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mercredi 18 mai 2011

Kazakhstan: deux banquiers retrouvés morts quatre ans après leur enlèvement

Le parquet général du Kazakhstan a annoncé mardi avoir découvert les corps de deux banquiers kazakhs enlevés en 2007 dans ce pays d'Asie centrale dont les autorités soupçonnent l'ex-gendre du président Noursoultan Nazarbaïev d'être impliqué dans l'affaire.

Les corps de Joldas Timraliev et d'Aïbar Khassenov, responsables de la banque kazakhe Nourbank, ont été découverts enterrés sur des collines près d'Almaty, centre financier et principale ville du pays, a déclaré un porte-parole du parquet, Jandos Oumiraliev, lors d'un point de presse à Astana. « Il y a toutes les raisons de penser que les corps découverts sont ceux de Timraliev et de Khassenov », a-t-il ajouté, soulignant qu'une expertise devait encore être effectuée, afin de confirmer leur identification.

Enveloppés dans des sacs en plastique ficelés, les corps ont été enterrés dans des boîtes en métal à une profondeur de 3,5 mètres, a indiqué M. Oumiraliev. « Des chapeaux noirs ont été mis sur leurs têtes, et il y avait des fils électriques autour de leur cou », a-t-il ajouté. Les deux banquiers avaient été enlevés en janvier 2007 au bureau central de Nourbank à Almaty. Leurs familles avaient accusé Rakhat Aliev, l'ex-gendre du président Nazarbaïev, homme d'affaires et homme politique à la réputation sulfureuse, qui était ambassadeur en Autriche à l'époque, d'être impliqué dans cette affaire.

En janvier 2008, un tribunal d'Almaty a condamné M. Aliev à 20 ans de prison pour enlèvement et meurtre, les deux responsables disparus de Nourbank ayant été considérés comme morts. Le procès s'est déroulé en l'absence du prévenu, qui clame son innocence. La justice autrichienne avait refusé en août 2007 de l'extrader, estimant que les conditions d'un procès équitable n'étaient pas réunies. En mars 2008, il a également été condamné par contumace à 20 ans de colonie pénitentiaire pour « tentative de coup d'État » au Kazakhstan.

Le 18 mai 2011 sur www.news-banques.com

jeudi 20 mai 2010

Kazakhstan: une prof rachète une banque

Une professeur d'une faculté de sport et de tourisme du Kazakhstan, Sofia Sarsenova, a pris le contrôle de la banque Nourbank, rachetant les actions de la fille et du petit-fils du président du pays, Noursoultan Nazarbaïev, a annoncé la banque aujourd'hui.

"Un changement d'actionnaire a eu lieu à Nourbank. Vendredi dernier, l'opération d'acquisition par Sofia Sarsenova de 75% des actions de la banque est intervenue", a indiqué la banque dans un communiqué, sans préciser le montant de la transaction.
Mme Sarsenova, professeur à la faculté kazakhe de sport et de tourisme, est, selon les médias locaux et une source proche de Nourbank interrogée par l'AFP, la soeur d'un puissant homme d'affaires, Rachid Sarsenov, l'ex-patron du pétrolier Manguistaumunaïgaz, racheté en 2009 par le chinois CNPC.
Nourbank était jusqu'à présent contrôlée par la fille du président kazakh, Dariga Nazarbaïeva (50,71%) et son fils, Nourali Aliev (5,98%). Mme Sarsenova disposait pour sa part de 10,29% des actions.
Cette banque, la huitième du pays avec un bénéfice de 762 millions de tengé en 2009 (4,2 millions d'euros), a été au coeur d'un vaste scandale politico-financier en 2007, qui a conduit à la disgrâce du mari de Dariga Nazarbaïeva, Rakhat Aliev.

Ce dernier, qui vit en exil en Autriche, a été condamné pour les meurtres de deux responsables de Nourbank, dont il voulait prendre le contrôle. Il a ensuite été condamné pour tentative de coup d'Etat.
Ces affaires ont aussi conduit à la retraite politique de Dariga Nazarbaïeva qui fut un temps considérée comme un successeur potentiel de son père.
Le 20 mai 2010 sur www.lefigaro.fr

mardi 19 janvier 2010

Enlèvement présumé d'un agent kazakh

Le suspect acquitté
Un homme accusé d'avoir tenté d'enlever l'ancien chef des services secrets kazakhs Alnour Moussaïev, en 2008 à Vienne, a été acquitté au dernier jour de son procès qui avait débuté en octobre dans la capitale autrichienne. Après une heure de délibérations, le jury a totalement innocenté Ildar A., 61 ans, de nationalité autrichienne, accusé de tentative d'enlèvement et de remise à une puissance étrangère ainsi que d'activités de renseignement au détriment de l'Etat autrichien, des crimes passibles de 10 à 20 ans de prison.
Un "roman d'espionnage"
Auparavant, le procureur Hans-Peter Kronawetter avait résumé l'affaire qui ressemblait fort à un "roman d'espionnage" : Ildar A. aurait été l'un des principaux complices de l'enlèvement raté entrepris à l'été 2008 par trois hommes d'Alnour Moussaïev, un proche de l'ambassadeur kazakh de l'époque à Vienne, Rakhat Aliev. Le prévenu aurait abondamment parlé au téléphone avec les auteurs de l'enlèvement présumé et aurait mis à leur disposition une de ses maisons près de la capitale autrichienne, toujours selon l'enquête.
Condamnation au Kazakhstan par contumace
Alnour Moussaïev avait été chef du Comité de sécurité nationale (KNB) du Kazakhstan de 1997 à 2001, tandis que Rakhat Aliev, personnage sulfureux du monde politique et des affaires, a été vice-ministre kazakh des Affaires étrangères, ex-gendre du président de ce pays d'Asie centrale Noursoultan Nazarbaïev, avant d'être ambassadeur en Autriche, puis déchu de son poste. Fin mars 2008, un tribunal militaire kazakh avait condamné par contumace les deux hommes à 20 ans de prison pour "tentative de coup d'Etat". Rakhat Aliev, 46 ans, a toujours clamé son innocence et a accusé M. Nazarbaïev d'avoir entamé ces poursuites pour l'empêcher de se présenter à la présidence en 2012.

lundi 21 septembre 2009

Kazakhstan : Quatre cas d'allergie à la propagande

Comme l'écrit megakhuimyak, la semaine dernière, au Kazakhstan, "La sénilité a encore empiré". Le pays est toujours obsédé par l'ex-gendre du président, Rakhat Aliev, aujourd'hui émigré politique et ennemi numéro un de l'État. La crainte qu'inspirait l'oligarque et le fonctionnaire des services secrets, autrefois omnipotent, s'est transformée en crainte d'être associé à un prévenu en cavale, crainte aggravée par de nouvelles règles sur les contenus publiés sur Internet [en russe]:

Le forum en ligne populaire Centre de Gravité empêche maintenant automatiquement ses utilisateurs de taper le mot "Aliev," et le remplace par des ellipses. Ça se produit aussi quand "aliev" fait partie d'un autre nom de famille.

Après des échanges très animés sur la nouvelle règle, les administrateurs du forum ont cessé de bloquer ce nom et on supprimé le fil de discussions. "Ils nous ont finalement jeté quelques miettes [de liberté] " commente megakhuimyak [en russe].

mnatali33 cite une déclaration de l'opposition sur le procès de l'activiste kazakh Yevgenii Zhovtis, condamné à quatre ans de prison. Le communiqué explique que la peine de prison est due à ses critiques du maintien de l'ordre public et des systèmes judiciaire et politique kazakhs. Le blogueur ajoute, désespéré [en russe]:

Aussi longtemps qu'on avale ça sans piper mot pour le petit-déjeuner, le déjeuner et le diner, nous n'aurons JAMAIS - vous m'entendez ? - jamais de droits, ou d'activistes des droits humains, ou un état de droit.

Comme pour appuyer ses dires, dass cite les statistiques officielles sur les détournements de fonds avérés depuis le début de cette année : environ neuf milliards de Tenge (plus de 40 millions d'euros) – et fait ses propres comptes [en russe]:

Les chiffres publiés couvrent seulement les six premiers mois de l'année, et ne comprennent que les détournements qui ont été officiellement sanctionnés par une décision de justice. Si on suppose que la majorité des vols n'ont pas encore été découverts, et que certaines affaires sont toujours en cours d'instruction, j'estime que le volume global des détournements de fonds atteint environ 200 milliards de Tenge ( environ 900 millions d'euros) pour l'année en cours.

Mantrovkz revient sur le sujet d'Aliev, qui a récemment annoncé la création d'un mouvement d'opposition [en russe]:

L'opposition, au Kazakhstan, est une assemblée dépenaillée d'anciens fonctionnaires qui ont été attrapés pour leurs magouilles. Maintenant, le fou Rakhat Aliev essaie de créer un front uni d'opposition appelé "Pour un Kazakhstan libre." Personnellement, je suis pour un Kazakhstan libéré de Aliev, Abliazov, Kazhegelgin et les autres, dont les actuels escrocs et voleurs qui ne se sont pas encore déclarés comme opposants.

Billet publié par Adil Nurmakov le 21 septembre 2009, Traduit en français par Claire Ulrich sur Global Voicies

dimanche 19 juillet 2009

Le Parlement autrichien enquête sur des affaires d'espionnage

Ils ont été choisis pour une commission d'enquête qui doit examiner plusieurs soupçons d'espionnage au sein de l'assemblée nationale allant de surveillances téléphoniques contre des députés à une manipulation présumée d'un autre d'extrême droite par le Kazakhstan.

La commission, formée d'élus des cinq partis présents au Parlement, a été constituée après la révélation de la vérification des communications passées par le député BZÖ (extrême droite) Peter Westenthaler sur son téléphone portable dans une affaire de soupçon de trafic de drogue où il avait été entendu comme témoin. Elle tentera d'établir si d'autres écoutes de députés ont eu lieu depuis le début de la précédente législature en 2006.

En Autriche les écoutes téléphoniques ne sont pas illégales si autorisées par un juge. Les députés peuvent être ainsi placés sur écoute, comme tout citoyen, sans qu'il faille pour cela lever leur immunité parlementaire.

Sulfureux

Un autre dossier concerne une intrigue présumée des services kazakhs. Selon le service de contre-espionnage autrichien, ils ont cherché à obtenir des informations sur Rakhat Aliev, le sulfureux ex-gendre du président de ce pays d'Asie centrale, Noursoultan Nazarbaïev, par le biais d'une question parlementaire posée par le député Harald Vilimsky (FPÖ).

En 2009, deux policiers autrichiens ont déjà été suspendus pour avoir cherché illégalement le lieu de résidence d'Aliev en Autriche, où il s'est réfugié après être tombé en disgrâce.

L'Autriche avait refusé d'extrader Rakhat Aliev, condamné à 40 ans de prison par contumace au Kazakhstan, estimant que les conditions d'un procès équitable n'y étaient pas réunies. L'ambassade du Kazakhstan à Vienne et M. Vilimsky ont nié les accusations. Ce dernier a affirmé avoir voulu vérifier la teneur d'une lettre de protestation de l'ambassade du Kazakhstan à Vienne concernant M. Aliev, adressées aux autorités et dont il avait eu connaissance.

....

Sans possibilité de sanction, la commission d'enquête parlementaire en Autriche est un organe purement politique. Les témoins doivent dire la vérité mais peuvent refuser de s'exprimer, sauf si la commission les y oblige à la majorité des deux-tiers.

(ats) sur 20mn.ch le 19 juillet 2009

mardi 2 juin 2009

Le Kazakhstan lance une opération mains propres dans ses sociétés d'Etat

ALMATY - Romandie News 2 juin 2009 - Le Kazakhstan a annoncé mardi un audit de tous les accords signés par ses sociétés d'Etat, à commencer par le secteur pétrolier, suite à un énorme scandale autour de la vente des mines d'uranimum de cette république d'Asie centrale, riche en ressources naturelles.

Le Fonds Samrouk-Kazyna, au sein duquel sont regroupées les entreprises publiques kazakhes, a annoncé cette décision après que les services de sécurité kazakhs (KNB) ont accusé lundi l'ex-patron de la société nucléaire Kazatomprom, Moukhtar Djakichev, de s'être approprié 60% des mines d'uranium du pays, un scandale qui se chiffrerait en dizaines de milliards de dollars.

"Suite aux infractions commises par l'ancienne direction de Kazatomprom (...) la direction du Fonds a décidé de mener des vérifications d'ensemble dans ses filiales", a indiqué Samrouk-Kazyna dans un communiqué. "Afin de mettre en évidence de possibles et similaires infractions à la loi, il a été décidé de prendre des mesures pour défendre les intérêts de l'Etat", poursuit le document.

Le monopole kazakh des hydrocarbures, Kazmunaïgaz a été placé au premier rang des sociétés visées par cet audit hors-normes, alors que l'entreprise a de nombreux contrats avec des mastodontes énergétiques comme l'Italien Eni, le Français Total et l'Américain Chevron. Kazatomprom n'était pas non plus un petit du secteur nucléaire, alors que le Kazakhstan, avec 20% des réserves mondiales d'uranium, ambitionne de devenir le leader de ce marché dès 2010 et dispose d'accords avec des géants comme le français Areva.

Les déboires judiciaires de M. Djakichev n'ont pas laissé de marbre certains investisseurs étrangers. La société canadienne Uranium One a ainsi perdu 30% de sa valeur en Bourse après que sa mine kazakhe de Kyzylkoum, achetée en 2005, a été mentionnée par les enquêteurs kazakhs. Mais les experts se veulent malgré tout rassurants, et estiment qu'il s'agit avant tout d'un changement au sein de l'élite kazakhe de cette ex-république soviétique dirigée depuis l'époque de l'URSS par Noursoultan Nazarbaïev. "Le gouvernement a dit (au sujet de Kazatomprom) que tous les contrats signés resteraient en vigueur, et Samrouk-Kazyna ne reviendra pas sur les engagements", estime Milena Ivanova-Venturini de la banque d'investissement Renaissance Capital à Almaty.

"Ce que tout le monde remarque c'est un vaste bouleversement des élites. Il y a beaucoup de changements et c'est dur de tous les interpréter, mais quelque chose se passe en coulisse", poursuit-elle. M. Djakichev n'est pas le seul haut responsable a être tombé en disgrâce ces derniers mois. Ainsi, l'ex-patron de la banque kazakhe BTA, Moukhtar Abliazov est en fuite après avoir été accusé notamment en mars de blanchiment d'argent. Ce dernier aurait d'ailleurs aidé, selon le KNB, M. Djakichev à monter le réseau de sociétés offshore à travers lequel il aurait pris le contrôle de 200.000 tonnes d'uranium.

Les détracteurs du régime kazakh s'étonnent que ce scandale concernant une marchandise aussi sensible et contrôlée que l'uranium n'a pas été découvert plus tôt, et estiment dès lors qu'il s'agit d'un règlement de compte politique. D'autant que, selon la presse, M. Djakichev était un proche de Rakhat Aliev, l'ex-gendre du président kazakh en fuite à l'étranger et qui a été condamné par contumace à 40 ans de prison pour meurtre et tentative de coup d'Etat en 2008.

Les services de sécurité kazakhes ont pour leur part démenti "fermement et totalement toute motivation politique derrière l'ouverture de l'enquête criminelle" contre l'ancien dirigeant de Kazatomprom.

lundi 25 mai 2009

Un livre de révélation sur le président kazakh interdit au Kazakhstan

ASTANA, 25 mai 2009 (AFP)

Le parquet du Kazakhstan a indiqué lundi qu'un livre de révélation sur le président kazakh Noursoultan Nazarbaïev rédigé par son ex-gendre, Rakhat Aliev, était interdit de distribution et d'importation dans cette ex-république soviétique d'Asie centrale.

Le parquet a cependant indiqué que la lecture du livre n'était pas pour autant passible de poursuites.

"La responsabilité pénale ne sera engagée qu'en cas de diffusion et en cas d'importation illégale du livre sur le territoire de la république", a indiqué le Parquet dans un communiqué, estimant que le livre contenait "des secrets d'Etat".

Le livre "Godfather-in-law" (Mon beau-père, le parrain) de Rakhat Aliev, qui a été condamné en 2008 à quarante ans de prison par contumace pour enlèvements, meurtres et tentative de coup d'Etat, est présenté par son auteur comme un recueil de révélations sur le fonctionnement du régime de M. Nazarbaïev, au pouvoir depuis la période soviétique.

Il y accuse notamment son ex-beau-père de corruption et de répression contre l'opposition, alors que M. Aliev a lui-même longtemps travaillé dans les arcanes du pouvoir, notamment aux services de sécurité (KNB, ex-KGB) et comme vice-ministre des Affaires étrangères.

Ce personnage sulfureux vit désormais en exil en Autriche, où l'ouvrage a été publié ce mois-ci. Le livre est aussi en vente, en allemand et en russe, en Allemagne et en Suisse, selon le site internet de M. Aliev, aliev.org.

© 2009 AFP

vendredi 22 mai 2009

Le livre qui fait trembler le président Nazarbaev

Le parquet général du Kazakhstan a mis à l'index le livre de Rakhat Aliev, ex-gendre du président kazakh Noursoultan Nazarbaev et ex-diplomate en exil à Vienne depuis plus d'un an, rapporte le webzine centrasiatique Ferghana.ru. Les personnes "prises en flagrant délit de lecture, citation ou vente" de l'ouvrage The Godfather-in-law [Le beau-parrain], publié en Allemagne (chez Ibera), encourent une peine pénale pour "complicité avec un criminel qui fuit la justice kazakhe", a déclaré Saparbek Nourpéïssov, haut responsable du parquet. Il estime que le livre "dévoile des secrets d'Etat".

Ferghana.ru rappelle que Rakhat Aliev décrit "avec force détails" les mécanismes d'enrichissement du clan Nazarbaev, les banques détenant ses comptes, les problèmes de santé et les mœurs du dirigeant kazakh. Par ailleurs, l'ex-gendre révèle des informations concernant l'armée et les forces spéciales kazakhes, ainsi que le réseau d'espions kazakhs en Europe. "Désormais, posséder ce livre au Kazakhstan est aussi dangereux que lire Soljenitsyne du temps de l'Union soviétique. Sauf que les écrivains persécutés par le régime soviétique étaient la conscience de la nation, alors que dans le cas d'Aliev nous sommes confrontés à un homme condamné dans son pays à quarante ans de prison par contumace pour avoir kidnappé, volé, dirigé un groupe criminel et fomenté un putsch", écrit le titre.

CourrierInternational.com le 22.05.2009

lundi 18 mai 2009

Kazakhstan : L'ex-gendre du Président règle ses comptes

Rakhat Aliev, ancien gendre du Président, ancien ambassadeur du Kazakhstan en Autriche, ancien oligarche kazakh, condamné à 40 ans de prison par contumace pour enlèvements, criminalité en bande organisée et tentative de coup d'état, s'obstine a vouloir se créer une image de "démocrate" en révélant des informations compromettantes sur les haut dignitaires du pays.

La semaine dernière, son livre The godfather in law (Le beau-parrain) a été publié. La première édition est sortie en Allemagne, et en allemand. Selon les propres mots de Rakhat Aliev sur son blog [en russe] : " L'Europe ne sait que très peu de choses sur ce qui se passe au Kazakhstan. Ceci permet aux dirigeants de l'Union Européenne de faire semblant de ne pas voir la répression et les atteintes aux droits de l'Homme. "

Ce billet n'a attiré que très peu de commentaires. Certains sont heureux de cette publication. heil-jonny promet qu'il achètera le livre et mimi7777777 offre ses services de traductrice.

yeresim est méfiant [russe]:

J'aurais accueilli ce livre différemment si l'auteur était un opposant crédible au régime. Mais vous - vous êtes devenu ce que vous êtes grâce à votre beau-père. Et maintenant, vous vous présentez comme un démocrate, pour utiliser des faits compromettant contre cet homme. Et vous êtes naïf au point de croire que les Kazakhs seront heureux de vous revoir ? Je ne le crois pas. Et ceci est votre tragédie.

thousand_pa se fait précis [russe]:

Est-ce que ce livre raconte au lecteur comment un homme au service de l'État a réussi à s'approprier de grandes entreprises, à devenir propriétaire de Nurbank [une banque], de groupes de médias et de publicité et actionnaire de différentes sociétés kazakhes et étrangères ?

A noter : après vérifications, les blogueurs qui ont laissé des commentaires positifs sur le blog d'Aliev sont pour la plupart de faux blogueurs, qui n'ont jamais rien publié sur leur compte si ce n'est quelques lignes dans leur biographie.

Publié le 18 mai 2009 sur Global Voices par Adil Nurmakov et traduit en Français par Claire Ulrich

lundi 20 avril 2009

Energie: la Chine se lance dans la "bataille" de la Caspienne

MOSCOU, 20 avril - RIA Novosti de Vedomosti/Kommersant. La Chine a octroyé au Kazakhstan un crédit de 10 milliards de dollars, pour moitié sous forme prêt du chinois CNPC au kazakh Kazmounaïgaz afin d'acheter à parts égales la société MMG à l'indonésien Central Asia Petroleum, lit-on lundi dans les quotidiens Vedomosti et Kommersant.

Les derniers accords entre Pékin et Astana font de la Chine le principal acteur étranger dans le secteur énergétique kazakh. Ils montrent en outre que dans un contexte de crise, le géant asiatique est prêt à redoubler d'efforts dans sa lutte contre la Russie et l'Occident pour les ressources de la Capsienne.

MMG, quatrième compagnie pétrolière privée du Kazakhstan, contrôle un tiers du marché de détail des produits pétroliers. La société possède 36 gisements pétroliers et gaziers (les réserves estimées se chiffrent à 812 millions de tonnes d'équivalent pétrole, les réserves récupérables - à 194 millions de tonnes). MMG appartenait formellement à Central Asia Petroleum jusqu'en janvier 2009, tandis que son propriétaire réel était, selon différentes sources, le gendre du président Nazarbaïev, Rakhat Aliev.

La deuxième tranche du crédit (5 milliards USD) sera octroyée par la Banque chinoise d'export-import à la Banque de développement de Kazakhstan en vue de projets dans le domaine des télécommunications, du transport, de l'agriculture et de l'éducation. Pékin participera également à la construction de la centrale thermique de Balkhach et de la route Europe occidentale - Chine occidentale.

Pékin et Astana ont signé un accord de coopération dans le domaine des hydrocarbures dès 1997. La Chine reste depuis lors un acteur de premier plan dans le secteur énergétique kazakh. L'argent chinois a permis de construire un gazoduc reliant le Kazakhstan central à la région autonome chinoise du Xinjiang. CNPC a acquis en 2006 le canadien PetroKazakhstan, qui produisait des hydrocarbures au Kazakhstan, pour 4,18 milliards de dollars.

Du Brésil à l'Angola en passant par le Venezuela, La Chine achète fébrilement des actifs énergétiques dans le monde entier, rappelle Leonid Vardomski de l'Institut d'économie de l'Académie russe des sciences. La Banque chinoise de développement a octroyé en février un crédit de 25 milliards de dollars aux russes Rosneft et Transneft. Pékin épaule en outre les autorités kazakhes "afin d'obtenir d'Astana carte blanche pour l'expansion ultérieure des compagnies chinoises dans le pays", commente Valeri Nesterov de la compagnie d'investissement Troïka dialog.

La part de MMG a intéressé auparavant d'autres compagnies étrangères, notamment Gazprom Neft. Contrairement à la Russie et l'Occident, les réserves de 1.900 milliards de dollars de la Chine lui permettent même dans un contexte de crise, de réaliser des offres très avantageuses aux pays d'Asie centrale.

jeudi 19 février 2009

Autriche : l’image de la police ternie par des espions kazakhs

Des policiers se seraient laissé entraîner dans une affaire d’espionnage.

Ancienne enclave neutre coincée entre les deux blocs de l’Est et de l’Ouest durant la guerre froide, l’Autriche n’a rien perdu de son attractivité pour les espions de tous bords. Deux policiers autrichiens soupçonnés d’intriguer au profit des services secrets du Kazakhstan ont été suspendus, en attendant leur inculpation imminente. Les deux hommes, qui travaillaient en Basse-Autriche à l’ouest de Vienne, auraient fouillé illégalement dans la base de données informatique de la police (Ekis) pour dénicher l’adresse d’un opposant au régime du président Noursoultan Nazerbaïev. Rakhat Aliev, l’ex-gendre du chef de l’État, vit caché en Autriche depuis qu’il a brutalement été démis de ses fonctions d’ambassadeur en 2007 et accusé de l’enlèvement de responsables d’une grande banque kazakhe.

Ce n’est pas la première fois qu’un fonctionnaire autrichien est accusé de collusion avec des émissaires d’Almaty. Le mois dernier, un officier de police affecté au Xe arrondissement avait lui aussi été pris la main dans le sac, tandis qu’il allait remettre des données confidentielles à un ressortissant kazakh, contre 2 000 euros. Il purge actuellement une peine de huit mois de prison.
Ce nouveau scandale vient ternir le blason de la police autrichienne, qui doit inaugurer cette année un office de prévention et de lutte contre la corruption. L’un des deux officiers arrêtés faisait lui-même partie du Bureau des affaires intérieures (BIA), la police des polices autrichienne, déjà éclaboussé par plusieurs scandales. « Cette affaire ébranle les fondements mêmes de l’État de droit », déclare un enquêteur.
Ancien homme fort du régime Nazerbaïev, vice-ministre des Affaires étrangères et habitué des basses besognes en tant que patron des services secrets (KNB), Rakhat Aliev était marié à Dariga Nazarbaïeva, la fille du président. Mais il a commis une erreur fatale en annonçant son intention de briguer la présidence de la République en 2012, contre la volonté de son beau-père.

Aliev, qui se terre en Autriche tout en entretenant une maison close en plein centre de Vienne, a été condamné à quarante ans de prison par contumace par la justice kazakhe, mais, pour l’instant, son cas est loin d’être réglé. Les juges autrichiens ont refusé de signer son extradition vers Almaty, au motif que les conditions d’un procès équitable à son encontre au Kazakhstan n’étaient pas réunies.

Présidence de l’OSCE

« Nous n’avons envoyé personne en Autriche, nous n’avons rien à voir avec cette affaire, martèle le porte-parole du KNB, Kenjeboulat Beknazarov. Nous n’avons reçu aucun document officiel de la part de l’Autriche. »
Cette sombre affaire éclate au plus mauvais moment pour le Kazakhstan, qui assumera en 2010 la présidence tournante de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), dont le siège se trouve à Vienne et auprès de laquelle Aliev exerçait encore les fonctions d’ambassadeur il y a moins de deux ans. Elle indispose également les chancelleries occidentales, déjà embarrassées par les dérives du régime de « démocratie contrôlée » du président Nazerbaïev, qui reste néanmoins un allié indispensable en Asie centrale : le Kazakhstan, qui possède de larges réserves de gaz et de pétrole, vient d’autoriser le transit de matériel terrestre destiné aux forces de la coalition en Afghanistan.

Maurin Picard, le Figaro
jeudi 19 février 2009, sélectionné par Spyworld

mercredi 18 février 2009

Le Kazakhstan dément être mêlé à un scandale d'espionnage en Autriche

Les services secrets kazakhs (KNB, ex-KGB) ont démenti mercredi que des policiers autrichiens suspendus recherchent pour leur compte des informations sur Rakhat Aliev, le sulfureux ex-gendre du président de ce pays d'Asie centrale, Noursoultan Nazarbaïev."Nous n'avons envoyé personne en Autriche, nous n'avons rien à voir avec cette affaire. Nous n'avons reçu aucun document officiel de la part de l'Autriche", a dit le porte-parole du KNB, Kenjeboulat Beknazarov.
Scandale
Le ministère autrichien de l'Intérieur avait confirmé mardi les informations de la presse autrichienne selon lesquelles deux policiers avaient été suspendus en Basse-Autriche (est) pour avoir cherché illégalement à connaître le lieu de résidence d'Aliev dans la base de données policière EKIS."C'est possible que ce scandale ait été monté de toutes pièces par ce personnage" a estimé M. Beknazarov, dans une allusion M. Aliev, l'ex-mari de Dariga Nazarbaïeva, la fille aînée du président kazakh.
Cet ancien haut responsable du KNB et vice-ministre des Affaires étrangères était l'un des hommes forts du Kazakhstan, une ex-république soviétique d'Asie centrale.
Condamné
Il est tombé en disgrâce au printemps 2007, quand il était ambassadeur en Autriche, après avoir été mis en cause dans les enlèvements de responsables d'une grande banque kazakhe, puis dans une affaire de coup d'Etat avorté. Il a ensuite été condamné à 40 ans de prison par contumace pour ces crimes.
L'Autriche avait refusé d'extrader Rakhat Aliev, estimant que les conditions d'un procès équitable n'étaient pas réunies au Kazakhstan. (belga)

jeudi 29 mai 2008

Famille Nazarbaev : c’est Dallas au Kazakhstan !

Pauvre Dariga Nazarbaeva, la pulpeuse fille du président du Kazakhstan, Nazarbaev. Son autocrate de papa l’a forcée à divorcer de son mari, qui voulait être Calife à la place du beau-père.

Après vingt-deux ans de mariage, trois enfants et une petite-fille, c’est par fax que Rakhat Aliev, l’époux de Dariga Nazarbaeva, la fille aînée du Président du Kazakhstan, a appris son divorce. Sa signature aurait été imitée sur les documents. Fin d’un mariage tumultueux ? Que nenni ! Juste le dénouement d’un combat féroce entre Nazarbaev, le Président de la république kazakh, et son gendre. Pourtant, Dariga Nazarbaeva, quarante-cinq ans au compteur, passe pour être la femme la plus influente de cette ex-république soviétique.

Cette passionnée de chant lyrique, historienne et docteur en sciences politiques est membre du Parlement, Présidente du Congrès des journalistes du Kazakhstan et dirigeait avec son (ex-)mari, le premier groupe de presse du pays, Khabar. À eux deux, ils contrôlaient plusieurs chaînes de télévision et stations de radio sans compter des journaux et l’agence de presse Kazakhstan Today. En 2003, elle s’est même lancée dans la politique en fondant son propre parti : Asar, « Tous ensemble ». Au Kazakhstan, on parle d’elle comme du successeur potentiel de son dictateur de papa à la présidence. Hélas, c’était sans compter sur son époux aux dents longues, Rakhat Aliev…

L’ex-époux de Dariga vit aujourd’hui bien caché

Début 2006, deux opposants politiques sont assassinés à trois mois d’intervalle. Nazarbaev accuse son gendre Aliev, alors vice-ministre des Affaires étrangères d’avoir commandité ces crimes. À son tour, l’époux de la pulpeuse Dariga accuse son beau-père. Puis, quand Aliev exprime son intention de se présenter aux présidentielles de 2012, papa Nazarbaev voit rouge. Tout rouge. Et n’a plus qu’une obsession : se débarrasser de ce gendre insolent et encombrant. Se méfie-t-il aussi de sa fifille ? Toujours est-il qu’en juillet 2006, Nazarbaev fusionne Asar, le parti de sa Dariga, avec le parti pro-Nazarbaev, Otan. On n’est jamais trop prudent, surtout avec sa famille.

Puis, en janvier 2007, deux dirigeants de la Nurbank, une banque dans laquelle Aliev a des parts, sont enlevés. Le mari de Dariga est encore accusé mais aussi démis de ses fonctions de ministre et envoyé en exil diplomatique à Vienne, comme ambassadeur. Dariga ne le suivra pas en Autriche et, en mai 2007, Nazarbaev proclame un décret destituant son gendre de toutes ses fonctions officielles. Un mois plus tard, Dariga et Aliev « sont divorcés ». Aux mauvaises langues qui accusent fifille d’avoir sacrifié son mariage à la politique, il faudrait plutôt répondre qu’elle n’a probablement pas eu le choix, bien qu’elle s’en défende. « Ce fut une décision très difficile, mais prise en toute connaissance de cause », a-t-elle déclaré à son agence de presse, Kazakhstan Today.

Aujourd’hui, l’ex-époux de Dariga vit caché en Autriche dans un lieu tenu secret. Il a demandé l’asile politique. Selon lui, la mafia russe a reçu l’ordre de le tuer. Il vient d’être condamné à quarante ans de prison par contumace au Kazakhstan. L’Autriche refuse de l’extrader au motif qu’il ne bénéficierait pas, dans son pays, d’un procès équitable. L’homme traqué ne rend pas pour autant les armes et annonce la publication en juin d’un livre qu’il vient de terminer. Le titre ? « The Godfather-in-Law ».

Dans cette guerre impitoyable entre un père et un époux, Dariga a choisi le père et, sans doute, la voie de la future présidence. Pas folle la guêpe.
Jeudi 29 mai 2008 par Donald Grant