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jeudi 8 juillet 2010

Astana, capitale champignon du Kazakhstan

"Parfois, je n'y crois pas moi-même. Il y a encore 6 ou 7 ans, il n'y avait que de la steppe ici", s'exclame le président kazakh, en contemplant les immeubles aux designs ultra-modernes de sa nouvelle capitale. Pour Nursultan Nazerbaiev, Astana est un rêve devenu réalité. Cette ville de 800 000 habitants, a été construite en seulement 12 ans, grâce aux revenus du gaz et du pétrole.

"Je suis très satisfait d'avoir joué un rôle majeur pour chaque immeuble, chaque rue de cette ville, affirme le président du Kazakhstan. Beaucoup de gens étaient sceptiques. Ils ne croyaient pas que nous pourrions construire cette ville. Astana est là pour montrer ce dont le Kazakhstan est capable, pour unir le pays et l'ancrer dans le futur, et aussi pour prouver que nous maîtrisons les nouvelles technologies, en particulier dans le secteur de la construction. Enfin, pour améliorer les relations humaines."

Derrière ses allures modernes, Astana a conservé quelques éléments propres à la culture Kazakh: des formes rondes, qui rappellent les yourtes traditionnelles. Mais les architectes n'ont dû faire face à une contrainte majeure: Astana est la capitale la plus froide au monde. Il y fait – 40 degrés celcius en hiver.

"Nous avons été capables de construire des immeubles qui supportent des conditions climatiques extrêmes, explique Sagyndyk Djanbulatov, directeur de l'urbanisme. La seule différence entre nos immeubles et ceux qui sont construits en Europe, c'est l'isolation thermique. Mais c'est un problème technique que nous pouvons résoudre. Par exemple nous avons du triple vitrage, et les murs sont suffisamment épais pour que les conditions de vie soient agréables à l'intérieur".

Contemplant les travaux déjà accomplis, Sagyndyk Djanbulatov évoque les futurs défis: "Pendant 10 ans, nous avons construit très vite. Il faut maintenant étudier comment nous pouvons améliorer nos techniques de construction. Quelle que soit la difficulté, les visiteurs étrangers diront alors: "vous avez vraiment un style architectural extraordinaire et unique!"".

Astana est une ville jeune et dynamique. A l'image de sa population. Elle attire de nombreux jeunes, comme Ainash, qui s'est installée ici pour faire carrière dans le journalisme. "Je suis venue d'Almaty, raconte-t-elle, parce que le futur est prometteur dans notre capitale, et que l'on peut y faire carrière. Il y a plus de chances de s'enrichir et d'atteindre ses objectifs, ce qui est très important pour les jeunes".

L'appartement d'Ainash est un vestige de l'époque soviétique niché dansun immeuble de béton. La jeune femme rêve de s'installer dans un endroit plus moderne. "Le gouvernement met évidemment en place des programmes pour résoudre les problèmes de logement, dit-elle. Mais ils ne sont pas vraiment accessibles. Ils sont très sélectifs et profitent en général aux employés du gouvernement. Il faut vraiment se battre pour obtenir un logement grâce à ces programmes".

Avec les projets immobiliers en cours, Ainash espère que ses rêves se réaliseront. Comme elle, près d'un demi million de personnes se sont installées dans la nouvelle capitale au cours des dix dernières années. La population et la surface de la ville devraient doubler dans les 20 prochaines années.

" Nous travaillerons à la reconstruction et à la modernisation totale des anciens immeubles", assure Amanjol Chicanaiev, qui supervise l'expansion de la ville, et choisit avec attention les projets architecturaux futurs. " Afin que ces constructions soient conformes aux standards modernes, dit-il, nous faisons des appels d'offre internationaux".

Les dirigeants Kazakh veulent faire de leur nouvelle capitale un point de rencontre entre l'Europe et l'Asie. Pour y parvenir, le président Nazerbaiev estime que sa ville doit être un symbole de l'architecture moderne. "Je pense que dans 10 ou 20 ans, Astana sera une ville belle et confortable à vivre, et que tout le monde en parlera", veut croire le président kazakh.

Astana vient juste de fêter ses 12 ans en tant que capitale du Kazakhstan. De nouveaux bâtiments ont été inaugurés, tandis que partout dans la ville, les travaux continuent à vive allure. Ignorant tout de l'éclatement des bulles immobilières qui a ébranlé les villes les plus solides du monde, de Madrid à Abu Dhabi.

Sur http://fr.euronews.net le 8 juillet 2010

Les profondes racines chrétiennes du Kazakhstan

Entretien avec Mgr Athanasius Schneider, évêque auxiliaire de Karaganda


ROME, Jeudi 8 Juillet 2010 (ZENIT.org) - L'expérience qu'a vécue dans son enfance l'évêque auxiliaire de Karaganda, à l'époque où il fallait fuir les autorités communistes pour aller à la messe, a suscité chez lui une dévotion vraiment particulière pour l'Eucharistie. C'est cette dévotion qu'il souhaite à tout prix partager.

Mgr Athanasius Schneider est secrétaire général de la Conférence épiscopale du Kazakhstan et auteur du livre : «Dominus Est. It is the Lord: Reflections from a Bishop in Central Asia on Holy Communion » (Newman House Press, 2009), dans lequel il explique comment recevoir l'Eucharistie de manière appropriée.

Né au Kirghizistan, où ses parents allemands avaient été exilés par le régime communiste, il a émigré en Allemagne en 1973, s'installant en Autriche peu de temps après pour entrer au monastère des Chanoines réguliers de la Sainte-Croix.

Mgr Schneider est professeur de théologie au séminaire Mary, Mother of the Church de Karaganda depuis 1999. Il a été ordonné évêque à Rome le 2 juin 2006.

Dans un entretien accordé au programme de télévision « Where God Weeps », réalisé par la Catholic Radio and Television Network (CRTN), en collaboration avec l'Aide à l'Eglise en détresse (AED), l'évêque parle de son expérience dans l'Église catholique au moment où il vivait sous le régime communiste, de son parcours jusqu'à sa charge actuelle, et des besoins de la communauté au Kazakhstan.

Q : Quand on entend parler du Kazakhstan on ne pense pas tout de suite aux catholiques, or l'Église catholique a des racines profondes dans ce pays. Pouvez-vous nous parler de l'histoire de l'Église catholique au Kazakhstan?

Mgr Schneider : Je voudrais préciser : pas l'Église catholique en soi, mais le christianisme y a des racines profondes.

Aux IIIème et IVème siècle il y avait déjà des signes du christianisme en Asie centrale, et au Moyen Age, on y trouvait aussi des missionnaires de rite latin. Mais la grande présence du christianisme et surtout des catholiques, est liée au régime de Staline.

A la fin des années 30, Staline a fait déporter des millions d'européens au Kazakhstan, qui est devenu un énorme camp de concentration dans lequel, tout à coup, se sont retrouvés presque un demi million de catholiques.

Cette présence était toutefois caractérisée par la souffrance et l'Église ne pouvait exister que dans la clandestinité.

Q : Vous êtes allemand. Comment êtes-vous arrivé au Kazakhstan?

Mgr Schneider : Mes parents faisaient partie des allemands implantés en Mer noire, près d'Odessa. Vers la fin de la seconde guerre mondiale, les forces armées allemandes ont pris tous ces gens (300.000 personnes) et les ont conduits à Berlin pour les protéger des russes.

Et quand l'armée russe a occupé Berlin, ces personnes ont été reprises et condamnées aux travaux forcés, mais dans trois lieux distincts : Kazakhstan, Sibérie et l'Oural.

Mes parents ont fini dans les montagnes de l'Oural. Ils ont été condamnés aux travaux forcés et c'est un miracle s'ils ont survécu. Après leur libération, ils sont allés en Asie centrale, s'installant d'abord au Kirghizistan, une petite république à la frontière avec la Chine , un peu plus bas que le Kazakhstan.

C'est là que je suis né et que j'ai vécu mon enfance. Puis du Kirghizistan ils sont allés s'installer en Estonie qui faisait encore partie de l'Union soviétique. J'y ai vécu quatre ans.

Nous avions une église à 100 kilomètres de distance mais c'était le seul endroit que nous avions pour aller à la messe.

Q : Chaque dimanche vous faisiez 100 kilomètres?

Mgr Schneider : Une fois par mois, car nous ne pouvions nous le permettre. Nous étions quatre enfants plus nos parents.

Q : Comment vous déplaciez-vous, en voiture ?

Mgr Schneider : En train. Mais c'était aussi dangereux, car en ce temps-là le gouvernement communiste interdisait aux enfants de participer à la messe.

Seuls les adultes pouvaient y aller, mais nous étions quatre enfants. Alors mes parents décidèrent de prendre le premier train du matin quand il faisait encore nuit, de manière à être moins visibles. Je me souviens de notre premier voyage, un voyage inoubliable pour moi.

J'étais un enfant de 10-12 ans et ces excursions, ces voyages, pour participer à la messe étaient inoubliables. Le soir nous prenions le dernier train, quand le ciel était déjà sombre.

Ces dimanches-là, nous les passions en compagnie de notre curé qui n'avait qu'une petite pièce, pas une maison, mais qu'une toute petite pièce qui faisait en même temps office de cuisine, de chambre à coucher et de bureau. Nous restions là car nous étions la famille qui venait de loin.

C'est là que je me suis confessé la première fois et c'est là aussi que j'ai fait ma première communion avec ce saint prêtre qui avait lui aussi été emprisonné à Karaganda auparavant.

Q : Quand vous étiez au Brésil, votre supérieur vous a envoyé suivre vos études à Rome pour un doctorat en patrologie. Durant votre séjour à Rome, vous avez été nommé conseiller général de l'ordre et rêviez toujours de revenir au Brésil à la fin de votre mandat. Or, vous avez rencontré une personne qui a donné un nouveau tournant à votre vie?

Mgr Schneider : Oui, quelqu'un m'a dit qu'il y avait un prêtre qui venait d'arriver du Kazakhstan (je n'avais jamais été au Kazakhstan, j'avais été au Kirghizistan). Et l'on m'a dit qu'il voulait me parler. Je ne connaissais pas ce prêtre, ni lui ne me connaissait.

Mais il m'a dit : « nous avons fondé un séminaire à Karaganda et nous n'avons pas de professeurs. Pourriez vous venir nous aider? ». Et voila, il m'a invité.

Q : Comment décririez-vous la foi des habitants?

Mgr Schneider : La foi des habitants est une foi marquée par la souffrance pour nos martyrs - témoins de la foi, et par la situation de persécution dont l'Église est victime. La population essaie donc d'entretenir cette foi, de la vivre, de donner une grande valeur aux sacrements, au caractère sacré, à la dignité du prêtre.

Q : L'ex-Union soviétique a souffert 70 années d'athéisme d'État. Les blessures de cet athéisme d'État sont-elles encore visibles dans le cœur des personnes?

Mgr Schneider : Cet athéisme, qui était intrinsèquement matérialiste, a entraîné une destruction du surnaturel, des valeurs spirituelles. Par exemple, l'alcoolisme s'est davantage répandu, car la vie des gens n'avait pas de sens sans spiritualité, sans valeur spirituelle.

Un vide s'est créé, qui a grandi durant la période du communisme. La famille a été détruite par le matérialisme ; des pratiques, comme le divorce et l'avortement, se sont répandues.

Ce matérialisme a détruit le sens des valeurs spirituelles.

Q : Vous avez écrit un ouvrage : « Dominus Est. It is the Lord: Reflections from a Bishop in Central Asia on Holy Communion », où vous soutenez l'opportunité de reconsidérer la modalité de recevoir la communion avec les mains et s'il ne serait pas mieux de la recevoir directement dans la bouche et agenouillés. Qu'est-ce qui vous a amené à penser cela?

Mgr Schneider : Pour moi ce n'est pas une nouveauté. Je l'ai vécue comme ça toute ma vie. Je recevais la communion durant la persécution, et cette dévotion était tout à fait naturelle pour moi.

On me disait que Dieu y était vraiment présent. Donc s'agenouiller devant le « Très saint sacrement » était totalement naturel.

Ma mère aussi la vivait comme ça, du temps de la persécution. Un jour elle a sauvé un prêtre de la police, dans l'Oural, où elle avait été déportée. Puis alors que ce prêtre devait partir, ma grand-mère qui était très malade a demandé à ma mère de se faire donner par un prêtre une hostie consacrée, pour pouvoir recevoir la sainte communion au moment de mourir. Le prêtre a dit : « Oui je vous laisse une hostie consacrée, mais à condition que vous l'administriez avec la plus grande déférence possible ».

Ma mère donna ensuite la sainte communion à ma grand-mère et pour le faire, avait enfilé une paire de gants pour ne pas toucher l'hostie de ses mains nues. Elle n'osait pas toucher le très saint sacrement avec les mains et avait utilisé une cuillère pour l'administrer.

Ce sentiment était si profond et si naturel pour nous, que lorsque nous sommes arrivés et avons vu les églises occidentales, plus que surpris, nous avons été blessé dans notre âme. Je ne juge pas la personne qui reçoit la communion dans les mains. C'est une autre question, car elle peut de toute façon la recevoir ainsi, avec la même déférence et le même amour. Mais je juge par contre la situation objective de distribuer ainsi la sainte communion. Il est indéniable qu'il y a eu une banalisation ; comme distribuer une tranche de gâteau.

Il s'agit du Seigneur! Quand le Seigneur ressuscité est apparu aux femmes et qu'elles le virent, celles-ci s'agenouillèrent.

Q : Elle tombèrent à genoux...

Mgr Schneider : Elle tombèrent à genoux et l'adorèrent.

Mais les apôtres aussi se sont comportés de la sorte quand le Seigneur est monté au ciel. Pourquoi ne devrions-nous pas faire la même chose?

Il s'agit du Seigneur réellement présent comme l'a été l'Église catholique pendant des millénaires. Pourquoi devrions-nous changer cela?

Q : Quel appel voudriez-vous adresser aux catholiques? Quels sont les besoins de l'Église au Kazakhstan?

Mgr Schneider : Certainement un appel à prier. Car les prières sont le don le plus précieux que nous puissions nous faire les uns les autres, en solidarité avec l'Église locale, qui est très loin et dans une situation difficile. Nous avons peu de ressources humaines et matérielles. Nous demandons de prier pour les vocations sacerdotales locales.

Nous avons besoin d'un clergé local, car ce n'est qu'à ce moment-là que l'Église pourra s'enraciner. Et, s'il vous plait, si cela est possible, soutenez-nous dans nos efforts à construire plus d'églises, pour rendre l'Église plus visible dans cette partie du monde où nous vivons, comme signe d'évangélisation.

Nous sommes reconnaissants pour tous ces signes de fraternité et de solidarité.

Publié sur http://zenit.org/ le 8 juillet 2010

L'or du Kazakhstan

Le Kazakhstan, un pays cinq fois grand comme la France, détient environ 4 % des réserves d'or mondiales.

Le Président de la République du Kazakhstan, Noursoultan Nazarbaïev, annonce « En 2015, nous pouvons parvenir à une production d'or de plus de 70 tonnes et devenir l'un des plus grands producteurs au monde du métal ». Comment ? Le pays possède plusieurs mines d'or exploitables et riches en métal précieux.

Le projet aurifère de Kyzyl : des ressources inépuisables ?

Une étude de préfaisabilité a confirmé la viabilité économique du projet aurifère de Kyzyl, au Kazakhstan, où les opérations pourraient débuter en 2013. Le programme de forage actuellement mis en place afin de convertir les ressources minérales en réserves est un franc succès, et les ressources sont telles que la mine pourrait être utilisée pendant quasiment 16 ans, selon les estimations. Ce projet dispose d'une réserve minérale initiale estimée à 3,78 millions de dollars d'or.

Complexe minier de Vasilkov
De plus, la production d'or du pays a été renforcée par le lancement d'un plan de 700 millions de dollars dans le complexe minier de Vasilkov (le plus grand gisement d'or du Kazakhstan et du monde entier) situé au nord du pays. L'usine devrait contribuer à stimuler la production d'or au Kazakhstan de 75 % d'ici 2011.

D'ailleurs, selon Reuters, une source aurait affirmé en juin dernier que la société Glencore (spécialisée dans le négoce de matières premières et dans l'exploitation minière), projetait de coter en bourse les principaux actifs de ses mines d'or, principalement constitués de la mine de Vasilkov.

Une bonne nouvelle pour ceux qui souhaitent investir dans l'or papier ? Personnellement, sur l'Or et l'Argent, on est plutôt comme Saint Thomas d'Aquin, on préfère croire ce que l'on voit et on privilégie les vertus d'un or physique que l'on possède en propre à la versatilité d'une mine pas encore exploitée !

Sur www.loretlargent.info le 8 juillet 2010

Saipem obtient plus d'un milliard d'euros de contrats

MILAN (Italie) - La société italienne Saipem, contrôlée par le groupe pétrolier et gazier ENI, a annoncé jeudi dans un communiqué avoir obtenu plus d'un milliard d'euros de contrats, notamment au Kazakhstan et au Brésil.

Saipem, dont ENI détient 43%, a notamment signé l'extension jusqu'en décembre 2011 de son contrat avec Agip KCO, filiale d'ENI en charge de la phase expérimentale du développement du gisement de pétrole de Kashagan au Kazakhstan. Ce contrat porte sur l'installation d'un système de conduites.

Au Brésil, Saipem a remporté un contrat auprès de la compagnie Petrobras pour installer au cours du second semestre 2012 des conduites reliant un gisement pétrolier offshore situé à 120 kilomètres au large des côtes de l'Etat de Rio de Janeiro à une plateforme pétrolière.

Le groupe a remporté d'autres contrats au Moyen-Orient, en Afrique, dans la mer du Nord et au Mexique mais il ne les détaille pas. A la Bourse de Milan, Saipem prenait 2,18% à 26,72 euros vers 09H50 GMT, dans un marché en hausse de 0,83%.

Le 8 juillet 2010 sur www.romandie.com

mercredi 7 juillet 2010

Pour ses 70 ans, le président kazakh inaugure la plus haute tente du monde

Entouré d'une demi-douzaine d'homologues, dont les présidents russe et turc Dmitri Medvedev et Abdullah Gül, le dirigeant kazakh, au pouvoir depuis l'époque soviétique, a célébré dès lundi soir son anniversaire lors de la cérémonie d'inauguration de "Khan Chatyr" ou "Tente du Chef".

Cet édifice de 102 mètres de haut – 150 avec le mât au sommet – dessiné par l'architecte britannique Norman Foster est le dernier grand projet en date à ouvrir ses portes à Astana, petite bourgade des steppes transformée en capitale par M. Nazarbaïev il y a douze ans et où il a fait construire depuis des dizaines d'immeubles aux formes les plus étonnantes.

Khan Chatyr, qui rappelle les yourtes des nomades kazakhs, abrite un centre commercial mais aussi un mini-golf et une zone tropicale avec une plage où les habitants pourront se réchauffer en hiver, lorsque les températures plongent jusqu'à –40 °C.

"Le président a relevé que la construction de la nouvelle capitale, Astana, est devenu le mégaprojet d'innovation le plus grandiose de l'espace post-soviétique", note sobrement le site de la présidence kazakhe, akorda.kz.

La cérémonie d'inauguration, dont les points d'orgue ont été un gigantesque feu d'artifice et un concert du chanteur d'opéra Andrea Bocelli, a été à l'image des louanges que M. Nazarbaïev aime recevoir : grandiloquente.

Mais ces marques de respect ne sont rien en comparaison de la réforme constitutionnelle entrée en vigueur en juin faisant de M. Nazarbaïev le "Chef de la Nation", un titre qui lui accorde de larges pouvoirs et une immunité à perpétuité, même s'il quittait un jour la présidence.

Cette décision avait déclenché une levée de boucliers chez ses détracteurs, d'autant que le Kazakhstan préside cette année l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), qui s'assure notamment du respect des principes démocratiques chez ses membres.

M. Nazarbaïev dispose aussi d'un musée à sa gloire à Astana, a coécrit l'hymne national, son parti monopolise tous les sièges du Parlement et des membres de sa famille contrôlent certains des actifs les plus en vue de ce pays regorgeant d'hydrocarbures.

Sur www.lemonde.fr le 7 juillet 2010

mardi 6 juillet 2010

Nursultan Nazarbaev : la reconstruction sur les ruines de l'empire

Nikolaï Troitsky, RIA Novosti, le 6 juillet 2010

Nursultan Nazarbaev, le président du Kazakhstan, qui fêtera le 6 juillet ses 70 ans, a manqué de peu l'obtention du titre officiel de Chef de la Nation. Une loi spéciale, acceptée à l'unanimité par le parlement, a été préparée mais le chef d'État l'a décliné.

Nursultan Nazarbaev dirige le pays depuis 20 ans, réprimant sans cesse les dérives à la manière du Turkmenbachi (nom donné au dictateur turkmène, Saparmourat Niazov, mort en 2006). Il n'a nul besoin d'un titre oriental glorifiant et luxurieux avec des monuments, des rues, des places et des villes en son nom. Il est le réel leader de la nation, le père du peuple, « le roi, le dieu et le chef militaire » du Kazakhstan.

En 2000 déjà, le parlement avait voté la loi constitutionnelle « Sur le premier Président de la République du Kazakhstan », avec des phrases aux accents pathétiques telles que : « Le premier Président de la République du Kazakhstan, en raison de sa mission historique, a le droit à vie de s'adresser au peuple Kazakh, aux institutions gouvernementales et aux fonctionnaires avec des initiatives concernant les questions de haute importance vis-à-vis de la structure gouvernementale, des politiques intérieure et extérieure et de la sécurité du pays, devant faire l'objet d'étude par les institutions et les fonctionnaires compétents ».

De plus, Nursultan Nazarbaev est à la tête du parti dirigeant Nur Otan (la lumière de la Patrie) qui contrôle intégralement la chambre basse du parlement (bien qu'il existe certains députés sans-parti, il n'y a aucune opposition). Enfin, son immunité et son statut d'irremplaçable sont assurés de manière législative : il n'existe aucune limite au nombre de mandats présidentiels. À vrai dire, le président a étouffé l'idée de la présidence à vie. De tels extrêmes monarchiques ne sont pas à son goût.

Néanmoins, Nursultan Nazarbaev a, bien sûr, fondé un système gouvernemental autoritaire. Il n'avait pas d'autre modèle, il n'existait aucune base pour une démocratie du type occidental dans cette région. Et l'exemple tragique du Kirghizstan voisin montre le résultat de la moindre indulgence.
Au Kazakhstan la situation n'a pas toujours été stable et pacifique. La population a du tempérament, surtout la jeunesse qui a initié des émeutes en décembre 1986, encore à l'époque soviétique, qui ont fait plusieurs victimes. Les émeutes ont commencé suite à la nomination de l'étranger Guennadi Kolbine au poste de premier secrétaire du comité centrale du parti communiste du Kazakhstan. Nursultan Nazarbaev a pris sa place en 1989, en commençant doucement mais sûrement à renforcer sa position au pouvoir et à construire son propre état, au fur et à mesure de l'accélération des processus centrifuges en URSS. Après Gorbatchev il est devenu président du Conseil suprême, puis président. Il n'a pas voulu quitter à tout prix l'Union soviétique au profit de l'indépendance mais il a toujours et sans tarder répondu aux défis de l'époque.
Après la signature des accords de Beloveja, il est devenu l'un des principaux créateurs et idéologues de la CEI, comprenant que la république n'était pas prête à devenir autonome. Il n'est pas dans son habitude d'agir sans réfléchir ou de faire des manœuvres audacieuses, il est plutôt partisan d'un développement linéaire mais continu.

Et l'autoritarisme de Nursultan Nazarbaev fonctionne de la même manière : calme, modéré, civilisé, voire même éclairé. Nursultan Nazarbaev et son gouvernement sont entièrement concernés par la phrase d'Alexandre Pouchkine : « Le gouvernement est l'unique Européen ». Dans ce cas précis, ce n'est pas tout à fait une métaphore car le Kazakhstan est non seulement membre de l'OSCE mais, à l'heure actuelle, il en est président.
Nursultan Nazarbaev prend très au sérieux ses obligations envers l'Europe. Il tend également vers la modération et l'exactitude en utilisant un pouvoir presque illimité. Le président ne peut pas se permettre d'oublier l'importance de l'image de son pays. Bien que cela soit loin d'être une façade, une décoration ou une vitrine pour l'extérieur. Le président du Kazakhstan est loin d'être aussi simple, il se distingue des autres dirigeants asiatiques.
Les courtisans aiment dans leurs éloges comparer Nursultan Nazarbaev aux grandes figures du passé, y compris à Mustafa Kemal Atatürk, le fondateur de la République turque. Le président du Kazakhstan est également obligé de construire l'État actuel sur les ruines de l'empire, mais contrairement à Atatürk il a dû se battre pour cela.
On pourrait citer toute une série de créateurs asiatiques de la modernisation autoritaire, des dompteurs de ce qu'on appelle des « tigres économiques », à l'instar de Lee Kuan Yew, l'auteur du « miracle de Singapour ». Nursultan Nazarbaev a des chances de rejoindre ces rangs, à condition d'avoir suffisamment de dévouement, de temps et de forces.

Dans le domaine de la diplomatie, le Kazakhstan maintient des relations stables et bonnes avec Moscou et Pékin. Le Pape et Mahmoud Ahmadinejad, le président iranien, lui rendent des visites officielles. Ce qui ne l'empêche pas d'avoir des relations étroites et à longue terme avec les États-Unis et l'OTAN. En vingt ans Nursultan Nazarbaev n'est jamais entré en conflit avec quiconque. Il est respecté et apprécié en tant que partenaire par les plus incompatibles chefs politiques. Il a acquis une importante autorité internationale. Et se tient à niveau égal avec les représentants de l'élite mondiale.
Cela pourrait étonner, compte tenu de son origine prolétaire et paysanne. Il est né dans une famille de paysans et il a longtemps travaillé à l'usine. Ses « universités » se limitent à l'école communiste d'agriculture. Mais de toute évidence, son talent inné s'est fait connaître. Il a su construire l'un des plus stables états dans l'espace de l'ex-URSS et il le dirige avec assurance.
Cependant, le modèle autoritaire du pouvoir a un défaut inévitable : le caractère irremplaçable du leader et le problème du successeur. Beaucoup de choses, voire absolument tout, repose sur la personnalité du dirigeant. Nursultan Nazarbaev n'a pas encore l'intention de lâcher le gouvernail mais il sera confronté au problème de sa succession.

En Asie, même dans les pays démocratiques tels que l'Inde, le pouvoir est souvent transmis de façon héréditaire. Mais Nursultan Nazarbaev n'a que trois filles et le mari de l'ainée, Rakhat Aliev qui avait commencé une carrière prometteuse, a provoqué un drame familial. Il a non seulement divorcé mais il a également adhéré à l'opposition et se cache à l'étranger.
Les autres successeurs possibles ne sont pas à l'étude au niveau politique du Kazakhstan. Quoi de plus normal. Les leaders tels que Nursultan Nazarbaev, aussi irréprochables et indépendants, n'apparaissent pas sur commande et naissent rarement.

Une tente haute de 100 mètres pour célébrer les 70 ans du président kazakh


ASTANA - Le Kazakhstan marque mardi les 70 ans du "Chef de la Nation", le président Noursoultan Nazarbaïev, un jour férié qui célèbre aussi les douze ans d'Astana, étrange capitale où un curieux ouvrage a été inauguré pour l'occasion : une gigantesque tente abritant une plage.

Entouré d'une demie-douzaine d'homologues, dont les présidents russe et turc Dmitri Medvedev et Abdullah Gül, le dirigeant kazakh, au pouvoir depuis l'époque soviétique, a célébré dès lundi soir son anniversaire lors de la cérémonie d'inauguration de "Khan Chatyr" ou "Tente du Chef".

Cet édifice de 102 mètres de haut - 150 avec le mât au sommet - dessiné par l'architecte britannique Norman Foster est le dernier grand projet en date à ouvrir ses portes à Astana, petite bourgade des steppes transformée en capitale par M. Nazarbaïev il y a 12 ans et où il a fait construire depuis des dizaines d'immeubles aux formes les plus étonnantes.

Khan Chatyr, qui rappelle les iourtes des nomades kazakhs, abrite un centre commercial mais aussi un mini-golf et une zone tropicale avec une plage où les habitants pourront se réchauffer en hiver, lorsque les températures plongent jusqu'à -40°C.

"Le président a relevé que la construction de la nouvelle capitale, Astana, est devenu le méga-projet d'innovation le plus grandiose de l'espace post-soviétique", note sobrement le site de la présidence kazakhe, akorda.kz.

Sur www.portalangop.co.ao le 6 juillet 2010