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vendredi 24 avril 2009

Washington soutient la présidence kazakhe de l'OSCE

ASTANA, 24 avril - RIA Novosti. Les Etats-Unis envisagent de soutenir Astana, notamment pendant la présidence kazakhe de l'OSCE en 2010, a annoncé jeudi le vice-président américain Joe Biden au cours d'un entretien téléphonique avec le président kazakh Noursoultan Nazarbaïev.

"Au nom du président américain, Joe Biden a remercié le Kazakhstan pour son rôle dans la renaissance de l'Asie. M.Biden a assuré que la nouvelle administration américaine contribuerait aux progrès ultérieurs du Kazakhstan, y compris dans le cadre de sa présidence à l'OSCE", stipule un communiqué du service de presse du président kazakh.

Le vice-président américain a en outre loué le rôle joué par le Kazakhstan dans la non-prolifération nucléaire et a souligné que les Etats-Unis soutiendraient la politique d'Astana dans ce domaine.

Noursoultan Nazarbaïev a pour sa part soutenu les initiatives en matière de désarmement nucléaire annoncées par le président américain Barack Obama le 5 avril à Prague. Selon le président kazakh, le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) dans sa rédaction actuelle ne correspond plus aux défis contemporains et doit être complété et actualisé.

Les espoirs énergétiques mondiaux convergent sur l'Asie centrale

Les analystes constatent une diversification croissante des circuits commerciaux.

Les pays de cette région possèdent de vastes réserves de pétrole et de gaz naturel, ainsi que des gisements d'uranium et des ressources hydroélectriques. Mais ces richesses sont situées dans des environnements parmi les plus extrêmes du monde, qui présentent des défis techniques redoutables, et leur exploitation exige des connaissances spécialisées dont seules disposent quelques sociétés pétrolières internationales, disent les analystes.

Le développement de ces ressources et leur exportation vers les marchés mondiaux renforceront l'indépendance, la souveraineté et la croissance économique des pays de l'Asie centrale, disent des responsables officiels des États-Unis.

Certains analystes, cependant, sans disconvenir de la contribution que la région peut apporter à la diversification énergétique de l'Europe, nous conseillent de nous garder d'attentes peu réalistes.

Le financement de l'investissement étranger direct en Asie centrale s'est tari du fait de la chute marquée des cours des matières premières, énergie comprise, ayant résulté du ralentissement économique mondial. C'est ce que note Johannes Linn, analyste attaché à la Brookings Institution, groupe de recherche socio-économique à but non lucratif, et conseiller auprès de la Banque asiatique de développement.

Un accès élargi à une gamme de marchés plus variée, notamment ceux de l'Europe, de l'Inde, de la Chine et de la Russie, jouera en faveur des républiques de l'Asie centrale sur le plan économique et accroîtra la capacité de la région à négocier de meilleurs prix pour son énergie, a déclaré M. Linn à America.gov.

Les experts du secteur privé comme des instances gouvernementales sont d'accord pour dire que l'Asie centrale est sur le point de réaliser son immense potentiel de production énergétique et que, lorsque les marchés mondiaux auront surmonté leurs difficultés actuelles, les besoins d'énergie et les soucis de sécurité primeront vraisemblablement sur les considérations liées aux coûts financiers et contribueront à surmonter d'occasionnels obstacles politiques.

Ainsi que le ministère de l'énergie l'a signalé dans un rapport de février 2008, le Kazakhstan est déjà parvenu à l'autosuffisance en gaz naturel et il produit la moitié de tout le pétrole de la mer Caspienne.

Avec la formation de Tengizchevroil en 1993, la société Chevron est devenue la première grande compagnie pétrolière occidentale à établir une présence au Kazakhstan. Aujourd'hui, Chevron détient d'importants intérêts dans les deux principaux projets d'extraction de pétrole et de gaz naturel du pays, ceux de Karachaganak et de Tengiz.

Le ministère de l'énergie indique qu'un accroissement de la production pétrolière du Kazakhstan est attendu pour la prochaine décennie et qu'une nouvelle infrastructure d'exportation du pétrole est indispensable pour que la croissance du pays se maintienne.

Le Turkménistan est, parmi les anciennes républiques soviétiques, le second producteur de gaz naturel après la Russie et il possède l'un des plus grands gisements gaziers au monde. Selon une étude d'octobre 2008 de Gaffney Cline and Associates, consultant en énergie pétrolière, le champ du Yolotan-Osman sud, situé dans le sud-est du pays, contient, estime-t-on, 6 billions de mètres cubes de gaz et peut-être même 14 billions de mètres cubes.

Si le Turkménistan parvient à développer ses vastes ressources de gaz naturel, il pourra devenir l'un des principaux participants de l'infrastructure du gaz dite du « circuit du sud », conçue pour offrir une route indépendante d'acheminement du pétrole et du gaz de la mer Caspienne et réduire la sujétion de l'Europe à la Russie pour son approvisionnement en gaz. S'exprimant à Bruxelles (Belgique) en mars, la secrétaire d'État Hillary Clinton a déclaré : « Il s'agit de déployer des efforts conjoints pour créer de nouvelles formes de production énergétique, tout en assurant la sécurité des approvisionnements existants. C'est là, je crois, une question très importante que l'UE doit aborder, celle d'un nouveau réseau, de nouveaux oléoducs et gazoducs et de toutes les installations et dispositions ce que cela comporte. »

Toutefois, selon une analyse effectuée en février 2008 par la U.S. Energy Information Administration (EIA), le Turkménistan souffre encore « d'un manque d'investissement étranger, de problèmes géographiques, d'une infrastructure d'exportation insuffisante et d'une instabilité politique », facteurs qui continuent de s'opposer à ce qu'il devienne un grand exportateur d'énergie.

L'Ouzbékistan, selon l'EIA, connaît des problèmes d'infrastructure semblables et la plupart de sa production sert à répondre à la demande intérieure. Le pays possède, estime-t-on, 594 millions de barils de réserves pétrolières prouvées et plus de 66 milliards de mètres cubes de réserves de gaz prouvées. La plupart des gisements d'hydrocarbures connus de l'Ouzbékistan se trouvent dans la région de Boukhara-Khiva, notamment le champ de Kokdumalak qui représente environ 70 % de la production pétrolière et gazière du pays. L'Ouzbékistan possède également des gisements pétrolifères dans la région nord-est de la vallée du Ferghana, dans le plateau d'Ustyurt et sur le littoral de la mer d'Aral.

Plus à l'est, le Tadjikistan et le Kirghizistan ont des ressources énergétiques moins abondantes mais potentiellement significatives. Bien que le Kirghizistan soit importateur de pétrole et de gaz, il possède d'importantes sources d'hydroélectricité et certains gisements d'uranium. Le Tadjikistan est lui aussi un importateur net d'énergie et il fait face à des réductions de son approvisionnement de la part de l'Ouzbékistan, son principal fournisseur, en raison de dettes impayées pour des livraisons de gaz déjà effectuées. Le pays possède des ressources limitées en pétrole et en uranium, mais un grand potentiel hydroélectrique.

Dans les secteurs du pétrole et du gaz, les experts notent que les compagnies occidentales investissent actuellement au Kazakhstan et en Azerbaïdjan et que la société nationale Petronas de Malaisie s'intéresse à des projets en Ouzbékistan.

M. Linn a également indiqué que l'on envisage actuellement la mise en œuvre de projets de développement de l'hydroélectricité au Tadjikistan et au Kirghizistan avec le concours de la Banque asiatique de développement et de la Banque mondiale.

Par Carlos Aranaga le 24 avril 2009 sur america.gov

jeudi 23 avril 2009

Pétrole cher : accord secret ou théorie du complot ?

Question : pourquoi, alors, que la demande mondiale est faible et que la plupart des économies sont en récession, le cours du baril reste-t-il autour des 50 dollars ? C'est une question d'autant plus pertinente qu'en ce moment aux Etats-Unis, les constructeurs automobiles font tout - et je dis bien tout - pour redonner le goût aux Américains de rouler en voiture. La dernière trouvaille de General Motors et de Ford est ainsi de payer 50 dollars à tout client potentiel qui voudra bien... essayer une voiture !

C'est complètement fou. Et pourtant, malgré ces promotions, malgré le fait que la consommation américaine absorbe d'habitude un baril sur trois extraits dans le monde, rien à faire : la demande de baril ne redécolle pas. Le paradoxe de tout ceci, c'est que le baril, après être passé de 178 dollars l'été dernier à quelque 40 dollars, reste scotché à 50 dollars depuis près de quatre semaines, alors même que les nouvelles ne sont pas franchement meilleures qu'il y a un ou deux mois. Pourquoi ce paradoxe ? Pourquoi le prix du baril est-il à ce point insensible à la chute de la demande ?

A cette question, deux réponses possibles. La première, c'est que l'Arabie saoudite s'est accordée en secret avec l'administration américaine pour stabiliser le cours de l'or noir autour des 50 dollars. L'Arabie saoudite ayant toujours plaidé pour un baril autour de 75 dollars, cette position est plutôt étonnante... sauf si l'on pense ou croit que le royaume saoudien a accepté de consentir un effort en contrepartie de la place qui lui a été donnée au G20. En résumé, le baril à 50 dollars était le prix à payer pour que l'Arabie saoudite soit acceptée dans la cour des grands.

L'autre réponse, suggérée par un économiste iconoclaste français qui vient d'écrire un livre sur le sujet (Un baril contre 100 mensonges), reprend la «théorie du complot». En clair, il pense que les pays producteurs de pétrole, et en particulier l'Arabie saoudite, ont une stratégie bien rodée qui consiste à épuiser les gisements du reste du monde afin de se retrouver un jour en situation de monopole ou quasi-monopole.

Comme cet économiste l'a déclaré à mes confrères du journal La Tribune, l'Opep s'arrange pour que les prix du pétrole demeurent assez haut pour que des pays comme le Kazakhstan et l'Azerbaïdjan continuent de produire... et épuisent leurs gisements jusqu'à la dernière goutte. Or, pour épuiser ces réserves - du moins, toutes les réserves à l'exception de celles de l'Arabie saoudite - il ne faut pas que les prix baissent trop, car, dans ce cas, certains gisements ne seraient plus rentables. Si cette théorie du complot s'avère exacte, Ryad sera le centre du monde d'ici 2050 puisqu'il ne restera plus de pétrole qu'en Arabie saoudite et qu'il sera monnayé au prix fort.

Je vous rassure tout de suite : ceci n'est qu'un scénario, peu probable à mon avis car il engendrerait des tensions géopolitiques intenables. Il montre toutefois bien que l'époque actuelle aime broyer du noir. Même si c'est de l'or noir.

23/04/2009 www.trends.be

Le Kazakhstan renforce la lutte anticorruption

ASTANA, 23 avril - RIA Novosti. Le Kazakhstan durcit la lutte contre la corruption et renforce les exigences envers les fonctionnaires publics, stipule une ordonnance du président kazakh Noursoultan Nazarbaïev rendue publique jeudi.

"Il faut prévoir des mesures pour stimuler le comportement anticorruption des citoyens, comprenant notamment des encouragements pour les gens qui aident à empêcher et à dévoiler les infractions dans le domaine de la corruption", lit-on dans l'ordonnance présidentielle.

De nombreux scandales liés à la corruption secouent la république ces deux derniers mois: quatre fonctionnaires de haut rang ont été arrêtés, dont le ministre de l'Environnement Nourlan Iskakov.

Selon l'ONG anticorruption Transparency International, le Kazakhstan s'est classé 150e sur 180 pays pour le niveau de la corruption en 2007.

L'Union douanière Russie-Biélorussie-Kazakhstan est ouverte à toute la CEEA

MOSCOU, 23 avril - RIA Novosti. L'Union douanière regroupant la Russie, la Biélorussie et le Kazakhstan est ouverte aux autres pays membres de la Communauté économique eurasiatique (CEEA), a déclaré jeudi le premier ministre russe Vladimir Poutine.

"Ces derniers temps, nous avons réalisé de sérieux progrès dans la mise au point de la base juridique de l'union: le paquet d'accords réglementant ses activités comprend actuellement 37 documents. Nous espérons que les autres membres de la CEEA viendront nous rejoindre à l'avenir. Nous sommes parfaitement ouverts et souhaitons un élargissement de la troïka", a assuré M. Poutine lors d'une réunion du bureau du gouvernement russe.

La Russie, la Biélorussie et le Kazakhstan ont signé en 1995 un accord instituant une union douanière. L'union prévoit la création d'un espace commun exempt de droits de douane et de restrictions économiques, à l'exception de mesures spéciales antidumping et de subventions compensatoires. Les pays signataires se sont également engagés à appliquer un tarif douanier unique et d'autres mesures conjointes servant à réguler leur commerce avec les tiers. L'union douanière doit se constituer définitivement fin 2009.

"Le lancement de l'Union douanière stimulera considérablement les flux réciproques de marchandises, les projets d'investissement conjoints et la coproduction, ce qui nous aidera à renforcer nos mesures anticrise, à créer de nouveaux emplois et à ouvrir de nouveaux marchés", a souligné le chef du gouvernement russe.

Asie centrale: un gazoduc évitant la Russie ?

Par Andrei Grozine, chef du département Asie centrale et Kazakhstan de l'Institut des pays de la CEI, pour RIA Novosti (23/ 04/ 2009)

La sonnette d'alarme vient de retentir pour Gazprom: d'importantes ressources pétrolières et gazières du Kazakhstan sont passées sous le contrôle de compagnies publiques chinoises. Pékin accorde un crédit de 10 milliards de dollars à Astana (capitale du Kazakhstan), en échange d'une participation à d'importants projets énergétiques et d'infrastructure dans ce pays. La CNPC chinoise (China National Petroleum Corporation) prévoit d'acheter la moitié de la compagnie Manguistaoumounaïgaz au monopole gazier kazakh Kazmounaïgaz. Poursuivant son expansion pétrolière et gazière, la Chine atteint ainsi directement le littoral de la Caspienne qui, comme on le sait, fait partie de la zone des intérêts nationaux et géostratégiques de la Russie.

La politique d'Astana penche ces derniers temps en faveur d'une extension de la présence de la Chine dans l'économie kazakhe. Un tiers du pétrole produit au Kazakhstan, soit plus de 20 millions de tonnes par an, appartient déjà aux compagnies chinoises. Cela fait visiblement l'affaire des autorités du Kazakhstan, sa coopération avec l'"Empire céleste" lui permettant de diminuer sa dépendance, que ce soit vis-à-vis des compagnies occidentales, en ce qui concerne les conditions d'investissement, ou de l'influence de la Russie sur le transit des combustibles vers les marchés mondiaux.

Cependant, il ne faut pas oublier que la coopération économique de Pékin avec les pays étrangers (y compris le Kazakhstan) vise uniquement à atteindre les objectifs du développement de l'économie chinoise. La somme de 10 milliards de dollars est insignifiante pour la Chine, compte tenu de ses réserves, qui avoisinent les 2.000 milliards de dollars. Le problème qui préoccupe aujourd'hui Pékin est plutôt de savoir où investir avantageusement cet argent. Dans le même temps, avec ces nouveaux accords sino-kazakhs, la Chine accède à des ressources très importantes. Manguistaoumounaïgaz possède 36 gisements, dont 15 sont en exploitation. Selon les estimations des experts, les ressources de pétrole dont dispose cette compagnie kazakhe se montent, au total, à 1,32 milliard de barils, ce qui représente, en prix actuels, environ 65 milliards de dollars. Par conséquent, la CNPC recevra environ 16,3 milliards de dollars.

L'acquisition des actifs de Manguistaoumounaïgaz par la CNPC va renforcer les positions chinoises et affaiblir celles de la Russie et de l'Occident dans le secteur énergétique kazakh. La Chine devient non seulement un acteur majeur sur le marché régional, mais aussi le détenteur d'importantes ressources lui permettant de rectifier en sa faveur la stratégie pétrolière du Kazakhstan.

Il faut que la Russie réfléchisse très sérieusement à ce tournant dans la politique multivectorielle de son allié stratégique.

Les événements de ces dernières semaines témoignent, globalement, d'une nouvelle escalade de la lutte mondiale pour l'héritage énergétique postsoviétique. Par exemple, la polémique qui se poursuit entre le Turkménistan et la Russie au sujet de l'explosion de gaz sur le gazoduc Asie centrale-Centre montre que le rapport des forces géopolitiques dans la lutte pour les ressources énergétiques du bassin de la Caspienne subit des changements qui ne sont certainement pas en faveur de la Russie.

Il est parfaitement évident que cet accident est le résultat du mauvais entretien du gazoduc et de réparations mal faites. De telles explosions se produisent au Turkménistan à peu près une fois par semestre, sans être abondamment commentées. Le gouvernement turkmène est tristement connu pour négliger l'entretien des gazoducs. Il n'est pas exclu qu'il soit le principal responsable de ce qui est arrivé.

Cependant, les dirigeants turkmènes ont politisé à l'extrême ce banal incident technique. Achkhabad (capitale du Turkménistan) n'en démord pas: il s'agit, selon lui, d'un acte de sabotage perpétré par la Russie.

Ces accusations s'expliquent par la lutte invisible qui se mène pour les prix du gaz exporté. Le Turkménistan craint de perdre le niveau de prix sur lequel il s'est entendu avec la Russie en 2008. Le prix payé par Gazprom pour le gaz turkmène se fonde depuis plusieurs mois sur la formule des évaluations adoptées sur le marché européen. Les volumes des livraisons de gaz dépassant considérablement, dans les conditions de la récession globale, ceux de la consommation, Achkhabad doit se préparer à une réduction substantielle de ses exportations. A l'été ou à l'automne 2009, les prix commenceront à baisser sensiblement. Et Gazprom ne sera plus disposé à payer le prix fort pour ce combustible, comme il le faisait auparavant.

Le consortium russe se heurte visiblement à des problèmes de plus en plus difficiles. Il a accumulé de gros excédents de gaz: en 2008, les réserves de la compagnie se sont accrues de 11%. La demande continuant à diminuer, ses excédents de gaz vont augmenter cette année à un rythme rapide.

Pour toute une série de raisons, l'arrêt des livraisons en provenance du Turkménistan est actuellement avantageux pour Gazprom. Cela lui permet de réduire le volume de ses réserves disponibles et d'économiser un peu. Selon les experts, durant le premier trimestre de cette année, le gaz turkmène était vendu à Gazprom, à la frontière avec l'Ouzbékistan, 310 à 315 dollars les 1.000 mètres cubes.

Les dirigeants turkmènes veulent fixer un prix qui accroîtrait au maximum leurs chances de réaliser des bénéfices. Mais Gazprom ne se presse pas, compte tenu des prévisions de baisse prochaine des prix. Ses responsables ont peur de conclure une nouvelle transaction désavantageuse qui conduirait, au final, à des pertes. La position de la compagnie repose sur une certitude: le Turkménistan n'a pas aujourd'hui d'autre choix que la Russie pour ses exportations.

Et pourtant, Le président Gourbangouly Berdymoukhammedov a reçu récemment à Achkhabad une délégation du consortium allemand RWE, qui participe au projet de gazoduc Nabucco. A l'issue de la rencontre, le président de l'Agence nationale de gestion des ressources d'hydrocarbures, Iachgueldy Kakaïev, et le directeur général de la compagnie allemande, Jürgen Grossmann, ont signé un mémorandum de coopération à long terme. Bien qu'un mémorandum ne soit pas un accord ni, a fortiori, un contrat, ces négociations entre Européens et Turkmènes marquent une nouvelle étape pour les dirigeants d'Achkhabad. Gourbangouly Berdymoukhammedov manifeste clairement sa volonté de rechercher d'autres acheteurs pour ses hydrocarbures.

Si le contentieux entre le Turkménistan et la Russie devait se prolonger, Achkhabad pourrait exprimer le désir de s'engager à exporter de grandes quantités de gaz par le gazoduc Transcaspien (TKT), dont l'idée de la construction est soutenue ardemment par les Etats-Unis.

Pour l'instant, le calme avec lequel Moscou observe la réaction émotionnelle turkmène témoigne de sa foi inébranlable dans les atouts russes, atouts que rien n'est censé abattre. Mais il vaudrait bien mieux que cette foi ne soit pas fondée sur des raisonnements abstraits. D'autant que les dirigeants du monopole gazier russe, qui ont mal apprécié les tendances du marché mondial et la dynamique des prix des matières énergétiques, ont déjà "fait une gaffe". Ils tentent maintenant de redresser la situation en faisant passer leurs relations avec Achkhabad, fixées par un contrat, dans la catégorie des circonstances de force majeure.

Ne ressort-il pas de tout cela qu'en mettant l'accent sur l'orientation exclusive de leur société vers l'Europe, les dirigeants de Gazprom ne renforcent pas l'influence de la Russie en Asie centrale, et qu'en se concentrant sur des objectifs tactiques, ils laissent échapper, pour ne pas dire plus, les intérêts stratégiques de la Russie dans cette région d'une importance cruciale?

Les revenus assurés par le contrat conclu avec le consortium russe sont aujourd'hui la seule source importante de rentrées du budget turkmène. Achkhabad a beau se vanter de pouvoir "supporter le blocus gazier russe", ce n'est que du verbiage. Achkhabad n'a personne à qui vendre son gaz. Or, sans les recettes provenant de son exportation, le budget du pays ne sera pratiquement plus alimenté.

Outre la pénurie financière qui peut affecter les dirigeants turkmènes en cas d'arrêt prolongé des achats de gaz par Gazprom, d'autres facteurs jouent également en faveur de la position russe.

Premièrement, le Turkménistan ne dispose pas d'infrastructure pour acheminer le gaz des gisements de l'Est du pays jusqu'au littoral de la Caspienne.

Deuxièmement, l'absence de règlement du problème du statut de la Caspienne est un obstacle à la construction du TKT. La situation est si complexe, autour de cette question, que des conflits armés locaux ont failli éclater. Qui plus est, la flottille militaire russe de la Caspienne surpasse, en puissance, les forces réunies des autres pays du bassin.

Troisièmement, le TKT ne peut avoir de débouché que par le territoire de l'Azerbaïdjan. Or, les rapports entre Bakou et Moscou se sont considérablement réchauffés ces derniers temps: le président russe Dmitri Medvedev s'est entretenu avec son homologue azerbaïdjanais Ilham Aliev des perspectives de vente du gaz du gisement de Shah Deniz-2 à des compagnies russes.

Si Moscou jugeait nécessaire d'employer un large éventail d'instruments en vue d'influer sur le Turkménistan, l'"image politique" de cet Etat pourrait changer brusquement. La question est de savoir si Moscou a besoin de prendre des mesures extrêmes pour défendre les intérêts particuliers d'une structure certes puissante, mais tout de même commerciale. Dont environ un quart des actifs, soit dit en passant, n'appartient pas à la Russie.

De brusques perturbations au Turkménistan risqueraient d'entraîner un glissement vers l'instabilité de l'Asie centrale dans son ensemble. Dans ce cas, le total des avantages éventuels serait bien inférieur à celui des inconvénients. Conscients de cela, les dirigeants russes marquent leur volonté de trouver, exclusivement sur la base d'un compromis, une issue à cette situation embarrassante engendrée par les intérêts divergents d'Achkhabad et de Gazprom.

Le premier ministre Vladimir Poutine a demandé au vice-premier ministre Igor Setchine, en charge du complexe russe combustibles-énergie, et au président du directoire de Gazprom, Alexeï Miller, d'"entretenir des contacts étroits et de concerter toutes les actions avec nos partenaires stratégiques, en premier lieu ceux d'Asie centrale". Les prochaines négociations avec les partenaires turkmènes sont prévues pour les 23 et 24 avril dans le cadre d'une grande conférence sur la sécurité énergétique, qui se tiendra à Achkhabad. Ces négociations, à l'évidence, ne s'annoncent pas faciles.

mercredi 22 avril 2009

Gazoduc de la Caspienne: le Kazakhstan lance le processus de ratification

ASTANA, 22 avril - RIA Novosti. Le Majilis (chambre basse du parlement kazakh) a approuvé la ratification de l'accord entre les gouvernements kazakh, russe et turkmène sur la coopération dans la construction du gazoduc de la Caspienne, rapporte l'agence News-Kazakhstan.

"Nous envisageons de transporter en 2010 deux milliards de mètres cubes de gaz sur cet itinéraire, et pour le moment nous élaborons l'étude de faisabilité du projet. D'ici novembre nous allons terminer la partie kazakhe du projet", a annoncé à la presse le ministre kazakh de l'Energie et des Ressources naturelles Sanat Mymbaïev.

"La partie active de la construction du gazoduc débutera en 2010 avec la réparation des anciennes capacités", a poursuivi le ministre.

La Russie, le Kazakhstan et la Turkménie ont signé le 20 décembre 2007 un accord sur la construction du gazoduc de la Caspienne. Il devra acheminer le gaz des gisements de la mer Caspienne, du Turkménistan et du Kazakhstan vers la Russie.

Selon des experts, le gazoduc devrait atteindre 1.700 kilomètres.