine a déclenché des manifestations au Maroc, frappé par la sécheresse, où la récolte de blé a été réduite de 76% cette année. Des troubles publics ont également été déclarés au Yémen, au Niger et en Côte d'Ivoire".

"Et le blé n'est pas seul à grimper. Les prix du lait sont à des sommets record, idem pour le riz... Au Japon, où le gouvernement est l'unique importateur de blé, les prix du pain ont grimpé pour la première fois en deux décennies. La Russie, l'Ukraine et le Kazakhstan ont imposé des restrictions sur leurs exportations de blé pour s'assurer que leurs marchés intérieurs ne perdront pas au change durant la ruée des traders souhaitant gagner de l'argent à l'étranger".

"Les grands gagnants de tout cela, pour l'instant : les agriculteurs américains cultivant du blé. La production est en hausse de 14% environ, tandis que les exportations, soutenues par l'affaiblissement du dollar, devraient grimper de plus de 25% cette année. Les stocks sont à leur niveau le plus bas depuis la fin des années 40. Mieux encore, les prix ont grimpé au prix annuel moyen de 249 $ par tonne métrique pour le blé rouge d'hiver, plus du double de ce qu'il était en 2000".

Nos lecteurs noteront immédiatement la coïncidence. Vous dites que le blé a plus que doublé depuis 2000 ? Eh bien ça alors... l'or et le pétrole aussi. Aucune sécheresse n'assaille les mineurs d'or. Aucune poplitique agricole ne freine les exploitants pétroliers. N'est-il pas remarquable que tous grimpent ensemble... comme mis en lévitation par une force inconnue et invisible ?

Eh bien, pas si remarquable que ça, en fait. Le pétrole, l'or et les aliments réagissent avant toute chose non pas à une pénurie de pluie aux antipodes... mais à une inondation de cash et de crédit sur toute la surface du globe.

Jamais, depuis le Déluge, la planète n'avait vu telle quantité de liquidités. Les Etats-Unis achètent des choses qu'ils ne peuvent pas se permettre avec de l'argent qu'ils n'ont pas. Ils impriment simplement des dollars supplémentaires et les exportent vers leurs partenaires commercieaux. Ces pays, à leurs tour, impriment leurs propres devises pour racheter les dollars. Ils terminent avec d'énormes tas de billets verts dans leurs coffres. Rien que cette année, la Chine a ajouté 367 milliards de dollars à ses réserves de change (en dollars pour la majeure partie). Tout cet argent fait exactement ce qu'on attend de lui : il achète des choses. Généralement, plus il y a d'argent, plus il en faut pour acheter quelque chose.

Personne ne s'en plaignait tant que les prix des actifs grimpaient. Mais aujourd'hui, on voit de plus en plus de figures tristes... comme un jour sans pain. Les prix des actifs ne grimpent pas tous. Au lieu de cela, ce sont les pâtes qui grimpent.

Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres

lundi 15 octobre 2007

En Asie centrale, pénurie et inflation pourraient déclencher une période de turbulences


Des récoltes moyennes, dues à de médiocres conditions climatiques, conjuguées à un engouement de plus en plus prononcé des pays développés pour les biocarburants, ont fait exploser les prix mondiaux des céréales. Le prix du maïs, dont les États-Unis exportent plus de la moitié de la production mondiale, a doublé au cours des dix derniers mois tandis que le blé tendre connaissait une augmentation de 50%.

En juin dernier les cours des blés américain et européen ont atteint leur plus haut niveau depuis plus de dix ans. Au moment où l’Asie centrale s’ouvre au marché mondial, les responsables économiques des pays de la région découvrent le revers de la médaille. Conséquence de la mondialisation, leurs économies sont plus exposées que par le passé aux différents phénomènes générateurs d’inflation.
Le Kazakhstan tire son épingle du jeu
Avec une récolte automnale céréalière estimée à près de 22 millions de tonnes, au-delà des prévisions le plus optimistes du ministère de l’Agriculture -17,8 millions de tonnes- pour une demande intérieure d’environ 10 millions de tonnes, le Kazakhstan se différencie de ses voisins. Akhmedzhan Yessimov, ministre de l’Agriculture, estime que son pays devrait pouvoir logiquement exporter à hauteur de 9 millions de tonnes en 2007.
En dépit de telles prévisions favorables, l’économie kazakhe n’est pas à l’abri des conséquences de l’inflation sur les marchés des céréales. C’est la raison pour laquelle le parlement kazakh planche sur une loi destinée à renforcer la protection des couches sociales les plus vulnérables de la population face à l’augmentation du prix du pain.
Le vice-ministre kazakh de l’agriculture, Akylbek Kurishbaev estimait, le 10 septembre dernier, dans son discours à l’Assemblée nationale, qu’une éventuelle diminution des stocks qui, au niveau mondial, viendrait compromettre la satisfaction de la demande, devrait se traduire par une augmentation qui pourrait se situer entre 65 et 120 € la tonne de grains. Tout en se félicitant du prix moyen du pain -il se situe à 20 centimes d’euro-, relativement bas par rapport aux républiques voisines de l’ancien empire soviétique où il varie de 35 à 45 centimes d’euro en Géorgie, Russie ou en Biélorussie, Akylbek Kurishbaev a annoncé que le prix du pain n’augmenterait en moyenne que de 5 à 7 tengues (à peu près 3 centimes d’euro). Pour lui, cette augmentation devrait permettre aux producteurs céréaliers d’améliorer sensiblement leurs revenus.
Le Kazakhstan est le sixième exportateur mondial de grains. Ses principaux clients sont ses voisins immédiats, en particulier le Kirghizstan, le Tadjikistan, le Turkménistan et l’Ouzbékistan. Le plus inquiétant pour ces voisins et acheteurs, c’est que les autorités kazakhes viennent de décider de commercialiser leurs céréales aux prix et tarifs du marché mondial, mettant ainsi fin à un programme subventionné datant de l’époque soviétique.

Inflation record au Tadjikistan
C’est au Tadjikistan que la pénurie a le plus de répercussions. Le prix du sac de 50 kg de farine est subitement passé l’été dernier, de 18 à 23 €, ce qui correspond au salaire mensuel moyen dans ce pays. Depuis début juillet, les prix du blé, de la farine et du pain ont connu une augmentation de 50%. Tout le pays souffre de pénurie en farine et, rien qu’à Douchanbé, le prix du pain a bondi de 33% au cours de la deuxième semaine de septembre. Les céréaliers et minotiers tadjiks seraient apparemment responsables de cette inflation qui doit encore plus à la spéculation qu’à la pénurie. Le Tadjikistan importe plus de 60% de ses besoins en farine, principalement en provenance du Kazakhstan, et a subi de plein fouet l’augmentation générale du prix des grains au cours des douze derniers mois.
Selon Gérard Deshay, expert en sécurité alimentaire auprès de la Commission européenne, les autorités tadjikes n’ont pas pris conscience de la situation. Elles n’ont su apporter qu’une réponse administrative à courte vue, là où il aurait fallu prendre des mesures destinées à favoriser et encourager le développement d’une production domestique.
La pénurie fait craindre de nouveaux troubles en Ouzbékistan
La brusque augmentation des prix a récemment déclenché des troubles dans la partie ouzbèke de la vallée de la Ferghana. Bien qu’il soit particulièrement difficile pour les agences de presse de se faire une idée précise de cette agitation, de nombreux indices, rapportés par Radio Free Europe/Radio Liberty le 3 septembre dernier, montrent à l’évidence que la tension est croissante et que la région d’Andijan, théâtre des émeutes sanglantes de mai 2005, est de nouveau entrée en ébullition.
Comme cela s’est déjà souvent produit par le passé, cette pénurie en Asie centrale donne l’occasion à la Russie, qui dispose d’une agriculture encore intensément subventionnée, de voler au secours de ses voisins. Le 12 septembre dernier, Andreï Grozine, chef du département Asie centrale auprès de l’Institut des pays membres de la Communauté des États indépendants (CEI), résumait ainsi la situation, au cours d’une interview dans le quotidien Nezavissimaïa gazeta: «Si la crise alimentaire échappait à tout contrôle, la Russie aiderait massivement l’Ouzbékistan».
Le Kirghizstan se replie et ferme ses frontières
Plus à l’Est, le Kirghizstan souffre d’une inflation estimée par les autorités locales et la Banque centrale du Kirghizstan, à un peu plus de 6% au cours du dernier trimestre 2007. Alors que des observateurs dignes de foi la chiffrent à plus de 20%, de nombreux économistes, comme Aiylchy Sarybaev, estiment que le climat ambiant pourrait rapidement dégénérer. Le président kirghize, Kourmanbek Bakiev, a vertement tancé le gouvernement le 4 septembre dernier pour ne pas avoir pris les mesures nécessaires destinées à mettre fin à l’augmentation du prix de la farine et du pain.
Selon l’agence de presse Regnum le gouvernement a débloqué en urgence le lendemain près de 2.000 tonnes de grains qui ont été acheminées vers le district de Naryn et la ville de Jalalabad. De leur côté, les autorités de la ville d’Osh, au sud du pays, ont interdit toute exportation de farine à destination de l’Ouzbékistan voisin, lui aussi frappé de plein fouet par une pénurie de farine et de pain. Actuellement, le prix du kilo de farine en Ouzbékistan est plus élevé de 70 centimes d’euro qu’au Kirghizstan.
Au total, ce sont près de 12.000 tonnes de grains qui ont été débloquées depuis le début de la crise. Afin de parer à toute éventualité, le Premier ministre, Almazbek Atambaev, a signé le 11 septembre un décret abolissant la TVA sur toute la filière commerciale qui englobe les importateurs de céréales, les minotiers et les boulangers, pour peu qu’ils réalisent un chiffre d’affaires annuel inférieur à 5 millions de soms, soit environ 100.000 €.
Une inflation à l’échelle mondiale
A long terme, les conséquences sociales de l’inflation des prix alimentaires sont inquiétantes, et pas uniquement pour l’Asie centrale. Le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations Unies estime que, sur un total de six milliards d’êtres humains, plus de 850 millions souffrent de malnutrition, une situation qui s’est à nouveau fortement détériorée en raison d’une augmentation des prix alimentaires de 20% au cours des douze derniers mois. Bien loin de l’Asie centrale, le 13 septembre dernier, certaines associations de consommateurs italiens ont organisé une «journée sans pâtes» pour protester contre la récente augmentation des prix, conséquence de l’augmentation de ceux pratiqués sur la farine.
A moins que les gouvernements locaux n’interviennent rapidement, les conséquences de l’augmentation des prix alimentaires en Asie centrale seront autrement plus dramatiques que celles d’une «journée sans pâtes». Pour Dosym Satpayev, directeur de l'organisme d’évaluation et d’étude des risques Risk Appraisal Group, «que le Kazakhstan le veuille ou non, il risque de jouer le rôle de détonateur d’une explosion sociale qui pourrait bien embraser toute la région».
Par Renaud FRANCOIS sur www.regard-est.com
Photo : Joanna Lillis : http://www.irinnews.org/

samedi 25 août 2007

KASHAGAN : Les retards s'accumulent

Le groupe pétrolier italien Eni risque de perdre sa place d'opérateur du gisement Kashagan. Ce champ pétrolifère, situé en mer Caspienne, est le plus important découvert dans le monde depuis trente ans.

Mais, alors que les premiers barils étaient attendus en 2005, ils ne sont plus espérés aujourd'hui que vers la fin de 2010. D'où le courroux du gouvernement kazakh à l'encontre du pétrolier transalpin. D'autant que la facture s'alourdit sensiblement. De 37 milliards initialement, elle pourrait passer à près de 136 milliards de dollars.

La pression qu'exerce le gouvernement kazakh sur le pétrolier italien depuis des mois est donc montée d'un cran cette semaine. Le ministre kazakh de l'Ecologie a déclaré que « les travaux à Kashagan pourraient être totalement arrêtés » au motif du non-respect par Eni de la législation en matière d'environnement. Les autorités kazakhes s'impatientent surtout de n'avoir toujours rien touché du pactole tant espéré.

Elles pourraient alors décider de changer d'opérateur. Mais quel membre du consortium, composé, outre Eni, d'Exxon Mobil, de Shell, de Total ou encore de ConocoPhillips, est-il prêt aujourd'hui à endosser la responsabilité de la conduite des travaux ?

vendredi 24 août 2007

L'Ukraine et le Kazakhstan soutiennent l'idée d'un cartel céréalier

SAINT-PETERSBOURG, 24 août - RIA Novosti. L'Ukraine et le Kazakhstan ont soutenu l'idée de créer un cartel céréalier, a affirmé vendredi, dans un entretien avec les journalistes, le ministre russe de l'Agriculture, Alexeï Gordeïev.
"Nous avons concerté cette proposition avec nos collègues ukrainiens et kazakhs et avons reçu leur soutien", a-t-il déclaré.
Selon le ministre, cette idée est aussi étudiée par les Etats-Unis. En outre, des négociations sur ce thème sont également prévues début septembre prochain avec l'Australie.
En juin dernier, le ministère russe de l'Agriculture avait invité les principaux pays-producteurs et exportateurs de céréales à examiner l'idée de la création d'une organisation analogue à celle qui regroupe les fournisseurs de pétrole, pour coordonner la production et le commerce mondiaux de céréales.
M. Gordeïev avait alors expliqué que compte tenu de la demande grandissante de céréales pour la production de combustible biologique et les besoins alimentaires, leur production et leur consommation dans le monde devaient être équilibrées.
La Russie exporte en moyenne 12 millions de tonne de céréales par an.

lundi 20 août 2007

La démocratie, un pas à la fois au Kazakhstan

Astana — Le parti Nour Otan du président kazakh Noursoultan Nazarbaïev a raflé l'ensemble des sièges en lice aux élections législatives de samedi, d'après les résultats préliminaires communiqués hier.
Le Kazakhstan n'a jamais connu de scrutin jugé libre et démocratique, mais les partisans d'une plus grande pluralité espéraient que le désir de Nazarbaïev de voir son pays présider l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) en 2009 le pousserait à une évolution pour redorer son image.
Cependant, avec 88,05 % des suffrages, Nour Otan a conservé un score digne de l'époque soviétique et aucun des six autres partis participant au scrutin n'a franchi la barre ses 7 % nécessaires pour entrer à la chambre basse.
La principale formation d'opposition, le Parti social-démocrate (ANSDP), n'a ainsi recueilli que 4,62 % des voix. «Le Kazakhstan a vraiment fait un pas vers la démocratie», s'est réjoui le présentateur de la télévision nationale Khabar après l'annonce en direct des résultats provisoires.
«C'est absolument absurde. Nous retournons à l'Union soviétique, au parti communiste de l'Union soviétique», s'est insurgé Bolat Abilov, l'un des dirigeants de l'ANSDP. L'OSCE a estimé que les élections n'avaient pas répondu aux normes internationales en raison d'un manque de transparence pendant le dépouillement et du seuil élevé fixé pour entrer au Parlement.
Les représentants de l'OSCE ont néanmoins aussi estimé que le scrutin constituait un pas en avant. «En dépit des préoccupations contenues dans le rapport, je crois que ces élections continuent de faire progresser le Kazakhstan dans son évolution vers un pays démocratique», a déclaré le sénateur Consiglio Di Nino, coordinateur des observateurs de l'OSCE.
L'OSCE, qui rassemble 56 États membres dont la Russie, a subi les critiques de Moscou qui l'accuse d'émettre des critiques trop sévères à l'encontre des élections dans les pays de l'ancien bloc soviétique. Concernant le décompte des voix, les observateurs de l'OSCE ont émis des rapports négatifs dans 40 % des bureaux observés, «essentiellement à cause de problèmes de procédure et du manque de transparence».
L'OSCE considère également que le parti Nour Otan a bénéficié d'un traitement de faveur de la part des médias nationaux et des autorités, reconnaissant toutefois au vote le mérite d'avoir été organisé dans le calme. Un député britannique, à la tête d'une délégation de députés du Conseil de l'Europe, a estimé que le Kazakhstan avait effectué de «réels progrès».
L'opposition a dit avoir la preuve de fraudes électorales, mais à la différences de partis d'oppositions ukrainiens et géorgiens, qui ont appelé à manifester pour renverser des dirigeants convaincus de manipulations électorales, elle n'est pas en mesure de réunir des foules importantes.
Nour Otan contrôlera 98 des 107 sièges de la chambre basse, les majilis. Les neuf autres sièges seront pourvus par des candidats désignés par l'Assemblée du peuple du Kazakhstan, une instance nommée par Nazarbaïev.

vendredi 15 juin 2007

L'uranium, de plus en plus convoité et de plus en plus cher

LONDRES - L'uranium, dont le producteur français Areva est en passe d'acheter le canadien UraMin pour 2,5 milliards de dollars, est devenu une matière première stratégique et coûteuse alors que l'électricité nucléaire se développe dans le monde, notamment dans les pays émergents.

Près de 39.700 tonnes d'uranium ont été extraites des mines de la planète en 2006, un peu moins qu'en 2005 mais 10% de plus qu'en 2002, selon des chiffres de la World Nuclear Association (WNA). Le minerai permet la production de 16% de l'électricité mondiale (24% dans les pays de l'OCDE et 34% dans les pays de l'Union européenne), via 435 réacteurs commerciaux dans 30 pays, selon l'Uranium Information Center (UIC).

Le Canada est le premier producteur mondial, avec environ un quart du minerai extrait, devant l'Australie, le Kazakhstan, le Niger et la Russie. Selon l'UIC, une part importante vient aussi du recyclage des stocks militaires de l'ancienne URSS. Selon l'Agence internationale de l'Energie atomique, le Kazakhstan pourrait prendre la tête en 2050, avec 11 millions de tonnes extraites par an, devant l'Australie. Le Canada en revanche verra ses ressources s'amenuiser. Les réserves prouvées se situent surtout en Australie (25% du total), au Kazakhstan (17%), au Canada (9%), aux Etats-Unis et en Afrique du Sud (7%). Au total, elles s'élevaient en 2005 à 4,74 millions de tonnes.

Selon la WNA, les principaux mineurs sont le canadien Cameco, qui extrait 20% de l'uranium mondial par an en Amérique du Nord. Viennent ensuite le kazakh KazAtomProm (12%), l'anglo-australien Rio Tinto (12%), Areva (11%), le russe TVEL (9%), l'anglo-australien BHP Billiton (7%) et l'ouzbek Navoi (6%).

Il n'existe pas de marché pour l'uranium comme il en existe pour d'autres matières premières industrielles comme le pétrole et les métaux de base. Des cabinets spécialisés surveillent néanmoins les transactions et déterminent un prix moyen. Pour le cabinet Ux Consulting, le prix du minerai avoisine les 300 dollars le kilogramme, après avoir fortement augmenté depuis trois ans. Cette hausse est liée à celle de la production d'électricité nucléaire dans le monde (+38% entre 1990 et 2005, selon la NWA), qui nourrit la demande en minerai, et à la construction, en cours ou projetée, de nouveaux réacteurs.

En Europe notamment, après deux décennies de marasme consécutif à la catastrophe de Tchernobyl, le secteur semble en plein renouveau alors que des pays comme le Royaume-Uni envisagent de renouveler leur production, selon le cabinet d'information sur l'énergie Platts.

Romandie News : AFP 15 juin 2007