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mercredi 22 juillet 2009

Kazakhstan : Exploitation des travailleurs migrants, refus de protection des demandeurs d’asile

Conclusions préliminaires d'une mission d'enquête du FIDH

Une mission d'enquête de la FIDH au Kazakhstan et au Kirghizistan a établi l'existence de graves violations des droits des travailleurs migrants et des réfugiés. La FIDH s'inquiète particulièrement de l'extrême vulnérabilité des demandeurs d'asile et des réfugiés dans les deux pays, en particulier les Ouïgours de Chine, les Ouzbeks et les Tchétchènes, et appelle les autorités à prendre des mesures immédiates pour assurer leur protection en conformité avec leurs obligations internationales.
La mission, composée d'Amandine Regamey, chargée de mission auprès du Bureau International de la FIDH, Sarah McKune, responsable juridique de l'organisation « Human Rights in China » et Katherine Booth, responsable du bureau 'droits des migrants' à la FIDH, a rencontré dans les deux pays des représentants des autorités, des organisations internationales, des organisations non gouvernementales ainsi que des travailleurs migrants et des réfugiés. Elle a bénéficié du
soutien du « Kazakhstan International Bureau for Human Rights and Rule of Law » et du « Kyrgyz Committee for Human Rights ».

Exploitation des travailleurs migrants

Puissance économique régionale grâce à ses réserves de gaz et de pétrole, le Kazakhstan attire des travailleurs migrants de toute la région, et en particulier des pays voisins, Ouzbékistan, Kirghizistan, Chine et Tadjikistan. La politique migratoire adoptée par le Kazakhstan restreint les possibilités d'emploi légal, ce qui rend les migrants d'autant plus vulnérables. Les effets de la crise économique mondiale ont été invoqués par les autorités pour réduire de moitié les quotas d'autorisations de travail, alors qu'une inquiétante politique de préférence nationale se dessine. Le système de quotas prévoit que les autorisations de travail sont délivrées aux employeurs plutôt qu'aux migrants, ce qui place ces derniers en situation de dépendance: lorsque leurs droits sont violés, ils ne peuvent changer d'emploi sans se trouver dans l'illégalité.

La mission de la FIDH a recueilli de nombreux témoignages sur les violations des droits des travailleurs migrants au Kazakhstan, en particulier ceux employés dans les secteurs agricoles et de construction. Les migrants sans statut légal et sans contrat sont particulièrement vulnérables à l'exploitation : journée de travail illimitée, pas de jours de repos, confiscation des documents d'identité, non-paiement des salaires, « revente » des travailleurs migrants d'un employeur à l'autre. Dans les deux pays, la corruption au sein de la police, des douanes ou des gardefrontières, fait peser une menace perpétuelle sur les migrants d'extorsion ou de déportation. De telles violations sont en général commises en toute impunité.

Sur la base des conclusions préliminaires de la mission, la FIDH recommande aux autorités du Kazakhstan de :
  • Amender le système des permis de travail afin que ceux-ci soient délivrés aux migrants euxmêmes, et non à leurs employeurs
  • Assurer des enquêtes efficaces, des poursuites et des sanctions contre les employeurs responsables de violations de droits des migrants
  • Assurer l'accès des migrants aux soins médicaux d'urgence
  • Assurer que les instructions appliquées par la police et l'administration locale intègrent les dispositions de la loi nationale et des conventions internationales signées et ratifiées par le Kazakhstan
  • Ratifier la Convention des Nations Unies sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille
  • Adopter des mesures pour contrôler les intermédiaires recrutant les travailleurs migrants
  • Intensifier la formation des intervenants et les efforts déployés dans la lutte contre la corruption à tous les niveaux du système judiciaire, au sein de la police, des douanes et des gardes frontières

Violations graves des droits des réfugiés

La situation des demandeurs d'asile et des réfugiés est particulièrement préoccupante. Les autorités kazakhes refusent d'accorder le statut de réfugié aux demandeurs d'asile Ouzbeks, Ouïgours et Tchétchènes Ils justifient ces refus en invoquant la non-ingérence dans les affaires intérieures des pays voisins et le risque de l'adoption de mesures de rétorsion économiques.
Les demandeurs d'asile originaires d'Ouzbekistan, de Chine et de Russie peuvent demander la protection de l'agence du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR), mais ce statut au Kazakhstan ne leur donne aucune protection ni aide économique, pas plus que le droit de travailler.
De plus, de nombreux cas d'extraditions de réfugiés ou de demandeurs d'asile vers l'Ouzbékistan, la Chine et la Russie sont établis – en violation du principe de non-refoulement qui impose une interdiction absolue de renvoyer une personne vers un pays où elle risque la torture. Bien que la mission n'ait pas documenté de telles extraditions au cours des derniers mois, la FIDH s'inquiète du risque d'extradition que courent toujours les réfugiés. En effet, un réfugié Ouzbek rencontré par
la mission à Almaty a failli être déporté début juin 2009.
Les autorités continuent d'invoquer leurs obligations au regard des accords régionaux de lutte contre le terrorisme ou de coopération judiciaire pour justifier les extraditions (Convention de Minsk sur l'entraide juridique ou Organisation de Coopération de Shanghai). D'après de nombreux rapports, les services de sécurité des pays d'origine des réfugiés agissent au Kazakhstan, souvent avec la permission des autorités, afin d'identifier et de poursuivre les réfugiés.
« Ces réfugiés qui fuient les persécutions dans leur propre pays sont dans une situation de vulnérabilité extrême, ils dépendent du bon vouloir des autorités qui peuvent les extrader ou les déporter à tout moment. Ils vivent dans la crainte constante d'être renvoyés chez eux où ils risquent la torture ou même la mort », a déclaré Souhayr Belhassen, la Présidente de la FIDH.

La FIDH recommande aux autorités du Kazakhstan de :

  • S'assurer que les dispositions de la future loi sur les réfugiés soit pleinement conforme au droit international, et en particulier : s'assurer que les demandes d'asile soient examinées par un corps indépendant ; annuler l'obligation pour les réfugiés de renouveler leur statut chaque année ; et supprimer l'article prévoyant le refus du statut de réfugié aux membres d'organisations religieuses interdites dans leur pays d'origine
  • Abolir la distinction entre l'asile politique et le statut de réfugié, distinction qui est contraire au droit international
  • Respecter en toutes circonstances le principe du non-refoulement et l'interdiction absolue de la torture, conformément à la Convention contre la torture de 1984, en refusant de déporter ou d'extrader des personnes vers des pays où elles risquent d'être exposée à la torture ou à la peine de mort
  • S'assurer que les réfugiés reconnus par le HCR aient accès aux services de santé et aient le droit de travailler, conformément à la Convention relative au statut des réfugiés de 1951.

La FIDH est une organisation non gouvernementale de défense des droits humains, qui fédère 155 organisations dans plus de 100 pays. La FIDH a un statut consultatif auprès des Nations unies, de l'UNESCO et du Conseil de l'Europe et d'observateur auprès de la Commission africaine des droits de l'Homme et des peuples.
Bureau de presse: +33.1.43.55.90.19 / 14.12
Paris, le 22 juillet 2009 – Communiqué de presse du FIDH

mardi 21 juillet 2009

Kazakhstan: le budget russe soutiendra la ville de Baïkonour

MOSCOU, 21 juillet - RIA Novosti. Le premier ministre russe Vladimir Poutine a incorporé Baïkonour (Kazakhstan), centre administratif accueillant le cosmodrome russe du même nom, dans la liste des sujets qui bénéficieront d'un soutien fédéral pour l'achat de moyens de transport et d'équipement urbain, stipule le site du gouvernement.

Le document en question apporte des amendements à la résolution de mars sur les règles de répartition et d'octroi des fonds aux régions pour 2009.

La famille Popov n'a plus à se cacher

Vladimir Popov : « Maintenant, je suis libre dans mon corps et dans ma tête. »

Après deux ans de clandestinité dans le Maine-et-Loire, Vladimir, Yekaterina et leurs enfants sortent de l'ombre. Cette famille originaire du Kazakhstan vient d'obtenir le statut de réfugié politique.

Première réaction de Véronique, leur fillette de 5 ans : « On va pouvoir aller à la piscine, au MacDo et à la plage ! » Un enthousiasme d'enfant qui salue la régularisation de ses parents, Vladimir et Yekaterina Popov, 26 ans, originaires du Kazakhstan (1). Depuis samedi, ils savent que le statut de réfugié politique leur est accordé. Un soulagement après une vie de clandestins.

Retour en arrière. En septembre 2007, le couple et leurs deux enfants, interpellés près de Segré, avaient frôlé l'expulsion, conduits à l'aéroport. Leurs demandes d'asile avaient été déboutées. Relâchés, mais expulsables, ils vivent alors cachés. « Les tout premiers mois, on a été hébergés chez des proches du Réseau éducation sans frontières (RESF), en déménageant plusieurs fois pour ne pas être découverts », raconte Yekaterina. À cette époque, ils avaient témoigné à visage caché, angoissés à l'idée d'un retour au pays où ils se disent menacés.

Puis, RESF leur trouve un appartement. Un petit meublé, non loin du centre-ville d'Angers. Les enfants obtiennent la nationalité française et ils reçoivent l'aide sociale à l'enfance. « La vie est alors plus facile. Mais on ne sortait pas beaucoup. » Seulement pour emmener Véronique à l'école, scolarisée sous le nom de jeune fille de sa mère « pour raison de sécurité ». Ou pour aller aux Restos du coeur. Mais jamais ensemble. « La peur » toujours. Même si la police ne les cherche pas activement.

On tambourine à la porte

« Vladimir est allé cinq fois en centre de rétention, raconte Yekaterina. C'est horrible. » Lui ajoute : « J'aurais pu croiser des policiers par hasard dans la rue. Alors je restais enfermé chez moi. » Avec son fils Geoffrey, deux ans et demi aujourd'hui. À quoi faire ? Pas grand-chose. « C'est dur... », glisse-t-il. « On guettait tout le temps les bruits de l'extérieur », complète-t-elle.
Un jour, des hommes tambourinent à la porte. Panique. Yekaterina ouvre. « J'ai vu l'uniforme. La frayeur... En fait, c'était des pompiers qui s'étaient trompés d'appartement. » Elle ajoute : « Hier [dimanche], j'ai dormi tranquillement pour la première fois depuis longtemps. »

Leurs projets ? « Suivre des formations, parce qu'on a quitté le Kazakhstan à 19 ans, sans avoir fini nos études. Et sans formation, pas de boulot. » Peut-être dans l'informatique pour lui. Elle aimerait faire du droit. Spécialiste du droit d'asile ? Elle rigole : « Pourquoi pas. Je connais bien le problème... »

Avant, ils ont envie de s'accorder un plaisir tout simple : « Pique-niquer dans un parc, tous les quatre. » À l'air libre.


Marie TOUMIT sur ouest-france.fr

Xinjiang : atermoiements médiatiques et réalisme politique


Plus de deux semaines après les émeutes qui ont fait 184 morts et 1 600 blessés, la situation reste très tendue à Urumqi. La police a admis avoir tiré sur trois Ouïgours qui menaçaient d’attaquer les forces de sécurité avec des couteaux après avoir lancé un appel au djihad dans une mosquée de la ville. L’ethnie ouïgoure dont le nom signifie unité ou alliance a des origines qui remonteraient aux nomades Ding Ling au troisième siècle avant J.-C. Cette population vit pour la plupart dans la région autonome ouïgoure du Xinjiang qui couvre environ le sixième de la superficie de la Chine. Cette région est délimitée par les monts Altay au nord, le Pamir à l’ouest, le Karakoram, le Altun et le Kunlun au sud. Cet espace a longtemps échappé au domaine impérial chinois. Le spécialiste américain Owen Lattimore a calculé que la Chine n’y a exercé son autorité qu’environ 425 ans sur près de 2 000 ans d’histoire. Ainsi que le démontre Thierry Kelner, le Xianjiang est d’abord appelé «la nouvelle frontière», expression fondée par l’empereur Qianlong en 1768, soit neuf ans après la conquête qui intègre la région à l’Etat chinois et en double ainsi la superficie.


Balayage ethno-historique

Sur le plan ethnique, le Xinjiang de novembre 2000 montre que 59,39% des 19,25 millions d’individus qui composent la population de la région autonome sont sur le plan ethnique et linguistique non Hans. Han qualifie officiellement «les populations ethniquement chinoises». Lors de ce recensement, la population han a été estimée à 7,49 millions d’individus, soit 40,61% du total. Dans les 60% restants, cette région compte une vingtaine de groupes ethniques différents, dont certains très faibles. Le plus important est constitué d’Ouïgours qui représentaient en 1990 environ 47,50% de la population totale de la région autonome et les Kazakhs (7,30% de la population en 1990). Ces deux groupes parlent des langues turques.

En effet, une majorité de la population du Xinjiang est de confession musulmane, soit 61,7% en 1990. Il s’agit des turcophones mais également des Huis qui sont ethniquement Hans mais islamisés. Ces derniers représentaient 4,5% de la population du Xinjiang en 1990. La majorité de la population du Xinjiang est musulmane sunnite de rite hanafite, à l’exception des Tadjiks persanophones qui sont chiites. Thierry Kelner conclut qu’une grande partie de la population de la région autonome entretient une communauté géographique, historique, ethnique, linguistique, religieuse et culturelle avec l’Asie centrale plutôt qu’avec la Chine. L’islamisation de la zone est progressive et commence aux XIe et XIIe siècles avec les Qarakhanides (998-1212), la première dynastie islamique turque. Malgré sa propagation, l’islam affronte un retour du bouddhisme et même du christianisme sous l’influence de la dynastie des Kara Khitaï (1124-1211). Le bouddhisme se perpétue d’ailleurs dans certaines parties de la région jusqu’au XVIe siècle. Depuis 1949, les tensions sont restées latentes au Xinjiang. Ainsi la conscience nationale des groupes ethniques locaux s’est-elle développée tout au long du XXe siècle. C’est ainsi que l’ethnonyme moderne Ouïgour a fait sa réapparition sous l’influence des Soviétiques et s’est popularisé dans la région dans les années 1930. Pour Françoise Aubin, la réappropriation du nom antique d’Ouïgour est un «coup de génie». Nathan Light la qualifie pour sa part d’événement fondateur pour l’identité ouïgoure moderne.

Cette situation géographique a aussi une dimension géostratégique. «Historiquement, le Xinjiang a plutôt été une zone tampon, notamment au moment du schisme sino-soviétique. Mais, aujourd’hui, ce rôle s’est inversé de manière à devenir un pont, pour permettre à Pékin de projeter son influence économique et politique vers les régions adjacentes, en Asie du Sud, en Asie du Sud-Est et au-delà vers le Moyen-Orient, et rattraper la Russie en influence», affirme Thierry Kellner.

Ainsi que le démontre, la non-réaction de la République islamique perse, le Xinjiang sert à établir des liens et à éviter des tensions avec l’Iran. Mais ce n’est pas tout. La zone abrite le plus grand site d’essais nucléaires du monde, le Lop-Nor, 100 000 km2. Une quarantaine d’essais atomiques ont eu lieu de 1964 jusqu’au moratoire de 1996. Pour finir, le Xinjiang disposerait d’une sorte de ville secrète, Malan, qui abrite un institut de recherche en physique nucléaire et qui aurait été utilisée comme une base nucléaire cachée. Avec l’indépendance des républiques d’Asie centrale, la population han arrive, suivie de l’institutionnalisation de la langue chinoise. Une disparité économique s’installe avec l’exploitation des ressources du Xinjiang au profit des seuls Hans.

Pour contenir la contestation, Pékin lance en 1999 une ambitieuse campagne visant la promotion de la religion musulmane à travers une série d’encyclopédies rédigées en langue chinoise, expliquant le Coran, ses doctrines et ses principes. Des associations religieuses et les neuf collèges islamiques ont été associés mais l’organisme gouvernemental en a assumé le contrôle. En parallèle, affirme l’Association islamique chinoise (autre organisme étatique), le gouvernement a restauré près de 30 000 mosquées depuis la fin de la révolution culturelle dirigée par 40 000 imams à qui on a toujours reproché le faible niveau d’instruction. Le second problème est que cette politique de promotion et de défense de l’islam s’est concentrée dans le centre, la région autonome du Ningxia Hui où 2 400 mosquées ont été ouvertes et 2 900 imams mobilisés. Rien ou presque n’a été fait dans l’extrême Nord-Ouest. Cette politique classique d’«islamisation par le haut» poursuit plusieurs objectifs. Pékin tente, en premier lieu, de corriger la réputation qui est la sienne au sujet de sa gestion de la communauté musulmane. Même si l’islam est officiellement reconnu, et les droits de pratiquer un rite protégé par la Constitution, le gouvernement est souvent accusé d’être centraliste et xénophobe à l’égard des minorités en général et des musulmans, en particulier. L’empire du Milieu est, rappelons-le, constitué de 56 groupes ethniques mais les dirigeants appartiennent, traditionnellement, aux Hans, le groupe majoritaire.


L’importance du Xinjiang

Depuis 2008, le Xinjiang est devenue la seconde région productrice de pétrole du pays, avec 27,4 millions de tonnes de brut par an, soit un million de tonnes de plus qu’en 2007. IL assure près de 14% de la production domestique nationale. Sinopec, premier raffineur d’Asie, compte doubler sa production en passant de 5,36 millions de tonnes en 2007 à 10 millions de tonnes, en 2010.

Le Xinjiang fournit également un tiers de la production nationale en gaz naturel, avec 24,1 milliards de mètres cubes par an. PetroChina, numéro un chinois de l’énergie, entend doubler ce chiffre d’ici à 2020, pour, notamment, l’acheminer jusqu’à Shanghai grâce au premier gazoduc traversant le pays, construit en 2005.

Autre matière première indispensable à la Chine : le charbon. Première productrice de charbon de la République de Chine, le Xinjiang concentre 40% des réserves nationales. Quatrième ressource stratégique : l’uranium. En février 2008, des géologues ont trouvé le plus grand gisement d’uranium du pays (10 000 tonnes), dans le bassin de Yili. Jusqu’aux années 1990, ces ressources étaient encore peu exploitées, à cause de l’éloignement de la région et du manque d’infrastructures. Le Xinjiang, résume Pierre Picquart, est en quelque sorte l’équivalent du Far West américain, comme une succursale de développement économique de la Chine. «Après avoir développé les zones côtières, Pékin veut développer les zones reculées, ce qui est un pari politique», ajoute l’expert. Le régime chinois en a, par ailleurs, fait une région très riche en énergies renouvelables : un cinquième de l’éolien est produit dans les parcs de Dabancheng. Le Xinjiang recèle, également, pas moins de 138 sortes de minerais, selon les chiffres officiels. On y trouve ainsi : cuivre, plomb, zinc, mais aussi de nombreux métaux précieux (or, argent).


L’importance géopolitique

Les ressources propres à la région ne sont pas les seuls atouts. La région est frontalière de l’Afghanistan et des ex-républiques musulmanes de l’ex-URSS, à savoir le Kazakhstan, le Tadjikistan, et le Kirghizstan enclavés. Avec le début de la construction de l’oléoduc sino-kazakh qui relie Atasu (centre du Kazakhstan) à Alashankou (à l’ouest de la Chine), en 2007, Pékin a réussi à renforcer son indépendance énergétique vis-à-vis du pétrole moyen-oriental. L’autre très grand projet concerne le gazoduc, reliant le Xinjiang aux champs gaziers turkmènes, au Kazakhstan et peut-être même à l’Ouzbékistan, qui devrait être opérationnel d’ici à 2010. Le Xinjiang est devenu une zone de raffinage d’industrie pétrochimique.Un dernier élément mérite d’être signalé car relevant lui aussi de l’importance de la région. Il s’agit de l’ampleur de la consommation et, surtout, du trafic de drogue.

Il semble qu’à la faveur de la guerre en Afghanistan, l’héroïne ait envahi le nord de la Chine au point que le district musulman de Guanhe, dans la région autonome du Ningxia, est devenu la deuxième plaque tournante de l’héroïne en Chine, après le Yunnan.

Le pavot est cultivé au Gansu, province voisine du Ningxia, par la communauté Hui pour des buts originellement pharmaceutiques. Des responsables religieux locaux ont dénoncé les dérives de cette culture et les trafics qui en découlent. Des condamnations à mort ont même été prononcées et exécutées à l’encontre de contrebandiers. Moins sévères sont les amendes de 500 renmibis que les Ouïgours sont astreints à payer par pied de chanvre indien cultivé. Mais c’est surtout la proximité du Pakistan, de l’Afghanistan, du Tadjikistan, du Kirghizistan et du Kazakhstan qui accroît la fragilité du nord de la Chine et son exposition au commerce du pavot. S’ils ne sont pas partie prenante dans le trafic de drogue, ces pays sont tous concernés par un trafic dont l’ampleur s’est multipliée. Or, le renforcement de sa surveillance au niveau de la frontière orientale (l’Iran), a contraint les talibans à exploiter d’autres voies d’exportation.


Une crise aux dimensions internationales

Le conflit dans le Xinjiang a rapidement dépassé les frontières de la Chine et pas seulement au niveau de la couverture médiatique et des réactions de la communauté internationale. La dernière évolution en date est l’implication d’Al Qaïda. En rapport avec cette sortie, un communiqué du réseau terroriste a mis en garde les Chinois présents dans la Maghreb. Des menaces relevées en premier lieu le 13 juillet par un rapport d’un cabinet londonien spécialisé, Styrling Assynt, qui cite «une activité accrue sur le Net parmi les jihadistes actifs». Quant aux menaces évoquées dans des forums appelant la branche de l’AQMI à venger les Ouïgours, elles sont appréhendées avec la plus grande prudence. Selon un ancien agent d’un service secret occidental, «il faut savoir que les services ont créé au moins 28 000 forums. Tous les services : CIA, DGSE, MI6 (britanniques), les Saoudiens. Le but était de faire venir des gens dessus et de les identifier. Du coup, vous ne pouvez plus savoir qui est derrière, et pourquoi, et comment». Les services de renseignements de tous les pays susceptibles d’être visés par l’islamisme radical ont constitué des cellules de veille et de surveillance d’Internet. La Chine a, toutefois, choisi de prendre au sérieux ces menaces. L’ambassade de Chine à Alger a prévenu ses ressortissants de «prendre des mesures de précaution supplémentaires». Environ, 50 000 Chinois travaillent en Algérie. L’un d’entre eux, l’ingénieur Chen Sui, a déclaré au quotidien Global Times qu’il regrettait que les autorités algériennes n’aient pris aucune mesure visant «à protéger spécifiquement les intérêts chinois» alors qu’il y a trois semaines, l’AQMI a revendiqué l’assassinat de 24 gardes algériens chargés d’assurer la sécurité d’ingénieurs chinois.

Plus proche, la réaction de la Turquie a, elle aussi, suscité de nouvelles tensions, Pékin ayant très mal réagi aux accusations du Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, disant que les Ouïgours du Xinjiang étaient les victimes d’«une sorte de génocide». La presse chinoise a répliqué en rappelant à Ankara que les Turcs s’étaient, eux, rendus coupables d’un génocide contre les Arméniens, qu’ils réprimaient l’insurrection kurde du PKK.

La Chine a aussi dénoncé les «rêves» de l’idéologie «panturque». Selon le Milliyet, les dirigeants turcs soufflent à la fois le chaud et le froid, adoptent vis-à-vis de la Chine des positions incohérentes. Ainsi, une heure à peine après avoir réclamé un boycott de la Chine, le ministre du Commerce et de l’Industrie turc se rétracte. Alors que le ministère des Affaires étrangères venait d’insister sur l’importance des relations avec la Chine, le Premier ministre Erdogan a accusé Pékin de pratiquer «une sorte de génocide» à l’encontre des Ouïgours. L’Iran voisin a choisi de ne pas réagir, privilégiant et préservant les relations avec la Chine. C’est donc Nasser Makarem Shirazi, un grand ayatollah, qui est monté au créneau, reprochant aux autorités de Téhéran de rester silencieuses après les émeutes au Xinjiang.

Rappelons que la Chine est le principal partenaire commercial de l’Iran. En 2008, elle a représenté 14,3% des exportations vers l’Iran et ses importations en provenance de la République islamique ont atteint 14,4%. De plus, Pékin continue de soutenir Téhéran dans le dossier du nucléaire. Les termes de l’équation sont dans ce cas comme dans tous les autres, une évaluation des risques d’une condamnation claire par rapport à l’importance des relations bilatérales. La conclusion ne souffre d’aucun doute.


Le Xinjiang ou «la nouvelle frontière» : quelques repères

Nom officiel : Turkestan oriental Capitale : Urumqi (1 million d’habitants)Situation géographique : à l’ouest, la frontière est délimitée par la Russie et la crête occidentale du Tianshan et du Pamir. Le nord borde le Kazakhstan et la Mongolie, et comprend les lacs saumâtres, de la Dzoungarie. Au nord-est et au sud s’étendent 300 000 km2 de sables. Le flanc sud du Xinjiang est adossé à la haute muraille himalayenne du Karakoram (K2, 8 611 m) au sud-ouest et au rebord des hauts plateaux du Tibet, au sud.Superficie : 1,647 million de km2Au Turkestan chinois et dans les provinces alentour vivent : Ouïghours (+/- 6M), Kazakhs (+/- 1M), Kirghiz (+/- 100000), Tadjiks, Turkmènes, Ouzbeks (+/- 100000). Population musulmane en dehors du Turkestan oriental : +/- 8 millions de Chinois islamisés vivent dans la région du haut fleuve Jaune, en plus des Huis, Tatars, Ouzbeks, Dongxiangs, Salars et Bonans Population non musulmane : +/- 6 millions de Hans, officiellement athées mais appartenant, en réalité, aux traditions confucianiste et taoïste. Influences culturelles et religieuses : turcophones, et sunnites hanafites, pour la plupart. Régime : communiste, sous l’autorité directe de Pékin Importance politique : théâtre pour les essais nucléaires, ancienne Route de la soie. Des tracés visant à désenclaver les républiques d’Asie centrale

Par Louisa Aït Hamadouche

Des fonds bloqués en Suisse restitués à une fondation kazakhe

Quatre millions de dollars, en provenance d'un compte bancaire suisse bloqué depuis 1999, ont été versés à une fondation kazakhe d'aide à l'enfance. D'autres virements sont prévus dans le cadre de cet arrangement entre les Etats-Unis, la Suisse et le Kazakhstan pour restituer des fonds provenant de pots-de-vin.

Selon la justice américaine, les fonds, se montant à 84 millions de dollars, résultent d'une affaire de corruption. L'argent était destiné par des représentants de l'industrie pétrolière américaine à de hauts fonctionnaires kazakhs afin d'obtenir des contrats avec ce pays d'Asie Centrale, dont le sous-sol regorge de pétrole.

En juin, la première tranche de quatre millions de dollars a été virée à la fondation, a indiqué Nadine Olivieri, porte-parole du Département fédéral des affaires étrangères. La totalité des 84 millions ira à la fondation. "La restitution des fonds bloqués sera par tranches, en fonction des besoins de la fondation", a-t-elle ajouté.

La fondation Bota, "jeune chameau" en kazakh, est une instution indépendante fondée en juin 2008 à Almaty, qui se chargera de mener des programmes venant en aide à l'enfance défavorisée. Elle sera supervisée par la Banque mondiale et par des représentants de la Suisse et des Etats-Unis, qui garantiront que l'argent sera utilisé à bon escient.
ats - le 21 juillet 2009, 17h16 sur lematin.ch

lundi 20 juillet 2009

L'unité de la famille humaine est le fondement ultime d'une solidarité mondiale

Astana, le 10 juillet 2009 : «L'unité de la famille humaine est le fondement ultime d'une solidarité mondiale et la base de la recherche de valeurs éthiques communes, qui, heureusement, suscitent de nos jours un intérêt croissant».

C'est ce qu'a souligné le cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, intervenant à la 3e édition du Congrès des Religions du Monde. Cet évènement a rassemblé à Astana, à l'initiative du président du Kazakhstan Nursultan Nazarbayev, des représentants des plus grandes confessions religieuses du monde et de personnalités internationales d'importance issues du monde politique et de la culture.

La rencontre a été consacrée à la réflexion sur le rôle des religions dans la construction d'un monde de tolérance, de respect mutuel et de collaboration. Trois tables rondes ont permis d'approfondir des thématiques telles que la reconnaissance de valeurs éthiques et spirituelles pour une éthique universelle, les domaines possibles de dialogue et de coopération et enfin les perspectives de solidarité, spécialement en temps de crise.

«Les croyants estiment que l'éthique peut non seulement produire des normes de comportement, mais doit aussi modeler la conscience humaine et contribuer à découvrir les exigences de la loi naturelle: nous devons faire le bien et éviter le mal», a expliqué le cardinal Tauran.

«C'est un principe fondamental qui s'impose à tous et qui permet le dialogue entre les personnes de différentes cultures et religions». « En tant que croyants, donc, nous devons réussir à indiquer à nos frères, hommes et femmes, que nos valeurs sont fondamentales pour eux, afin d'encourager la compréhension et la reconnaissance réciproques et la coopération entre tous les membres de la famille humaine».

Le cardinal Tauran a aussi cité la Déclaration Universelle Des Droits de L'homme de 1948, comme « une des expressions la plus haute de la conscience de l'histoire moderne» qui, sans aucun doute, a contribué à rendre les hommes et les femmes de notre temps « conscients du patrimoine de valeurs inhérentes à la famille humaine et à sa dignité».

Selon le cardinal Tauran, le législateur devrait agir « de manière éthiquement responsable pour que la politique ne puisse pas faire abstraction de l'éthique et que le droit civil et l'ordre juridique ne puissent pas faire abstraction de la supériorité de la loi morale». « Les grandes sagesses et philosophies religieuses doivent témoigner de l'existence d'un patrimoine moral amplement partagé, qui forme la base de tout dialogue sur des questions morales», a-t-il poursuivi.
«Un tel patrimoine exprime un message éthique universel que l'homme peut déchiffrer». « La forme et l'ampleur de ces traditions peuvent différer de manière considérable selon les cultures et les situations, mais malgré cela, ils nous rappellent l'existence d'un patrimoine de valeurs morales communes à tous les êtres humains», a conclu le cardinal français.

CONGRЀS DES RELIGIONS DU MONDE

Le Kazakhstan est aujourd’hui considéré comme un modèle en matière de concorde interethnique et interreligieuse. Dans le monde entier, de nombreuses personnalités religieuses comprennent la nécessité et l’importance du dialogue interreligieux. Le Congrès des Religions du Monde représente la contribution du Kazakhstan à celui-ci.
L’initiative de la République du Kazakhstan, soutenue par l’ONU, semble arriver à point nommé après le discours prononcé par le Président des Etats-Unis Barack Obama au Caire. Le Congrès avait déjà reçu un soutien décisif de la part de plusieurs forums internationaux d’importance tels que l’Alliance des Civilisations, la Communauté Sant’Egidio, la Maison de l’Asie et la Fondation Tony Blair. Toutes ces organisations ont annoncé leur volonté de s’impliquer dans cette initiative.
kazakhstanlive.com

Abolition de la peine de mort au Kazakhstan

Astana, le 20 juillet – Le Président du Kazakhstan Nursultan Nazarbayev vient de signer le décret abolissant officiellement la peine de mort dans ce pays d’Asie Centrale, excepté les cas de terrorisme ayant entraîné la mort ou de crimes de guerre. La loi comporte une possibilité de grâce.

L’abolition de la peine de mort était l’un des objectifs principaux du président Nazarbayev. En décembre 2003, le président kazakh avait signé un décret présidentiel imposant un moratoire sur le sujet. Ce moratoire est resté en vigueur jusqu’à l’abrogation finale de cette semaine.

La nouvelle loi faisait partie de la série de propositions de réformes démocratiques lancées par le Président Nazarbayev en 2007. Elle met le code pénal kazakh en conformité avec la Constitution du pays et contient également plusieurs amendements au sujet des crimes punis par la prison à vie.

Le projet de loi abrogeant la peine de mort au Kazakhstan avait été ratifié le 25 mars dernier par Mr Serik Baymaganbetov, président de la Commission des Lois de la Chambre basse du Parlement (Majilis).

La décision prise en décembre 2003 par le Kazakhstan de décréter un moratoire sur la peine capitale avait été saluée par la communauté internationale. Il s’agit en effet d’un grand pas en avant dans la défense des Droits de l’Homme mais aussi d’une contribution importante en vue de l’abolition universelle de la peine de mort.

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