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lundi 29 mars 2010

Un forum médiatique au Kazakhstan se concentrera sur l'Iran

ALMATY, Kazakhstan, March 29, 2010 /PRNewswire/ -- Des hauts fonctionnaires iraniens devraient discuter des relations tendues de leur pays avec l'Occident lors de l'Eurasian Media Forum (EAMF) (Forum médiatique eurasien) qui se tiendra à Almaty, au Kazakhstan, les 27 et 28 avril.

Une analyse des questions qui maintiennent l'Iran sur le devant de l'actualité mondiale sera l'un des points forts de la conférence de 2 jours de cette année, qui abordera également d'autres thèmes d'actualité comme l'impact de la présidence actuelle du Kazakhstan à l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

Également sur l'ordre du jour figurent des questions de loi sur les médias et de liberté de la presse, les dangers de la couverture alarmiste des épidémies, l'utilisation des réseaux sociaux en ligne tels que Facebook et Twitter, le " journalisme citoyen " et les politiciens célèbres.

Les délégués de l'Iran sont : Ramin Mehmanparast, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères et Ali Akbar Ashari, conseiller culturel du président et directeur de l'Organisation des Archives et de la Bibliothèque nationale d'Iran. Parmi les autres intervenants, citons : William Courtney, le premier ambassadeur américain au Kazakhstan, Dunja Mijatovi, représentante nouvellement nommée de l'OSCE pour la liberté de la presse, pour qui ce sera le premier engagement officiel, et Robert Simmons, le représentant spécial de l'OTAN pour le Caucase et l'Asie centrale.

" Le forum représente une occasion unique de prendre le pouls des relations Est-Ouest et d'examiner le rôle crucial joué par les médias de masse ", a déclaré Dariga Nazarbayeva, présidente du comité d'organisation de l'Eurasian Media Forum. " Et quel meilleur endroit pour cela que le coeur accueillant de l'Asie centrale ? "

Le Forum s'est tenu chaque année depuis 2002 à Almaty, la capitale commerciale du Kazakhstan, qui se situe sur l'ancienne Route de la soie entre la Chine et l'Europe. La manifestation rassemble plusieurs centaines de délégués du monde entier, dont nombreux en provenance de Russie et des pays de la CEI, parmi lesquels des représentants des médias, des figures politiques et des spécialistes des relations internationales.

Les discussions sont toujours sur des sujets d'actualité, avec une attention particulière aux sujets affectant les pays d'Asie centrale et leurs plus grands voisins, la Chine et la Russie, l'Inde et le Pakistan. Le Forum aborde également des questions économiques, culturelles et des médias professionnels.

Parmi les participants importants ayant assisté aux précédentes sessions, citons : l'ancien président iranien Mohammad Khatami, l'ancien premier ministre russe Yevgeny Primakov, les stratèges américains Richard Holbrooke et Richard Perle, l'ancien conseiller à la sécurité nationale des États-Unis Zbigniew Brzezinski et le général Wesley K. Clark, ancien commandant suprême des forces alliées en Europe.

Pour de plus amples informations, veuillez consulter le site www.eamedia.org.
Contacts pour le public - Stephen Somerville Portable : +44-(0)7790935110 ou E-mail : stephen@somerville.eu.com

Communiqué de presse de l' Eurasian Media Forum Organizing Committee du 29 mars 2010, publié sur www.capital.fr

Turquie-Economie : Le projet de gazoduc "Nabucco" enfin lancé ?

Le 3 mars 2010, la grande assemblée nationale de Turquie a ratifié le traité intergouvernemental signé le 13 juillet 2009, qui constitue la base politique et juridique du projet de gazoduc européen « Nabucco ». Ce traité a déjà été ratifié par les autres pays de transit signataires : la Bulgarie, la Roumanie, la Hongrie et l’Autriche. Cette ratification du parlement turc a été saluée par les responsables du projet comme un signe indiquant que le lancement de la réalisation de « Nabucco » était désormais imminente. Pourtant, si cette formalité apparaît comme une condition nécessaire à la poursuite de l’opération, elle ne signifie pas pour autant que l’affaire est définitivement entendue. Dès le 4 mars 2010, la Commission européenne a alloué un budget de 200 millions d’Euros pour commander les tuyaux, mais les fonds européens ne seront versés que si les possibilités d’approvisionnement en gaz se confirment dans les prochains mois. En bref, le tracé de « Nabucco » est une chose (presqu’acquise désormais), mais le plus important est désormais de mettre du gaz dans le tube. Et cela risque de n’être pas facile !

Pour comprendre les difficultés actuelles de « Nabucco », il faut revenir sur les enjeux politiques et stratégiques de ce projet. Lancé en 2002 et soutenu par un consortium de 6 compagnies (l’autrichienne OVM, la hongroise MOL, la roumaine Transgaz, la bulgare Bulgargaz, la turque BOTAŞ et l’allemande RWE), ce projet entend réduire la dépendance européenne à l’égard du gaz russe qui s’est révélée dangereusement, à l’occasion de plusieurs crises au cours des dernières années. Une bonne partie du gaz russe à destination de l’Europe transite, en effet, par l’Ukraine et les contentieux politiques ou financiers, fréquents entre ce pays et la Russie, menacent régulièrement l’alimentation gazière des Etats européens. Depuis le dernier élargissement de l’UE, cette dépendance à l’égard de la Russie s’est encore accrue pour atteindre 50% du gaz consommé en Europe, d’ici à 2020, cela pourrait aller jusqu’à 70%. L’idée des promoteurs de Nabucco est donc de contourner l’Ukraine et surtout de diversifier l’origine des ressources gazières européennes. Mais, depuis 2007, la Russie et sa fameuse compagnie « Gazprom », qui ne l’entendent pas de cette oreille, ont lancé un projet concurrent : le « South Stream ».

Concurrent de « Nabucco », le « South Stream » l’est d’abord sur le plan du tracé. Tandis que « Nabucco » doit relier la ville d’Erzurum dans l’Est de la Turquie à celle de Baumgarten der March en Autriche, en passant par la Bulgarie, la Roumanie et la Hongrie, le « South Stream » partant des côtes russes de la mer Noire entend rallier l’Italie ou l’Autriche via les eaux territoriales turques, la Grèce, la Bulgarie, la Serbie et la Hongrie, plusieurs routes étant proposées selon la destination finale du gazoduc. Cette concurrence de tracé n’est pas que géographique, car les Russes, fort habilement, ont réussi à recruter dans leur projet plusieurs pays européens. En effet, l’Italie et sa compagnie ENI constituent le principal partenaire de la Russie et de « Gazprom ». Et, outre la Hongrie, les Russes sont aussi parvenus à séduire la Turquie, en lui proposant de faire passer leur gazoduc par ses eaux territoriales en mer Noire ; un crochet qui n’était pas absolument nécessaire mais qui permet de renforcer le soutien dont bénéficie le projet et surtout qui constitue une pierre de plus dans le jardin des Européens.

Toutefois, si la bataille des tracés semble achevée, celle de l’approvisionnement est désormais lancée. Pour être rentable, les deux projets doivent acheminer à terme 30 milliards de m3 de gaz par an. Partant d’Erzurum, « Nabucco » apparaît comme la prolongation du gazoduc Bakou, Tbilissi, Erzurum (BTE) ouvert en 2006. Sa première source d’alimentation est donc l’Azerbaïdjan, mais le problème est que le gaz azerbaïjanais ne suffira pas à faire tourner « Nabucco ». D’autres fournisseurs sont donc actuellement démarchés : l’Irak, le Turkménistan et l’Egypte notamment ; le Kazakhstan, pouvant aussi entrer dans le jeu à plus long terme. Pour l’instant cependant aucun contrat ferme n’a été signé avec ces autres pays. Plus récemment un approvisionnement iranien, encouragé par la Turquie, a été évoqué, mais lui non plus n’est pas certain et de surcroît, il est regardé avec hostilité par les Etats-Unis et l’Union Européenne. En outre, la Russie s’est employée au cours des derniers mois à multiplier ses achats de gaz tant à l’Azerbaïdjan qu’au Turkménistan afin de priver « Nabucco » d’une partie des ressources qu’il pouvait espérer. Dès 2008, certains experts, américains notamment, ont estimé que les deux projets, « Nabucco » et « Southstream » n’étaient pas seulement concurrents mais qu’ils étaient aussi incompatibles. Il n’y aurait à la fois pas assez de gaz et pas assez de clients potentiels pour faire vivre les deux gazoducs. Cette opinion est néanmoins contredite par des experts européens bien sûr et par les experts turcs qui ont soutenu l’entrée de leur pays dans les deux opérations. Pourtant, on peut voir aussi dans l’attitude d’Ankara une sorte de pari n’impliquant pas forcément la viabilité des deux projets mais lui permettant d’être en tout état de cause dans celui qui l’emportera. En tout cas, le comportement turc est très révélateur des nouvelles orientations stratégiques de ce pays. En entrant dans le « South Stream », le 6 août 2009, quelques jours après s’être engagée dans « Nabucco » (le 13 juillet 2009), la Turquie a montré que, tout en maintenant son choix européen, elle ne négligeait pas les autres options que peut lui offrir sa géographie et son nouveau statut de puissance régionale.

S’exprimant récemment dans la presse allemande, après la ratification du traité intergouvernemental « Nabucco », le nouveau commissaire européen de l’énergie, Günther Oettinger, a confirmé que le projet avait avancé de façon importante au cours des derniers mois. Il est néanmoins resté prudent en estimant que, même si la construction du gazoduc commençait d’ici la fin de l’année 2011, il faudrait probablement attendre 2018 pour voir les premières livraisons de gaz commencer. Les compagnies gazières parties au projet sont néanmoins plus optimistes et maintiennent la date initiale de livraison, à savoir 2014. Selon la compagnie allemande RWE, le m3 de gaz transporté par « Nabucco » serait moins cher que celui du « South Stream ». Mais la bataille du gaz est loin d’être gagnée pour l’Europe, le commissaire Oettinger, tout en se montrant optimiste, a estimé que « Nabucco » avait « environ 65% de chances de voir le jour. »

Jean Marcou le 29 mars 2010 sur www.turquieeuropeenne.eu

Gefco : un chiffre d’affaires 2009 en repli

Yves Fargues préside Gefco depuis 2007. © J.P. Glatigny / VISAVU

Le chiffre d'affaires de Gefco, filiale à 100% de PSA, a reculé de 18% par rapport à 2008, à 2,88 milliards d'euros, pour un résultat opérationnel de 102 millions d'euros (3,5% du CA contre 3,6% en 2008). Le ralentissement de la production automobile mondiale (qui génère les trois quarts de l'activité de Gefco, dont 50% par le rail) et le repli général de l'industrie expliquent le manque de recettes du groupe, qui possède moins de 1000 moteurs et de 2000 remorques dans le monde.


Leader européen dans la logistique aval automobile

"Malgré la crise, Gefco préserve son niveau de rentabilité cette année grâce à une gestion rigoureuse des achats et dépenses de fonctionnement, un effort des forces commerciales sur les marchés prioritaires et une reprise des marchés automobiles en Europe de l'Ouest au quatrième trimestre 2009", note Yves Fargues, président du groupe, qui revendique la place de leader européen dans la logistique aval automobile.

En 2009, les zones d'Europe centrale et orientale et d'Amérique du Sud ont été touchées par la crise. En Europe centrale et orientale, le chiffre d'affaires a baissé à 278 millions d'euros (- 19% par rapport à 2008). En Amérique du Sud, il s'est élevé à 149 millions d'euros en retrait de 16%.


Contrats dans les pays émergents

En revanche, Gefco a engrangé des contrats nouveaux au Maghreb et en Chine et enregistré une hausse de 50% de son chiffre d'affaires comparé à 2008 (15 millions € en 2009 contre 10 millions € en 2008).

En 2010, Gefco a prévu de s'implanter dans deux nouveaux pays : le Kazakhstan et la Bulgarie, et projette de s'installer en Inde. "Le contexte mondial nous a obligés à privilégier le court terme. En 2010, on peut commencer à raisonner à moyen terme", assure Yves Fargues.


Le 29 mars 2010 sur www.wk-transport-logistique.fr

Mobilisation contre l'union douanière avec la Russie

Le 25 mars, les représentants des partis d'opposition, d'associations et des journalistes ont adressé une lettre au président kazakh, Noursoultan Nazarbaev, et au Parlement afin qu'ils "renoncent à l'union douanière [avec la Russie et la Biélorussie, entrée en vigueur le 1er janvier dernier] qui marque le début de la fin de l'indépendance du Kazakhstan", rapporte le webzine Ferghana.ru.
"C'est un retour à notre passé colonial, car les termes de l'accord [favorable aux Russes] ne correspondent pas aux intérêts nationaux et stratégiques du Kazakhstan. Quatre-vingt-dix pour cent des recettes douanières iront aux Russes et seulement 7 % aux Kazakhs, faisant perdre à ces derniers 500 millions de dollars par an", estiment les signataires de la lettre. En cas d'absence de réaction des autorités, les signataires promettent "des actions de protestation civique" et poseront "la question de la démission du pouvoir".
Sur www.courrierinternational.com le 29 mars 2010

dimanche 28 mars 2010

Le Jipto : le cheval de bataille des Kazakhs

Une délégation du Kazakhstan s'est plu à faire une démonstration à Romilly-sur-Seine, des applications éducatives et créatives du Jipto. L'académie internationale Concorde a présenté à ses invités, mercredi dernier, en soirée, à l'espace Ambroise-Croizat, son projet Jipto.

Créé en décembre dernier par le professeur Grigori Tomski et Christian Rouge, l'académie internationale Concorde, dont le siège social est installé au 11 rue de la Concorde à Romilly-sur-Seine (www.academie-concorde.blogspot.com), commence une nouvelle étape de ses activités avec pour objectif la diffusion du jeu Jipto et de son système pédagogique à l'échelle mondiale.

Le Jipto est un stimulant efficace de la créativité artistique, littéraire et mathématique. Il a été développé pour les enfants en un système complet d'apprentissage, le système Jip, qui donne lieu à des activités manuelles, artistiques, verbales, culturelles, voire sportives. Il permet, en outre, une initiation aux mathématiques.
L'originalité de ce projet est qu'il réunit un grand nombre d'enseignants (de la maternelle à l'université), de psychologues, d'artistes, d'écrivains, de mathématiciens, d'organisateurs de manifestations médiatiques de plusieurs pays du monde, contribue au développement de la recherche et à la valorisation de la culture scientifique des personnes créatives.

Mercredi soir, à l'espace Ambroise-Croizat, les initiateurs du projet avaient convié la population à venir découvrir le Jipto et ses applications éducatives et créatives avec la collaboration d'une délégation du Kazakhstan. Ce jeu intellectuel de poursuite pour tous est traversé par une philosophie particulière, celle de la poursuite, une notion universelle. Tout au long de son existence, chacun est à la poursuite de l'amour, la santé, le bonheur, le bien-être… C'est en se fondant sur ce large concept que le professeur Tomski a inventé et conçu ce jeu qui se décline en de multiples versions et niveaux de difficultés : « Pour créer le Jipto, j'ai expérimenté longuement afin de trouver les compromis convenables entre la simplicité des règles, la richesse stratégique, la possibilité de créer des versions artistiques harmonieuses. »

Le jeu se compose d'un plateau et de pions, six pour les fugitifs et deux, plus gros, pour le poursuivant. Le plateau du Jipto avec sa forme de « triptyque vertical », ses zones auxiliaires de l'aspect décoratif et des marges, a été imaginé afin de donner une grande liberté à la créativité des artistes illustrateurs (« jiptographes ») et des sculpteurs de pions. Les Jipto artistiques représentent souvent l'idée du rapprochement ou du mouvement vers le but. On peut effectuer le rapprochement non seulement dans l'espace mais aussi dans le temps.


Comment joue-t-on ?

Les « fugitifs » tentent d'atteindre l'autre côté du plateau en évitant d'être capturés.
- On appuie sur le pion, ensuite on pose le pion de réserve à côté, en le touchant, dans la direction choisie, puis on retire le pion initial.
- Le « poursuivant » qui atteint un « fugitif », le capture.
- Chaque « fugitif » qui parvient à toucher l'une des lignes I, II, ou III, marque un point par ligne atteinte.

Auteur : Pierre HIGELIN
Article paru le : 28 mars 2010 sur www.lest-eclair.fr

vendredi 26 mars 2010

Guerre des clans pour l'uranium au Kazakhstan

REUTERS/SHAMIL ZHUMATOV
Le président de Kazatomprom, Mukhtar Dzakishev,
lors d'une conférence de presse à Almaty, le 22 juillet 2008

Au Kazakhstan, Mukhtar Dzakishev est l'un des prisonniers les plus célèbres. Arrêté en mai 2009 pour détournement de fonds et corruption, cet ancien directeur du géant étatique Kazatomprom - leader dans l'extraction et la production d'uranium - a été condamné, le 12 mars, à quatorze ans de prison. Ceci au terme d'un procès-fleuve qui s'est déroulé à huis clos, et sur fond d'une lutte de clans qui fait rage dans le pays.


L'enquête ouverte contre cet oligarque de 46 ans n'avait jusqu'ici pas ému grand monde en Occident. Mais l'affaire qui, de l'avis de certains diplomates, rappelle celle du magnat du pétrole russe Mikhaïl Khordorkovski, commence à mobiliser les défenseurs des droits de l'homme.

Du 18 au 21 mars, deux cardiologues genevois mandatés par l'Organisation mondiale contre la torture (OMCT), une ONG basée à Genève, se sont ainsi rendus à Astana pour examiner Mukhtar Dzakishev, qui souffrirait d'une très forte hypertension. Selon ses proches, il a été victime de plusieurs malaises durant son procès, ne bénéficiant pas d'un traitement adapté.

Mais après trois jours de démarches kafkaïennes, les médecins suisses qui avaient pourtant obtenu des visas d'entrée avec mention de leur mission, se sont vus interdire l'accès de la prison. A Astana, le représentant de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) leur expliquait s'être lui-même heurté à un refus après avoir proposé d'envoyer un observateur au procès de Mukhtar Dzakishev. Un comble alors que le Kazakhstan préside cette année l'OSCE, un poste obtenu contre la promesse de mener des réformes.

Dans ce contexte, le secrétaire général de l'OMCT, Eric Sottas, veut "déposer une nouvelle demande de visite" et alerter l'opinion publique. Mercredi 24 mars, Djamila Dzakisheva, l'épouse de Mukhtar Dzakishev était de passage à Genève sur invitation de l'ONG. Elle estime que la lourde condamnation du 12 mars, dont elle fera appel, résulte, selon elle, "de règlements de comptes politiques et d'intérêts commerciaux" qui dépassent son mari.

Ambitions politiques

Selon certains médias de l'opposition kazakhe, Mukhtar Dzakishev aurait payé pour ses liens avec un autre oligarque, Mukhtar Abliazov, aujourd'hui réfugié à Londres, après que sa banque, BTA, a été confisquée en 2009 par le clan du président Noursoultan Nazarbaïev, en réponse aux ambitions politiques qu'il manifestait.

Mukhtar Dzakishev est aussi accusé d'avoir ouvert illégalement un bureau de Kazatomprom à Vienne, au profit de Rakhat Aliev, l'ancien gendre du président, autre figure honnie du régime, lui aussi en exil. Dans une déclaration écrite en prison le 6 mars, Mukhtar Dzakishev balaye cette accusation, affirmant que "ce bureau de représentation a été créé sur l'initiative de l'Agence internationale pour l'énergie atomique (AIEA) et avec l'accord du ministère des affaires étrangères du Kazakhstan".

En novembre 2009, dans une vidéo réalisée par les services secrets kazakhs (KNB) et étrangement mise en ligne sur You Tube, Mukhtar Dzakishev racontait que juste avant d'être arrêté, il s'était opposé à ce que Rosatom (la compagnie étatique nucléaire russe) entre dans le capital d'Uranium One, une firme canadienne très présente au Kazakhstan. Il disait voir l'influence de Moscou dans ses ennuis : "J'ai commencé à analyser à qui cela profitait et j'en ai conclu que c'était à l'avantage de la Russie."

Agathe Duparc le 26 mars 2010 sur www.lemonde.fr

Enquête au Kazakhstan sur le projet pétrolier d'Eni, BG Group

LONDRES (Dow Jones)--La brigade financière de la police kazakhe a annoncé vendredi avoir ouvert une enquête sur le consortium Karachaganak, piloté par BG Group (BG.LN) et Eni SpA (E), portant sur une surproduction présumée de pétrole et de gaz.

Une porte-parole de la brigade financière a indiqué à Dow Jones Newswires qu'en 2008, le consortium avait produit 1,1 million de tonnes de pétrole et 94.000 tonnes de gaz en plus des quotas approuvés par le gouvernement, pour un montant de près de 104 milliards de tengue (560 millions d'euros).

Le complexe de Karachaganak a produit un total de 136,4 millions de barils équivalent pétrole en 2008, a affirmé un porte-parole de BG Group, sans cependant indiquer si ce volume était conforme aux quotas approuvés.

La société exploitante de Karachaganak a indiqué dans un communiqué qu'elle coopérait avec les autorités, mais ne s'est pas exprimée sur le contenu de l'affaire.

Karachaganak est le deuxième plus important projet de production de gaz et de pétrole au Kazakhstan, et le seul dans lequel l'Etat ne détient pas de participation directe.

James Herron et Kadyr Toktogulov, Dow Jones Newswires
Le 26 mars 2010 sur www.investir.fr