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mercredi 4 janvier 2012

Kazakhstan: l'état d'urgence prorogé au 31 janvier à Janaozen

Le président kazakh Noursoultan Nazarbaïev a prorogé au 31 janvier l'état d'urgence décrété en décembre dernier dans la ville de Janaozen (ouest) à la suite des troubles massifs, a annoncé mercredi un arrêté du président publié sur le site du chef de l'Etat.

"Conformément au point 3 de l'article 7 de la loi sur l'état d'urgence, j'ordonne de le proroger dans la ville de Janaozen jusqu'au 31 janvier 2012", lit-on dans l'arrêté.

Depuis plusieurs mois, les employés des compagnies pétrolières manifestent à Janaozen contre leurs faibles salaires. Vendredi 16 décembre, des troubles massifs y ont éclaté, les manifestants ont brulé 46 édifices et plusieurs voitures. La police est intervenue pour réprimer les protestataires. D'après les données officielles, les affrontements ont fait 14 morts et des dizaines de blessés.

Sur Ria Novosti le 4 janvier 2012

lundi 2 janvier 2012

La récolte sanglante

Il est dit que les événements qui ont eu lieu 16 Décembre 2011 dans l'ouest du Kazakhstan, provient de forces extérieures. Je me souviens qu'au moment de la fête du jour de l'Indépendance, dans la ville pétrolière de Zhanaozen, des émeutes ont éclaté et se sont développées en cambriolage massif et pillage. En conséquence de quoi, 15 personnes sont mortes et des dizaines ont été hospitalisées.

Les affrontements dans Zhanaozen sont intervenus à un moment où le président Noursoultan Nazarbaïev, qui aime bien la France et Paris, a ouvert à Astana, la version kazakhe de l'Arc de Triomphe. Les citoyens étaient en fête.

Au Kazakhstan il existe plusieurs versions. Il y a celle qui dit que la grève a conduit à des émeutes et à des affrontements avec la police. Enfin ceux qui ont organisé la provocation parlent d'une grève pacifique du pétrole.

Selon les uns, l'organisation des émeutes ont impliqué des hauts fonctionnaires, qui donc, en déstabilisant la situation au Kazakhstan se préparent à prendre le pouvoir.

Selon les autres, il y a eu une intervention de forces étrangères. Il a plusieurs versions, qui ne diffèrent que pour savoir quelle est cette force extérieure. De l'Atlantique Ouest à l'Extrême-Orient, le choix géographique est vaste. Les tenants de cette version poursuivent par l'adage romain : «Il faut chercher à qui cela profite". Ceux qui voudraient influencer ou contrôler le gouvernement du Kazakhstan ne sont pas en pénurie. Le sous-sol du Kazakhstan regorge de tous ce que n'importe quel pays à besoin : pétrole, gaz, uranium, métaux rares.

Il y a un semblant d'unité sur quelle «puissance étrangère» pourrait influencer la situation dans les riches pays postsoviétiques. L'intrigue réside essentiellement dans l'étendue de l'implication des irréductibles détracteurs : Mukhtar Ablyazov et Rahat Aliyev. Dans le passé, ils étaient des ennemis qui avaient des buts et des objectifs différents. Ils forment aujourd'hui un tandem combinant leurs ressources, capacités et capitaux contre un ennemi commun : l'actuel président du Kazakhstan, Noursoultan Nazarbaïev. Ici il convient de mentionner les griefs d'ordres privés : Mukhtar Ablyazov accuse qu'on lui a enlevé la banque BTA, et Rahat Aliyev, dans le fait qu'il a été privé de sa famille (son ex-femme est la fille aînée du président Noursoultan Nazarbaïev).

I
l est dit qu'Ablyazov et Aliyev n'étaient pas amis. Il y avait des controverses entre eux qui n'étaient pas seulement de nature politique. En 2003, Mukhtar Ablyazov était parmi ceux qui s'exprimaient contre Rahat Aliyev, qui avait déjà été accusé de maraudage (saisie violente du bien d'autrui), et de concurrence déloyale (contrôle du sucre au Kazakhstan). À cet égard, la surprise est que les antagonistes ont apparemment commencé à coopérer. En particulier, Rahat Aliyev est devenu un invité régulier à la télévision K+, détenue par Ablyazov.

La situation à Zhanaozen, à savoir la grève pétrolière, a duré 7 mois et pendant tout ce temps, il n'y a eu aucun affrontement entre grévistes et policiers. Si vous allez au cœur du conflit, d'abord il portait un caractère purement économique dans sa nature : les gens ont exigé des augmentations de salaire.

Au début, les revendications des travailleurs ont été satisfaites, plusieurs fois leur salaire a été augmenté. En Décembre 2011, les salaires de l'entreprise "Ozenmunaygaz" sont parmi les plus élevés au Kazakhstan, au sein du secteur pétrolier et par rapport aux travailleurs de différentes professions. Il a atteint 300 000 tenge (soit environ 1500€).

Dans la ville de Zhanaozen comme dans la plupart des zones où vivent les travailleurs du secteur pétrolier, le climat local est aride et le sol n'est pas propice à l'agriculture. L'eau et tous les produits alimentaires sont importés. Le prix moyen de toutes de ces marchandises est donc élevé. Par ailleurs, les familles des travailleurs d'« Ozenmunaygaz » sont également nombreuses (jusqu'à 6-8 personnes à charge).

Nous notons que la société "Ozenmunaygaz" est une filiale de la compagnie nationale "KazMunayGas", inclus dans la holding d'Etat "Samruk Kazina". Les salaires de ses employés sont plus élevé que celui des fonctionnaires ou employés du secteur public, mais inférieur au salaire perçu dans les entreprises étrangères. Comme dans une entité commerciale indépendante analogue à « Gaz de France » et « Areva », les litiges économiques ont été résolus entre employeurs et salariés, sans participation de l'État. Dans ces circonstances, "KazMunayGas" et "Ozenmunaygaz" ont décidé de ne pas se conformer aux revendications des grévistes. Ensuite, passé un délai déterminé, en l'absence de reprise du travail, elles ont commencé à licencier les travailleurs en grève. Pendant tout ce temps les syndicats ont refusé les propositions des différents partis d'opposition et des organisations, de mettre en avant des revendications politiques. A leur tour, les autorités kazakhes ont laissé aux parties, le soin de trouver un consensus, faute de quoi une autre décision sera prise par le tribunal.

A l'approche de la fête nationale du 20e anniversaire de l'Indépendance, Mukhtar Ablyazov et Rahat Aliyev ont soutenu les grévistes sur Internet. La connexion entre les événements de Zhanaozen et l'oligarque fugitif on pu être vue sur place, où les journalistes affiliés au canal d'Ablyazov K + étaient présents mais qui par la suite ont disparu aux quatre coins du monde.

Au Kazakhstan on dit également que Rahat Aliyev, ancien officier des services secrets kazakhs accusé d'avoir préparé un coup d'Etat militaire, pourrait être lié aux organisations ayant provoquées les affrontements. Certaines équipes de combat ont été identifiées, mais d'autres auraient échappées aux autorités. De tels groupes armés sont spécialement formés pour provoquer des affrontements avec la police, qui ont finalement affectés d'innocents travailleurs du secteur pétrolier. Ils ont poussé les gens à la mort.

Je ne sais pas quel est le rôle réel de Mukhtar Ablyazov et Rahat Aliyev, dans une tentative de "faire sauter" le Kazakhstan. Je ne connais pas l'étendue de leur implication dans cette situation.
Je ne sais pas si quelqu'un a anticipé que Zhanaozen pouvait être prise d'assaut, pillée et transformée en une base rebelle pour la propagation des troubles insurrectionnels dans d'autres localités de ce pays d'Asie centrale, auparavant pacifique.

Je ne sais pas s'il y a un lien entre les attentats terroristes, les bouleversements sociaux et les cataclysmes et le début de l'intégration entre le Kazakhstan, la Russie et la Biélorussie dans le cadre de l'Union eurasienne, comme le prétendent des politologues et certains journalistes kazakhs et russes.

Je ne sais pas comment se croisent les réalités géopolitiques avec les intérêts subjectifs des adversaires des autorités kazakhes.

Mais je sais que construire et faire la paix est plus difficile que de détruire et de faire du mal. Aussi, je sais que je n'accepterai pas chez moi celui qui tente de mettre le feu à sa propre maison. Mes condoléances à ceux qui ont perdu des êtres chers.

Par Tarik Yussuf


dimanche 1 janvier 2012

Russie/Belarus/Kazakhstan: lancement de l'espace économique commun

Le premier janvier 2012, c'est le lancement officiel de l'espace économique commun de la Russie, de la Biélorussie et du Kazakhstan appelé à assurer la libre circulation des marchandises, des capitaux et de la main-d'oeuvre et à harmoniser les règles relatives à l'octroi des subsides industrielles et agricoles, informe ITAR-TASS.

Les présidents russe, biélorusse et kazakh ont signé des accords correspondants le 19 décembre dernier. Le Premier ministre russe Vladimir Poutine proposait précédemment de créer sur la base de l'espace économique commun une Union eurasienne, partenaire à part entière de l'Union européenne.

Par ailleurs, la Commission économique eurasienne, premier organe supranational du Conseil eurasien supérieur, commence à fonctionner au début de l'année sous la présidence du ministre russe de l'Industrie et du Commerce Victor Khristenko.

Les présidents des pays membres de l'Union douanière ont signé un accord instituant la Commission économique eurasienne le 18 novembre dernier. La Commission sera chargée de coordonner les processus intégrationnistes dans le format de l'Union douanière et de l'espace économique commun. Le Conseil économique eurasien supérieur au niveau des chefs d'Etat et de gouvernement sera l'organe supérieur de la Commission. Celle-ci s'alignera sur ses décisions et peut être habilitée à signer des accords internationaux et à créer ses représentations dans des pays tiers et auprès des organisations internationales.

Sur http://french.ruvr.ru le 1er janvier 2012

Nazarbaev: améliorer le bien-être de la population

De nouvelles opportunités et de nouveaux succès attendent les Kazakhs en 2012, a déclaré le président du Kazakhstan Noursoultan Nazarbaev dans son message de Nouvel An, informe ITAR-TASS.

"Notre objectif clé sera d'améliorer le bien-être de tous les Kazakh", a-t-il dit avant de se déclarer persuadé que le Kazakhstan sera " plus fort en 2012 grâce à l'unité et au travail plein d'abnégation de son peuple, et à l'accroissement de ses revenus et de sa prospérité".

Le Kazakhstan est devenu depuis 20 ans d'indépendance un Etat moderne, fort et respecté du monde entier, a-t-il dit. "Nous figurons parmi les trois économies les plus dynamiques au monde. Le niveau de vie de la population a progressé, les retraités et les salaires budgétaires ont augmenté de 30%, a-t-il précisé.

Le Kazakhstan, la Biélorussie et la Russie ont adopté en 2011 une "déclaration historique sur l'intégration économique eurasienne", a-t-il souligné.

Le président kazakh a également remercié ses compatriotes pour leur "soutien à sa politique, pour leur sagesse, leur application et leur unité".

"Ces qualités essentielles de notre peuple se manifestent avec éclat durant les périodes historiques les plus difficiles. Ce fut notamment le cas des dernières journées de l'année qui vient de s'achever. Nous avons prouvé que les Kazakhs sont un peuple uni qui préserve le calme dans le pays et respecte les traditions de la paix, de l'entente, du travail créateur et de l'amitié, a-t-il souligné. Nul ne nous fera jamais dévider de cette voie".

Publié le 1er janvier 2012 sur http://french.ruvr.ru

samedi 31 décembre 2011

Au Kazakhstan, les promesses douteuses de l'un des derniers champs géants


L'île artificielle "D" du champ de Kachagan, dans les eaux kazakhs de la mer Caspienne.

Total est partenaire de l'exploitation de l'un des ultimes champs de pétrole géants de la planète... dont le développement s'annonce tellement difficile que le projet pourrait ne jamais être ni rentable, ni (donc) viable !

Le champ kazakh de Kachagan, dans la mer Caspienne, est présenté comme le projet pétrolier le plus prometteur de ces trois ou quatre dernières décennies. Ses réserves, estimées entre 9 à 16 milliards de barils, représentent 3 à 6 mois de consommation mondiale environ.

Une enquête de l'agence Bloomberg montre à quel point les promesses de Kachagan apparaissent aujourd'hui décevantes. Après 11 ans et 39 milliards de dollars d'investissements (dont 8 années de retard, et un dépassement du budget initial estimé 15 milliards) Total, Exxon, Shell et l'italien ENI, principaux partenaires du gouvernement du Kazakhstan, ont de quoi se faire du tracas.

Un analyste réputé, Julian Lee, du Center for global energy studies de Londres, indique à Bloomberg :

« Le plus gros soucis, c'est de savoir si le projet est capable de devenir un jour rentable, compte tenu de l'énorme augmentation de son coût et du retard pris par son lancement. » Il pourrait s'avérer « impossible pour les investisseurs d'obtenir un quelconque retour sur investissement sur la seconde phase du projet, avant que leur contrat sur le champ n'expire », en... 2041.

Sans cette seconde phase, pour l'instant théorique, du développement de Kachagan, le million de barils par jour de production qui en est attendu fera cruellement défaut pour compenser le déclin rapide des zones d'extraction existantes. Les premiers barils, fournis par la première phase de développement toujours en cours, ne sortiront pas avant 2014. Kachagan est l'un des rares points du globe où une augmentation importante de la production de brut peut se produire dans les prochaines années, avec la relance de la production de l'Irak et le développement des sables bitumineux au Canada.

Le coût de la seconde phase de Kachagan, ardemment réclamée par le gouvernement autocratique du Kazakhstan, promettent d'être astronomiques. Les investissements, encore hypothétiques, se chiffrent en centaines de milliards. Des déclarations récentes des patrons de Total et de Shell laissent entendre que ces groupes ne sont pas pressés de délier leurs bourses. Peut-être parce que financièrement, le jeu n'en vaut tout compte fait la chandelle ?

Les réserves mondiales de brut sont comme un vaste arbre fruitier. On commence par cueillir les fruits bien mûrs et à portée de main, avant de finir par se résoudre à monter chercher les fruits pourris tout en haut de l'arbre. On en est là, alors que depuis un quart de siècle, l'humanité consomme chaque année plus de pétrole qu'elle n'en découvre.

Découvertes et production pétrolière [Exxon, ASPO]

Difficile de trouver des conditions d'exploitation plus extrêmes qu'à Kachagan. Les hydrocarbures y sont piégés à 4200 mètres sous le plancher de la mer, à très haute pression. A la surface, les températures varient de - 35 °C en hiver à 40 °C l'été, mettant les matériaux à très rude épreuve. A la place des classiques plateformes offshore, six îles artificielles, situées à quelque 70 kilomètres de la côte, ont dû être construites pour exploiter le champ.

Ces « îles » sont truffées de capteurs afin de repérer les fuites de gaz inflammables, des gaz qui à Kachagan contiennent une proportion particulièrement élevée de sulfure d'hydrogène. Ce gaz, toxique à haute dose, a une odeur caractéristique d'oeuf pourri bien connue sur certaines plages du nord de la Bretagne. Il résulte de la décomposition de matière organique. Dans la plus grande des îles artificielles, sur laquelle vivent 5500 employés, des exercices d'urgence sont conduits chaque semaine, rapporte Bloomberg.

La structure des îles est capable de les protéger des glaces hivernales. Elle est censée isoler les puits afin d'éviter de polluer les eaux de la Caspienne, qui abritent notamment des phoques et les précieux esturgeons.

Si le pétrole tue aujourd'hui au Kazakhstan, ce n'est toutefois pas à cause de fuites d'hydrocarbures. Entre 14 et 70 personnes ont trouvé la mort en décembre au cours de manifestations d'ouvriers de la cité pétrolière d'Aktau, au bord de la Caspienne. Des manifestations réprimées dans un silence médiatique presque total par le potentat kazakh ami des puissances occidentales, Nursultan Nazarbayev.

Un « facteur d'instabilité » (comme on dit dans les chancelleries) qui a peu de chances d'accélérer développement du pétrole de la Caspienne, indispensable à l'avenir de l'industrie de l'or noir.


Publié sur http://petrole.blog.lemonde.fr le 31 décembre 2011

Témoignage vidéo : http://youtu.be/QtUKqkDE-8k

Alimenter le feu ...

A la veille de la fête musulmane de l'Aïd au Kazakhstan, où la plupart des gens se déclarent ou se considèrent de cette religion, une guerre de l'information s’est développée, qui a commencé avec la propagation de rumeurs d’ordres médiévales.
Des histoires horribles se propagent à la vitesse de la lumière, précisant comment les islamistes volent les gens afin d'organiser un massacre. Le téléphone arabe a fonctionné parfaitement, en complétant les rumeurs de nouveaux détails horrifiants en vue de conduire l’homme de la rue dans un état de stupeur. Alors, qui est derrière cette tentative d’attiser l'hystérie de masse? Et le plus important, l’association des termes « explosifs » au djihadisme, observés ces dernières années dans le pays, provoquent des affrontements avec les forces de police locales.

Certains pensent que l'extrémisme au Kazakhstan est gonflé artificiellement par certaines forces, qui luttent depuis longtemps contre le gouvernement kazakh. A cet égard, les premières places reviennent aux oligarques fugitifs Ablyazov Mukhtar vivant à Londres et à l’ancien gendre du président kazakh Aliyev Rahat. En considération de leurs positions élevées et de leurs situations financières actuelles et dans le passé, leurs «critiques intransigeantes du régime" viennent du fait qu'ils faisaient eux-mêmes partie du gouvernement. On a coutume de dire que dans l'Empire ottoman servaient de nombreux renégats Européens qui avaient trahi leur pays et Dieu.

Après avoir constaté l'originalité de ces personnes (le premier est accusé de plusieurs milliards de dollars d'escroqueries financières, tandis que le second est accusé d’enlèvement), je note que parmi l'arsenal des adversaires des autorités kazakhes, les outils des médias de masse, les mouvements politiques, les connexions criminelles (d’ailleurs Ablyazov a purgé une peine), la création d'une structure souterraine qui se fait passer avec succès comme Wahhabite et a le soutien des services spéciaux étrangers.

Le Kazakhstan possède de vastes ressources naturelles, pour lesquelles il a même été appelé le "nouvel eldorado de la France". Beaucoup en Occident et en Orient, préfèreraient avoir cette richesse pour eux seuls, sans avoir à rivaliser avec les autres. Étant donné que la Chine s’active à prêter de l’argent au Kazakhstan en vue d'obtenir des contrats lucratifs, et que Moscou intègre activement Astana dans la création d'une Union eurasienne à marche forcée, le risque demeure que les joueurs les moins actifs puissent être écartés de ce «nouvel eldorado».

Certains considèrent que le «printemps arabe» est une tentative cynique de gagner des dividendes sur les hautes aspirations du peuple, qui a soif de liberté et de prospérité. Tout ce que la population a gagné est un chaos permanent, des guerres et des coutumes islamiques. Il y avait des Etats laïcs en Tunisie et en Egypte. Ils ne le sont plus et ces pays sont secoués par des troubles dans lesquels des gens meurent. De même pour la Libye, qui était étroitement liée avec tout le monde, en Europe et de l'autre côté de l'Atlantique. Mais à présent il y a une guerre sans fin pour le pouvoir.

Tout était différent au Kazakhstan, dont le pouvoir est fort, la société laïque et l’économie en forte croissance. Soudainement, dans ce pays exempt d’islamistes, où auparavant aucun terroriste n’a jamais été vu, les autorités ont été la cible d’un certain nombre d'attaques terroristes dans l'année. Au printemps de cette année, deux policiers ont été tués par une explosion dans la ville d'Atyrau. Cet automne à Taraz, un adepte des idées du djihadisme est en fuite après avoir volé des armes dans un magasin et tué plusieurs policiers.

A la veille de la fête musulmane du pays, des rumeurs ont commencé à se répandre selon lesquelles ce seront des dizaines d'enfants qui seront prochainement données en sacrifice. Le gouvernement a indiqué que dans la région du Kazakhstan du Sud, trois personnes distribuant des tracts prévenant de l’imminence d’une série d'attaques terroristes, ont été arrêté. Parmi eux se trouve un délinquant récidiviste.

Les tracts disent que des wahhabites ont pénétré le territoire de la région, lesquels en désaccord avec la loi sur la religion ont décidé de sacrifier les petits enfants en signe de protestation. Pour ce qui est de l’influence sur la population, c’est un sans faute. Les parents craignant pour leurs enfants, ne les laissaient plus aller à l'école. L’esprit de terreur et de peur planait sur ce pays laïc d'Asie centrale, et les autorités perdaient de plus en plus la confiance de la population.

En parlant de qui est derrière tout cela, nous notons que, lors de la discussion sur une nouvelle loi sur la religion au Kazakhstan, Mukhtar Ablyazov commentant la politique du gouvernement, a prédit une révolution islamique dans le pays. L'essence de la lettre de l’oligarque déshonoré est que cette organisation islamiste radicale qui est de plus en plus présente au Kazakhstan, peut gagner des millions de personnes.

Plus tard, émergeant de nulle part, "les soldats du Califat" commencèrent à menacer le gouvernement kazakh, exigeant l'abrogation de la loi. Faute de quoi, ils promettaient de déployer la terreur contre le gouvernement, ce qui a été fait plus tard lors des attaques terroristes contre la police.

Parallèlement à la propagation des rumeurs sur d'éventuelles attaques terroristes, un travail a été réalisé avec les partis et organisations sociales pour renforcer leurs effets. Il est dès lors intéressant de constater que l’organisation non enregistrée "Alga", financée par Ablyazov et Aliyev, a critiqué la législation dans le domaine de la religion. Les membres de ce parti, ont attiré des jeunes et les ont engagés dans la distribution de tracts demandant l'abrogation de cette nouvelle loi. Le mouvement «Résistance Socialiste" est une organisation similaire, proche de Mukhtar Ablyazov.

À son tour, le gouvernement a critiqué les partisans de Mukhtar Ablyazov qui se livraient à des actes de provocation, alimentant des conflits sociaux et ethniques. Il considère que ces organisations sont impliquées dans la formation d'une idéologie hostile à l’Etat, semblable à celui martelé dans la tête des adeptes de leurs organisations religieuses extrémistes de type «Al-Qaïda».

Peut-être n’était-ce qu’un hasard, mais "les soldats du califat" ont revendiqué les attentats dans la République du Kazakhstan. Leurs opinions politiques s'avèrent très semblables avec celles d'autres opposants des autorités kazakhes.

Par souci d'équité, nous notons que les autorités soupçonnent un oligarque de faire partie d’un groupe terroriste, lequel oligarque accuse les autorités de pratiquer elles-mêmes des actes terroristes. Selon Mukhtar Ablyazov, le régime entend intimider les gens et les terroriser. Une version analogue vient de Rahat Aliyev, un autre adversaire de Nursultan Nazarbayev. Le jour avant les événements tragiques de Taraz, il a accusé les autorités kazakhes de préparer et de mener des actes de terrorisme.

A suivre...

Par Tarik Yussuf


jeudi 29 décembre 2011

Un "chef terroriste" tué au Kazakhstan

Le parquet du Kazakhstan a annoncé qu'une unité d'élite des services spéciaux avait tué jeudi le "chef d'un groupe terroriste" après que ce dernier a ouvert le feu sur les forces de l'ordre. "Le 29 décembre, les forces de l'ordre et l'unité spéciale Aristan du KNB (ex-KGB, ndlr) ont mené une opération pour arrêter Erik Aïazbaïev, né en 1971 et un des chefs du groupe terroriste Agjan Khassen", explique le bureau du procureur dans un communiqué.

"Aïazbaïev a refusé de se rendre et a ouvert le feu avec un pistolet Makarov. Il a été éliminé par des tirs de riposte", poursuit la même source. Cette opération a eu lieu dans la ville de Kyzylorda, dans les steppes du centre du Kazakhstan.

Sur www.europe1.fr le 29 décembre 2011