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mercredi 13 janvier 2010

Le nouveau président de l'OSCE annonce demain ses priorités

Le Président en exercice de l’OSCE et Ministre des Affaires Etrangères du Kazakhstan Mr Kanat Saudabayev

Astana, le 13 janvier: Le nouveau président en exercice de l’Organisation pour la Coopération et la Sécurité en Europe (OSCE), le Ministre des Affaires Etrangères du Kazakhstan Mr Kanat Saudabayev, va présenter demain à Vienne, au siège de l’OSCE, les priorités de son pays pour l’année 2010.

Dans son discours, le Ministre devrait d’abord évoquer la nouvelle impulsion que son pays souhaite donner aux efforts de l’OSCE pour stabiliser la situation dans les zones de conflits comme l’Afghanistan. Il mentionnera aussi le développement des infrastructures routières internationales et la volonté de son pays de promouvoir la tolérance et la compréhension mutuelle entre les Etats-membres.

Le discours du président en exercice sera précédé d’une allocution télévisée du Président de la République du Kazakhstan Nursultan Nazarbayev devant le Conseil Permanent de l’OSCE.

Mr Saudabayev assistera ce soir au Palais du Hofsburg à un concert de gala de musique traditionnelle et classique.

Le Kazakhstan succède à la Grèce en tant que président en exercice de l’Organisation. Ce sera en 2011 au tour de la Lituanie de prendre la présidence.

Le discours de Mr Saudabayev et la conférence de presse qui suivra seront intégralement retransmis sur le site www.osce.org. Pour plus de détails sur la présidence de l’OSCE par le Kazakhstan :www.kazakhstanlive.com, www.osce2010.kz ou www.osce.org.
Communiqué de www.kazakhstanlive.com

Nicolas Journoud, auteur de Ex-Patria
Interview réalisée par sbuoro en décembre 2009
Publiée sur www.sceneario.com



Sceneario.com : Bonjour Nicolas Journoud ! Avant tout, pourriez-vous vous présenter en quelques mots et nous rappeler votre parcours artistique ?
Nicolas Journoud : Bonjour. Mon parcours artistique est un peu chaotique, mais en gros il suit mon parcours géographique. C'est-à-dire quelques mois aux Beaux-Arts de Saint-Etienne, premiers dessins de presse à Lyon, et premiers carnets de voyages dans les Alpes. D’autres carnets ensuite au Cambodge, au Japon au Viêtnam et en Bolivie. Premières commandes de BD pour un éditeur au Canada, et depuis 2006 le Kazakhstan, où j’ai bossé comme graphiste, prof de BD et D.A. avant de commencer à dessiner Ex-patria.

Sceneario.com : Depuis 2006, vous vivez à Almaty, au Kazakhstan. Pas étonnant donc que l’artiste voyageur en vous ait fini par mettre en images cette expérience d’expatriation, cette nouvelle vie pleine de surprises à partager ! Alors, dites-nous... Cet ouvrage était-il quelque part « prémédité » avant de vous envoler pour la première fois vers Almaty ? Et, si oui, devait-il forcément, dans les premières idées que vous vous en faisiez, paraître sous la forme d’une bande dessinée, plutôt que sous la forme par exemple d’un carnet d’illustrations ou d’un album de photos ?
Nicolas Journoud : Complètement prémédité, mais j’ai des circonstances atténuantes... Un ou deux ans avant mon départ, à force de dessiner des carnets de voyage et de lire ceux des autres j’ai fini par avoir l’impression de voir se répeter toujours la même histoire avec les mêmes systèmes de narration et les mêmes galeries de personnages. Même si les styles changent d’un auteur à l’autre on retrouve très souvent le même regard, assez complaisant, et conformiste. Du coup je me suis dit qu’il serait peut-être plus intéressant de montrer les gens qui voyagent plutôt que l’inverse. Un des dangers du carnet de voyage est qu’on cherche à vivre des rencontres extraordinaires à voir des paysages magnifiques dans un minimum de temps, donc on a souvent tendance à forcer le trait, ou à sur-jouer. Alors que les voyages qu’on ne cherche pas à raconter ou à vendre sont plus passifs et plus simples, donc forcément plus sincères et touchants. Dès le départ il était clair que le sujet ne serait pas le Kazakhstan, mais plutôt Thida et moi. D’ailleurs on aurait dû partir au Kirghizstan ou en Thaïlande. Le Kazakhstan a été un accident plutôt heureux mais imprévu. Il faut rappeler aussi que je suis arrivé à Almaty un an avant la sortie du film Borat, et qu’à l’époque, les gens se foutaient complètement du Kazakhstan. Pourquoi une bande dessinée et pas un carnet d’illustration ou un album photo ? D’abord parce que j’avais envie de dessiner et d’écrire une histoire, avec des dialogues - en russe on utilise le verbe «écrire » dès qu’il s’agit d’une production artistique, qu’elle soit littéraire, musicale ou picturale, et ça convient assez bien à ce projet . Et puis la bande dessinée est un genre très efficace pour explorer et visualiser ce qui se passe dans la tête des personnages.

Sceneario.com : Avez-vous commencé à réaliser les premières planches dès votre arrivée là-bas ou bien a-t-il fallu prendre un peu de recul pour trouver la formule narrative qui porterait le mieux ce que vous aviez à raconter ?
Nicolas Journoud : J’ai dessiné quatre ou cinq fois le premier chapitre et au moins deux fois les soixante premières pages… Le problème n’était pas vraiment de trouver la formule narrative, j’avais déjà en tête la structure et le style de l’album, mais plutôt de savoir ce qui serait intéressant de raconter. Au fur et à mesure que l’écriture avançait, que les pages et les chapitres s’accumulaient, et que mon voyage au Kazakhstan prenait une tournure imprévue, l’album a pris sa forme définitive. Disons que je savais comment j’allais raconter mon histoire, mais je ne savais pas encore quelle histoire j’allais raconter. Comme j’avais décidé que ce voyage serait le sujet d’un album, j’ai pris des notes et j’ai fait des croquis dès les premiers jours à Almaty. Certaines planches sont restées inchangées, d’autres ont été complètement redessinées et une bonne vingtaine ont disparu.

Sceneario.com : Dans l’absolu, quel est le risque de faire des généralités à propos d’un pays ? Car en proposant sa vision des choses, un auteur ne fait-il pas de facto - pour les gens qui ne connaissent pas le pays en question - un ouvrage de référence ?
Nicolas Journoud : Comme le sujet de l’histoire n’est pas le Kazakhstan, à mon avis l’album évite ce problème. Le pays n’apparaît qu’en arrière plan, et les rares fois où il est en évidence, c’est en qualité de pays étranger, ou une caricature de pays de l’ex-URSS, avec un regard subjectif clairement revendiqué.

Sceneario.com : Ex-Patria surprend, avec un virage entre l’humoristico-culturel et la chronique plus personnelle, voire intimiste. Comment avez-vous su gérer ce changement de cap alors même que les choix que vous avez faits au Kazakhstan pourraient vous valoir de l’incompréhension, ne serait-ce que dans le cercle de vos proches ?
Nicolas Journoud : Je n’ai pas vraiment eu le choix, il a fallu que je gère et il y a une grosse part de chance dans le fait que Ex-patria soit aujourd’hui publié. Juste après le « virage » j’ai travaillé comme professeur de bande dessinée à l’école des Beaux Arts d’Almaty et j’ai rangé les planches de l’album en pensant ne plus jamais y retoucher. Sauf que six mois après l’éditeur que j’avais rencontré en France m’a envoyé une copie du contrat de publication et une date de rendu… Du coup j’ai ressorti les planches déjà dessinées et les crayonnés de la seconde partie de l’album. J’avais devant moi deux histoires complètement différentes, presque incompatibles, mais qui constituaient finalement le meilleur exemple de ce que je voulais raconter depuis le début : les véritables voyages sont ceux qui prennent un tour imprévu et qui nous font changer. Le plus amusant, a posteriori, c’est que j’avais commencé Ex-patria avec pas mal d’assurance, en pensant être capable à présent d’analyser toutes les étapes du voyage, de A à Z et au final, une fois de plus, je n’avais absolument rien contrôlé. Ne serait-ce que pour ça, et même si je n’avais pas forcément envie de revenir sur ces souvenirs, l’album méritait d’être terminé. C’est à ce moment-là que les quelques mois de recul m’ont été utiles : j’ai pu voir tout ce que j’avais oublié de raconter dans les premiers chapitres, tout ce que j’avais passé sous silence ou déformé. J’ai donc repris toutes les planches depuis le début, en sachant cette fois comment finirait ce premier tome. Le fait que je me trouve au Kazakhstan, et non pas en France m’a aussi aidé à finir l’album sereinement. Au moment de l’écriture il s’était créé une vraie barrière sentimentale et morale entre ce que je raconte dans mon album et ce que j’ai vécu. Les souvenirs étaient devenus un matériau que je considérais simplement sous l’angle dramatique et avec sans doute aussi un brin d’égoïsme. Ce n’est que pendant le bouclage cet été – quand je suis revenu en France – que je me suis retrouvé face à ces souvenirs et que j’ai eu du mal à terminer les dernières planches.Pour ce qui est du second tome, je suis aujourd’hui à peu près dans la même situation et je préfère attendre de connaître la fin de l’histoire pour décider si elle vaut ou non la peine d’être racontée.

Sceneario.com : Quel regard porte Thida sur votre travail ? (A quel moment de votre vie kazakhe avez-vous abordé en dessin les passages qui commencent à insister sur les raisons de votre nouveau choix de vie ?) N’y a-t-il pas une certaine lâcheté dans cette démarche d’écriture qui consiste à rendre sympathiques pour le public des lecteurs des événements qui, vus de la fenêtre de Thida, doivent être ressentis de manière complètement différente ?
Nicolas Journoud : Je ne suis pas sûr que les évènements soient vraiment sympathiques. Et le personnage principal non plus, au contraire. Au mieux ils peuvent être attachants ou attirer un peu de compassion. Mais c’est d’abord parce que je pense avoir raconté ce voyage avec honnêteté, et parce que le personnage lui aussi essaye enfin d’être honnête avec lui-même et avec les autres. Peut-être aussi parce que beaucoup de personnes peuvent se retrouver dans cette histoire. Après, évidemment, il s’agit du point de vue d’une seule personne, et Thida ne partage pas exactement la même analyse que moi. Mais dans l’ensemble elle a plutôt bien accueilli l’album.

Sceneario.com : Dessinez-vous désormais exclusivement à Almaty ou bien faites-vous des passages assez réguliers/fréquents/longs en France pour exercer votre art aussi en France ?
Nicolas Journoud : Pendant trois années j’ai surtout dessiné au Kazakhstan, en passant d’un boulot à l’autre, mais depuis l’été dernier je travaille à nouveau en free lance pour les deux pays. J’ai mis du temps à trouver la bonne recette et celle-ci a l’air de pas mal fonctionner : d’un côté la France pour la bande dessinée, la presse et l’édition, et de l’autre le Kazakhstan où j’ai la chance de m’essayer à la pub et à la com’, ce qui serait un peu compliqué pour moi ici.

Sceneario.com : Comment s’est faite votre recherche d’éditeur ?
Nicolas Journoud : Je l’ai plus trouvé que cherché. A l’époque où je commençais Ex-patria, j’ai été contacté par les organisateurs du Festival du livre de la Plagne qui avaient choisi de consacrer leur prochaine édition au voyage et à la BD. Je leur ai annoncé que j’avais un projet d’album sur le Kazakhstan qui pourrait les intéresser et comme ils avaient vu de leur côté que j’avais publié quelques mangas chez un éditeur canadien, ils ont cru que j’arriverai en juillet avec un album sous le bras. Sauf qu’à la place je me suis retrouvé au festival « in » avec des photocopies des premières planches accrochées aux grilles de mon stand, juste en face de la scène où étaient installés Baudoin, Thiriet et Delisle. Comme je pouvais difficilement me sentir plus ridicule je suis allé présenter le manuscrit au stand de l’éditeur qui était à côté de moi. Les planches que j’ai montrées à l’époque ne correspondaient vraiment pas à ce qu’est aujourd’hui l’album, mais le projet leur a plu et il a fait doucement son chemin jusqu’au jour béni où j’ai signé mon contrat et où il a fallu commencer à bosser pour de bon. JP – le graphiste de 6 pieds – que j’ai rencontré quelques mois avant le bouclage, a joué un rôle important. C’est quelqu’un qui a une énorme expérience et un regard très juste mais qui réussit en même temps à vous faire progresser dans votre projet tout en restant en retrait, presque respectueusement... C’est comme ça que j’ai pu dénouer à peu près tous les fils qui étaient encore emmêlés dans l’histoire, que ce soit dans le dessin ou le scénario.
Sceneario.com : Quels sont vos autres projets en cours, s’il y en a, et... dans combien de temps pouvons-nous espérer dévorer la suite de votre autobiographie kazakhe ?
Nicolas Journoud : J’avais prévu d’écrire 3 tomes pour les trois grandes étapes du voyage: le départ , la vie sur place et le retour. Mais à l’époque je pensais que les personnages resteraient les mêmes et que le séjour au Kazakhstan durerait un an. A mon avis l’intérêt de l’album tient surtout au fait que, comme vous l’avez dit, il mélange à la fois la chronique de voyage et le récit intimiste. Des auteurs comme Guy Delisle ont déjà très bien raconté le quotidien d’un expatrié que ce soit dans Pyong Yang, Shenzen et surtout dans les Chroniques birmanes, et je ne vois pas ce que je pourrais ajouter de plus si je ne racontais que ça. Par contre, raconter comment on se déconstruit et se reconstruit à l’étranger, comment à 30 ans passés on peut revivre son adolescence, se créer un voire plusieurs nouveaux personnages et vivre dans l’illusion de la renaissance et de l’éternelle jeunesse, ce processus-là est vraiment intéressant. Ensuite, fiction ou autobiographie, je ne sais pas encore... Si tout va bien je devrais commencer à bosser dessus au mois de mars, mais à force, et surtout au Kazakhstan j’ai pris l’habitude de ne plus me fixer de dates !!!

Sceneario.com : Merci beaucoup pour avoir pris le temps de répondre à ces quelques questions ! Et encore une fois, félicitations pour ce superbe Ex-Patria !

Nicolas Journoud : Merci à vous.



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L'opportunité du jour: le Kazakhstan

Comme l'annonçait le 31 décembre 2009 l'agence russe RiaNovosti, la Russie, le Kazakhstan et la Biélorussie ont adopté, le 1er janvier 2010, un tarif douanier unique. Voisin de la Chine et de la Russie, le Kazakhstan est devenu un marché convoité. Le revenu moyen y a « augmenté de 3,5 fois en quinze ans », rappelait le site Les Echos.fr, dans un article du 12 janvier.

Riche en minerais, l'ancienne république soviétique est le premier producteur mondial d'uranium, expliquait aussi, le 12 janvier, le site Courrier International.com. Mieux encore ! La patrie du président Noursultan Nazerbaïev, au pouvoir depuis 1990, deviendra dans les dix ans le troisième exportateur mondial de pétrole, avec une production de l'ordre de trois millions de barils par jour.

Une aubaine pour les opérateurs étrangers, alors qu'une classe moyenne émergente toujours en croissance cherche à accéder à un mode de vie de type occidental et que le gouvernement, dans un souci de diversification, veut développer des secteurs stratégiques : machines outils, métallurgie, agroalimentaire, tourisme.

François Pargny sur www.lemoci.com

A la tête de l'OSCE, le Kazakhstan se moque toujours de la liberté d'expression

Reporters sans frontières condamne fermement la mise en examen, au Kazakhstan, de trois activistes pour avoir organisé une manifestation de soutien aux journalistes emprisonnés. "Les poursuites contre Rozlana Taukina, Raushan Eserguepova et Vladimir Kozlov doivent cesser immédiatement. Alors même que le pays vient de prendre la présidence de l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) pour l'année 2010, les autorités kazakhes semblent faire bien peu de cas de la liberté d'expression qu'elles sont censées garantir. Nous en appelons aux autres pays membres de l'Organisation, ainsi qu'à son représentant pour la liberté des médias, pour rappeler urgemment Astana à ses engagements", a déclaré Reporters sans frontières.

Le 11 janvier 2010 s'est ouvert le procès pour "organisation d'une manifestation illégale" des trois défenseurs des droits de l'homme. Prévenus deux heures avant leur convocation au tribunal administratif spécialisé d'Almaty, ces derniers se sont vus signifier leur inculpation pour "violation de la législation sur l'organisation et le déroulement des rassemblements, meetings, cortèges, piquets et manifestations pacifiques" en vertu de l'article 373 du code des infractions administratives. La prochaine audience a été fixée au 26 janvier.

Le 6 janvier à Almaty, Raushan Eserguepova, directrice adjointe de l'hebdomadaire Alma-Ata Info et épouse du journaliste emprisonné Ramazan Eserguepov, Rozlana Taukina, responsable de l'ONG "Journalistes en danger", et Vladimir Kozlov, président du parti non enregistré "Alga !", avaient organisé une "flash-mob" en soutien aux journalistes en détention du fait de leur activité professionnelle. Une trentaine de personnes s'étaient rassemblées pour lâcher des ballons multicolores portant les noms de Ramazan Eserguepov (rédacteur-en-chef d'Alma-Ata Info), Alpamys Bekturganov (écrivain), Tohniyaz Kutchukov (correspondant du journal Vremya), et Tokbergen Abiev (rédacteur-en-chef du journal Zakon i Pravosudie). La manifestation n'avait pas occasionné d'incidents. La police n'était pas intervenue, mais avait filmé toute la scène.

"La 'flash-mob' [ou mobilisation-éclair] est une forme de manifestation inconnue de la législation en vigueur, qui ne l'assimile pas explicitement aux meetings, cortèges et piquets", a estimé Rozlana Taukina. L'article 373 du code des infractions administratives est fréquemment invoqué à des fins d'intimidation contre des activistes et défenseurs des droits de l'homme. Les contrevenants encourent de lourdes amendes et, s'ils récidivent, une mise aux arrêts administrative de 15 jours.

La mobilisation du 6 janvier visait à marquer le premier anniversaire de l'arrestation de Ramazan Eserguepov. Au terme d'un procès entaché de nombreuses irrégularités, le journaliste a été condamné en août 2009 à trois ans de prison ferme et deux ans d'interdiction de publier, pour avoir "collecté et divulgué des secrets d'Etat". L'article incriminé révélait une affaire de trafic d'influence impliquant des responsables locaux du KNB (ex-KGB) et un important homme d'affaires.

Sur www.rsf.org le 12 janvier 2010

mardi 12 janvier 2010

Le président de l'OSCE bientôt en Azerbaïdjan

Bakou. Latchine Sultanova – APA. Le chef de la diplomatie kazakhe, président en exercice de l'OSCE Kanat Saudabayev était attendu le février prochain au Caucase du Sud. M.Saudabayev commencera sa tournée par l'Azerbaïdjan. Il partira ensuite pour la Géorgie et l'Arménie, rapportent les sources diplomatiques.

Le Kazakhstan trouve prioritaire le règlement des « conflits gelés » pendant sa présidence à l'OSCE. Le président Nazarbayev profitera de son prestige à la CEI pour le règlement des conflits, a déclaré le diplomate au cours de son entretien téléphonique avec David Milliband, chef de la diplomatie britannique.

Le 12 jan 2010 sur http://fr.apa.az

Kazakhstan : Numéro un de l'uranium

En 2009, le Kazakhstan est devenu le premier pays producteur d'uranium naturel", se réjouit le site d'information kazakh Nomad.su. En un an, la production a augmenté de 63 %. Selon la compagnie nationale KazAtomProm, elle a atteint 13 500 tonnes à la mi-décembre 2009, devant le Canada (9 934 tonnes) et l'Australie (8 022 tonnes). Vingt et une mines sont actuellement en activité dans le pays. Compte tenu du retour en grâce de l'électronucléaire dans le monde, Astana envisage de porter à 18 000 tonnes la production annuelle en 2010.

Kazakhstan : l'eldorado des steppes

Nouvel acteur majeur du pétrole et de l'uranium, le Kazakhstan est une pièce clef de l'échiquier euro-asiatique, qui suscite toutes les convoitises. Son accession à la présidence de l'OSCE, le 1 er janvier, couronne une course à la respectabilité s'appuyant sur une sûreté juridique, mais qui peine à masquer les pratiques d'un régime autoritaire.

Si d'aventure vous aviez quelques difficultés à situer le Kazakhstan sur une carte, c'est simple. Prenez toutes les grandes puis sances d'Asie (Chine, Inde, Russie) et les principaux pays sources d'inquiétude pour la communauté internationale (Afghanistan, Pakistan, Iran)… Le Kazakhstan est pile au milieu. Au coeur de la « tectonique des plaques » géostratégiques. Pour le grand public, ce vaste pays - sa superficie représente environ les deux tiers de celle de l'Union européenne, pour une population trente fois moins importante -se résume à une sulfureuse équipe cycliste (Astana) et à un film à l'humour lourdaud (« Borat »). Pourtant, le Kazakhstan est aujourd'hui l'un des Etats les plus courtisés au monde. Et l'on comprend aisément pourquoi : dans les dix ans à venir, il va certainement se hisser au troisième rang mondial des exportateurs de pétrole, avec un objectif de 3 millions de barils quotidiens, derrière l'Arabie saoudite et la Russie. Son sous-sol renferme des réserves prouvées d'or noir équivalant à la moitié de celles du Koweït, ainsi que 15 % des stocks mondiaux d'uranium (dont le Kazakhstan est devenu récemment le premier producteur mondial), des gisements de cobalt, d'or, de fer, de zinc, de cuivre, de chrome, de nickel et de minéraux plus exotiques, mais cruciaux pour les nouvelles technologies. Aux cours actuels, des ressources potentielles de 3.000 milliards de dollars au total !

Un air de Dubaï

De Nicolas Sarkozy (premier chef d'Etat français à visiter le pays depuis la venue de François Mitterrand, en 1993) à Hillary Clinton, la secrétaire d'Etat américaine, des majors du pétrole aux discrets mais efficaces commis voyageurs chinois ou turcs, du propriétaire d'ArcelorMittal aux ténors de l'uranium, les principaux dirigeants de la planète se pressent à Astana. Signe des ambitions et de l'opulence du Kazakh stan, ce qui était il y a dix ans un gros bourg balayé par le vent des steppes et bordé par le cimetière des réprouvés de l'URSS (Allemands de la Volga ou Caucasiens envoyés en exil intérieur dans cette république interdite aux étrangers) est devenu une sorte de Dubaï… à ceci près qu'il y fait -40 °C l'hiver. Tours biscornues aux façades de verre dorées ou bleu ciel, pyramides, esplanades, palais des congrès aux formes audacieuses, avenues, canaux artificiels conçus par les architectes en vogue dessinent la plus jeune capitale du monde. Astana est née en 1998 du pari, décrié mais pas illogique (Almaty, l'ancienne capitale, était trop excentrée) de Noursultan Nazerbaïev, le président depuis l'indépendance de 1991.

Ce dernier a une caractéristique attractive en ces temps de lutte contre la prolifération nucléaire. Il est le seul chef d'Etat en exercice à avoir abandonné un arsenal nucléaire (1). Il a aussi la réputation d'être le dirigeant le moins infréquentable d'Asie centrale. Nul écho, ici, de manifestants massacrés à la mitrailleuse comme en Ouzbékistan, ni de culte de la personnalité à la Turkmène, hormis l'empreinte en or de la main du président en haut d'une tour pour touristes.

Classe moyenne émergente

A quelques mètres de là, dans le centre commercial et de loisirs en forme de yourte inclinée élaboré par Norman Foster et doté d'une plage tropicale, les boulots dangereux et mal payés sont réservés aux Kirghizes ou aux Tadjiks, suspendus à un filin à 40 mètres du sol. Cela en dit long sur le niveau de vie moyen des Kazakhs, comparé à celui de leurs voisins, dont ils parlent avec condescendance. « Si une grande pauvreté sévit dans les campagnes, une classe moyenne émergente a profité de la manne pétrolière que le clan au pouvoir a eu l'intelligence de ne pas confisquer massivement », explique un analyste. Grâce à un taux de croissance à deux chiffres - sauf l'an dernier, où il fut nul -, le revenu moyen des Kazakhs a été multiplié par 3,5 en quinze ans ! Et les dépenses publiques de santé et d'éducation par six. Certes, la frénésie de chantiers laisse augurer de pénibles retours à la réalité puisque le taux d'occupation des immeubles de bureaux est sans doute inférieur à 50 %. Mais, à l'inverse d'un Dubaï menacé de faillite, les emprunts sont gagés virtuellement sur un sous-sol richissime, et le pays a su surmonter l'an dernier la faillite de sa principale banque privée, BTA, sans trop de dommages.

Autre succès, la diplomatie « multivectorielle » du régime, consistant en clair à jouer les équilibristes entre Pékin, Washington, Bruxelles et Moscou, lui a permis de remporter un précieux gage d'honorabilité : depuis le 1er janvier, le Kazakhstan préside pour un an l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), mise sur pied par les protagonistes de la guerre froide pour prévenir les conflits en Europe. Un événement sans précédent, à plus d'un titre. Jamais, en effet, l'OSCE n'avait été présidée par une contrée de l'ex-URSS, par un Etat euro-asiatique ou par un pays majoritairement musulman… Ni par une dictature, font valoir les ONG, qui jugent scandaleux qu'une institution chargée de veiller à la sincérité des scrutins électoraux ait à sa tête un pays où aucune élection n'a été déclarée transparente et sincère. Lors des dernières législatives, à l'été 2007, le parti présidentiel Nur-Otan avait raflé tous les sièges. Et Noursultan Nazerbaïev, quoique authentiquement populaire, a été réélu en 2006 avec un score suspect de 91 % !

Le régime contrôle par ailleurs étroitement les médias. Le principal hebdomadaire d'opposition, « Respoublika », ploie sous les amendes et les perquisitions. Selon une loi promulguée cet été, tous les blogs sont considérés comme des médias et peuvent donc être interdits pour le motif, vaguement défini, d'atteinte à la sécurité de l'Etat. Grèves et manifestations sont tolérées mais très encadrées. Et deux opposants de premier plan, Altynbek Sarsenbaïouly et Zamanbek Nourkadilov, ont été mystérieusement assassinés il y a trois ans…

Des pratiques autoritaires que certains expliquent par les craintes de déstabilisation ou d'intrigues, dans un pays entouré de grandes puissances et faisant l'objet de tant de convoitises.

Pékin place ses pions

En l'occurrence, sur le plan géostraté gique, c'est surtout la Chine, 80 fois plus peuplée, qui inquiète ici… et séduit aussi, chéquier en main. On redoute les conséquences de sa stratégie d'entrisme économique, tout en se félicitant de ses investissements. Pékin a ainsi acheté rien moins qu'un million d'hectares pour cultiver maïs et soja. Lancée dans une stratégie mondiale d'acquisitions de gisements d'hydrocarbures, la Chine contrôle par ailleurs le tiers de la production pétrolière nationale, après le rachat de PetroKazakhstan pour 4 milliards de dollars, en 2005, et la prise de participation de 11 % effectuée en octobre dernier dans l'opérateur national, Kazmunaigas. Et, comme un symbole, le premier pipeline qu'elle a jamais construit hors de ses frontières relie depuis juillet dernier, sur 2.200 kilomètres, le rivage kazakh de la Caspienne à sa région occidentale du Xinjiang.

Mais Pékin ne fait pas pour autant la pluie et le beau temps, grâce à une concurrence savamment entretenue. Les champs pétroliers sont explorés ou exploités par une foule de consortiums associant entreprises canadiennes, russes, sud-coréennes, britanniques, améri caines et françaises. Un afflux de compétences et de capitaux indispensable. Mais si le pays veut doubler ses capacités d'exportation, actuellement limitées à 1,5 million de barils par jour, il doit construire rapidement de nouveaux pipelines. Le Kazakhstan est en effet le pays le plus enclavé du monde : trois des cinq pays qui l'entourent n'ont eux-mêmes aucun accès à la mer ! Ainsi, Yves-Louis Darricarrère, directeur général exploration et production de Total, expliquait lors d'un récent passage à Astana que le consortium chargé de l'exploitation du gisement géant de Kashagan - dont Total et l'entreprise publique Kasmunaigas font partie -« aura besoin d'un pipeline à l'horizon 2015 » pour évacuer la production du champ. « Dans sa première phase, ce projet doit permettre d'exporter 300.000 barils par jour à partir de 2012 », poursuit-il.

Corruption et bureaucratie

Mais chaque pipeline constitue un enjeu géostratégique, puisqu'il sécurise l'approvisionnement d'une grande puissance ou renforce le pouvoir d'un pays de transit. Par exemple, Astana est courtisé par Washington, Bruxelles et Bakou pour alimenter le gazoduc Nabucco, qui contournera à partir de 2014 la Russie et réduira la dépendance de l'Europe à l'égard de Moscou.

Mais, plus encore qu'un goulet d'étranglement au niveau de ses pipelines, ce sont les moeurs économiques qui pourraient obérer le décollage économique du pays. Les règlements de comptes à coups d'arrestations et de faillites entre les différents clans gravitant autour du pouvoir sont musclés (lire aussi sur www.lesechos.fr) et le Kazakhstan est classé parmi les pays les plus corrompus de la planète. Une corruption qui se nourrit d'une bureaucratie encore bien soviétique. Le président du forum des entrepreneurs kazakhs, Raimbek Batalov, raconte ainsi que, pour enregistrer une entreprise, « il faut réaliser au moins 68 procédures auprès de 37 organisations gouvernementales, avec 144 documents originaux, 13 copies notariées et 274 copies non notariées »…

YVES BOURDILLON sur www.lesechos.fr

(1) Lors de la dissolution de l'URSS, l'Ukraine, la Biélorussie et le Kazakhstan, lequel possédait 1.400 ogives nucléaires, ont rendu à Moscou les armes entreposées sur leur sol à l'époque soviétique. Astana avait bénéficié pour cela d'une aide logistique et financière secrète de Washington.