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mercredi 1 décembre 2010

La culture kazakhe au Musée Guimet

Jusqu'au 31 janvier 2011, le Musée Guimet à Paris met en scène plus de 130 pièces entre archéologie et ethnographie autour de l'exposition « Kazakhstan : hommes, bêtes et dieux de la steppe ».

Une culture du nomadisme. L'exposition « Kazakhstan : hommes, bêtes et dieux de la steppe » au musée Guimet à Paris offre pour la première fois en France une introduction aux rites d'un nomadisme de l'extrême. Prêtés par la jeune République du Kazakhstan, les ouvrages de ce peuple cavalier permettent de rendre compte d'une culture pluri-millénaire. Entre la Russie et la Chine, elle fut ainsi traversée et influencée par Alexandre le Grand comme Gengis Khan. Déjà connus des Européens au Ve siècle avant J.C par les écrits d'Hérodote sous le nom de Scythes, les kazakhes vivent en harmonie avec la nature, aussi belle que difficile, des steppes d'Asie mineure.

Le culte de la nature. A l'occasion de leurs cérémonies rituelles et des fêtes saisonnières, les scythes fabriquaient de lourds chaudrons et de grands autels circulaires aux motifs simplifiés d'hommes ou de chevaux et félins. Certains de ceux présentés ont plus de 2500 ans ! De même, pour l'orfèvrerie vestimentaire dans laquelle ils excellaient, les représentations animalières sont nombreuses, des bouquetins aux panthères, des daims aux faucons, des chameaux aux aigles... Ici sous forme d'applique de vêtement ou boucle de ceinture, en or ou en cuivre, ces objets décoratifs magnifient toujours cette nature dont ils ont su retranscrire la force et la majesté. Ils montrent d'ailleurs dans la légère abstraction de leur réalisation des similitudes évidentes avec la tradition ornementale perse et babylonienne. Sous fond de chamanisme, ils avaient tant d'importance et de signification qu'ils accompagnaient dans leurs tombes les chefs de ces communautés nomades vivant aux rythmes de la transhumance des troupeaux.

Ethnographie d'un peuple des steppes. Excellents artisans donc, mais aussi redoutables guerriers et merveilleux cavaliers, les kazakhes ont également su inventer des pièces de harnachement, notamment des éléments du mors. On retrouve ici des selles en cuir, des étriers en argent, des croupières ornées d'émail ou des tapis de selle en laine...
Situé sur la route de la soie, ce territoire fut traversé par maintes religions. Fuyant Rome, les chrétiens nestoriens y vinrent se réfugier comme en témoignent un fragment de tablette en terre cuite du VIe siècle ou une pierre tombale en granit du XIVe siècle. Si l'islam est devenu l'actuel religion majoritaire du pays, les allumettes issus du chamanisme sont fort représentés, certaines tout en or massif ou d'autres sculptées à partir d'une dent de loup.
Autour de ces objets, vous pourrez aussi découvrir des photographies actuelles qui permettent avec l'exploration de l'intérieur d'une yourte traditionnelle de parfaire ce panorama complet.

« Kazakhstan : hommes, bêtes et dieux de la steppe »
Au Musée Guimet à Paris
Jusqu'au 31 janvier 2011

Sur www.newspress.fr le 30 novembre 2010

Pour plus d'info cliquez voir encart en colonne de droite (image)

La capitale kazakhe sous haute sécurité à la veille du sommet de l'OSCE

ASTANA - Astana, la capitale du Kazakhstan, était sous haute sécurité mardi, à la veille du sommet de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), le plus grand événement politico-diplomatique jamais organisé en Asie centrale ex-soviétique.

Quelque 7.000 policiers patrouillaient la ville, devenue en 1997 la capitale sur ordre du président Noursoultan Nazarbaïev, qui a transformé ce bourg perdu dans les steppes glacées kazakhes en une cité de quelque 700.000 habitants à l'architecture futuriste. Le centre administratif de la ville -- qui abrite notamment une pyramide, le palais présidentiel et sa coupole bleue surmontée d'une longue flèche, et une tente géante -- a été coupé du reste de la capitale. Des barrages y ont été installés, gardés par le KNB (ex-KGB) et des véhicules blindés. Les 1er et 2 décembre ont été déclarés jours fériés. Aucun avion effectuant un vol intérieur n'est autorisé à se poser à l'aéroport de la capitale depuis mardi.

Les représentants des 54 pays de l'OSCE sont attendus à partir de mardi soir, notamment la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, le Premier ministre français François Fillon et la chancelière Angela Merkel. L'organisation de ce sommet est un grand succès pour le Kazakhstan, l'OSCE n'ayant pas organisé de rencontre à ce niveau depuis 1999 à Istanbul. Vingt-huit chefs d'Etat et dix chefs de gouvernement sont attendus.

Les ONG de défense des droits de l'homme dénoncent pour leur part le bilan démocratique de ce pays d'Asie centrale, dirigé depuis la période soviétique par le même homme, Noursoultan Nazarbaïev, 70 ans. Fin diplomate et s'appuyant sur des vastes réserves d'hydrocarbures, ce dernier a su d'abord arracher la présidence 2010 de l'OSCE - une organisation pourtant chargée de s'assurer du respect des principes démocratiques - puis le droit d'en organiser le sommet.

Le secrétaire général de l'OSCE, Marc Perrin de Brichambaut, a pour sa part estimé que cette réunion était "un exercice collectif pour réfléchir à ce qui est important pour notre avenir". "Astana représente une perspective géographique et culturelle très différente pour l'organisation et nous force a faire attention à l'Asie centrale", a-t-il dit mardi.

Quelque 2.500 délégués sont attendus pour ce sommet de deux jours dont l'organisation aura coûté 11 millions d'euros au Kazakhstan, selon un responsable du ministère kazakh des Affaires étrangères, Serjan Abdykarimov.

La réunion intervient en pleine tempête médiatique autour des quelque 250.000 notes diplomatiques américaines révélés par le site Wikileaks.org et qui embarrassent Washington depuis dimanche.

L'une des ces notes explique que M. Nazarbaïev aime passer du temps dans une propriété aux Emirats Arabes Unis, et une autre raconte une nuit en discothèque du Premier ministre kazakh, Karim Massimov. Astana n'a pas commenté ces fuites.

Le 30 novembre 2010 sur www.romandie.com 

 

mardi 30 novembre 2010

Destination Astana : Arrivée des chefs d'Etat et de gouvernement au Kazakhstan

Astana, le 30 novembre : Les Chefs d’Etat et de Gouvernement des 56 pays membres de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) sont en route pour Astana, la capitale du Kazakhstan, pour assister au Sommet de l’OSCE qui a lieu le 1er et 2 décembre. Ce Sommet sera le premier depuis 11 ans.

Les Chefs d’Etats de 40 nations, dont Dmitri Medvedev pour la Russie, Angela Merkel pour l’Allemagne, Georges Papandréou pour la Grèce et Abdullah Gül pour la Turquie sont attendus d’ici la fin de la journée.

Le Secrétaire Général des Nations Unies, Ban Ki-Moon ; le Président de la Commission Européenne, José Manuel Barroso ; le Président du Conseil Européen Herman Van Rompuy ; le Secrétaire d’Etat du Vatican, le Cardinal Tarcisio Bertone ; le Premier Ministre français François Fillon ainsi que la Secrétaire d’Etat des Etats-Unis, Hillary Clinton prendront part au Sommet.

Les leaders d’Azerbaïdjan et d’Arménie sont aussi attendus et pourraient discuter d’un accord de paix longtemps espéré au sujet de la république autoproclamée de Haut-Karabakh.

Le terrorisme, le trafic de drogue, l’Afghanistan et le trafic humain font partie de l’agenda du Sommet.

Le Sommet est une source de fierté pour le Kazakhstan qui a assuré la présidence de l’Organisation tout au long de 2010. Près de 5 000 personnes du plus haut niveau vont se rendre à Astana au cours des trois prochains jours. Parmi celles-ci, on compte près de 1 000 journalistes internationaux, ainsi que 500 représentants d’ONG qui ont participé à la Conférence d’Examen de l’OSCE qui a eu lieu du 26 au 28 novembre (voir ci-dessous).

Le Président en exercice de l’OSCE, le Ministre des Affaires Etrangères et Secrétaire d’Etat du Kazakhstan, Kanat Saudabayev, a déclaré : « en tant que président de l’OSCE, une des premières responsabilités du Kazakhstan était de poursuivre le Processus de Corfou, lancé sous l’impulsion de la Présidence grecque en vue de rétablir entre les états de l’OSCE la confiance nécessaire pour progresser sur des préoccupations communes. Durant notre présidence, nous avons consolidé ce processus de Corfou en organisant régulièrement des réunions au sujet de préoccupations importantes. Ces discussions ont permis d’établir l’agenda de la réunion informelle des ministres des affaires étrangères qui a eu lieu à Almaty en juillet, et celui du Sommet.

« Le Sommet, bien évidemment, n’est pas une fin en lui-même. Mais dans une organisation telle que la nôtre, dont l’objectif est de prévenir, arbitrer et résoudre les conflits, ces réunions sont nécessaires pour établir la confiance et reflètent le niveau d’engagement des états en vue de réellement progresser. Le fait que tous nos états ont accepté d’envoyer leurs plus hauts représentants dans mon pays est un symbole important de renouvellement, pas uniquement de l’Organisation, mais des relations entre nos Etats. La Communication est l’âme de la diplomatie, la façon dont nous résolvons nos problèmes. En une année, le vocabulaire dans nos conversations a d’ailleurs évolué. Nous parlons maintenant d’une communauté unique de sécurité, englobant les régions Euro Atlantique et Euro Asiatique.

« La Présidence du Kazakhstan va bientôt s’achever et cette responsabilité échoira à la Lituanie. Je crois que nous allons lui léguer une Organisation qui a plus de direction, plus d’utilité et plus d’optimisme. La devise de notre Présidence a été les ‘quatre T’ : Tolérance, Tradition, Trust (confiance) et Transparence.

Nous avons porté notre attention sur ces quatre notions tout au long de cette année, mais c’est peut-être dans la notion de confiance que nous avons le mieux réussi, parce que la confiance est un pré requis pour une réunion telle que le Sommet et que malheureusement c’est une notion dont nous avons manqué au cours de la dernière décennie.

« Nous transmettrons la tâche de faire évoluer les décisions qui seront prises au Sommet, mais la responsabilité de poursuivre l’impulsion qui a été créée n’est pas l’unique responsabilité des présidences, présentes et futures, mais aussi celle de l’ensemble des 56 états. Nous allons en établir les fondations, ici à Astana. Le défi maintenant est pour nous de saisir cette opportunité pour construire un avenir plus sûr.

Le troisième et dernier volet de la Conférence d’Examen de l’OSCE qui focalisait sur la dimension humaine de la sécurité, s’est terminé le 28 novembre à Astana. Les volets précédents de la Conférence focalisaient sur les dimensions humaine, économico-environnementale et politico-militaire de la sécurité.

Les sujets du segment d’Astana incluaient la liberté des médias, l’intolérance contre les migrants, le combat contre le trafic humain et plus particulièrement celui des enfants.


Information:

Agenda du Sommet et détails logistiques
http://www.osce.org/documents/pc/2010/07/45587_en.pdf
http://www.kazakhstanlive.com/Documents/Information%20circular.pdf

Rapport intérimaire du groupe de travail kazakh US sur la présidence de 2010 http://csis.org/files/publication/101028_KazakhstanOSCEChairInterim_WEB.pdf

Entretien avec le président en exercice de l’OSCE Kanat Saudabayev sur le Sommet
http://summit2010.osce.org/en/viewpoint/node/261

Entretien avec le Secrétaire Général de l’OSCE Marc Perrin de Brichambaut sur le Sommet
http://summit2010.osce.org/en/viewpoint/node/258

Déclaration d’Astana www.osce.org/documents/cio/2010/06/45108_en.pdf

Pour des nouvelles et des informations générales sur le Kazakhstan, veuillez consulter http://www.kazakhstanlive.com/

samedi 27 novembre 2010

Les 16ème Jeux asiatiques se sont clôturés avec succès

Les 16ème Jeux asiatiques ont pris fin samedi soir à Guangzhou en Chine méridionale après une dizaine de jours de compétitions acharnées. Ont été présents à la cérémonie de clôture, Liu Yandong, membre du Bureau politique du Comité central du Parti communiste chinois et conseillère d'Etat de Chine et le prince Sheikh Talal Al-Fahad Al-Ahmed Al-Sabah, président du Comité olympique asiatique.

Au cours de cette édition de jeux, la Chine a remporté 199 médailles d'or, 119 médailles d'argent et 98 médailles de bronze se classant en tête du palmarès. Elle a été suivie successivement par la République de Corée, le Japon, l'Iran et le Kazakhstan.

Ont participé aux 16ème Jeux asiatiques quelques 10 000 athlètes venant de 45 pays et région du continent. Ont figuré au palmarès 36 pays et régions et 29 d'entre eux ont obtenu une ou des médailles d'or.

Sur http://french.cri.cn le 27 novembre 2010


vendredi 26 novembre 2010

Le clan Nazarbaïev à nouveau sous enquête en Suisse

Genève Correspondance - L'affaire est encore tenue secrète par la justice helvétique, mais elle risque de faire grand bruit au Kazakhstan. Le Monde a ainsi appris que le Ministère public de la confédération avait ouvert, fin septembre 2010, à Berne, une enquête pour blanchiment d'argent contre Timur Kulibayev, le gendre du président kazakh Noursoultan Nazarbaïev.

L'oligarque qui a fait fortune dans la banque, le pétrole et le gaz est l'époux de Dinara, la seconde fille du dictateur kazakh. Cette dernière, domiciliée en Suisse, a acquis à l'hiver dernier une propriété dans une banlieue huppée de Genève pour 74,7 millions de francs suisses (50,5 millions d'euros).

M. Kulibayev est soupçonné d'avoir blanchi en Suisse plus de 600 millions de dollars provenant de la vente illégale d'actifs pétroliers et gaziers étatiques et de pots-de-vin, entre 2000 et 2005. Durant cette période, M. Kulibayev fut directeur de KazTransOil la compagnie nationale en charge du réseau d'oléoducs, puis numéro deux de la holding pétrolière KazMounayGas. C'est par un jeu complexe de sociétés écrans qu'il aurait agit avec l'un de ses associés, Arvind Tiku, également visé par la procédure suisse.

Si la porte-parole du Ministère public répond qu'elle ne peut "ni confirmer, ni commenter ces informations", c'est le célèbre avocat genevois Bruno de Preux qui a décidé de rendre public ce délicat dossier, en diffusant, jeudi 25 novembre, un communiqué de presse en russe et en anglais.

GUERRE DES CLANS EXACERBÉE

Joint au téléphone, maître de Preux explique avoir déposé, mi-avril, une "dénonciation pénale" à Berne, agissant sur demande de six ressortissants kazakhs dont les noms ont été tenus secrets "par crainte de mesures de rétorsion dans leur pays". Il affirme que cette démarche, accompagnée de la remise d'"un volume très important de documents", a abouti le 29 septembre à "l'ouverture d'une procédure formelle pour blanchiment". Selon lui, des "actes d'instruction ont été menés à Zurich, Genève et Lugano".

Le parquet général suisse a adressé des demandes de renseignements et des ordonnances de saisies à plusieurs établissements bancaires, dont le Crédit suisse et UBS. L'avocat dit ignorer si des fonds ont été bloqués.

Onze ans après le premier "kazakhgate" (des centaines de millions de dessous de tables pétroliers pour le président kazakh et de sa famille avait alors été découverts à Genève), cette enquête s'inscrit dans le contexte d'une guerre des clans kazakhs exacerbée.

Depuis quelques mois, Mukhtar Abliazov, un richissime homme d'affaire contraint de s'exiler à Londres pour avoir affiché ses ambitions politiques, bataille contre M. Kulibayev. Au printemps dernier, M. Abliazov a mis sur Internet de nombreux documents compromettants sur son rival. Il a ensuite décidé d'agir en Suisse où vit son gendre, Ilias Khrapunov, fils de l'ancien maire d'Alma-Ata tombé lui aussi en disgrâce.

C'est mandaté par ce cercle d'"opposants" que l'avocat Bruno de Preux, peu connu jusqu'ici pour ses engagements aux côtés des dénonciateurs de la corruption, agit aujourd'hui.

Agathe Duparc sur http://www.lemonde.fr/ le 26 novembre 2011

Liberté religieuse : le rapport 2010 de l'Aide à l'Eglise en détresse

Violations de la liberté religieuse, brimades et discriminations contre les minorités religieuses sont enregistrées encore dans de nombreux pays du monde : c'est ce que relève l'agence Fides du Rapport 2010 sur la Liberté religieuse dans le monde publié par l'Aide à l'Eglise en détresse et présenté aujourd'hui à Rome. Le Rapport contient 194 fiches relatives aux différentes nations. Sur le continent américain, sont cités des pays tels que Cuba où « la situation est inchangée en ce qui concerne la législation et la pratique administrative répressive vis-à-vis du phénomène religieux mais où ont été signalés des ouvertures par exemple en ce qui concerne l'autorisation à accomplir des actes religieux précédemment interdits ».

Dans la partie nord de l'Afrique, « se présentent les problèmes causées par la coïncidence de la religion avec la politique tant au niveau de la législation de la majorité des Etats que dans la mentalité de la majorité des habitants. La conséquence qui en dérive est que le citoyen de plein droit est seulement celui qui professe également la religion dominante alors que les minorités religieuses sont dans le meilleur des cas tolérées ou considérées comme un danger pour la stabilité sociale ».

On signale le cas de l'Ethiopie qui « face à une législation exemplaire du point de vue de la liberté religieuse, présente malheureusement des épisodes d'intolérance sociale surtout dans les zones où est présente une majorité islamique » alors que « la pratique de religions différentes de l'islam provoque des réactions intolérantes sur l'ensemble du territoire de la Somalie et les conversions sont découragées par des formes d'ostracisme et de marginalisation sociale.

En ce que concerne le Moyen-Orient, le Rapport note qu'« en Turquie il n'est pas encore possible pour les Turcs de se convertir ouvertement au christianisme à cause des discriminations existantes vis-à-vis des convertis ». Par ailleurs, « l'Arabie Saoudite et le Yémen demeurent les pays du Golfe dans lesquels une législation islamiste sévère comprenant par exemple la peine de mort en cas d'apostasie, empêche toute manifestation et toute pratique religieuse, même privée, malgré la présence en Arabie Saoudite de près d'un million de travailleurs immigrés chrétiens ».

En Irak, « la vie des très anciennes communautés chrétiennes se fait toujours plus dramatique. Elles sont désormais en danger d'extinction, soumises à une agression terroriste systématique » alors que « en Iran, l'islam chiite dans sa version la plus intégriste et garantie par les autorités religieuses, demeure religion d'Etat. Ceci porte à des discriminations et à des violences contre les autres religions et même contre l'islam sunnite ».

En Asie centrale, « les Républiques du Kazakhstan, du Kirghizstan, du Tadjikistan, du Turkménistan et d'Ouzbékistan présentent toutes des problèmes plus ou moins graves concernant non seulement la liberté religieuse mais également le respect des autres droits de l'homme ». En République islamique du Pakistan, « de 1986 à 2010, au moins 993 personnes ont été inculpées pour avoir profané le Coran ou diffamé le prophète Mahomet, victimes de la loi anti-blasphème ». L'Inde continue à enregistre « une augmentation des violences sur base religieuse et ethnique », l'Orissa constituant un cas emblématique.

La Corée du Nord « demeure l'un des pays où la condition de vie des habitants est la plus inhumaine. La liberté religieuse est niée dans tous ses aspects et les informations disponibles à propos de ce qui se passe dans le pays sont limitées et difficilement trouvables ». Le Rapport cite les obstacles et les graves limitations présentes également au Vietnam, au Laos, en Myanmar et en Chine. Dans le pays musulman le plus peuplé du monde, l'Indonésie, les cas de violences ont concerné des chrétiens et des groupes musulmans considérés « hérétiques » par l'orthodoxie, comme les Ahmadi.

[Sources : Fides, AED]

Sur www.libertepolitique.com le 26 Novembre 2010

Le Kazakhstan accueille le sommet de l'OSCE

Plus de 40 pays sur 56 ont confirmé leur présence au sommet de l'OSCE qui se tiendra le 1er et le 2 décembre dans la capitale kazakh Astana. C'est un test important pour la diplomatie de ce jeune pays et son ouverture sur le monde. Pour l'Union européenne, c'est une chance de promouvoir la paix et la sécurité au coeur de l'Asie Centrale, en combattant le traffic de drogue et le terrorisme à ses portes. Et avec une crise économique sur les bras, les pays européens veulent pénétrer le marché de l'Eurasie. Le dernier sommet de l'organisation pour la coopération et la Sécurité en Europe s'est tenu il y a onze ans à Istanbul. Le monde a changé de manière drastique depuis, avec de nouveau pays émergeant sur la scène internationale comme le Kazakhstan, qui est le premier état de l'ex-Union soviétique à diriger cette organisation transatlantique.

Pour l'actuel chef de l'Etat kazakhe, Nursultan Nazarbaïev, qui est donc l'actuel président de l'OSCE, ce sommet traduit la réalité d'une nouvelle ère, où l'Est rencontre l'Ouest, alors que les anciens pouvoirs ont de plus en plus besoins de l'aide des pays émergents. "En effet, tout le monde est préoccupé avec ses propres problèmes. Et puis il y a eu cette crise économique qui a conduit à la formation du G20, ce qui voulait dire que c'était seulement ensemble, avec l'aide des pays émergents, que des solutions communes pouvaient être trouvées pour les problèmes économiques. Aujourd'hui, la Russie et les Etats Unis sont plus proches, ils ont compris qu'ils devaient travailler ensemble pour résoudre leurs problèmes. Et quand vous parlez de choses cruciales comme la sécurité, la lutte contre le terrorisme, le trafic de drogue, vous devez comprendre que c'est seulement ensemble, épaule contre épaule, que l'on peut travailler efficacement contre ça !"

Le sommet est événement majeur pour ce pays indépendant depuis seulement 19 ans. Une opportunité clef pour le Kazakhstan de s'ancrer dans un monde plus ouvert, au-delà de ses puissants voisins, la Chine et la Russie. Pour l'Union européenne c'est une chance d'ajuster ses frontières géopolitiques.

"C'est un moment important où l'Union européenne et la Russie, et l'OTAN et la Russie remodèlent, restructurent leur partenariat. Alors ce sommet porte plus sur l'UE-Atlantique, sur l'environnement sécuritaire en Eurasie et la manière dont les initiatives russes en matière de sécurité européenne sont perçues. Il y a déjà eu beaucoup de progrès sur ces questions, et le sommet est positif pour tous ces développements. Les pays reconnaissent qu'il y a aujourd'hui un réel besoin pour une approche multilatérale afin de répondre aux défis et aux menaces communes", explique l'analyste politique Anar Khamzayeva

Au-delà de la paix et de la sécurité, y compris la sécurité énergétique, l'autre but de l'OSCE est d'établir des sociétés ouvertes et libres. Au cours de ses fréquents voyages en Asie Centrale pour participer à des conférences politiques, l'ambassadeur de l'OSCE à Astana, Alexandre Keltchewsky, répète inlassablement le même message : il ne peut y avoir de réel développement sans démocratie et droits de l'Homme.

"Ces pays-là invoquent les traditions, le passé, etc. mais ils se sont très vite adapté au téléphone portable et aux ordinateurs. Aparemment ça leur est plus difficile de s'adapter à des concepts tels que le respect des droits de l'homme, des libertés publiques, les élections libres. C'est un problème de mentalité et c'est un problème de pouvoir : il y a en particulier dans l'Asie Centrale, il faut bien avoir conscience, que, aucun de ces pays-là, sauf le Kyrghizstan, qui est en train d'amorcer cette phase-là, n'a reellement mis en place une rotation régulière à la tete de pouvoir politique", indique Alexandre Keltchewsky de l'OSCE.

L'OSCE est une organisation délibérative, sans pouvoir militaire, et donc incapable de faire respecter ses résolutions. Sa promotion de la démocratie ne peut se faire que lors de long processus de discussions ou lors de sommets comme celui d'Astana.

"La démocratisation de l'ensemble de l'espace de l'OSCE est un objectif politique important pour l'Union européenne mais aussi pour les pays du centre de l'Asie eux-mêmes, qui souvent sont des régimes autoritaires qui ne veulent pas être gênés par les complications de la démocratie." dit Michael Emerson du European Policy Studies.

"Et bien quand certains pays européens donnent leur avis sur la situation des droits de l'Homme en Asie Centrale, ils semblent parfois fonctionner avec des définitions datant de la guerre froide. Ils pensent que les pays de cette partie du monde sont tous des régimes autocratiques et quand ils parlent des pays occidentaux on dirait qu'ils sont tous des anges de démocratie. Il y a toujours deux poids, deux mesures, voyez vous nous avons le même genre de problème dans notre partie du monde que dans les pays européens. Mais ils voient les choses différemment" reprend le président kazakh Nursultan Nazarbayev.

Le Kazakhstan compte dérouler le tapis rouge pour accueillir ses partenaires transatlantiques. Le sommet devrait mettre en avant le pays sur la carte des relations internationales, en tant que membre d'influence pour le futur de l'Asie centrale. Pour les pays européens, ce rendez-vous sera un nouveau pas vers une mutation politique et économique de l'Est.

Sur http://fr.euronews.net/ le 26 novembre 2010
Voir la Vidéo