Vous êtes à la recherche de personnels pour des postes au Kazakhstan?

Eurokaz peut vous aider en publiant votre annonce sur le site de son portail
Eurokaz News, section "
Offre d'emploi"

jeudi 10 février 2011

La fièvre acheteuse de la Chine

De l'Équateur à l'Irak, les géants chinois de l'énergie ont profité de la crise financière pour sauter sur des aubaines en termes de pétrole, de gaz et de métaux, faisant pivoter davantage vers l'Est le contrôle des ressources mondiales.

« Peu d'entreprises ont été aussi déterminées ou aussi tenaces que les firmes chinoises dans la course aux bonnes affaires qui a suivi la récession mondiale. »

Projetez-vous dans un conte, dont les personnages principaux seraient deux pays. En matière d'accès aux ressources qui permettent d'alimenter leur industrie, la Chine est devenue l'acheteuse compulsive n°1 de la planète, tandis que les États-Unis restent sagement à la maison. Durement frappés par la récession mondiale, les États-Unis ont vu se réduire drastiquement leur consommation de pétrole et d'autres matières premières stratégiques pour l'industrie. Pas la Chine. Victimes de l'effet paralysant de la crise économique, que les pronostics annoncent longue et persistante, les États-Unis ne peuvent espérer, aux dires des experts, qu'une reprise lente et progressive de la consommation de ressources. Pas la Chine.

Bien au contraire, les Chinois, eux, connaissent déjà une forte augmentation de leur consommation de pétrole et d'autres matières premières. Bien mieux, les gigantesques usines et centrales énergétiques chinoises – entreprises publiques pour la plupart – anticipant une consommation vorace de ressources avec la reprise de la croissance, se sont offert une véritable orgie de dépenses afin de s'assurer des réserves de ressources adéquates et abondantes. Ainsi, elles se sont empiffrées de gisements de pétrole, de réserves de gaz naturel, de mines, d'oléoducs, de raffineries et d'actifs divers et variés en termes de ressources, s'engouffrant toutes voiles dehors dans une fièvre acheteuse frénétique à l'échelle globale presque sans précédent.

Comme la plupart des autres pays, la Chine a subi les conséquences néfastes de la grande récession de 2008. Ses exportations ont chuté et la croissance économique a ralenti par rapport au niveau record qu'elle avait atteint. Néanmoins, grâce à un plan de relance budgétaire bien ficelé de 4 billions de yuan (586 milliards de dollars), les effets les plus néfastes de la crise n'ont été que de courte durée et la croissance a rapidement retrouvé un rythme explosif. Depuis début 2009, le taux de motorisation et la construction de logement ont connu un bond de géant en Chine – nourrissant la crainte d'une bulle immobilière – signes du retour à la prospérité. À son tour, ce phénomène alimente la demande de pétrole, de cuivre, d'acier et d'autres matières premières.

Prenez le pétrole. Aux États-Unis, la consommation de pétrole a diminué de 9% au cours de ces deux dernières années, passant de 20,7 millions de barils par jour en 2007 à 18,8 millions en 2009. A l'inverse, sur la même période, la consommation de pétrole de la Chine a augmenté de 7,6 à 8,5 millions de barils par jour.

Tout comme les États-Unis, la Chine puise une partie de son pétrole sur son propre territoire, mais elle doit de plus en plus compléter ses ressources propres par des importations. En 2007, le pays a produit 3,9 millions de barils par jour et en a importé 3,7, mais cette proportion évolue rapidement. En 2020, la Chine ne produira plus que 3,3 millions de barils et devra probablement en importer 9,1 millions. Cette situation, criante de vulnérabilité stratégique, donne du fil à retordre aux décideurs chinois. Dans ce contexte, tout comme l'avaient fait les représentants américains il y a plusieurs décennies déjà, la Chine place ses pions de manière à acquérir le contrôle de sources d'énergie à l'étranger – de même que nombre d'autres matières premières vitales, comme le gaz naturel, le fer, le cuivre et l'uranium.

Les industries énergétiques chinoises ont commencé à acheter des firmes étrangères et des entreprises de forage (ou du moins, des parts dans ces entreprises) dès le début du XXIe siècle. Trois grandes compagnies pétrolières étatiques – la Compagnie pétrolière nationale de Chine (China National Petroleum Corporation, CNPC), la Compagnie nationale du pétrole offshore Nationale de Chine (China National Offshore Oil Corporation, CNOOC) et la Compagnie pétrolière et chimique de Chine (Sinopec) – ont montré l'exemple. Ces entreprises, ou leurs filiales semi-privatisées, commencèrent à engloutir des actifs énergétiques étrangers en Angola, en Iran, au Kazakhstan, au Nigeria, au Soudan et au Venezuela. Dans l'ensemble, ces acquisitions n'étaient encore qu'une broutille comparées à celles des géants occidentaux tels que ExxonMobil, Chevron, Shell et BP. Or, elles signalaient toutefois l'avènement d'une grande nouveauté : l'affirmation de la présence chinoise dans un univers jusqu'alors dominé par les géants occidentaux.

Puis vint le temps de la grande récession. Depuis 2008, la plupart des entreprises rechigne à investir massivement dans des compagnies pétrolières étrangères, craignant le ralentissement prolongé des ventes mondiales. Les entreprises chinoises, quant à elles, n'ont pas même infléchi le rythme de leurs achats. Elles sont encouragées en ce sens par les membres haut placés du gouvernement chinois, qui voient en cette conjoncture une parfaite occasion d'acquérir au rabais des ressources cruciales en prévision d'une future pénurie énergétique.

« La crise financière internationale (...) est un défi autant qu'une opportunité », martelait Zhang Guobao, directeur de l'Administration nationale de l'énergie, au début de l'année 2009. « Le ralentissement conjoncturel (...) a réduit le prix des ressources et des actifs énergétiques internationaux, et facilitera notre quête de ressources extérieures. »

Le gouvernement chinois a donc travaillé bec et ongles pour faciliter une accélération de la ruée pour le contrôle des ressources énergétique étrangères. Entre autres, il a accordé des prêts de long terme à faible taux d'intérêt à d'importantes compagnies chinoises afin de les soutenir dans la chasse aux biens étrangers, ainsi qu'aux gouvernements étrangers disposés à laisser les compagnies chinoises participer à l'exploitation de leurs ressources naturelles. En 2009, par exemple, la Banque Chinoise de Développement (China Development Bank, CDB) a accepté de prêter plus de 30 millions de dollars à la CNPC, sur une durée de cinq ans, en soutien à l'acquisition d'actifs à l'étranger.

Encouragées dans cette voie et soutenues par d'inépuisables fonds de trésorerie, la CNPC et autres grandes entreprises chinoises se sont offert une orgie internationale, s'appropriant des actifs dans tous les types de ressources imaginables et dans des proportions prodigieuses, en Asie centrale, en Afrique, au Moyen-Orient et en Amérique latine. Une liste non-exhaustive de quelques-unes des opérations récentes les plus importantes inclut :

- En Avril 2009, la CNPC a formé une joint-venture avec la compagnie nationale pétrolière du Kazakhstan, la Kazmunaigas, État d'Asie centrale riche en énergie, pour racheter une entreprise énergétique kazakh, JSC Mangistaumunaigas (MMG) pour 3,3 milliards de dollars américains (soit 22,5 milliards de yuan). Cette opération n'est que le dernier maillon d'une série d'accords donnant à la Chine le contrôle sur environ un quart de la production pétrolière du Kazakhstan, en plein essor.

- En octobre 2009, un consortium mené par la CNPC et le poids-lourd pétrolier BP a remporté le contrat pour développer le champ pétrolifère de Roumaïla en Irak, potentiellement l'un des plus grands réservoirs de pétrole de la planète dans un pays classé au 3e rang mondial des réserves pétrolières. Si ce consortium réussit, la Chine aura accès à l'un des champs pétroliers actuellement les plus prometteurs, qui lui fournira une première base en vue d'une participation accrue dans l'industrie pétrolière irakienne, actuellement en sous-exploitation.

- En novembre 2009, Sinopec s'est alliée à l'entreprise étatique équatorienne Petroécuador pour développer deux champs pétroliers dans la province de Pastaza, à l'Est du pays. Sinopec est ainsi devenue un producteur incontournable en Équateur depuis 2005, date à laquelle elle s'était alliée à la CNPC pour acquérir les actifs énergétiques équatoriens de la compagnie canadienne EnCana Corp. pour 1,4 milliards de dollars US (soit 9,6 milliards de yuan).

- En mars 2010, la CNOOC International annonça son intention de racheter 50% de Bridas Corporation, entreprise énergétique argentine menant des activités pétrolières et gazières en Argentine, en Bolivie et au Chili.

- En mars, PetroChina s'allia à Shell pour acquérir Arrow Energy, l'un des principaux fournisseurs australiens de gaz naturel dérivé du méthane des gisements houillers. Les deux sociétés déboursèrent environ 1,6 milliards de dollars US chacune (soit 10,9 milliards de yuan).

Et encore, ce n'est que pour le secteur énergétique. Les industries minières et métallurgiques chinoises parcourent le monde à la recherche de réserves prometteuse de fer, de cuivre, de bauxite et d'autres minéraux industriels clés. En mars, par exemple, la Compagnie d'Aluminium de Chine (Aluminium Corporation of China), Chinalco, a acquis une participation de 44,65% dans le projet de minerai de fer de Simandou, en Guinée. Chinalco déboursera au profit du géant minier anglo-australien Rio Tinto 1,35 milliards de dollars (soit 9,2 milliards de yuan) pour acquérir ces parts.

Les entreprises chinoises telles que la CNPC, Sinopec et Chinalco ne sont pas les seules à rechercher le contrôle de précieuses ressources à l'étranger. De grandes entreprises occidentales, de même que des compagnies étatiques russes, indiennes, brésiliennes ou autres, se disputent le même terrain. Peu d'entre elles, néanmoins, se sont montrées aussi déterminées ou aussi tenaces que les compagnies chinoises dans leur propension à tirer profit des bas prix consécutifs à la récession mondiale, et peu de pays ont eu autant de moyens à mettre à disposition de leurs entreprises que la Banque chinoise de développement et autres institutions bancaires chinoises, qui leur ont offert un soutien financier extraordinaire.

Lorsque les États-Unis et les autres nations occidentales se remettront enfin de la grande récession, ils découvriront que l'échiquier des ressources mondiales aura évolué en faveur de la Chine. Les producteurs d'énergie et de minéraux qui, autrefois, dirigeaient leur production – de même que leur allégeance politique – vers les États-Unis, le Japon et l'Europe de l'ouest, considèrent aujourd'hui la Chine comme leur meilleur client et patron. Signe tangible de ce revirement de situation, l'Arabie saoudite a récemment annoncé qu'elle avait vendu l'an dernier plus de pétrole à la Chine qu'aux États-Unis, alors que ceux-ci étaient auparavant leur meilleur client.

Pour l'instant, les dirigeants chinois évitent à tout prix que leurs récentes acquisitions de ressources étrangères n'entraînent des engagements politiques ou militaires qui pourraient générer des tensions avec les États-Unis ou les autres puissances occidentales. Ils martèlent qu'il ne s'agit que de transactions purement commerciales. Néanmoins, impossible de nier l'évidence : les liens accrus de la Chine avec des pays tels que l'Angola, l'Australie, le Brésil, l'Iran et l'Arabie Saoudite, ont des implications politiques qui risquent de ne pas passer inaperçues à Washington, Londres, Paris et Tokyo. Peut-être plus que toute autre évolution récente, la fièvre acheteuse chinoise révèle la façon dont l'équilibre mondial des pouvoirs glisse de l'Ouest vers l'Est.

 

Par Michael Klare, traduit par Amélie Boissonnet et publié sur www.rinoceros.org le 8 février 2011.

Michael Klare est professeur d'études de paix et de sécurité globale au Hampshire College à Amherst, Massachussets, et a publié récemment 'Rising Powers, Shrinking Planet'. La version originale de cet article a été publiée en anglais par Chinadialogue. Il a été traduit par Amélie Boissonnet, traductrice bénévole pour rinoceros.

L’OCDE appelle les pays d’Asie centrale à la diversification économique

Les pays d'Asie centrale doivent, afin d'améliorer leur compétitivité, diversifier leurs économies en mettant en place des réformes structurelles pour attirer d'avantage d'investisseurs internationaux, préconise l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dans un rapport présenté le 27 janvier lors du Forum de Davos.

Cette étude portant sur sept pays (Kazakhstan, Kirghizistan, Turkménistan, Tadjikistan, Ouzbékistan, Afghanistan et Mongolie) repose sur un constat simple : ces pays sont trop dépendants de leurs ressources naturelles. Un constant particulièrement pertinent pour le Kazakhstan, qui détient des réserves de pétroles estimées à 65 ans, et le Turkménistan, quatrième réserve mondiale de gaz naturel. Trop orientées sur les ressources naturelles, la santé économique de ces pays dépend de la fluctuation des cours mondiaux.

En outre, constate l'OCDE, la région doit faire face à deux obstacles de poids : une main d'œuvre, certes jeune et abondante, mais dont les qualifications ne correspondent pas aux besoins réels des marchés de l'emploi, ainsi qu'un corpus de PME ayant très difficilement, voire pas du tout, accès aux financements nécessaires à leur développement.

Dans ce contexte, l'OCDE préconise l'adoption de réformes structurelles visant à adapter les formations aux besoins de l'économie, à offrir de plus grandes possibilités de financement aux PME et à attirer des investisseurs dans des secteurs autres que celui de l'énergie. A cet égard, on peut se demander si avec un baril à 100 dollars, les incantations de l'Organisation porteront leurs fruits.

Reste que, comme le rappelle la chancelier autrichien Werner Faymann, cité dans un communiqué de l'OCDE, « une intensification des investissements dépend également des dirigeants d'Asie centrale qui doivent faire des efforts en matière de réformes dans le domaine législatif et de la lutte contre la corruption ».

Sophie Creusillet sur www.lemoci.com le 8 février 2011

 

CDM Piste : Une manche au Kazakhstan en 2016 ?

En visite au Kazakhstan, Pat McQuaid a été étonné par la qualité du nouveau vélodrome situé à Astana. Kazakhstan Today rapporte que le président de l'Union cycliste internationale ne s'attendait pas à voir une telle structure ici. « Une très bonne piste a été construite, le bâtiment est magnifique », a déclaré l'Irlandais. Au cours des différents échanges de la journée, McQuaid aurait évoqué l'idée d'organiser des compétitions internationales sur cette piste, parlant notamment d'une manche de la Coupe du monde 2016.

Par Adrien MATHIEU le 8 février 2011 sur www.velochrono.fr

 

lundi 7 février 2011

Kazakhstan: Mgr Janusz Kaleta, 46 ans, nouvel évêque de Karaganda

Mgr Janusz Kaleta, nouvel évêque de Karaganda
(Photo: Lucia Wicki-Rensch, AED Suisse)
 
Rome, 6 février 2011 (Apic) Le pape Benoît XVI a nommé samedi 5 février Mgr Janusz Kaleta, 46 ans, nouvel évêque de Karaganda, au Kazakhstan. Le prélat d'origine polonaise prend la succession de Mgr Jan Pawel Lenga, 60 ans, qui fut le premier évêque catholique dans cette ancienne république soviétique. Le Vatican n'a pas fourni de plus amples informations sur le départ de Mgr Lenga, qui n'a pas encore atteint la limite d'âge canonique pour un évêque, fixée à 75 ans.

Rome annonce que Mgr Lenga, d'origine ukrainienne et sur le siège de Karaganda depuis 1999, a donné sa démission en conformité avec le canon 401 § 2 du Code de Droit canon qui précise que l'évêque diocésain qui, pour une raison de santé ou pour toute autre cause grave, ne pourrait plus remplir convenablement son office, est instamment prié de présenter la renonciation à cet office.

Sur www.kipa-apic.ch le 6 février 2011

 

vendredi 4 février 2011

OMC/Kazakhstan: adhésion possible en 2011

ASTANA, 4 février - RIA Novosti

Le Kazakhstan compte adhérer à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) en 2011 ou au premier trimestre 2012, a déclaré vendredi aux journalistes la ministre kazakhe du Développement économique et du Commerce Janar Aïtjanova.

"Cette année, nous essayerons de boucler le travail, toutes les conditions sont réunies", a précisé la ministre.

Le gouvernement kazakh a récemment annoncé que l'accession à l'OMC constituait une des priorités du pays pour 2011.

Astana a déposé sa demande d'adhésion à l'OMC le 26 janvier 1996. En juin 2009, Moscou, Minsk et Astana ont annoncé leur volonté de faire candidature commune à l'adhésion, avant de revenir sur cette décision en octobre. Cependant, les chefs d'Etat des trois pays ont convenu de poursuivre les négociations séparées avec l'Organisation tout en concertant leurs positions.

La procédure d'adhésion à l'Organisation mondiale du commerce prend généralement de cinq à sept ans.

 

Kazakhstan: la date de l'élection présidentielle anticipée fixée

ASTANA, 4 février - RIA Novosti

L'élection présidentielle anticipée au Kazakhstan se tiendra le 3 avril 2011, annoncent vendredi les médias officiels de la république.

"L'élection présidentielle anticipée se tiendra le 3 avril 2011", lit-on dans un arrêté, signé vendredi 4 février par le président de la république, Noursoultan Nazarbaïev.

Le 14 janvier, le parlement kazakh a approuvé les amendements à la Constitution permettant de tenir un référendum censé prolonger jusqu'en 2020, sans élections, le mandat du président Nazarbaïev. Le Conseil constitutionnel s'est opposé à la tenue du référendum, suite à quoi le chef de l'Etat a décidé d'organiser une présidentielle anticipée.

 

Tranquille, Nazarbaev prépare sa réélection

En annonçant des élections anticipées, le président Nazarbaev met fin à une partie de ping pong institutionnelle destinée à prolonger son mandat. C'est qu'il est à peu près assuré de remporter le scrutin, estiment la plupart des observateurs.
 
Le 31 janvier, le président du Kazakhstan Noursoultan Nazarbaev a réglé "le problème politique et juridique" concernant son mandat présidentiel qui mobilise le pays depuis fin décembre. Dans un discours à la nation, il a proposé la tenue le 1er mai 2011 d'une élection présidentielle anticipée, deux ans avant la date prévue. "C'est une solution qui réconcilie tout le monde et qui prend en considération à la fois la volonté de notre peuple et notre fidélité aux principes démocratiques", a-t-il déclaré lors de sa déclaration reprise par le journal kazakh Liter.

En décembre, une intitiative populaire proposait de prolonger son mandat jusqu'en 2020 sans élection, mais par la voie référendaire. Nazarbaev, en poste depuis 20 ans, ne voulait pas du referendum. Mais le Parlement s'est opposé à lui, en approuvant le 14 janvier les amendements à la Constitution nécessaires à sa tenue. Le 17 janvier, Nazarbaev a refusé d'approuver les amendements et soumis la question à la Cour constitutionnelle. Le 31 janvier, celle-ci a estimé que la décision du Parlement était inconstitutionnelle. Nazarbaev a annoncé des élections anticipées.

Même si une dizaine de candidats de l'opposition peuvent tenter de se mesure à Nazarbaev, nul ne doute de la victoire de celui qui, depuis 2010, porte le surnom officiel d'Elbassy [leader / tête de la nation]. "Je pense qu'il obtiendra plus de 90 % des voix, car au Kazakhstan, on est en présence d'un soutien total et entier au chef de l'Etat", confie Ermoukhamet Ertysbaev, conseiller politique du président, dans les colonnes du journal moscovite Kommersant. "S'il y avait au Kazakhstan une véritable compétition politique, Nasarbaev ferait face à des concurrents forts, mais la situation est telle que personne ne peut le concurrencer", remarque également l'expert kazakh Dossym Satpaev.

"La réforme constitutionnelle de 2007 autorise le chef de l'Etat à être réélu autant de fois qu'il le souhaite", rappelle le spécialiste russe Iouri Solozobov dans Nezavissimaïa Gazeta. "Si Nazarbaev a décidé de briguer un [quatrième] mandat, c'est qu'il est certain de remporter une victoire brillante." Pourquoi Nazarbaev, qui est considéré comme le fondateur de l'Etat kazakh indépendant (depuis 1991) et comme un dirigeant efficace, est-il indéboulonnable et réellement soutenu par une partie de la population, alors que des opposants ne manque pas ? La principale raison serait la peur du scenario kirghiz, où des affrontements sanglants ont mené à la chute du président Bakiev en avril 2010. Selon Iouri Solozobov, "l'existence de l'Etat kazakh [premier de toute l'histoire de ce peuple de nomades des steppes] est une chose trop précieuse pour la soumettre à des épreuves aux conséquences irréparables". La majorité de la population vit selon le principe qu'il faut "éviter le pire" et aspire avant tout à une stabilité politique, quelles qu'en soient la nature et la source.

Cependant, "notre pays a été créé par et pour un seul homme: Nazarbaev", rappelle Dossym Satpaev. "Le spectacle autour du référendum a montré une fois de plus qu'une seule personne décide de tout. Le vrai problème est de savoir qui lui succédera. Son départ, si le mécanisme de passation du pouvoir n'est pas établi, pourrait provoquer un scenario à la kirghize , à la tunisienne ou à l'égyptienne. Le temps joue contre le septuagénaire Nazarbaev.  Et ça, c'est une vraie bombe à retardement".
 
Sur www.courrierinternational.com le 3 février 2011